‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 12 sur 128 · NOUVELLE^BRETAGNE · texte numérisé non relu

NOUVELLE^BRETAGNE

65» La Nouvelle-Bretagne comprend 1 ® . la péninsule du Labrador, située entre la baie d'Hudson, TAt^ lan tique et le golfe St. Laurent ; 2 . le territoire dela baie d'Hudson, qui appartient à une société de marchands anglais, connue sous le nom de Compagnie de la Baie (THudson^ et qui renferme (Appendice No, II.), toutes les terres arrosées par la baie et par le détroit d'Hudson, ou par des rivières ou par des lacs dont les eaux s'y jettent ; 3 ^ . le territoire du Nord-Ouest, entre celui de la baie d'Hudson et les possessions Russes (Appendice No. I); 4® ► les terres Arctiques, situées â l'est des dernières, et au nord des autres.

66. Quoique la souveraineté de ces contrées appartienne au Roi d'Angleterre, il n'y a qu'un petit nombre de postes sur la côte de Labrador, et sur le territoire de la baie d'Hudson, qui soient habités par des sujets Britanniques. Tout le reste, jusqu'à la mer Glaciale au nord, et jusqu'à l'Océan Pacifique à l'ouest, est occupé par une foule de nations sauvages, la plupart idolâtres, parmi lesquelles les Esquimaux sont les plus remarquables, par leur caractère, leurs mœurs, et leur figure.

67; La pèche et la. traite des pelleteries attirent vers

ces

Géographie de l'àmerique.

ces froides régions beaucoup de navigateurs d'Europe et des Etats Unis. Mais le commerce avec les sauvages de la baie d'Hudson, est réservé exclusivement à la Compagnie de la baie d'Hudson.

Le principal port de ces côtes est celui de Nain, où il V a un établissement de frères moraves.

Les Esqnimaux sont d'une stature au-dessous de la médiocre ; les hommes ont ordinairement 5 pieds 3 pouces anglais, et les femmes 5 pieds. Ils ont Une couleur brune foncée ; les mains et les pieds petits,le visage rond et plein, les yeux petits, noirs et inclinés en dedans ; le nez petit et peu saillant ; les dents courtes, serrées, régulières, blanches chez les jeunes gens, usées chez les femmes avancées en âge, peut-être par l'habitude de mâcher la peau de loup-marin pour en faire des bottes ; les cheveux noirs, longs, roides, luisans, toujours remplis de vermine, que les Esquimaux mangent — le mari et la femme s'amusent quelquefois des heures entières à se rendre mutuellement c6 geuré de service. Ils ont universellement Pusage de se tatouer le visage, les bras, leâ mains, et les jambes, au moyen d^une éguille et d^un fil enduit de noir de fumée mêlée à l'huile de loup-maHn. Che^s plusieurs tribus, les hommes ont le cartilage du nêz traversé d'un os ou d'une pièce de coquillage, et la lèvre inférieure percée de chaque côté de la bouche, pour y recevoir un os arrondi au centre duquel est un grain de verre. Les habits des Esquimaux se composent presque entièrement de peaux de rennes, de loups-marins, et autres. Le vêtement de dessus est avec un capuchon, où la mère porte toujours son enfant. Un des ornemens qui leur sont propres sontdes ceintures et quelquefois des franges de dents de renard, de loups ou de rennes, d'os de loup-cervier, etc.

Leurs demeures sont, en été, des tentes de peaux ; en hiver, des cabanes sphériques de glace. L'huile de loup-marin leur tient lieu de combustible. Leurs ustensiles sont de pierre, d'os de baleine, de bois, de corne, d'ivoire, etc. Les hommes ont chacun un couteau pointu et à deuxjranchans, long de 7 pouces et large de 2J. Pour la chasse du loujp-marin et de la baleine, ils ont des harpons et des lances, munis de longues ficelles. L'arc et la flèche, la lance et diverses espèces de pièges, leur servent pour attaquer les animaux terrestres et les oiseaux ; mais quelques-uns sont familiarisés avec les armes à feu. Tout le monde connaît la forme de leurs canots. Leurs bêtes de charge sont des chiens, qn'ils attellent à des traîneaux de bois avec des lisses d'os de baleine. Lés chiens ressemblent beaucoup aux loups de ces régions ; ils ont ordinairement 2 pieds de haut ; ils hurlent au lieu d'aboier.

Le poisson, surtout le loup-marin, la viande de renne, et le

gibier

Abrège de la

g-ibier constituent la nourriture des Esquimaux | ils mang"ent et boivent presque continuellement, tant que durent leurs provisions. Faute de prévoyance, ils périssent souvent de faim en hiver.

Leurs amusemens consistent à danser, à chanter, à jouer d'un méchant tambourin, à tirer de l'arc, à sauter une corde, à faire des g-rimc'îces, etc. Leur culte est un fétichisme assez g-rossier ; j ils n'ont qu'une idée confuse du Grand-Esprit. Ils pratiquent la polygamie, les hommes ajT'ant ordinairement deux femmes; cellesci sont mieux traités que chez les autres sauvag-es. La coutume d'adapter des enfans est très générale, mais elle se borne presque toujours aux garçons: les jeunes filles qui perdent leurs parenseô les vieillards infirmes, sont souvent abandonnés à leur triste sort.

Les Esquimaux n'enterrent leurs morts qu'à demi, parce qu'ils croient que le défunt en souffrirait si on lui chargeait le corps d'un poids trop considérable. A côté du mort, on dépose quelquesuns des articles qui lui appartenaient, canots, filets, haches, micoines, bottes, etc.

Les voyageurs rapportent que les Esquimaux ont un penchant extrême pour le vol ,* qu'ils connaissent peu les règles de la pudeur ; qu'ils sont caractérisés par l'ingratitude et l'indifférence même pour leurs plus proches parens. Il faut ajouter que le commerce des Esquimaux avec les blancs a rarement l'effet de les rendre meilleurs.

Le nombre total des Esquimaux qui demeurent à Test des mowttagnes Rocheuses, ceux du Labrador compris, n'excèdent guère 7 à 8 mille. Celui des autres sauvages de la Nouvelle -Bretagne est d'environ 25 à 30 mille.

La population résidente du Labrador est d'environ 1,200 Esquimaux ; 3,000 Anglais, Irlandais, natifs de l'île Jersey, Canadiens &c.; et quelques petits établissemens de frères moraves, qui s'occupent de commerce et de la conversion des indigènes. Mais la saison des pêches y amènent 18,000 à 20,000 sujets anglais, 15 à 18 mille américains ; et un nombre presque aussi grand de français. Quelques goélettes de Québec font chaque année^un voyage àla côte du Labrador ; elles reviennent chargées d'huile, de saumon, de pellc" teries, etc.

La pêche des Américains sur les côtes du Labrador, en 1829, employa. 500 vaisseaux : le produit fut de 1,000,000 quintaux de poisson et de 3,000 tonnes d'huile. — Valeur, £610,000. La valeur de leur pêche à la baleine en 1831 fut de £1,580,000.

Le chef-lieu du territoire de la baie d'Hudson est la factorerie d'York, située à l'embouchure de la rivière Nelson, qui sort du lac Winnipeg. Le nombre des blancs et des métis de tout le territoire, en y comprenant même la colonie du Lord Selkirk (App. No. II), est d'environ 5 à 6 mille.

La colonie ou la mission de la rivière E-ouge est peuplée de

Géographie de Amérique.

3,070 habitans, la plupart métis ou bois-brû!és, dont 1,750 catholiques et 1,320 protestans. Il ya un évêque catholique et deux autres ecclésiastiques du diocèse de Québec, qui se sont volontairement exilés de leur patrie pour aller travailler à la conversion des Criques, des Assiniboines et des autres nations sauvages du Nord-Ouest. Leurs moyens de vivre leur ont été fournis en partie par les catholiques du Bas-Canada et en partie par la compagnie de laBaie d'Hudson. Le chef-lieu de la mission, qui comprend trois paroisses, est Assiniboia, où Ton bâtit une église catholique. On a établi plusieurs écoles pour l'instruction des bois-brûlés.

Les terres de la rivière Rouge sont assez fertiles (No. 12); mais les habitans subsistent principalement par la chasse du bœuf sauvage dans les prairies du sud-ouest; un missionnaire les y accompagne en été. Ils sont obligés d'être constamment sur leurs gardes contre les Sioux, qui sont très féroces et qui enlèvent la chevelure à leurs prisonniers.

Le commerce des fourrures dans les pays du Nord-Ouest fut long-temps monopolisé par une société dont les principaux actionnaires résidaient à Montréal et qu'on nommait la Compagnie du Nord' Ouest. Des querelles plusieurs fois fatales s'élevèrent entre les traiteurs et les voyageurs du Nord-Ouest d'un côté, et ceux de la baie d'Hudson de l'autre. Le Bas-Canada retentit pendant quelques années des procès intentés à divers individus qu'on accusait d'avoir commis ou ordonné des meurtres dans les p^^5 d*en haut. Enfin, le 26 mars 1821, la compagnie du Nord-Ouest fut unie pour toujours à celle de la baie d'Hudson.

La valeur des pelleteries exportées par la compagnie en 1831 fut de £203,316. La liste des articles mentionne 127,000 castors et loutres, 58,000 lynx, 376,000 rats-musqués, 9,000 renards, et 6,000 loups.

68. A l'est de la baie de Baffin est le Groenland, séparé da continent de l'Amérique par la baie de Baffin et lamer Glaciale. Ce pays ne renferme que des montagnes escarpées et couvertes de glaces éternelles. La triste vie des Esquimaux qui l'habitent se consume à la pêche du loup-marin, de la vache-marine et de la baleine, ou à la chasse de l'ours blanc, du renard, du lièvre, des oiseaux de mer, et des oiseaux de proie. Leurs animaux domestiques sont les rennes et les chiens, qui leur tiennent lieu des chevaux et des bœufs. Le lait de la renne est leur boisson ordinaire.

Depuis plusieurs siècles, les Danois et les Norvégiens se sont établis sur les côtes du Groenland, pour y faire la pêche de la baleine (voyez plus haut le No. 2). On donne 5,000 habitans au Groenland oriental ou indépendant, et 16,000 à la partie occidentale. La population totale de 21,000 comprend 10,000 Esquimaux idolâtres et 1,000 frères moraves.

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