‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 124 sur 128 · ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASIE MINEURE

L'Asie Mineure (Anatolie) a la forme d'une presqu'île, qui est entourée, au nord, par le Pont-Euxin ; à l'ouest, par le Bosphore de Thrace, la Propontide, FHellespont et la mer Egée; au sud, par la Méditerranée : l'Euphrate en fixe les limites du côté de l'est. Cette contrée, qui n'est guère connue dans l'histoire sainte que par les voyages de saint Paul, renfermait un grand nombre de provinces, dont les villes sont, pour la plupart, trèscélèbres dans l'antiquité profane. Mais ici nous ne devons nous en occuper qu'autant qu'il en est fait mention dans les Actes des Apôtres, ou dans les autres livres du nouveau Testament.

(p) Le pays d'jE^/m, où se trouvait le Paradis terrestre, était arrosé par quatre fleuves, le PhisoUy le Géhon, le Tigre et V Euphrate. L'Ecriture sainte marque mênne assez clairement que ces quatre fleuves y avaient leur source. Or T Arménie, outre les sources du Tigre et de l'Euphrate, renferme celles de deux autres fleuves, dans lesquelles on peut par conjecture reconnaître le Phison et le Géhon. Le Phison paraît être le même que VAraxej (Aras) qui traverse l'Arménie, en se dirigeant vers l'est: ce dernier fleuve est désigné dans Xénophon par le nom de Phasis ; et la contrée qu'il arrose au commencement de son cours, est appelé Phasiane dans les auteurs Byzantins. Quant au Géhon, les circuits et les débordements que l'Ecriture lui attribue, conviennent au Cyrus, (Kour) qui a sa source non loin de celle de l'Araxe, et qui, après s'être écarté de celui -cl vers le nord, s'en rappVoche pour en recevoir les eaux, qu'il porte avec les siennes à la mer Caspienne.

Au reste, l'incertitude où l'on est de la situation précisé du Paradis terrestre, n*a rien de surprenant, eu égard aux changementiS que le déluge a produits sur la surface de notre globe.

(7) La montagne que Ton prend aujourd'hui pour V Ararat^ paraît être le mont Abus des anciens, qui se trouvait à l'ouest d^Artaxata, non loia de F Araxe, et qui faisait partie de la chaîne des monts Moschiqiies.* Ce-

Abrège de la

1 . La Ciilciey continue à la Syrie, avait pour capitale Tarse qui fut la patrie de Tapôtre saint Paul.

2 ® . La Lycaonie, au nord-ouest de la Cilioie, avait pour capitale Icone (Koniéh), où saint Paul et saint Barnabé prêchèrent ré vano^ile : les deux apôtres y furent en butte à une sédition excitée par les Juifs, comme ils Pavaient été auparavant à Antiochey capitale de la Pisidie (r).

3 . La PamphyliCy vers le milieu de la côte méridionale, offre deux villes remarquables: Perga (Karakissar), sur le Cestrus; et Attalée, qui devait son origine et son nom à Attale-Philadelphe, roi de Pergame. Saint Paul, accompagné de saint Barnabé, vint de l'île de Chypre à Perga ; et, après avoir parcouru la Lycaonie et la Pisidie, il partit d* Attalée pour retourner à Antioche en Syrie.

4 ® . La Lycicy à l'ouest de la Pamphylie, renfermait, entre autres villes, Patare, qui avait un célèbre oracle d'Apollon : saint Paul, dans son quatrième voyage, étant venu de Rhodes à Patare, s'y embarqua pour la Phénicie. C'est à Myre, autre ville de Lycie, que le même apôtre monta sur un vaisseau d'Alexandrie, pour aller à Rome.

5 ® . La partie occidentale de l'Asie mineure, au voisinage de la mer Egée, formait la province que les Romains appelaient proprement Asie, et qui comprenait la Mysie, la Phrygie, \diLydie^ et la Carie, Là étaient les sept églises dont il est parlé dans l'Apocalypse ; savoir : Ephèse, où saint Paul, dans son quatrième voyage, resta près de trois ans et où mourut l'apôtre saint Jean, qui y avait passé une grande partie de sa vie ; Smyrne, qui se glorifiait d'avoir donné le jour à Homère, et dont saint Poly carpe fut le premier évêque; Pergame(t)y auparavant capitale d'un royaume, qui avait été fondé après la mort de Lysimaque, et qui fut légué aux Romains par son dernier roi Attale, surnommé

pendant plusieurs auteurs ont rapporté 1* Ararat aux monts Gordyens, qui sont au sud des précédents.

(r) Dans la Lycaonie se trouvaient aussi les petites villes de Derbé et de Lystra,(\u\ précédemment appartenaient à Vlsauriei saint Paul et saint Barnabé y portèrent TEvangile, lorsqu'ils furent contraints de s'enfuir d'Icone. Le peuple de Lysira, témoin d'un miracle opéré par saint Paul, prit les deux apôtres pour des dieux ; et ils eurent beaucoup de peine à em pêcher qu'on ne leur offrît des sacrifices. Peu de temps après, ce même peuple lapida saint Paul, et le laissa comme mort. Timothée, disciple de saint Paul et évêque d'Ëphèse, était né à Lystra.

(s) Ephèse, près de l'embouchure du Caïstre, était fort célèbre par son temple de Diane, qui passait pour une des sept merveilles du monde. Saint Paul fut obligé de sortir de cette ville, à cause d'une sédition excitée par un orfèvre, nommé Démétrius, dont le principal commerce consistait à faire des images de Diane

(0 C'est à Pergame que fut inventé le parchemin, appelé pergamena çharta»

Géographie Sacre.

Philomêtor ; Thyatire, sur une petite rivière qui se joint au Cazcus; Sardes, autrefois capitale du royaume de Crésus, sur le Pactole, qui près delà sortait du mont Tmolus, et roulait* des paillettes d'or ; Philadelphie, ainsi appelée du surnom de son fondateur, Attale-Philadelphe, roi de Pergame ; Laodicée, dans la Phrygie, sur le Lycus, qui se réunit au Méandre,

Dans la Troade, sur la côte de la Mysie. était la ville de Troas (w), autrement appelée Alexandria Troas, oii un Macédonien apparut à saint Paul, et le pria de passer en Macédoine.

Milet, dans la Carie, au sud de l'embouchure du Méandre, peupla de ses colonies les rivages de la Propontide et du Pont- Euxin. Saint Paul s'y arrêta dans son quatrième voyage, et y envoya chercher les prêtres et les anciens de l'église d'Ephèse, peur leur donner quelques instructions.

6. Au milieu de l'Asie mineure, vers le nord, se trouvait la Galatie, qui avait reçu son nom des Galates ou Gaulois, dont un corps, qui faisait partie de l'expédition de Brennus, vint s'établir dans cette contrée vers l'an 278 avant l'ère vulgaire. Saint Paul fut reçu des Galates comme un ange de Dieu ; et dans la suite il leur adressa une épitre, dans laquelle il montre une vigueur vraiment apostolique (y).

(w) La Troade devait son nom à la ville de Troîe^ qui fut prise et détruite par les Grecs, après un siège de dix ans. Dans la suite, Antigone, l'un des généraux d'Alexandre, bâtit sur la côte, vis-à-vis de la petite île de Ténédos, une ville appelé Antigonia, dont le nom fut changé par Lysimaque en celui Alexandria, auquel on ajouta le surnom de Troas. Sous les Romains, cette ville tira avantage de la prétention quMls avaient d'être sortis des Troyens.

(v) Les bornes de cet abrégé ne nous permettent pas de sortir de l'Asie, pour suivre saint Paul dans ses voyages en Macédoine, en Achaïe et à Home. Nous observerons seulement que, sous le nom d^Achaïs, les Romains comprenaient la Grèce propre et le Péloponèse.

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