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GÉOGRAPHIE DE L'AMÉRIQUE

L L'Amérique est un vaste continent borné au nord par l'Océan Glacial Arctique ; à l'est, par la baie de Baffin et l'Atlantique ; au sud, par le détroit de Magellan ; à l'ouest par l'Océan Pacifique. Sa plus grande longueur est d'environ 3,200 lieues, et sa plus grande largeur de 1,300.

2. Dès Pan 982 de Père chrétienne, quelques Norvégiens allèrent se fixer dans la partie orientale du Groenland, appelée le VieuX' Groenland pour la distinguer de la partie occidentale établie, plus tard, par les Danois, et nommée le Nouveau» Groenland, Les glaces interrompirent bientôt toute communication entre eux et leur patrie ; ce ne fut que huit siècles après, en 1831, qu'une expédition partie de Copenhague, et traversant le Groenland de l'ouest à l'est, pénétra jusqu'au lieu de l'ancienne colonie. L'expédition y trouva les descendans des premiers colons ; leur religion est le christianisme que leurs ancêtres y avaient porté avec eux ; leur langue est celle des Norvégiens du 10e siècle.

En 1003, d'autres Norvégiens visitèrent un pays au sud-ouest du Groenland, probablement Terre-Neuve ou le Labrador ; ils lui donnèrent le non^ de Vinland ( Terre de vin), parce qu'ils y remarquèrent beaucoup de raisins sauvages. Les colons qui furent laissés dans cette région, périrent par des divisions intestines ou par des guerres avec les Esquimaux aborigènes.

Malgré ces découvertes des peuples Scandinaves, on peut dire que l'existence du Nouveau-Monde était inconnue aux habitans de l'Europe, lorsque le célèbre navigateur génois, Christophe Colomb y aborda en 1492. Ce grand homme s'était convaincu que, la terre étant un globe, s'il dirigeait sa route constamment vers l'ouest, «n partant de l'Europe^ il devait ou rencontrer de nouvelles

Abrège de la

velles terres qu'il désig^nait d'avance sous le nom Indes- Occident taîesy ou arriver aux côtes orientales de l'Asie, comprises alors sous le nom assez vaofue Indes- Orientales, Colomb proposa suci^essivement son projet aux Génois ses concitoyens, à Henri VII, roi d'Angleterre, à Jean II, roi de Portug-al, à Ferdinand II, roi d'Espagne et d'Arragon ; mais aucune de ces puissances ne voulut lui accorder les secours nécessaires pour faire le voyage. Il allait donc y renoncer, lorsque la reine Isabelle, épouse de Ferdinand II, lui procura trois méchans vaisseaux et une partie de l'argent qu'il demandait. Il partit d'Espagne le 3 août 1492, avec les titres amiral et de vice-roi de tous les pays qu'il pourrait découvrir. Après deux mois de navigation, son équipage se mutina et résolut de le précipiter dans la mer, à moins qu'il ne consentît à revenir sur ses pas. Colomb leur promit d'abandonner son entreprise, si dans trois jours ils n'apercevaient point de terre. Heureusement la même nuit ils arrivèrent devant l'île San-Salvador ou Saint- Sauveur, ainsi nommée par Colomb parce que cette découverte lui avait sauvé la vie. Quelques jours plus tard, ils virent les îles de Cuba et d'Haïti ou St. Domingue ; ensuite Colomb se hâta de retourner à la cour d'Espagne et de rendre com.pte de ses succès. Il fit trois autres voyages, dans lesquels il découvrit beaucoup d'autres îles, et enfin une partie du continent qu'il appela Terre-Fenne (maintenant la Colombie).

Ce fut néanmoins un marchand de Florence, nommé Americo Vespucciy qui eut la gloire de donner son nom au Nouveau- Monde, l'ayant visité, plusieurs années après le navigateur génois, et en ayant publié les premières cartes géographiques.

3. On ne sait pas en quel temps rAmerique fut d'abord peuplée ; on ignore également si ses premiers habitans vinrent du nord-ouest de l'Europe, du nord-est de l'Asie, ou même des côtes d'Afrique les plus voisines du Brésil. Il est bien probable que l'origine des difterentes nations américaines doit se rapporter principalement à i' Asie centrale faj. Plusieurs antiquités dé-

faj " Il est constant que toutes les nations américames, à Texcrplion des Esquimaux, st- ressemblent par la conformité du crâne, par la couleur de la peau, par Texlrême rareté delà barbe, et par des cheveux rares, forts et lisses. La race américaine a donc des rspports très sensibles ayep la

race montrole, qui occupe le plateau central de l'Asie

A l'égard de la souche de- la civilisation, M. de Humboldt a démontré plus complètement et plus solidement que personne avant lui, que TAméri'|ue a reçu de l'Asie, du moins en très graiide partie, sa civilisation, ses lois, ses croyances religieuses, ses atts et ses notions astronomiques.

" Les institutions monastiques des Américains, le choix des symboles religieux^ les traditions relatives à la cosmogonie ou à l'origine du monde, les fij>ures qui dans le calendrier mexicain marquaient les divisions do

Tannée, tout nous rappel le l'Asie et spécialement le Thibet, Malle-

JSrun, Annales des Voyages*)

Géographie de l'Amérique.

couvertes au Mexique et aux Etats-Unis, feraient croire qu'il y a eu des mig-rations successives de l'ancien continent vers le nouveau, mais à des époques très éloignées les unes des autres. Les Esquimaux sont évidemment de la même race que les Lapons et les Samoièdes. (Nos. 283 ét suiv., 319, 515.)

4. L'Amérique s'étend presque d'un pôle à l'autre , elle doit donc offrir une variété infinie d'aspects, de climats et de productions. Au nord l'on voit un océan toujours couvert de glaces, deux baies immenses, et plusieurs lacs qui mériteraient le nom de mers ; à l'ouest est une chaîne de montagnes qui traverse le continent depuis la Terre de Feu jusque sous le cercle polaire arctique ; au milieu est l'isthme de Panama, qui joint l'Amérique Septentrionale à l'Amérique Méridionale ; près de cet isthme est l'archipel des Antilles, composé d'une multitude d'îles très intéressantes et très importantes par leur commerce avec toutes les nations civilisées ; au sud se présentent des montagnes d'une hauteur étonnante ; une longue suite de volcans toujours en activité ; des contrées toujours inondées de pluies ou brûlées par les ardeurs d'un soleil vertical, riches d'ailleurs en métaux, en pierres précieuses, et en productions végétales de toutes les espèces.

Quatre fleuves superbes, sortis de la même région, arrosent la grande péninsule du nord, en coulant vers les quatre points cardinaux ; trois autres, dont l'un est le plus grand de la terre, situés dans la péninsule du sud, portent leurs eaux vers l'Océan Atlantique.

On trouve en Amérique la plupart des productions de l'Ancien-Monde, et, de plus, un grand nombre de plantes, de quadrupèdes, d'oiseaux, et de reptiles indigènes ; des mines d'or et d'argent inépuisables ; le mercure, le cuivre, le plomb, le fer,^ le charbon, le selgemme, les pierres précieuses, le marbre, et beaucoup d'autres substances minérales ou médicinales.

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