‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 33 sur 128 · BOLIVIA · texte numérisé non relu

BOLIVIA

175. La république de Boliviaou le Haut-Pérou^ est bornée au nord-est, par le Brésil; au sud-est, parles

plus doux encore, moins bien armés que les Mexicains, furent aussi étonnés qu'eux des chevaux et des armes à feu, dont ils n'avaient pas la moindre connaissance: ils furent aussitôt vaincus qu'attaqués. Ea vain une multitude généreuse se dévoua à la mort pour sauver son monarque ; rinca fut fait prisonnier par les mains même de Pizarre, qui l'attaqua traîtreusement dans une conférence suivant les uns, ou le défit loyalement suivant d'autres. Quoiqu'il en soit, Ataliba captif offrit pour sa rançon autant d'or qu'il en pourrait tenir dans une vaste salle où il se trouvait, et à la hauteur de sa main, qu'il éleva de toute la longueur de son bras au-dessus de sa tête. Non content de ces immenses monceaux d'or que l'imagination a peine à concevoir, et qui procurèrent près de 50,000 livres à chaque soldat, ces féroces, ces avides, ces abominables brigands, ne furent satisfaits qu'après avoir trempé leurs mains dans le sang de cet innocent et malheureux monarque ; par la plus outrageante et la plus indigne des barbaries, ils le firent expirer sous les coups du bourreau. Avec lui périt la dynastie bienfaisante des Incas et l'âge d'or des Péruviens. Ce florissant empire s'écroula de tous côtés ; et les tigres qui l'avaient renversé s'entre-déchirèrent sur ses débris. Ce dut être du moins une consolation pour les malheureux Péruviens de se voir vengés de leurs tyrans par leur propre rage. En effet, Almagro ayant pris les armes contre Pizarre, fut vaincu et décapité. Les partisans d' Almagro, dans leur fureur, assassinèrent Pizarre, se donnèrent pour chef le fils de ce même Almagro, qui, à peu de temps delà, fut défait par un gouverneur venu d'Espagne, qui lui fit trancher la tête. Cependant un autre Pizarre, frèie du premier, continue la guerre civile ; il bat un vice-roi et le tue : il est lui-même défait, pris, et pendu. Enfin, ce n'est qu'après dix -sept ans de pareils troubles, en 1548, que ce malheureux pays obtint une espèce de repos, après la mort violente de presque tous ceux qui l'avaient découvert ou conquis. On frisonne d'horreur à la vue des forfaits qu'on vient de lire, et pourtant nous n'avons fait qu'en indiquer seulement quelques-uns; à la vue de tous ceux que présente l'histoire détaillée de l'arrivée des Espagnols, on est tenté de se dire que très certainement tous les crimes, tous les vices qui peuvent rendre les hommes odieux étaient partis ensemble de l'ancien monde pour venir désoler le nouveau, et l'on «jouterait qu'ils avaient banni toutes les vertus du voyage, s'il ne s'était trouvé parmi eux un être bienfaisant et sensible, charitable et religieux, qui s'opposa partout à ses coïnpagnons, combattit sans cesse les bourreaux^ et s'exposa souvent pour les victimes : Cet homme fut Barthélemide Las^ Casas. "—( Lesagb, AUai Historique*)

EGE DE LA

Provinces-Unies ; au sud-ouest, par le Chili et le Grand Océan ; au nord-ouest, par le Pérou.

176. Ce pays, qui d'abord avait £ait partie du Pé rou, et qui depuis fut compris dans le Buenos- Ayres, suivit le sort de ce gouvernement, qui en 1810 secoua le joug espagnol. En 1825,1e Haut- Pérou se déclara république, et prit le nom de Bolivia^ en l'hon- f neur de Bolivar, auteur de son indépendance.

177. L'aspect, le climat, &c.de la république de Bolivia,, senties mêmes que ceux du Pérou. Se« montagnes renferment d'abondantes mines d'or et d'argent, beaucoup de substances minérales, telles que les sulfates de fer, de soude, de magnésie, &c. Sur la frontière du Pérou, on remarque le lac Titicaca, parsemé d'îles, dans l'une desquelles était autrefois un temple magnifique consacré au soleil.

178. Capitale, La Plata ou Chuquisaea; vilks principales, La Paz, et Potosi; toutes trois situées près des célèbres mines de même nom. Population totale,. 1,300,000 habitans. Cette république se divise en 6 départemens.

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