‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 76 sur 128 · INDO-CHINE · texte numérisé non relu

INDO-CHINE

. 570. Bornes : Au nord, le Thibet et la Chine ; à Fest, la mer de la Chine ; au sud, le détroit de Malaea ; à l'ouest, le golfe de Bengale et l'Hindoustan.

571. Divisions: A l'ouest, l'empire Birman et les possessions anglaises ; au centre, le royaume de Siam ; à l'est, l'empire d'Annam; au sud, la presqu'île de Malaça.

572. Climat^ Productions^ Sfc: Voyez le numéro 555 et les suivans. L'Indo-Chine est singulièrement riche en plantes aromatiques, médicales, et utiles dans les arts. Son commerce est à peu près le même que celui de l'Hindoustan, quoique bien moins considérable; il se fait principalement avec les Hindous, les Anglais, et les Chinois. La population totale est estimée à 22 millions d'habitans, la plupart bouddhistes, excepté les Malais qui professent le mahométisme. Ces derniers forment une race particulière répandue surtout dans rOcéanie. Les autres se rapprochent des Mongols et des Chinois. On assure qu'il existe dans les montagnes, spécialement dans celles de la Cochiiichine et de Laos, une nation sauvage, noire, semblable aux Cafres, et dont les individus s'appellent Kemoys ou Moys ; ceux-ci paraissent avoir du rapport avec les nègres de l'Océanie.

L'usagfe très g-énéral de manger l'opium produit chez les habitans de l' Indo-Chine des effets plus funestes encore que celui de boire des liqueurs enivrantes.

573. I ® . L'Empire Birman, qui s'était élevé depuis le 16e. siècle sur les débris du royaume de Pégu, renfermait 11 grandes provinces jusqu'en 1826. A cette époque, la Compagnie des Indes acheva de soumettre l'Aracan, le Tavai, le Mergui, et le Tenasserim ; elle se réserva encore la nomination des rajahs de l'Assam, du Muîinipour et de quelques autres provinces : ces changemens ont réduit à peu de chose le pouvoir de Tempe-

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reur birman, qui court risque d'éprouver bientôt un '

sort semblable à celui du Grand-MongoL — Climat i

moins chaud que celui de l'Inde. — Sol très fertile — les i

plaines et les vallées du nord produisent du beau blé — l

le bois de teak croît partout — Quantité de troupeaux, \

de tigres, et d'élépbans. Capitale, depuis 1822, Ava, ]

sur riraouaddy ; les maisons de cette ville avaient été l

transportées, en 1783, à Ummerapoura, qui n'en est )

éloignée que de 4 milles, et qui fut pendant 39 ans la |

résidence de l'empereur birman. Le principal port de :

commerce est Rangoun, sur l'une des bouches de l'Ira- ^

ouaddy, à 10 lieues de la mer. — Pop. 3,500,000 boudd- ^

" histes.— Gouvernement très despotique. !

La ville de Pégu, autrefois capitale du puissant état du même j

nom, renferme la fameuse tour de Schommadou: un des côtés j

a 1304 pieds d'élévation, et l'autre 6^2 ; au sommet est placée une 'i

Sfalerie en forme de parasol dont les supports sont en fer doré et j

dont la hauteur est de plus de 300 pieds. i

L'empereur ou le roi d' Ava, est presque adoré de ses sujets, On ne peut rien nommer de ce qui lui appartient qu'en y ajoutant j i'épithète c?'o?' sa bouche (Tor ses pieds d'or, &c.

Le second personnage de l'empire est un éléphant blanc. Cet I animal a sa cour, ses ministres, et une garde de 1,000 hommes. — \ il ne dort que sur des matelas couverts de soie; il ne mange que ^ dans des vases d'or pur; ses housses magnifiques sont d'or garni \\ de grands diaraans et d'autres pierres précieuses. Les Birmans croient que cet éléphant est la demeure d'une âme humaine qui, après des transmigrations sans nombre, va bientôt passer au sein de la divinité pour se confondre à jamais avec elle.

574. II®. Le Royaume de Siam est arrosé par le Mei-Nam, sur les bords duquel la plupart des villes sont bâties.- — Climat très chaud. — L'indigo, le café, le coton, le thé, les fruits les plus délicieux abondent partout.— Beaucoup d'animaux sauvages. — Les sangliers, les singes, les crocodiles, le mouches phosphoriques et les moustiques y fourmillent. Les él^hans de Siam * sont célèbres par leur beauté et par leur intelligence ; les blancs y reçoivent une espèce de culte. Les oiseaux et les insectes y sont d'une grandeur démesurée. Le«

Géographie de l'Asie.

crocodiles ont quelquefois jusqu'à 50 pieds de long. Le commerce, qui se fait principalement avec les Anglais et les Chinois, consiste à échanger les productions du pays contre celles de l'Inde et de la Chine. Capitale, Siam ou Juthia ou Isoudia, traversée par de vastes canaux et entourée d'un mur de briques haut de 25 pieds avec de bonnes tours ; les vaisseaux qui remontent le Mei-Nam viennent se décharger aux portes des maisons de commerce ; il y a beaucoup de Chinois et de Maures. — Population 3,000,000 de bouddhistes. — Gouvernement très despotique.

Trois fois le jour, le souverain se montre un instant aux regards de ses g-rands officiers, qui se prosternent aussitôt en terre pour écouter ses ordres.

Les Siamois ont des jeux scéniques; des courses de bœufs ; des combats de taureaux, d'éléphans, et de coqs; des tours de force, la lutte, les danses de corda; des processions religieuses, des illuminations, et de beaux feux d'artifice. Le peuple ne s'occupe guère que de la pêche et des moyens de pourvoir à sa subsistance. Les classes supérieures partagent leur temps entre l'oisiveté et les ruses d'un petit commerce.

575. III®. L'Empire d'Aîînam est divisé en 5 provinces, qui formaient autrefois autant de royaumes, Tonquin, Cochin chine, Tsiampa, Cambodje, et Laos. — Grande variété de productions — arbre à thé, oranges excellentes, bois précieux, bois et plantes de teinture, gomme de Cambodje, &c. — Mines abondantes, surtout dans le royaume de Laos. — Quantité d'éléphans et de buffles. — Commerce avec la Chine et l'Hindoustan. — Capitale, Saigon, munie d'une bonne forteresse, près des bouches du fleuve de Cambodje. — Population 14 millions d'habitans, d'origine chinoise.— Armée de 150,000 hommes disciplinés à la manière des Européens.— Langue, religion, sciences, arts, mœurs, tirés de la Chine. C'est le souverain de la Cochinchine qui règne sur toutes ces contrées. Il s'appelle le roi de& Cieuçc,

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Le Tonquin et la Cochinchine renferment un bon nombre ài chrétiens catholiques ; on en compte 300,000 dans le seul Tonquin occidental.

576. Presqu'île de Malaca: L'intérieur est occupé par de vastes forêts impénétrables; les côtes sont divisées en petits royaumes. — Quantité d'épiceries, de bois précieux, et de bois de teinture. — ^Diamans, mines précieuses, kaolin ou terre à porcelaine. — Animaux féroces, éléphans, paons, perroquets, tourterelles particulières—oiseau de Junon, espèce de poule qui étale un plumage ornée d'aussi belles tâches que celles du paon Capitale, Malaca, sur le détroit de ce nom, dans, une poiition salubre ; le thermomètre y varie toute l'année de -j- 32 à -j- 38 degrés de Réaumur : cette ville est maintenant aux Anglais. — Population totale, peut-être 1 million et demi, qui appartiennent à la 4e. race humaine.

On représente les Malais comme traîtres, cruels, sanguinaires Leurs brigandages et leurs pirateries les ont rendus la terreur des autres peuples orientaux. Ils sont forts et nerveux ; ils ont h teint bran foncé, les cheveux longs, lisses, noirs, le nez gros et plat les jeux grands et étincelans.

Iles qui dépendent de l'Indo-Chine.

Iles Andaman: Au sud de la côte du Pégu, dans le golfe de Bengale : baies profondes, bons ports — sol montueux — bois de teak, bois de fer, arbre à pain, &c. — Habitans sauvages de race nègre, petifc de taille, chasseurs, pêcheurs, ennemis des Européens, peut-êtri cannibales — langue particulière.— -Pop. 2,500.

Iles Nicohar : Au sud des précédentes — fertiles en cocos, eîi arec, en sucre, en cassia, &c. — bois précieux. — Quantité de bœufs, décochons, et de volailles. — Habitans d'une couleur cuivrée ; dân§ leur habillement, une petite bande de drap pend derrière eux, ce qui a fait croire au navigateur suédois Kœping, que cette espèce d'hommes avait des queues.

Hors de la chaîne de ces deux groupes, est le pittoresque volcan de l'île Barreriy qui vomit des laves rougeâtres. ,

Iles Merghi: Situées le long de l'isthme de Kraw, qui joint là presqu'île de Malaca à l'empire Birman — toutes les productions de la presqu'île — on y trouve partout de bons mouillages.

Géographie de l'Asie.

m Pulo-Penang, ou île du Prince de Galles: Sur la côte du Voyaume de Quedah, établissement anglais, habité par toutes les nations commerçantes — excellent mouillage pour les plus gros vaisseaux. — Grande variété de productions. — Population, environ 25,000.

Sincapour : Sur le détroit de ce nom, à l'extrémité de la presqu'île de Malaca : autre entrepôt important de commerce, habitée par 16,000 individus de toutes nations. Cette île avec la précédente, la ville et le territoire de Malaca, et quelques autres- îles de cette côte, forme une 4e. présidence, qui dépend du gouvernement général de Calcutta. La population de cette présidence est actuellement de 107,000 habitans.

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