‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 80 sur 128 · PERSE OU IRAN · texte numérisé non relu

PERSE OU IRAN

589. Bornes : Au nord, TErivan (cj^ le Schirvan (c)^ et la mer Caspienne; à Fest, le Caboul et le Béloutchistan ; au sud, le détroit d'Ormus et le golfe Persique ; à l'ouest, la Turquie d'Asie. Cette contrée se divi.ee en 10 grandes provinces ou beglerbegs outre quelques districts qui en dépendent.

Voici les noms de ces provinces :

Aderbaïdjan, Ghilaii, Mazenderan, Iraq-Adjemi, Kour4istan persan, Khousistan, Farsistan ou Fars, Kerman, Laristan, Khorapaa persan {d).

La Perse, anciennement resserrée dans le petit pays de Perside \ (Farsistan actuel) sur le goîfe Persique, s'était d'abord accrue de \ la Médie (Iraq- Adjemi), et bientôt après, sous le règne de Cyrus 1 (538 av. J. C), de l'Arménie, de la Mésopotamie et de la Baby- 1 lonie (Aigezireh et Iraq-Arabi), et de tous les pays qui composent

j faj Usage assez commun en Asie.

1 {bj On assure qu'en 1832, il y avait dans le Khjva 10,000 esclaves russes et 20.000 pt'rses.

(c) l^ovinces russes.

{(1) Le Khoraçaii depuis pîuvsieurs années forme un état ou royaume à I peu près indépendant, dont la ville de Héret est la capitale.— Fop. •;^j500,000.

Abrège de la

la Turquie asiatique. Cambyse, fils de Cyrus se rendit maître de l'Eg-ypte. Darius, fils d'Hystaspe, entreprit vainement la conquête de la Scythie (Tartarie) et de la Grèce (514.. .500 av. J C). Ce vaste empire fut ruiné par Alexandre-le-Grand et partag-é, après sa mort, entre ses généraux. La Perse fut donnée à Séleucus, fondateur du royaume de Syrie (305 av. J. C). L'empire des Parthes (Khoraçan actuel), s'éleva un demi-siècle plus tard, et s'étendit vers le temps de Pompée, depuis l'Euphrate jusqu'à l'Inde, L'an 226 de l'ère chrétienne, la Perse regagna son indépendance et devint un royaume florissant, qui subsista sous 25 rois nommés Sassanides jusqu'en 637, époque oix elle tomba au pouvoir du calife Omar, deuxième successeur de Mahomet. Au neuvième siècle, elle se divisa en plusieurs petites monarchies, qui furent envahies en 1231 par Genghiskhan, en 1372 par Tamerlan, et en 1405 par les Turcs. — Le troisième empire des Perses ou celui des Sofis, commença en 1506; il succomba en 1722 sous la puissance des Afghans (No. 575). Cet événement fut suivi de l'élévation au trône du féroce Nadir-Schah, né dans le Khoraçan, qui soumit les Afghans et fit la conquête de l'Inde (No. 553). Ses successeurs ont été supplantés par la famille de Fath-Ali-Schah, laquelle règne aujourd'hui en Perse.

590. Climat^ Sfc : Les bords de la mer Caspienne éprouvent des chaleurs très fortes en été et un hiver très doux ; Tune et Pautre saison est excessivement humide. Le climat et les productions des parties montagneuses sont assez semblables à ceux de l'Europe, en observant qu'ici le sésame remplace souvent l'olivier et qu'on y trouve peu de richesses minérales, quoiqu'il y ait des mines d'or, d'argent, de fer, de turquoises, et des sources abondantes de naphte. Sur les côtes du golfe Persique, ce sont des chaleurs brûlantes, des pluies tropiques, des sécheresses prolongées, et les autres înconvéniens du climat indien. L'intérieur est occupé par des déserts remplis de plantes salines. Le grain le plus commun est le froment ; viennent ensuite le riz, l'orge, le millet, le maïs, &c. Les fruits les plus estimés de l'Europe y ont été apportés de la Perse, tels que la figue, la grenade, la mûre, la pêche, l'amande, la pistache, et l'abricot. Les oranges y sont énormes Le sol est singulièrement favorable à la culture du ci tron, — Dattiers, bois odoriférans ; melons de 20 espèces,

GeogrAMïë m L*AsîË-

quelques uns si gros qu'un homme en peut à peine por« ter deux ou trois ; vins délicieux ; quantité immense de soie excellente; cochenille, séné, assa-fœtida, sumac, opium, rhubarbe, &c.

Les chevaux persans passent pour être les mieux faits de TOrient, bien qu'ils le; cèdent en vitesse aux chevaux arabes. Le chameau est commun. Le bétail ressemble à celui de l'Europe, excepté que du côté de l'Inde il a une bosse sur le dos. Les moutons y traînent une queue de trente livres, dit-on, qui s'élargit Ters le bas en forme de cœur. Entre les animaux sauvag^es oa remarque le lion sans crinière, le tigre, le léopard, la panthère, l'once, l'hyène, le chacal, l'âne sauvage, ^c.

.59 L Commerce: Soie brute, étoffes de soie et de coton, tapis appelés tapis de Turquie^ parce qu'ils se vendent ordinairement aux Turcs^ brocarts, armes blanches, opium, tabac, fruits secs et confits, schalls, laine, poil de chameau, poil de chèvre, noix de galles, vins, chevaux, porcelaine, bijoux, ustensiles de cuisine, &c.

Le commerce maritime se fait par des navires étrangers, anglais, maures, arabes, arméniens, ^

592. Capitale : Téhéran, dans l'Iraq- Adjemi ; de ses 60,000 habitans, à peine 10,000 y demeurent en été : toute la cour, pendant cette saison, va camper dans la plaine de Sultaniéh, au sud des monts Elbours.

593. Villes principales: Ispahan, autrefois résidence des souverains de Perse — elle est encore la ville la plus peuplée — mosquée royale revêtue au-dehors de marbre et dont le dôme et les minarets sont couverts de porcelaines peintes en mosaïque — place magnifique, superbes promenades ; Tauris, autre capitale ancienne, qui fait un grand commerce de soie, de peaux de chagrins, &c. — un tremblement de terre en 1724 y fit périr 100,000 personnes; Casbin, grande ville, très commerçante en soiries, en tapis, et en armes blanches; Hamadan (ancienne Ecbatane), connue par ses fabriques de cuir; Schiraz, au sud-est d'Ispahan, dans une vallée délicieuse— renommée par son vin et son essence de roses — elle a pro* duit les meilleurs poètes de l'Asie — à 12 lieues de cette ville sont les ruines de Persépolis; Yezd, entrepôt du commerce entre la Perse et la Bukarie ; Hérat, dans le Khoraçan oii Ton fabrique de super fees tapis ; &c.

Abrège de la

Les lieux destinés au commerce dans les villes de l'Orient, par-» ticulièrement dans celles de la Perse, portent le nom de bazar?. Quelques uns sont découverts comme les marchés d'Europe et servent aux mêmes usages ; d'autres sont surmontées de voûtes percées par des espèces de dômes qui en éclairent l'intérieur : c'est dans ces derniers que les marchands de pierreries, d'orfévrerie, de riches étoffes, &c., ont leurs boutiques. XI y a des bazars où l'on ne vend que des esclaves.

Un autre genre d'édifice qui doit son origine à l'hospitalité, vertu sacrée chez les sectateurs du Koran, sont les caravanserais, espèce d'hôtelleries très vastes, où les caravanes et les simples voyageurs sont reçus pour un prix modique, souvent même gratuitement. On en rencontre sur toutes les grandes routes et dans la plupart des grandes villes depuis Coustantinople jusqu'au Gange.

594. Population : 12,000,000, dont 8 millions Tajek» ou Perses, et les autres Turcs, Arabes, Kourdes, Ghelaïks, Guèbres, Arméniens, Béloutclies, Juifs, &c. Tous ces peuples parlent différentes langues. Il y a beaucoup de tribus nomades, surtout d'Arabes, qui aiment à subsister par la guerre, le vol et le pillage. L'islamisme est la croyance commune. Les chrétiens sont pour la plupart arméniens et nestoriens. Le gouvernement est le militaire despotique ; le roi porte le titre de schah^ qui répond à celui de khan^ de king^ &c.

L'armée du roi est de 100 à 150 mille hommes; la cavalerie en constitue la principale force.

Ce pays possède un bon nombre dé collèges où Ton enseigne la langue arabe, la turque, et la persane ; l'éloquence, la poésie, la théologie, la médecine, et l'astrologie. Tous les Perses portent le turban vert ; ils se rasent la tête, mais ils entretiennent la barbe avec le plus grand soin. Le mets favori des gens riches est le rix bouilli, préparé de différentes façons; le blé est la nourriture ordinaire du peuple. Dans les festins, les melons, les fruits, les confitures, jouent un grand rôle.

Les Perses, qu'on appelle souvent les Français de l'Asie, se sont de tout temps distingués par la gaité de leur caractère, par leur industrie et par leur littérature. Ils excellent dans l'art de broder sur le drap, la soie, et le cuir; dans les fabriques de tapis, de poterie, de cuir, de maroquin, de chagrin, d'arcs, de sabres, de chaudronnerie, &c. Comme les Turcs, ils battent tous les métaux à froid, et jusqu'aux fers des chevaux, ce qui leur donne, dit-on, plus de solidité.

Géographie de l'Asie.

Iles qui dépendent de la Perse.

595. La plus grande et la plus fertile est celle de Kischmis, Tcr» l'entrée du golfe Persique, ombragée de cocotiers et de bananiers. L'île d' Ormus, autrefois emplacement d'une vilie superbe et centre d'un vaste commerce avec l'Europe, ne renferme que des ruines de ^on ancienne richesse,

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