TARTARIE INDEPENDANTE
583. Bornes : Au nord, la Sibérie ; à Fest, la Kalmoukie, la Petite-Bukarie et le Petit-Thibet ; au sud, le Caboul et la Perse ; à l'ouest, la mer Caspienne et les monts Ourals qui séparent cette contrée de l'Europe.
Les Tartares, appelés Scythes par les anciens, étaient autrefois maîtres en Sibérie (No. 508), à Astrakan, et en Crimée. Le fameux Taraerlan, né dans la Grande-Bukarie et mort en 1415, soumit la Perse, THindoustan, l'Egypte; ruina pour quelque temps la puissance des Turcs en Asie ; et s'empara de la Russie entière. Ses descendans, sous le nom de Grands-Mog-ols régnèrent dans TTnde depuis 1526 jusqu'en 1803 (No. 553). Aujourd'hui la puissance des Tartares est peu considérable. La Petite et la Moyenne horde des Kirguis reconnaissent la souveraineté de l'empereur russe ; la capitale même, selon quelques uns, est tributaire des Chinois.
584. Divisions principales : Au nord et au centre, le pays des Kirguis- Kaisaks ou Cosaques^ séparés en trois hordes, la Petite, la Moyenne et la Grande ; à Pest, le Turkestan, d'où sont sortis d'abord les Turcs ; au sud, la Grande-Bukarie, et le Kharisme, qui comprend l'état de Khiva et le pays des Ousbecks- Araliens ; â l'ouest, la Turcomanie.
585. Climat, 8^c: : L'élévation du sol et la proximité des montagnes qui bornent cette contrée au nord et à l'est, rendent le climat généralement froid. Une bonne moitié du sol consiste en immenses steppes couvertes de
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Abrège de la
plantes salines ou de sables arides, et entrecoupées de lacs ou de mares saumâtres. Les bords des rivières sont très fertiles. Le riz, le coton, le tabac. Forge, le millet, et d'autres grains sont cultivés avec beaucoup de succès dans plusieurs cantons ; la vigne et quelques fruits de l'Europe réussissent dans la Grande-Bukarie. — Mines, pierres précieuses, entre lesquelles on remarque le rubis-balais, qui est un cristal de couleur rose pâle. — Animaux et oiseaux de l'Europe, chameaux, dromadaires, moutons à large queue, argalis, yaks ou bœnfs grognans, chacals, ânes et chevaux sauvages, animaux à fourrures, &c.
îl y a des serpens blancs de la longueur d'une aune, qui ne font aucun mal et des araignées très venimeuses, noires, velues, à huit yeux, de la grosseur d'une noix. Les sources de naphte et de pétrole abondent vers la mer Caspienne.
Les troupeaux font la plus grande richesse des Tartares, surtout des Kirguis. Ils tondent tous les ans leurs dromadaires comme leurs brebis ; cette tonte leur fournit une grande quantité de poil laineux qu'ils vendent aux Russes. On prétend qu'un riche Cosaque possède quelquefois jusqu'à 10,000 chevaux, 4,000 bestiaux, et 90,000 moutons, sans compter les chameaux, les chèvres, ^c.
586* Commerce: Les Kirguis conduisent à Orenbourg, ville russe située sur TOural, ou à Tobolsk, de^ brebis, des agneaux, des chevaux, du bétail ; ils y portent encore une grande quantité de pelleteries, de poil de chameau, et de camelots. En échange, ils reçoivent des draps, des meubles, et divers ouvrages de manufacture européenne. Les caravanes de Khiva e de la Grande-Bukarie portent à Orenbourg du blé, du coton écru, des étoffes de soie et de coton, des peaus d'agneaux; mais ils trafiquent davantage avec les Kab mouks, les Perses, et les Indiens.
587. Capitale : Boukara ou Bukara, sur le Sogd affluent du Gihon, dans une vallée riche en vergers, ei raisins, en melons, et en céréales — centre d'un granc commerce — on y compte 360 mosquées et 285 écoles Ville principale, Samarcande, autrefois entrepôt d'ui
Géographie de l'Asie.
commerce immense — siège de Tempire de Tamerlan en 1400 — célèbre université musulmane — on attribue à cette ville l'invention du papier de soie.
588. Population : 4,000,000 de musulmans. — Gouvernement féodal ; le souverain prend le titre de Prince des Croyans.
Armée, 100,000 hommes, la plupart de cavalerie. Leurs armes sont la lance, le sabre, et le fusil qu'ils tirent au moyen d'une mèche («). Les Kirguis et les Turcomans vivent du produit de leurs troupeaux, de chasse, de pêche, et de brigandages : leurs nombreux prisonniers sont vendus comme esclaves au plus haut enchérisseur (b). Ils enlèvent leurs femmes, ordinairement ches les Kalmouks. Ils se nourrissent le plus souvent de la chair de leurs moutons et du lait de leurs jumens. Les Ousbecks, qui passent pour être les plus industrieux des Tartares, se fixent de préférence dans les villes ; on assure que leurs femmes les suivent à la guerre et combattent à leurs côtés. Les Bukares parcourent toute l'Asie pour leur commerce.