‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 83 sur 128 · TURQUIE D'ASIE · texte numérisé non relu

TURQUIE D'ASIE

610. Bornes : Au nord, la mer Noire et les provinces russes ; à Test, la Perse ; au sud, l'Arabie et la Méditerranée ; à l'ouest, l'Archipel ; au nord-ouest, le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara, et le détroit de Constantinople.

61 L Divisions: On peut diviser la Turquie d'Asie eh huit parties principales, savoir : l' Anatolie, le Roum, et la Caramanie, situés entre la mer Noire et la Méditerranée ; l'Arménie et le Kurdistan, à l'est ; le Diarbekir ou Algezireh, l'Iraq- Arabi, et la Syrie avec la Palestine, au sud.

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Les divisions turques en pachaliks ou provinces, sangiakats ©t! districts, &c., sont peu connues des Européens.

(a) Nous allons fouler un sol fertile en grands souvenirs mais ces souvenirs même n'existent point pour les habitans actuels abrutis par l'ignorance et Tesclavage. Une obscurité profond» enveloppe la gloire de vingt peuples qui jadis florissaient dans TA sie occidentale ; les troupeaux bondissent également sur le tom beau d'Achille et sur celui d'Hector ; les trônes des Mithridate e des Antiochus ont disparu comme les palais de Priam et de Crésus les marchands de Smyrne ne se demandent guère si ce fut dan leurs murs que naquit Homère ; le beau ciel de l'Ionie n'inspir» plus ni peintres ni poètes ; la même nuit couvre de ses ombres le^ rives du Jourdain et les bords de l'Euphrate ; la république d( Moïse a disparu; les harpes de David et d'Isaïe sont muettes \ jamais ; un pasteur arabe vint avec indifférence appuyer sa tenti aux colonnes biisées de Palmyre (ô); Babylone (c) aussi a succom bé sous les coups d'un destin vengeur, et cette cité qui régnait sw l'Asie opprimée, laisse à peine après elle une trace qui puisse in diquer où s'élevaient les remparts de Sérairarais ; " J'ai vu sur lei

lieux, dit encore un voyageur, l'accomplissement de cette prd

phétieique Tyr(c?), la reine des nations, ne serait plus qu'un ro( " oii les pêcheurs feraient sécher leurs filets. (Ezechiel chl 26)."

Les peuples les plus célèbres de l'antiquité, les Assyriens, leî Perses, les Grecs et les Romains, dominèrent successivement sui les contrées qui composent la Turquie d'Asie actuelle. A| septrème siècle, les califes, successeurs de Mahomet, sortis de l' A^ rabie, s'en emparèrent et firent de Bagdad la capitale de leur vaste empire. Les Turcs, venus de la Tartarie (No. 584), s< jetèrent, au 13e. siècle, sur l'Anatolie; plus tard ils étendiren leurs conquêtes sur le reste de l'Asie occidentale, sur l'Egypte, e sur la partie sud-est de l'Europe, d'où ils menacèrent long-terapf d'envahir toute la chrétienté. Aujourd'hui leur puissance est pei formidable. Le pacha d'Egypte devenu indépendant, vient de faire trembler Constantinople ;nême (e), le siège de l'empire ottoman, qui, ruiné en Afrique, ne tardera pas sans doute à s'écroulei en Europe. Les Russes, les Perses, et les Wahabites lui préparent peut-être un sort semblable en Asie.

(a) Malte. Brun, Géog. Univ. Tom. 3, page 64.

(6) Cette ville était connu dès le terops de Salomon sous le nom de TadiTîor — elle fut, au 3e. siècle, la capitale de l'immortelle reine Zéncbie, que l'empereur Aurélien fit prisonnière— parmi une foule d'autres ruines, elle renferme les restes magnifiques d'un temple du Soleil.

(c) Les décombres de JBabylone occupent un grand espace aux environs d-e Hella, sur l'Euphrate. Tout le territoire au-dessous de Bagdad es! jonchée de débris de villes grecques, romaines, persanes, et arabes, confondues dans un même néant.

{d) Aujourd'hui iîowr, village couvert de ruines, situé au nord d'Acre sur la Méditerranée.— (e) Avril, 1S33.

Géographie de l'Asie.

612. Climat^ S^c: L'Arménie, le Kurdistan, et les pays que traverse la large chaîne du Taurùs, partagent le climat et les productions des pays Caucasiens (No. 606). En général il règne dans T Asie-Mineure un air saiubre, une température douce et pure qu'on ne trouve point sur les côtes opposées de l'Europe. Cependant les bords * de la Méditerranée éprouvent des chaleurs accablantes, tandis que celles de la mer Noire souffrent d'une trop grande humidité. Dans l'intérieur de la presqu'île sont de vastes plaines où croissent l'absynthe, le sauge, et diverses plantes salines. Au sud et au sudest, on retrouve les sables brûlans, le vent de samurriy les gazelles, et les sauterelles de l'Arabie.

Les bords de PEuphrate et du Tigre présentent quelquefois des lisières fertiles en grains et en fruits de toutes sortes, et des jardins magnifiques entretenus par des irrigations artificielles.

Les productions des côtes de la Méditerranée et de l'Archipel sont toutes celles de l'Italie et de la Grèce, auxquelles il faut joindre plusieurs gommes précieuses, entre-autres le laudanum, la noix de galles, les dattes, le sésame, &c.

La Syrie en deçà du désert est exposée à trois climats différens; une température douce dans les parties montagneuses, des chaleurs humides sur les bords de la Méditerranée, des chaleurs sèches du côté de l'Arabie. I Du reste, c'est un pays extrêmement fertile.

Les productions les plus communes de la Turquie d'Asie sont les blés, le maïs, la soie, le coton, le vin, les olives, les figues, les jattes, et divers autres fruits. Les mines sont principalement celles de cuivre et de fer. Les Turcs élèvent un grand nombre de troupeauK.

613. Commerce: Laine, soie, coton, toiles, tapis, camelots, cuirs, maroquins, tabac, vins, huiles, figues, dattes, cire, garance, noix de galles, alun, rhubarbe et autres drogues, marchandises de la Perse, des Indes, et de l'Arabie, armes blanches, cuivre, &c. (voyez le

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Le commerce et Tindustrie ne sont bien florissans que dans queî-| ques villes le long- de la mer qu'on nomme Echelles du Levant ;\ la plupart des nations européennes et les Etats-Unis y ont des| consuls pour leurs affaires mercantiles. j

— -Capitale, Constantinople voyez le No. 477.|

614. Villes: 1®. Dans l'Anatolie, Trébisonde, place forte sur la mer Noire— elle fut, depuis 1203 jusqu'en 1452, la capitale d'un empire grec fondé par une branche des Commènes, empereurs de Constantinople; Kastamouni, où il y a des fabriques de vaisselle de cuivre et autres; Kutaiéh, belle ville, ricbe en vins, en fruits^ en noix de galles; Angora, commerçante en superbes camelots faits avec le poil d'une chèvre qui ne se trouve point ailleurs — près d'ici Tamerlan en 1402, vainquit Bajazet, empereur des Turcs, le prit et l'enferma dans une cage de fer oii il termina ses jours — cette victoire coûta la vie à 400,000 hommes ; Burse ou Brousse, ancienne capitale de l'empire ottoman— elle vend beaucoup de tapis et de soie; Smyrne, la ville la plus commerçante de toutes les Echelles du Levant — la peste et les tremblemens de terre l'ont souvent dévasté — célèbre marché de figues — l'une des 7 villes qui prétendent avoir donné naissance à Homère ; Scutari, vis-à-vis Constantinople, dont elle n'est qu'un vaste faubourg; &c.

2®. Dans le Roum, Amasie, patrie du géographe Strabon — mosquées magnifiques — fruits excellens ; Tocat, entourée de vergers et de vignobles — riches mines de cuivre dans les environs ; &c.

3^. Dans la Caramanie, Koniéh, d'où les sultans Osmanlîs étendirent leur domination en Asie et eu Europe ; Kaisariéh, an- i cienne Césarée, grande ville, commerçante en maroquins j &c.

4 ^ . Dans l'Arménie, Erzeroum, forteresse, entrepôt pour les caravans de la Perse et des Indes ; &c.

5®.' Dans le Kourdistan^ Moussoul, près de remplacement de Ninive— elle a des fabriques de draps d'or, d'étoffes de soie, et de coton qui, de son noui, ont été appelés mousselines»

6®. Dans l'Algezîreh, Diarbékir — mosquées et bazars magnifiques—les environs produisent des melons st des pastèques qui pèsent 30 livres,

7*^ . Dî^ns l'Iraq^Arabi, Bassora, lieu célèbre de commerce entre l'Europe, l'Asie occidentale et les Indes— les Arabes de cette ville ne conservent pas seulement la généalogie de leur chevaux, mais même celle de leurs pigeons et de leurs béliers— ceux-ci ont tousj 4isept41s, m bl^nc au bout de l'oreille— c'est la raar^

Géographie de l'Asie.

que que les doigts du prophète imprimèrent à l'auteur de leur race ; Bagdad, ancien séjour des califes (No. 611) et célèbre lieu de pèlerinage pour les Persans qui croient que leur prophète Ali y a demeuré — la peste y fit périr, dit-on, 400,000 habitans en 1772, et 100,000 en 1832 — un affreux tremblement déterre et une inondation du Tigre ont presque achevé de ruiner cette grande ville.

8 ® . Dans la Syrie, Alep, bâtie en pierres de taille et pavée de même — elle a été presque détruite en 1822 par um tremblement déterre; Damas, la plus ancienne, la plus belle, et la plus industrieuse de toutes les villes de la Turquie d'Asie — il y a 500 édifices qui méritent le nom de palais- — grand nombre de mosquées — vastes fabriques de savon — commerce très considérable avec l'Inde, l'Europe, et l'Egypte— cette ville est renommée par ses tissus de soie et les sabres auxquels elle a donné son nom; Acre, très forte place, célèbre par plusieurs sièges — les Français, commandés par Bonaparte en 1799, firent vainement des prodiges de valeur poiir s'en rendre maîtres — le galant chevalier Sydney Smith la défendait; Jérusalem, oii se sont accomplis la plupart des mystères du christianisme — cette ville possède le Saint-Sépulcre, dans une église bâtie sur le Calvaire — elle a changé 17 fois de maître — les chevaliers de l'Europe chrétienne la délivrèrent des mains des infidèles en 1098, et y formèrent un royaume qv' a-accomba, 89 ans après, sous les armes de Saladin, fameux sultan d'Egypte; Betbléem, sur une montagne couverte de vignes et d' oliviers — cette petite ville a vu naître le Sauveur du Monde — Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, y fit construire une magnifique église, qui subsiste encore ; &t;.

615. Population: 12,000,000 d'habitans, qui parlent un grand nombre de langues différentes. La religion dominante est le mahométisme faj; mais il y a beaucoup de grecs schismatiques, d'arménîenSj^de catholiques, de juifs, &c. Pour le gouvernement, voyez le No. 480.

la) LMslamisme, dès sa naissance, se sépara en doctrine de Mabomot et en doctrine d'Ali, gendre du prophète. Les sectateurs de la première croient que la prédestination est absolue, que Dieu et le Koran sont coélernels; que le bien et le mal ont éfralement Dieu pour cause; que la divinité se rendra visible dans sa propre essence ; C\iie Mahomet a été enlevé au ciei en corps et en âme ; enfin, qu'il est nécessaire de prier cinq fois par jour. Les partisans d'Ali, au contraire, tiennent que Dieu n'est la cause que du bien ; que lui seul est éternel et incréé, et non le Koran ; que les esprits bienheureux ne voient Dieu que par ses œuvres ; que l'âme de Mahomet fut reçue dans le del séparée de son corps ; enfin, qu'il suffit de prier trois fois par jour. La doctrine d'Ali domine en Perse et chez les peuples orientaux qui ieur furent autrefois soumis. Les Turcs, les Arabes, et îe plus grand nombre des autres musulmans adn:iettent la religion de Maho» met telle qu'enseignée par lui-même.

226 Abrège dë la GEoGitAî*HiE de l^Asïë.

On trouve dans les provinces orientales des hordes nombreuses * de Kourdes et de Turcomans, qui vivent dans une sorte d'indépendance.

Les Turcs sont grands, bien faits, robustes, d'une physionomie rude, mais souvent noble, ayant le teint légèrement. basané, et les cheveux plus bruns que noirs. La gravité naturelle de leur maintien est augmentée par l'ampleur des habits, par la coiffure impo« santé des turbans, et par la grandeur des moustaches ; ce derniei ornement leur est sacré comme à toutes les nations asiatiques Leur nourriture frugale est composée surtout de végétaux ; le tabac, le café, l'opium, remplacent le vin, qui leur est défendu par la loi de Mahomet. Ils sont hospitaliers envers les voyageurs, charitables envers les animaux. Comme les autres peuples infidèles, ils se croient la polygamie permise ; et les femmes, aussi bien qu'ailleurs' en Asie, y sont condamnées à une sorte d'esclavage. Elles ne pa-| raissent jamais que couvertes d'habits et de voiles qui dérobent aux yeux leur taille et leurs traits. Elles n'assistent point aux prières publiques.

Iles qui dépendent de la Turquie d'Asie.

61 6. TénêdoSy qui produit d'excellent vin muscat — pop. 6,000 ; Méieline, ancienne Lesbos, célèbre encore par ses vins et ses figues, qui sont les meilleurs de l'Archipel— pop. 40,000 ; Scio, riche en limoniers, en oranges, et en cédrats — les roses sont plus communes ici que ne le sont ailleurs les chardons — les Turcs, en 1822, massacrèrent ou dispersèrent tous les habitans, au nombre de 100,000 ; JSamoSy très fertile en vins, en oranges, en hurle, et en soie — il y a de superbes restes d'un temple de Junon — pop. 60,000 ; Cos, pa^ trie d'Hippocrate — belles plantations de limoniers mêlés à de grands érables — cettcî île a donné son nom à une espèce de pierres à aiguiser — pop. 6,000 ; Mhodes, qui a une capitale du même nom avec un port à l'entrée duquel était le fameux Colosse-^elle ai long-temps appartenu aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem — Soliman II s'en rendit maître en 1523— -pop. 36,500; Chypre^ grande, riche en coton, en soie, en laine, en bois, en fruits, surtout çn vin — mines de cuivre-^fabriques nombreuses^jadis elle renfermait 9 royaumes et un million d'habitans — pop. 83,000 ; PatmoSy rocher stérile, ou Saint Jean écrivit l'Apocalypse ; &g. I

Fin de la Géographie de l'Asie*

ABRÉGÉ

DE LA

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