C'est en Afrique qu'on trouve l'or le plus pur lé
et le plus bel ivoire ; les arbres et les plantes les plus su<
gigantesques ; le plus grand nombre d^'animaux nuisi- l'e
bles ; les plus énormes reptiles ; les contrées les plus ie
chaudes et les plus malsaines : enfin, l'une des portions le
du genre humain les plus éloignées des vraies idées !
d'ordre, de justice, d'humanité, de religion et d'organi- I sation sociale. , . .j
L'Afrique fut peuplée par les descendans de Cbam, troisièmellf lils de Noé. Dès la plus haute antiquité il s'}'^ forma de puissantes Ij» monarchies, oîi fleurirent les sciences, les arts, et le commerce. |« Mais V Afrique des Anciens était toute située au nord d'une ligne qu'on pourrrait tirer de l'île de Fer jusqu'aux sources du Nil dans les monts Kong' ou montagnes de la Lune. Vers l'an 600 | avant J. C, des Phéniciens, par l'orore de Néchao, roi d'Egypte, I sortirent d'un des ports de la mer Kouge et revinrent, après une navigation de trois années, par le détroit de Gibraltar. Les hommes d'alors regardèrent comme fabuleuse une expédition où l'on prétendait avoir été au-delà du soleil, ]yxcce qu'en passant l'équateur ces voyageurs avaient laissé le soleil derrière eux. Deux mille ans s'écoulèrent ensuite, sans que les diverses révolutions politiques arrivées dans la péninsule africaine, en eussent mieux fait connaître les côtes aux, habitans de l'Europe. En 1412, des navigateurs portugais s'avancèrent j usqu'au cap Badajor, qu'ils ' n'osèrent point passer; 8 ans après, en voulant encore essayer cette route, ils découvrirent les îles Madères ; en 1433, ils atteignirent le cap Verd et les îles voisines; en 1449, ils aperçurent les îles Açores ; en 1488, Barthélemi de Diaz vit le cap de Bonne- Espérance ; 9 ans plus tard, Vasco de Gama doubla ce fameux cap, et pénétra dans la mer des Indes. La forme extérieure de l'Afrique est maintenant déterminée depuis trois siècles que les vaisseaux européens en font le tour; mais sa situation intérieure, i
Géographie de l'Afrique. 229
ises richesses naturelles, ses habitans, ne nous sont que fort imparfaitement connus. La découverte toute récente des embouchures du Ivig"er, dont une expédition ang-laise explore actuellement le cours (a J, fera sans doute une époque bien importante dans la igéographie de cette partie du monde.
620. Divisions : L'Afrique peut se diviser en 15 contrées principales, savoir : au nord-est, l'Egypte, la Nubie, et l' Abyssinie ; au nord, la Barbarie, et le Sahara ou Grand Désert; à l'ouest, la Sénégambie, la Guinée et le Congo ; au centre, la Nigritie, et la Cafrérie, qui* comprend un vaste territoire inconnu ; au sud, la colonie du Cap avec le pays des Hottentots ; à l'est, les côtes d'Ajan (y compris le royaume d'Adel)^, de Zanguebar, de Mozambique et de Sofala, et l'empire de Monomotapa ou de Mocaranga.
621. Golfes: Dans la Méditerranée, ceux de Tunis, de Gabès (ancienne Petite-Syrte), et de Sidra (Grande- Syrte ; vers l'entrée de la mer Rouge^ le golfe d^Aden i «ur la côte sud-est, la baie de Lorenzo-Marquez ou de l'Agoa ; â l'ouest de l'Afrique, le golfe de Guinée, qui forme ceux de Bénin et de Biafra.
Détroits : Ceux de Gibraltar, entre le royaume de Fez et l'Espagne ; de Bab-el-Mandeb, entre le golfe d'Aden et la mer Rouge ; et le canal de Mozambique, entre la côte de ce nom et l'île de Madagascar.
622. Lacs : Le lac Tchad ci-devant lac de Wangara, dans la Nigritie— il se décharge dans le Quorra ou Niger par la grande rivière Tchadda ouTchary; le lac Dembea, en Abyssinie, traversé par Tune des sources du Nil ; le lac Maravi, derrière la côte de Mozambique ; et plusieurs autres moins considérables ou moins connus.
623. Fleuves : Le Nil, le plus grand fleuve de l'ancien monde, du moins dans les hautes eaux, a probablement sa source dans les montagnes de la Lune, Il tm-«'
(fl) Mai, 1833,
Abrège de la
verse PAbyssinie, la Nubie et l'Egypte, et, après un cours de 850 lieues, il se jette dans la Méditerranée par plusieurs bouches, dont les principales sont celles de Damiette et de Rosette.
En entrant dans l'Egypte, ce fleuve forme deux cataractes célèbres ; la hauteur de la plus grande n'est pourtant que de 4 à 5 pieds. Dans la Haute et la Moyenne-Egypte, son cours est resserré entre des montagnes qui ne laissent entre-elles qu'une vallée large de quelques lieues ; au-delà l'on ne voit que des sables arides. Au-dessous du Caire, les montagnes s'éloignent de chaque côté et forment cette plaine magnifique de la Basse-Egypte, qui doit sa fertilité étonnante uniquement aux inondations du Nil : car il ne pleut presque jamais dans cette contrée. Ces inondations, causées par les pluies tropiques qui tombent dans les pays où le Nil prend sa source, commencent vers le 13 de juin et ne décroissent que vers le 17 de septembre. Toute la Basse-Egypte présente alors l'apparence d'une mer au-dessus de laquelle s'élèvent, de distance en distance, des villes, des villages, des chaussées, des touffe$ d'arbres et des collines. Les eaux en se retirant, déposent un limon qui féconde les terres. Les semences se font vers la fin de Décembre.
Le Nil, dans un état ordinaire, ne portent que des bateaux de 60 tonneaux depuis la Méditerranée jusqu'aux cataractes ; mais dans les crues périodiques, des caravelles de 24 canons peuvent remonter jusqu'au Caire. Ce fleuve nourrit beaucoup de crocodiles et d'hippopotames, principalement vers le haut de son cours.
Le Niger, ou Joliba, maintenant le Quorra^ dont le cours a été long-temps un mystère impénétrable aux voyageurs et aux géographes, prend sa source dans les monts Kong, â environ 8Q lieues de Sierra-Leone sur l'Atlantique j se dirigeant ensuite au nord-nord-est, il traverse les états de Fouta, de Jallo, de Kankan, et les belles plaines de Bambara où il égale la Tamise à Londres ; de là s'avançant au nord-est, il forme le lac Dibbie et passe à Tombouctou ; après avoir long-temps continué son cours, tantôt à Test, tantôt au sud-est, il se détourne graduellemens vers le sud, et passe par les états de Yaourie, de Boussa, de Wawali, et de Niffe ou Nouffie; il s'éloigne alors de 60 à 70 lieues, vers l'est, jusqu'au pays^ de Funda ; enfin, ayant traversé les monts
Géographie de l'Afrique.
Kong et le royaume d'Eboé, il se jette dans le golfe de Bénin par un grand nombre d'embouchures qui occupent un delta de 3100 lieues quarrées. La branche risitée en 1830 par les M. M. Lander, se rend au cap Formose et se nomme Brass River ( Rivière de Cui^ vre J ; la plus septentrionale est la rivière de Bénin.
Le Quorra reçoit beaucoup d'affluens, entre autres le Tchary ou Tchadda, qui passe par la ville de Funda, et qui, à son embouchure, paraît avoir une largeur de 2 ou 3 milles ; à 30 lieues plus haut, il reçoit le Coodonia, autre rivière importante, La longueur du Quorra est de plus de 800 lieues ; sa làrg^eur commune pendant 200 lieues avant d'arriver au delta parait être de 2 à 4 milles. Ses bords fertiles, ombragfés de palmiers, de plaiitains, de fiofuiers, de cocotiers, de mangoustiers, et d'autres g-rands arbres de la zone torride, sont infestés de moustiques et de fourmis noires ; ses eaux nourrissent des crocodiles et une grande abondance de poissons.
Les fleuves les plus considérables ensuite sont : le Zambèze, qui entoure le Monomotapa ou plutôt le Mo^ caranga, et se jette dans le canal de Mozambique; la rivière Orange, qui arrose le pays des Hottentots, et se jette dans FAtlantique ; le Coanza et le Congo, <Jui arrosent la Guinée méridionale; le Sénégal, qui, avec lia Gambie, arrose la Sénégambie, à laquelle ils ont Idonné leurs noms ; &c. On a cru long-temps que ces Ideux derniers fleuves étaient les bouches du Niger.
624. Iles orientales : Socotora, les Seychelles ou îles Mahées, les Amirautés, les Mascareignes (ou île Mauritius, île de Bourbon, et île de Rodrigue), les îles Comores, la grande île Madagascar, &c.
On vient de découvrir des terres considérables au sud de cette dernière île.
Iles occidentales : Les Açores, les îles Madères, Içs Canaries, les îles du cap Verd, St. Mathieu, Fernando- Po, rîle du Prince, St. Thomé, Anobon, TAscension, Ste. Hélène, &c.
Abrège de la
625. Montagnes : Le mont Atlas, divisé en plusieurs chaînes parallèles qui traverseiit le nord de l'Afrique, et dont les plus hautes sommités situées dans le Maroc, ont près de 15,000 pieds d'élévation ; les monts Kong, qui paraissent se rattacher aux montagnes de la Lune et s'étendre depuis la Sénégàmbie jusqu'au détroit de Bab-el-Mandeb ; les monts Lupata, ou V épine du monde^ qui bordent les côtes orientales depuis la côte d'Ajan jusqu'au Cap de Bonne-Espérance — une pareille chaîne senible exister sur les côtes du sud-ouest ; les monts de Cuivre dans le pays des Hottentots ; &c.
Les monts Camaroens, à l'est du ofolfe de Biafra, ont une élévation de 13,000 pieds. Un plateau vaste et élevé a été récemment découvert au nord du tropique de Capricorne. Il est probable qu'il existe dans l'Afrique centrale des montag-nes aussi hautes que l'Atlas même; celles situées au nord du Cap et à l'ouest du Mocarangfa, sont presque toujours couronnées de neiges. Il paraît que l'or abonde dans les montagnes du sud-est, et le cuivre dans celles du pays des Hottentots ; les montagnes des deux Guinées et de la Sénégàmbie produisent en abondance l'or, le cuivre, et le fer.
626. Climat : Les trois quarts au moins de l'Afrique sont situées sous la zone torride, qu'elle ne dépasse que de 7 degrés au sud et de 9^ du côté septentrional. Elle doit dônc être exposée aux chaleurs brûlantes, aux pluies annuelles, aux vents réguliers de l'Inde et des^ autres régions tropiques. Mais on ne rencontre point communément en Afrique plusieurs causes qui rendent tempérés et même froids certains pays placés sous les mêmes latitudes. Excepté le majestueux Atlas, les montagnes ne paraissent avoir en général qu'une hauteur médiocre ; le manque d'eau se fait sentir presque partout; au lieu de nos forêts immenses et de nos grands lacs, ce sont des sables continuellement échauffés par les rayons d'un soleil vertical ; le vent froid du pôle antarctique ne rafraîchit que le Cap de Bonne-Espérance et les côtes les plus méridionales, tandisque les
Géographie de l'Afrique.
vents du nord sont interceptés par la chaîne de l'Atlas. Il ne reste donc pour diminuer la chaleur du climat africain que les pluies périodiques, les vents de mer, et, en [quelques endroits, l'élévation du sol.
Les pays les plus cîiauds et les plus insalubres, sont la Séné- Gambie et les autres côtes occidentales. Sur la côte d'Or, on a |vu le thermomètre s'élever, en plein air, jusqu'à 59 J*^ de Réaufmur (134 de Fahrenheit)! Les plus grandes chaleurs au Cap sont ide 30 ; la température varie de +31 ^ à +40 ® , sur les côtes orientales : rarement elle s'y élève à 44|^ * ( 100 de Fahrenheit). Les chaleurs de l'été sont excessives en Egypte et en Barbarie. Les (fièvres, les diarrhées, la petite vérole, la lèpre, et Fopthalmie, sont les maladies les plus communes. La peste, indigène en Egypte, règne souvent au nord du mont Atlas, où elle exerce des ravages épouvantables. La Kigritie est réputée très salubre,
I L'hiver, ou plutôt la saison des pluies, dure depuis mars jusqu'en septembre au Cap; depuis juillet jusqu'en octobre dans le désert de Sahara; depuis juin jusqu'en septembre en Abyssinie; et depuis juin jusqu'en octobre sur les côtes occidentales. Il ne pleut que très rarement en Egypte et dans le royaume d'AdeL L'hiver de la Barbarie ressemble à celui de l'Europe îiéridionale.
627. Productioïis : La plupart de celles de l'ancien 3t du nouveau monde se retrouvent en Afrique, mais ivec des dimensions colossales, causées par la chaleur et )ar l'humidité, qui se réunissent dans tous les endroits •ertiles, particulièrement aux bords des fleuves ou dans es deltas que forment leurs embouchures, et dans les ieux marécageux ou sujets aux inondations annuelles.
I Les productions alimentaires les plus communes sont es diverses espèces de millet, qui atteignent la hauteur le 10 à 12 pieds et dont les épis pèsent quelquefois 2 )U 8 livres ; les dattes, les fruits du palmier et du plan- ;ain, les cocos, les bananes, les ignames, le manioc et quantité d'autres légumes; le riz, le maïs, le sarrasin,
Abrège de la
les melons et les courges ; les fruits de Tarbre à beufré
danee de blé et d'autres céréales. La canne à sucre, le coton, l'indigo, le tabac, viennent presque partout.
Il n'est guères besoin de dire qu^on trouve en Afrique la vigne, le figuier, l'olivier, l'oranger, le citroiiniery &c ; outre le tamarinier, l'ananas, le mûrier, le eafeyer, le poivrier, une foule d'arbres aromatiques, de gommiers, de bois précieux, et de plantes médicinales.
Il y a une grande variété de palmiers, qui donnent des fruits, du vin, de l'huile, des toiles, des cordages, &c. Le vin se fait avec le sue de Parbre, qu'on en tire par incision comme celui de l'érable en Canada. Le palmier matorae porte des feuilles prodig-ieusement larges, qui servent à faire les toits des maisons : une seule feuille peut abriter 10 à 12 personnes. Le superbe palmier du Congo embellit de ses touffes les champs et les forêts ; ses fruits^ sont très abondans et d'un bon goût ; son vin est doux, piquant^ agréable. Lorsqu'on ne le prive pas de sa sève, il produit à la racine de ses feuilles un fruit qu'un seul homme peut à peine porter ; les graines ont la couleur et le goût des châtaignes ; rôties au feu, elles donnent une huile épaisse employée par les nègres pour l'assaisonnement de leurs mets, et par les Européens pour l'é-^ clairage.
Le vin de palmier et la bière de millet sont la boisson ordinaire des nègres.
L'énorme baobab ne s'élève qu'à la hauteur d'environ 30 pieds, tandisqu'il a quelquefois 100 pieds de tour ; le marc de ses fruits, assez gros pour meurtrir en tombant les hommes et les animaux, offre un aliment gro5?ier aux nègres, qui, dans le besoin, mangent jusqu'aux feuilles de l'arbre; la coque donne des vases solides ; de la cendre du bois on extrait du savon; l'écorce sert à faire des cordes, de grosses toiles, et des mèches de canon. L'arbre étant sujet à pourrir facilement, les nègres se gardent de construire leurs cabanes à son ombre, pour n'être pas écrasés par sa chute.
Le fruit du théobroma sort au travers de l'écorce du tronc. L'Egypte produit le papyrus, dont l'écornée servait de papier aux i Anciens.
Le mont Atlas, les côtes occidentales et orientales, le Cap, et la Kigritie présentent des forêts, vastes, épaises, remplies d'arbres gigantesques, comme les forêts du Brésil.
L'herbe des prairies atteint la hauteur de 20 et même de 30 pieds; c'est là que se réfugie une foule d'éléphans, de buffles, de sangliers, de tigres, de serpens monstrueux, &c.
Gkographie de l*Afri2ue.
La vég-étation des déserts consiste en touffes de plantes salines, acacias, aloès, ronces, bruyères, &c. ; quelques unes parviennent à la hauteur des arbres. Les oasis,. qui s'élèvent de temps en temps, comme des îles du milieu de l'Océan, sont couvertes de palmiers et de dattiers.
628. Animaux : L'Afrique renferme à peu près toutes les espèces de l'Asie : le lion africain est seul digne de son nom ; l'éléphant, que les nègres ne savent point apprivoiser, est moins grand, mais il a plus d'agilité qu'aux Indes, et son ivoire est plus beau — ses défenses, longues quelquefois de 6 pieds, pèsent jusqu'à 200 livres ; le chameau, si nécessaire dans cette par- .tîe du monde, offre des espèces excellentes, ainsi que le cheval et l'âne, dont les races sauvages sont les girafes et les zèbres ; le buffle est souvent en guerre avec le lion, et le rhinocéros avec l'éléphant ; le caméléon est très venimeux ; les guenons, les babouins, et d'autres singes, fôurmillent partout; les moutons sont de l'espèce à queue large et à laine grossière; les chiens, comme dans tous les pays chauds, ont le poil court, rude et roux, et n'aboient pas.
L'hippopotame, qu'on pourrait appeler un énorme cochon d'eau, habite les fleuves et les rivières.
Parmi les oiseaux, on peut remarquer l'autruche, qui est la plus parfaite de son g-enre, le faisan, le flaman, le vautour, le perroquet, l'aigrette, l'oiseau du Paradis, l'ibis, qui détruit les serpens, le pélican, de gros canards, &c.
La chasse aux autruches que font les Arabes, offre un spectacle^ curieux. Une vingtaine d'hommes armés de fusils à mèche, et montés sur des chevaux du désert, vont contre le vent, cherchent la tiCâce de l'autruche, et, quand ils l'ont trouvée, la suivent avec ^ la plus grande rapidité possible, en se tenant éloignés d'un demimille les uns des autres. L'oiseau, fatigué de courir contre le vent qui s'engouffre dans ses ailes, se retourne et cherche à passer à travers la ligne des chasseurs : ceux-ci l'entourent alors et tirent tous à la fois sur lui jusqu'à ce qu'il tombe mort. Sans cette ruse, on ne pourrait jamais prendre l'autruche, qui, bien que dépourvue de la faculté de voler, dépasse sur terre les animaux les plus rapides.
Parmi les reptiles, on distingue le crocodile, qui saisit un bœuf et le dévore ; le lézard, dont quelques espèces égalent le crocodile «n grandeur ; une foule de scorpions et de serpens venimeux ; le bosLy long de 25 à 30 pieds et gros de 5, qui s'élance des arbres sur
Abrège de la
les hommes et sur les animaux — il les dévore d'un coup, et devient à son tour la proie des nègres, qui l'attaquent au moment de la digestion ou le rôtissent en mettant le feu aux savanes à la fin des pluies.
L'ichneumon pénètre dans le corps du crocodile pendant qu'il tient sa gueule ouverte, et lui ronge le ventre.
Il y a une multitude effrayante de termites, espèce de fourmis, qui construisent des pyramides hautes de 16 pieds, sur une base de plus de 100 pieds quarrés; d'autres, très redoutables, attaquent les hommes et les animaux — des malfaiteurs qu'on leur livre sont rongés jusqu'aux os en un jour; les insondi entrent dans la trompe des éléphans, et les font mourir avec des accès de fureurs terribles : d'autres termites s'introduisent partout et réduisent en poudre les hardes, les marchandises, les meubles et jusqu'à la charpente des maisons.
Les voyageurs sont assaillis continuellement d'une nuée de cousins, de moustiques, et d'autres insectes incommodes. Il y en a dont la piqûre passe pour mortelle. Les papillons fourmillent dans les champs et dans les forêts, ainsi que les abeilles : pour s'emparer des trésors que ces dernières ont amassés, on met le feu aux arbres qui portent les ruches, et les abeilles s'enfuient.
629. Minéraux : On tire de For très pur de plusieurs contrées de l'Afrique, en particulier de T Abyssinie, de la Sénégambie, de la Nigritie, et des côtes de Mozambique et de Sofala (selon quelques uns, VOphir de l'Ecriture). Le Congo fournit beaucoup de fer etdecuiyre ; l'Egypte, du sel, du salpêtre, du natron (a) ; il y a de riches dépôts de sel-gemme dans le désert de Sahara ; la côte d'Abesch, sur la mer Rouge, possède, dit- on, des mines d'émeraudes, et d'autres pierres précieuses ; on trouve partout une vaste quantité du plus bel ivoire, et sur les rivages de la mer, l'ambre, le corail, les perles, &c.
630. Commerce : Esclaves, or, ivoire, bois précieux, épices, gommes, ambre gris, substances teinturières et médicinales, coton, sucre, huile de palmier, blé, dattes et autres fruits, encens, myrrhe, sel, salpêtre, cuirs,, plumes d'autruches, peaux de buffles, de tigres, &c.
(a) Soude carbonatée, aicali qui entre dans la fabrication du savon.
Géographie de l'Afrique.
De malheureux nègres, arrachés à leur sol natal, enchaînés comme des betes de somme dont on les destine à faire les travaux, condamnés à souffrir tout ce que Tavarice et une cruelle brutalité peuvent inventer de tourmens; voilà depuis trois siècles le principal objet du commerce des Africains, soit entre-eux, soit avec les peuples étran<Ters. Ce traiic barbare a Remplacé chez eux, du moins en beaucoup d'endroits, les sacrifices humains etTanthropophag-ie.
La plupart des nations chrétiennes ont aujourd'hui aboli la traite des nèsrres ; mais, par le fait, toutes celles qui tolèrent l'esclavage ne laissent pas de l'exercer encore. On a estimé que vers l'année Î822, dans l'espace de 18 mois, 400 vaisseaux négriers avaient enmené 100,000 esclaves des côtes occidentales; on sait qu'à la même époque il en fut acheté un g"rand nombre sur les côtes orientales.
Des vaisseaux de guerre anglais et américains sont stationnés sur les côtes d'Afrique, avec ordre de saisir et de confisquer tous les bâtiraens nég^riers qu'ils rencontreront, quelque soit le pays d'où ils viennent.
Il se fait un grand commerce intérieur, par le moyen des caravanes qui partent des états Barbaresques pour aller à Ségo, à Tombouctou, à Sakatou, à Yaourie, à Funda, à Bornou, et aux autres grandes villes situées sur le Niger ou sur les rivières qui s'y jettent ; d'autres caravanes vont en Abyssinie, aux royaumes de Sénnaar et de Darfour, &c.
Langues : Celles de l'Afrique sont très multipliées, et n'offrent que peu de ressemblance entre-elles ; les plus généralement répandues sont l'arabe, le berber, l'yolof, le mandingue, le congo, le cafre, le hottentot, l'abyssinien, &c. Les langues africaines renferment beaucoup de sons bizarres, de hurlemens, de sifïlemens, inventés à l'imitation des animaux ou pour se distinguer des peuples ennemis.
631. Population totale : Environ 100 millions d'individus, divisés en trois races principales: 1^. Les Maures répandus dans la Barbarie; les Foulahs, peuple doux et cultivateur de la Sénégambie, et les Fellatahs, nation puissante et guerrière dont la capitale est Sakatou dans la Nigritie, appartiennent à cette race. 2 ^ • Les Nègres, qui occupent tout le centre et tout l'occident, depuis le Sénégal jusqu'au cap Négro; parmi
Abrège de la
ceux-ci on remarque les Yolofs, les plus beaux nègres de la côte occidentale, les Féloupes, les Mandingues, les Ashantés ou Assientes, les Dahomiens, les Eboés, ou Ibbous, &c. 3 ® . Les Cafres, mieux faits et plus grands que les nègres ; cette race paraît bien différente de celle des Hottentots, qui ont les joues très proéminentes et le menton très pointu, de sorte que leur visage a la forme d'un triangle : les plus difformes et les plus barbares des Hottentots, peut-être même de tous les hommes, sont les Boschimiens. Les Cophtes en Egypte, les Nubiens, et les Abyssins, sont probablement issus d'un très ancien mélange des nations asiatiques et africaines.
Les Berbers sont une race entièrement distincte de celle des Maures. Les Arabes sont venus d'Asie depuis le 7e. siècle.
632. Religion : Le mahométisme domine dans l'Afrique septentrionale, et le fétichisme partout ailleurs : cependant beaucoup de Nègres et de Cafres se sont fait un mélange de ces deux religions. Les Cophtes sont chrétiens ainsi que la plupart des Abyssins, qui mêlent à leurs croyances diverses pratiques juives et superstitieuses. Il y a des missions chrétiennes établies au Congo, au Cap, au Mozambique, et dans quelques autres endroits fréquentés par les Européens. Les catholiques se trouvent principalement dans les possessions portugaises, dans l'Abyssin ie, et dans la Barbarie. Il y a beaucoup de juifs dans les deux dernières contrées et en Egypte.
La croyance à la magie et à la sorcellerie est générale en Afrique, ainsi que la circoncision, prescrite par la loi de Mahomet, et pratiquée comme usage purement civil par les nègres fétichistes.
La religion chrétienne, dès ses commencemens, fut plantée dans toute l'Afrique septentrionale, où elle fut arrosée du sang d'une multitude infinie de martyrs ; elle continua d'y fleurir jusqu'au temps de l'invasion des Vandales en 427. Les peuples qui habitent aujourd'hui ces mêmes contrées, sont les ennemis les plus acharnés du nom de J. C.
633. Gouvernement : Presque tous les souverains de cette partie du monde sont des despotes cruels, qui disposent selon leurs caprices de la vie et de la liberté de leurs sujets. Le Koran est la base de toutes les lois
Géographie de <l' Afrique.
civiles chez les mahométans ; les nègres, qui ne connaissent point récriture, n'ont d'autre règle de justice pour terminer leurs différends que l'usage, attesté par les plus anciens d'entre-eux.
634. M(ÉurSy : Le caractère du nègre est l'indolence, l'insouciance, la légèreté, et un penchant furieux vers tous les excès sensuels. Vingt jours de travail par an lui suffisent pour assurer sa récolte. Il mange de tout, la chair de l'éléphant, même lorsqu'elle est remplie de vermine, les œufs de crocodile, les singes, les chiens morts, les poissons gâtés, les serpens, les sauterelles, &c. Le soin de s'habiller le tourmente pea ; le coton vient sans culture à ses pieds ; ses femmes en tirent la petite quantité d'étoffes nécessaires à la famille, et les teignent dans le suc de l'indigo, production également indigène. Sa cabane ne lui coûte guères plus de soin : quelques troncs d'arbres à peine dégrossis, ou quelques pieux revêtus de boue, quelques branches dépouillées de leur écoroe, un peu de paille ou quelques feuilles de palmier, voilà ses matériaux ; les arranger en forme de quille («), voilà son art. Il fabrique des poteries, des pipes à fumer, des ustensiles en bois, des ouvrages en fer et en or. Fumer du tabac, boire de l'eau de vie ou du vin de palmier (b), dormir, danser, voilà les éternels amusemens des nègres. Leurs instrumens de musique sont une rauque trompette d'ivoire, des tambours, des fifes, des espèces de guitares et de lyre, &c ; leur harmonie vocale ne le cède en rien à l'instrumentale.
Il y a beaucoup de nations qui se rendent les dents pointues eo les limant. La plupart se font des incisions sur la peau du visage^ du dos, du ventre, ou même sur tout le corps. Quelques tribus vers Sierra-Leone savent produire dans la peau des enflures qui imitent les bas-reliefs. L'usage de s'enduire de quelque matière grasse qui adhère fortement à la peau, est assez commun.
A l'enterrement des princes les nègres purement fétichistes îm« molent des victimes humaines; le sang de ces infortunés coule dans la tombe royale. Il est probable que les mêmes sacrifices ont lieu dans toutes les calamités pressantes.
Après les détails oii l'on vient d'entrer, il suffira de parcourir très rapidement les diverses contrées de l'Afrique ; excepté c€r pendant l'Egypte et la Barbarie, qui méritent une description plus étendue.
(a J Le corps de l'édifice est de forme circulaire; le toit est en cône. (6) C'est au moment dePivresse que TinfortuDé nègre est sourent chargé de chaînes et transporté à bord de quelque vaisseau européen*
Abrège de la