‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 86 sur 128 · EGYPTE · texte numérisé non relu

EGYPTE

635. Bornes : Au nord, la Méditerranée ; à l'est, l'isthme de Suez et la mer Rouge ; au sud, la Nubie ; & l'ouest, les déserts de Barea et de Lybie. Cette contrée se divise en trois régions, la Haute Egypte, nommée Saïd^ la Moyenne ou Vostani^ et la Basse ou Baliary ; celle-ci comprend tout le Delta dii Nil (voyez le No. 623).

L'Eg*ypte, ce berceau des arts et des sciences, qui sous les Pharaons fut une puissante monarchie, est depuis 23 siècles soumise à une domination étrang-ère. Elle fut subjuguée par Cambyse, roi des Perses (No. 589), et par Alexandre-ie-Grand. A la mort de oelui-ci, elle échut à Ptolémée, l'un de ses généraux, dont les des» oendans régnèrent jusqu'au temps d'Augustel

Conquise par les Arabes (636 de J. C), elle obéit aux califeg^ jusque vers l'an 887. Les Turcomans, leurs janissaires, s'emparèrent ensuite de l'autorité et l'exercèrent sous plusieurs dynasties, jusqu'en 1250. A cette époque, les Mamelouks» milice qui se rectrutait d'esclaves, et qu'avaient établie les Turcomans, massacrèrent leurs maîtres. Ces esclaves-soldats dominèrent en Egypte jusqu'au moment où les Français en firent la conquête en 1798. Les Turcs, aidés des Anglais, chassèrent les Français, et cette contrée devint le théâtre de combats sanglans entre les pachas du Grand- Seigneur et les Mamelouks. Ceux-ci furent enfin massacrés en 1811, par le pacha Mohamed-Ali, qui gouverne aujourd'hui l'Egypte avec un pouvoir souverain (g).

636. Climat^ 8^c : Climat chaud et peu salubre ; peste, optbalmie, vent de samum. — Sol riche en productions de toutes sortes dans la vallée du Ml, c. a. d., dans la partie arrosée par ce beau fleuve ou par les canaux sans nombre qu'il remplit ; blé, riz, millet, orge, coton, indigo, sucre, huile, dattçs, oranges, plantes médicinales.— Beaucoup de bétail, de brébis à grosse queue, et de chameaux. — Crocodiles, hippopotames, hyènes, autruches, ibîs, &c. — Cire, salpêtre, sel ammoniac, natron, marbre, porphyre, &c. — Le commerce se fait principalement par des caravanes qui vont en Bar-

■ ^.(aj Voyez le No. 611.

Géographie de l'Afrique. 241

1 barie, en Syrie, en Arabie, en Nigritie, &c ; elles y ! portent les productions du pays, et des toiles, qu'elles |i échangent pour de l'or^ de l'ivoire, des épices, &c., et i surtout pour des esclaves.

! 637. Capitale : Le Caire, près du Nil et de Fempla- ! cernent de Fancienne Memphis. C'est la ville la plus ! peuplée et la plus commerçante du pays. — Rues étroites, 1 maisons mal bâties en mauvaises briques comme le sont j généralement toutes celles de TEgypte. — Grand nom- I bre de mosquées et de marchés publics. — Bazar des es- ! claves où Ton voit des habitans de toutes les contrées de FAfrique réunis et chargés de chaînes.— Puits fameux nommé puits de Joseph creusé dans le roc à la profondeur de 270 pieds, ou selon d'autres de 360. — Hôpital pour 2,500 aveugles.

! De l'autre côté du Nil sont les trois pyramides quî, par leur grandeur et leur célébrité, surpassent toutes celles dont l'Egypte est parsemée. La principale, que les musulmans avaient vainement essayé d'abattre, a encore 474? pieds d'élévation ; le côté de j sa base est de 716 pieds. Monumens éternels de l'orgueil et de la i tyrannie des rois égyptiens, qui les destinaient à leur servir de 1 mausolées, ces pyramides subsistent, quoi que les noms de ceux f qui les firent construire soient effacés à jamais du souvenir des i hommes. On voit auprès d'elles la grande tête de Sphinx^ taillée^ î suivant les apparences, à même d'un énorme rocher,

A trois lieues plus loin, en remontant le fleuve, est le bourg de Sakara, dont les habitans font le commerce des momies ou corpej embaumés d'hommes et d'animaux sacrés, qu'on tire des caveaux \ taillés dans les rochers voisins. Il y en a de parfaitement bien i conservés qui n'ont pas moins de 3,000 ans.

A l'ouest du Caire, dans le désert, est une vallée remplie de lacs de natron, d'où l'on tire aussi beaucoup de sel commun. 638. Villes principales: Alexandrie, sur un isthme étroit entre \ la Méditerranée et le lac Maréotis — fondée par Alexandre-le- I Grand — capitale de l'Egypte sous les Ptolémées et les Romains — ; on y voit encore beaucoup de colonnes, d'obélisques, et d'autres I restes de son ancienne magnificence. — C'est dans cette ville que se i trouvait la plus riche bibliothèque de l'antiquité, contenant 500,000 I volumes, qui furent brûlés par l'ordre du calife Omar. — A l'entrée i du plus oriental des deux ports d'Alexandrie, est le fameux phare^ bâti dans l'île, ou mieux, la presqu'île de ce nom, et qui a passé ! pour l'une des sept merveilles du monde.

Abrège de la

L*import«iTice commerciale de cette antique métropole est perdue depuis la découverte du Cap de Bonne-Espérance.

A4 lieues au nord-est d'Alexandrie sont la forteresse et la baie d'Aboukir, célèbres par trois grandes victoires remportées, la Ire. sur les Français par l'Amiral Nelson, en 1798; la 2de. sur les Turcs par Napoléon, en 1799 ; la 3e, ou la bataille du Nil' sur la flotte française par celle des Anglais encore commandée par le même Lord Nelson, en 1801.

— Damiette, située entre le Nil et le lac Men^aleh, dans la partie la plus fertile de l'Egypte, à 2 lieues de l'ancienne Damiette que prit Saint Louis et qu'il rendit aux Tnr^js pour sa propre rançon — grand commerce de riz et d'autres denrées.

— Rosette, à l'embouchure de la principale branche occidentale du Nil, ombragée de dattiers, de bananiers, et de figuiers d'Inde — exporte du riz, de l'huile, du coton, des toiles, &c.

— Siout, l'une des plus grande villes du Saïd, d'oii partent les caravanes pour la Nubie et pour l'intérieur de l'Afrique — ses environs produisent le meilleur opium.

Au-dessous de Siout commencent les grottes de la Thébaïde, qui s'étendent à vingt lieues en remontant le fleuve. Elles furent habitées par les anachorètes, dans les premiers siècles du christianisme. Il parait qu'elles avaient été creusées très anciennement par les Egyptiens, <|iii en ont tiré leur marbre.

Les ruines de l'ancienne Thèbes et les tombeaux de «es roii étonnent encore le voyageur, à 60 lieues au sud-est de Siout,

An milieu du désert de l'Egypte occidentale sont la Grande et la Petite Oasis : la Grande est formée de plusieurs terrains fertiles, arrosés par des ruisseaux et séparés les uns des autres par dei plaines de sable ; c'est un lieu de rafraîchissement pour les caravanes ; il y a quelques villes et des ruines d'architecture romaine. La Petite produit les meilleures dattes de l'Egypte; elle est le ehef-lieu de plusieurs tribus arabes.

639. Population : 45000,^00, composée de Gophtes, parfaitement noirs, descendus des anciens Egyptiens, de Turcs, d'Arabes, de Mamelouks, de Grecs, et de Juifs. Les Cophtes sont de l'église grecque ; la plupart des autres sont musulmans. — Gouvernement despotique.

Les Egyptiens excellent dans l'art de nager ; à la féte de rou-verture des canaux, au temps de l'inondation annuelle, des nageurs descendent la rivière couchés sur le dos, une tasse de café dans une main, une pipe dans l'autre, les pieds liés par une chaîne de fer. Ils savent encore très bien dresser les animaux : on voit d«8 chèvres sellées qui portent sur leur dos des singes, et des ânes

Géographie de l^Afriouë.

aussi dociles que le meilleur cheval anglais. ï.a poste aux pigeôns a été commune en Egypte ; le gouverneur de Damiette correspondait autrefois avec le pacha du Caire par le'moyen de ces messagers ailés. Des hommes, qu'on appelle enchanteurs^ manient et gouvernent les serpens les plus venimeux : ils laissent les vipères s'entortiller au tour de leur corps, ils les gardent dans les plis der leurs chemises, ils les font entrer dans des bouteilles et en sortir; quelquefois ils les déchirent avec les dents et en avalent la chair.

L<îs Egyptiens nourrissent une grande quantité d'abeilles, et le« font voyager sur le Nil pour les faire jouir des différentes productions de la Haute et de la Basse Egypte. Les abeilles se répandent sur les deux rivages, et retournent exactement le soir à leu^ bateau.

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