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III. CHINE PROPRE

527. Bornes : Au nord, la Grande-Muraille, qui la sépare de la Mongolie ; à l’est, la Mer-Jaune et la Mer-

Bleue ; au sud, la Mer de la Chine et l’Indo-Chine ; à l’ouest, le Thibet et le Tangout ou pays des Sifans (No. 524). Cette vaste contrée, qui ne renferme en étendue qu’un tiers environ de l’empire Chinois, se divise en 15 provinces. |

Voici les noms de ces provinces : au nord, Chansi, Cchensi, Petchéli, Chan-toung, Kan-sou ; à l’ouest, Sse-tchouan, Yunnan, Kouëéi-tcheou ; au sud, Kouang-si, Kouang-toung, Fou-Kiang ; à l’est, Tché-Kiang, Kiang-sou ; au centre, Ho-nan, Anhoei, Houpé, Kiang-si, Hounan.

Quelques ennemis de la religion chrétienne, au dernier siècle, ont cru donner un démenti à nos livres saints en publiant, d’après de prétendues annales chinoises, que cet empire remontait à 10 ou 20 mille ans. Aujourd’hui, que les monuments de son histoire ont été discutés avec soin, il est reconnu qu’elle ne date qre de 7 à 8 cents ans avant J. C. On ne doute point cependant que cette monarchie ne soit la plus ancienne de toutes celles qui existent ; elle fut fondée par Iao, descendant de Fohi (Noé), vers le temps de Josué, on peut-être aussitôt aprés la pere des peuples. A l’époque où florissait le célèbre ph osophe chinois Confucius (551 avant J.-C. toute la Chine, au midi du fleuve Bleu, était encore déserte &

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même au 13e siècle de l’ère actuelle, les habitants de la Chine méridionale mangeaient la chair humaine, buvaient le sang des prisonniers de guerre et se tatouaïient, c’est-à-dire se faisaient des marques ou figures sur la peau avec un fer chaud, à la manière des nations les plus sauvages.

La Chine a éprouvé beaucoup de révolutions politiques. On compte 22 dynasties qi yont régné depuis Ia0 ; la 20e commança l’an 1280 de J.-C., par un petit-fils de Genghiskhan ; et Ja 22e et dernière en 1649, par un prince mantchou nommé Chun-si, dont la famille occupe encore le trône,

528. Climat : La Chine s'étend du nord au sud depuis le 40e jusqu’au 20e parallèle. Elle doit donc renfermer une grande variété de climats; mais en général la température y est beaucoup moins élevée que celle de l’Asie occidentale et même de l'Europe sous les mêmes latitudes (No. 503). A Pékin, les plus gr'ndes chaleurs sont de + 31°, et les plus grandes fr ids de + 11° (Réaumur). Les pluies y sont trèsfréquentes en été et rares en hiver ; durant cette dernière saison, il gèle constamment, mais il ne tombe que peu de neige. Dans les parties méridionales, l’année se partage en deux saisons, celle des pluies et celle de la sécheresse. La chaleur moyenne de l’été, à Canton, est de + 19°, Les ouragans et les trombes exercent souvent leurs ravages dans les parties voisines de la mer.

529. Les productions végétales de cette contrée fertile, qu’estosent deux grands fleuves (No. 501), et une multitude de rivières, de lacs et de canaux, sont toutes celles de l’Europe et un grand nombre d’autres indigènes, telles que le camphrier, le müûrier à papier, l’arbre d’alo s, dont le bois du cœur, nommé Ca/amba, est un excellent cordial et se vend aussi cher dans l’Inde que l'or même ; l’arbre à cire, qui fournit une cire blanche supérieure à celle des abeilles ; l’ARBRE A THÉ, devenu une source de profits immenses à la Chine, le ginseng, la salsepareille et diverses drogues médicinales; le sésame, d’où l’on tire une huile de la meilleure qualité ; diverses espèces de citronniers et d’orangers, le bananier, le tamarinier, le cannellier, le giroflier, le muscadier, etc. étc, $

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Le pinsiel objet de l’excellente agriculture des Chinois est le riz, qui, dans les parties trop froides ou trop sèches, est remplacé par le froment ; viennent ensuite les pommes de terre, les choux, les nuvets, les oignons et les fèves. (Ces légumes font la base de la nourriture des hommes et des animaux. 11 n’y a que fort peu de pâturages ; les montagnes même les plus pe 4 2 se cultivent avec soin. L’on ny connaît point l’usage des jachères ; pour conserver la fertilit des champs, qu’on ensemence toujours, on fait servir toutes les sortes d’engrais imaginables. .

Les animaux domestiques sont en petit nombre ; le bufile est employé préférablement au bœuf pour le labourage.

ntre les animaux sauvages on remarque l’éléphant, le rhinocéros unicorne, et plusieurs espèces de singes et de ges: entre les insectes, les pa:illons, qui y sortit d’une

uté rare, et les vers à soie, qui paraissent originaires de la Chine ; entre les poissons, la dorate, qui, en Chine curime chez nous, sert d’ornement aux bassins ; ent:a les oiseaux, le faisan doré et argenté, la sarcelle, Conr'.e par :°8 dunx belles crêtes orangées, le pélican chinois, qu’on dre À la pêche, etc.

580. Mines : Il y a des mines d’argent : on recuei!.e de la poussière d’or parmi les sables des rivières Le l’ouest ; on exploite aussi beaucoup dc cuivre, de mercure, de zinc, d’arsenic, de fer et de charbon de terre. Deux substances métalliques propres à le Chine sont la toutenague et le pétun-tsé ou cuivre blanc, qui servent à faire des vases et des chandeliers.

5931. Commerce : Thés, nankins et autres cotons, soieries, toiles, draps ; sucre, riz, cannelle ; toutenague, cuivre, borax, alun, mercure ; porcelaine, verrerie; bois de sandal, drogues, tapisseries, papier, encre de la Chine ; ouvrages en laque, en étain, en vermillon ; fourrures, etc., etc. La plupart de ces articles : saient en numéraire, les Chinois trouvant chez eux toutes les productions nécessaires à la vie outre une infinité d’objets de luxe, ét de plus n’aimant point à encuurager les manufactures européennes. Le commeïics extérieur se fait principalement avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Le commerce intérieur est sans doute immense, mais il est peu connu des étrangers. -

532. Capitale : Pékin, dans la province de Petchéli, à 20 lieugs de la Grande Muraille. Elle forme üh

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carré long et se divise en deux villes, la tartare ou mantchoue et la chinoise, L’ensemble a 6 lieues de circonférence. Les murs ont 50 coudées de haut ; les arcades des portes sont en marbre, le reste est en larges briques. Les plus belles rues ont 120 pieds de large et une lieue de long ; elles sont occupées. par des boutiques où se vendent les soieries et toutes les marchandises de la Chine. Le palais impérial, avec ses dépendances, a plus de 2 lieues de circuit ; la façade brille de

intures, de dorure et de vernis ; les ornements de ’intérieur et les jardins sont de toute beauté. Population, environ 2 millions.

On admire la police exacte qui règne dans Pékin. Ilyaun observatoire célèbre, et, sur une de ses nombreuses tours pyramidales, une cloche de 1,200 quintaux.

533. Villes principales : Nankin, autrefois la capitale. Ses portes sont magnifiques, aussi bien que plusieurs de ses temples, entre autres celui que couronne la fameuse tour de porcelaine. Cette tour a neuf étages ; il faut monter 884 degrés pour arriver au sommet, orné, à ce qu’on prétend, d’une pomme d’or massif. Aux coins de chaque galerie sont suspendues des cloches. qui, agitées par le vent, rendent un son argentin. C’est la ville la plus savante de la Chine. Il y a plusieurs bibliothèques, une académie de médecine, des fabriques de satins rembrunis et d’étoffes connues sous le nom de nankins. L’arbuste qui fournit cette espèce de coton jaune rougeâtre, croît dans la même province.

Canton : Une des plus peuplées et des plus opulentes villes de la Chine. Elle est le principal entrepôt du commerce des Européens avec les Chinois.—Exportation immense de thés, outre les soieries, la porcelaine, etc.

Au sud de Canton, sur la même baie, est située Macao, établissement portugais, autrefois très-important, et qui fait encore un fort commerce de thé et d’opium. La plupart de ses 12,000 habitants sont Chinois. Un groupe de rochers, près d’une des hautes éminences de la ville, forme un antre, appelé la grotte du Camoëns, où ce poète composa, dit-on, son poëme de la Lusiade.

A l’est de Macao est l’île de Hong-Kong, soumise aux Anglais depuis 1842. Population, 86,941, dont 1,619 Européens. Revenu, £66,325 st. Lg et £66,109.

Les auteurs Chinois comptent dans leur pays 1,572 villes 7,196 temples, 8,158 ponts, 10,809 édifices publics de dif-

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différentes sortes, et un nombre infini d’étangs, de lacs et de canaux.

534. Population et Religion : La Chine est le pays le plus peuplé de la terre ; on y compte 150 millions d'habitants, dont 2 millions vivent sur l’eau dans des jonques et autres bateaux. Si, à ce nombre, on ajoute 20 millions pour les pays tributaires ou dépendants de l'empire, on aura un total de 170 millions (a). Les empereurs et les Zettrés ou savants chinois suivent la religion de Confucius, qui est une espèce de déisme ; le peuple suit généralement le culte de Bouddha ou Fohi. Il y a trois évêques catholiques à Pékin, à Nankin et à Macao, et environ 150 mille chrétiens, la plupart catholiques (6).

535. Le gouvernement est despotique. L’empereur s'intitule fs sacré du Ciel, unique gouverneur de la terre, grand père de son peuple ; on adore sa personne ; on porte des offrandes à son image et à son trône ; ses états composent le Céleste Empire. Les seigneurs de sa cour reçoivent, à genoux, ses ordres : quant il sort, il est jrécédé de 2,000 licteurs, qui portent des chaînes, des haches et divers autres instruments de supplice ; les Chinois alors se renferment dans leurs maisons ; ceux qui se trouve sur son passage tournent le dos ou se prosternent la face contre terre. Tous les pouvoirs religieux, civils et militaires se concentrent dans Îles mains de l’empereur, dont les principaux officiers, divisés en neuf classes, portent le nom de mandarins ; ceux-ci sont revêtus d’une autorité très-grande, mais il leur arrive souvent d’être destitués où mis à mort sans forme de procès.

ependant, à côté d’un régime aussi absolu, il existe pour les sujets une foule de garanties. Le monarque est obligé de choisir ses agents dans le corps des /ettrés,

(a) Nous continuons d’adopter le chiffre de M. Balbi. D’autres disent 200, 225. 250, et les Chinois 360 millions.

(ë) Malte-Brun, Nouvelle Edition, estime la population entière de. lPempire Chinois à plus de 400,000,000 d’habitants. Le Révd. W. C. Mine, dans son livre, Voyage en Chine, donne un recensement offiriel Le fe par lequel l’empire Chinois avait une population de 636,909,300

tants,

et d’après des règles fixes. Ces lettrés, au nombre de 500,000, sont la noblesse de l’état, qui se recrute perpétuellement par des examens et des concours, ouverts aux jeunes gens de toutes les conditions. : Il y a d’ailleurs des lois, des usages et des préjugés qu’on ne pourrit enfreindre sans s’exposer aux émeutes populaires ou même à une insurrection générale. ‘Lorsque l’empereur prend une mesuré qui contrarie l’opinion publique, il déduit ses motifs dans la Gazette Officielle, dont les extraits se réimpriment dans toutes les provinces. Un fait remarquable est, qu’il se croit responsable envers ses peuples de toutes les calamités, famines, épidémies, tremblements de terres, etc. ; il s’accuse alors publiquement d’avoir irrité le ciel en négligeant ses devoirs, et s’impose des pénitences qui consistent en retraites, en jeûnes, en prières extraordinaires, etc. (a).

L’armée chinoise est estimée à 1,260,000 hommes, dont 400,000 de cavalerie. On assure qu’elle est mal Rrt acuat dépourvue de courage, et qu’elle ignore l’art des évolutions militaires (b). La marine est composée d’un grand nombre de vaisseaux, mais les Chinois n’ont fait que peu de progrès dans la science de la navigation, Fa Ed aient connu longtemps avant nous l’usage de la boussole.

536. La Zangue chinoise est peut-être la plus imparfaite et la plus difficile à apprendre qu’il y ait au monde. La langue parlée ne contient qu: 350 monosyllables, que les Chinois accompagnent d’uue infinité de gestes, en parlant. L'écriture se compose de 80,000 signes hiéroglyphiques, qui expriment non des mots, mais des pensées entières.

537. Arts et sciences : Les Chinois imitent très-bien la nature därs leurs peintures, dans la construction de leurs jardins et de leurs maisons de plaisance. Ils sont sans rivaux dans les

fabriques de joujous, éventails, corbeilles, fleurs artificielles, ‘

ouvrage en ivoire, en filigrane, etc. Ils font avec une vitesse surprenante les calculs arithmétiques. Ils ont, inventé l’im-

(a) : Après tout cela, en Chine comme ailleurs, il y a loin de la théorie à la pratique,

5). Les guerre les soldats chinois sont redoutables,

Les guerres recentes avec les Européens ont prouvé combien peu

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primerie, du moins celle qui se fait avee des planches mar: gives, viisours siècles avant les Européens, et la poudre à canon, .ï’ils employèrent lors même de l’invasion de Genghiskhan (en 1209.) I}s font de très-beaux feux d’artifice, wils tirent ordinairement en plein jour. Ils ont des tragédies, des comédies et d’autres représentations dramatiques. Müiïs en général ils ignorent ce qui constitue la vraie poésie et fa véritable. 6loquence. Leur architecture et leur peinture se bornent à copier servilement les cbjets que la nature let met devant les yeux. Leurs connaissances en fait de mathématiques ne s’étendent pas même jusqn’au calcul des éclipses Ce sont les Européens qui leur ont appris à.se servir de curadtères d’imprimerie mobiles et de mousqreterie. La supériorité de leurs soieries, de leurs cotons, de leürs papiers et de leurs porcelaines est due à Ja qualité excellente des matières qu’ils emploient. ;

538. Ouvrages publics : On doit admirer les grandes. rowtes des Chinois ; leurs ponts d’une seule aiche : leurs tours pyramidales, qui disnguent pour lPordinaire leurs temples ou pagodes ; leurs canaux, vastes, profonds, bordés de quais en pierre , surtout le Canal Impérial entre Pékin et Canton, qui n’est interrompu que par une journée de marche pour traverser ure montagne.

Mais l’ouvrage le plus étonnant qu'offre la Chine, et peutêtre le monde entier, est la Grande-Muraïlle, qui s’étend sur toute la frontière septentrionale, et qui fut construite pour arrêter les incursions des .Tartares (Mongols et Montchoux.} Sa longueur est de 500 lieues ; sa hauteur, de 30 pieds dans les plaines, et de 15 à 20 dans les parties montagneuses : sa Jargeur est telle, que le plus souvent six cavaliers y peuvent paruder de front.

539, Mœurs, etc. : Les Chinois sont accusés d’un manque extrême de probité, d’indolence dans les classes riches et de mulpropreté dans les classes pauvres, qui dévorent, dit-on, tout ce qu’elles trouvent sous la man. L’usage cruel d’exposer les enfants dans les rues ou sur l’eau est fort ancien, quoique assez rarc aujourd’hui. Le sexe est tenu dans une espèce d’esclavage ; le paysan chinois attelle, en même temps, dit-on, à sa charrue sa f mme et son âne.

Une Chinoise ne se croit belle qu’autant qu’elle a les yeux bridés, les lèvres un peu gonflées, les cheveux lissés et d’un noir d’ébène et les pieds d'une petitesse extrême : ce dernior trait achève Fidée de sa beatté. Pour lui donner cette perfection, on a som de lui emmaillatter étroitement les pieds dans £a ‘ Jeunesse ; auss, dans un âge plus avancé, elle

chenseler plutét que marcher. Chez les DeETReR l’embon-

gne d’une ww oisive, est un fitre. à la considération,

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teint en noir les cheveux et la barbe. Les innombrab Xp Par g

monies que pratique partout le Clhunoïs, rendent sa compagnie Dit ennuyeuse aux autres nations.

Les lois règlent Phabillement de toutes les classes de la société. Les marriages se font par les parents nour l’ordinaire on ue les enfants aient atteint M Ab iaison. On rend ne e de culte aux tombeaux. Le blanc est la couleur du

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ne le Chinois laisse apercevoir la plus légère trace

smbere qui eng on il quitte l’air humble ‘et soumis dun

ave Fan plaire. Ces qualités sont fortifiées tant par

e po AT ON AREA eRnS que par l’absence totale de mets

échauffants et de liqueurs spiritueuses. Le th6 est la boisson universelle.

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