‹ Nouvel abrégé de géographie moderne [microforme]Chapitre 126 sur 192 · PET ON CP OT PP PP · texte numérisé non relu

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Inde ou Hindoustan. 247

tempêtes, d’ouragans, de grêles pesantes, d’éclairs et "tonnerres. s sécheresses trop prolongées ou des déluges de pluies ruinent quelquefois l’espérance du cultivateur. Diverses maladies épidémiques, entre autres le redoutable choléra, enlèvent subitement beaucoup fe victimes, Ily a des déserts de sables, des chaînes stériles, des savanes dans les parties septentrionales, de vastes marécages à l’embounchure des fleuves, et quelques-uns dans l’intérieur. Mais en gépéral le climat est délicieux, l’air pur, le sol couvert de belles plaines, de gras pâturages, de moissons qui se renouvellent deux fois par an, de vallées superbes “4 déploie la végétation la plus riche et la plus illante.

556. Toutes les plantes alimentaires et tous les fruits de l’Europe et des Antilles prospèrent aux Indes, outre le tanna, grain qui fournit beaucoup et dont la culture n’exige presque aucune peine ; l’arbre à pois, le plantain, le palmier, l’arbre à pain ; quantité de légumes farineuxinconnus en Europe ; l’arbre à suif, le bétel, le sésame ;

le jalap, la salsepareille, l’opium, le gingembre, le cardomone, la casse; l’aloès, le camphre; une foule d’autres fruits et plantes médicinales ou teinturières ; une grande variété de bois précieux, tels que le bois de téak, le bois de fer, le bois d’aigle, le bois de sandal, le dragonnier, les gommiers à laque et à gomme-gutte. etc., etc. |

Le riz, dont il y a vingt-cinq variété, est la principale nourriture , du: frugal Hindou ; l’habitant de lIndo-Chine y ajoute les fruits du bananier, du cocotier et du palmier-sagou. Les diverses espèces de palmier fournissent de la farine, des légumes, des fruits, de l’huile, des cordos, des toiles, du pe ier, etc. Le bananier forme à Jui seul un bosquet par abondance de ses larges feuilles, Le sandal blanc et d’autres bois odoriférants parfument tous les palais de lOrient. Des forêts de bambous couvrent une bonne partie du sol; cette espèce de roseau, qui parvient quelquefois à la hauteur de 60 pieds, sert à construire les demeures légères des Indiens. Les meilleures oranges connues viennent du Tonquin, où l’on trouve communément aussi l’arbre à thé. La meilleure cannelle se tire de l’île de Ceylan. |

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567. Parmi les animaux propres à o:: 1égion, il faut lacer d’abord les éléphants, dont les plus beaux viennent Be l’île de Ceylan et du royaume de Siam. Les autres sont les rhinocéros, le tigre, la panthère, le Iéopard, etc.; une multitude de singes et d’ouran Sous. qui dans certains endroits, s’attroupent par milliers, dévastent les champs, pillent les ve ” ravagent mêmes les villes; beaucoup dé chameaux an romodaires ; des brebis et des chèvres, dont la belle laine est employée dans la fabrication des châles indiens—ceux de Kachmir sont les plus renommés (Nu. 542), etc., etc. Les chiens de l’Inde ont 6t6 de tous temps célèbrés; mais les meilleurs viennent du Cabonl. Le bœuf ét Ia vache jouissent d’une , vénératin religieuse dans PHindoustan. Les serpents fourmillent dans les forêts, les champs, les jardins, quelquefois même dans les appartements ; le serpent royal, ou le boa, est adoré dans plusieurs cantons, Dans les fleuves, les lacs et les marais, on trouve des crocodiles énormes ; les lézards sont très-communs, ainsi que Îles tortues. Le poisson abondent dans les mers, les fleuves et lea lacs. On remarque, entre autre, le poisson doré, le poisson volant et la torpille, qui donne un choc électrique au baigneur imprudent.

Les insectes sont d’une beauté merveilleuse, mais ils causent de grands dommages ; il y a beaucoup d’abeilles etvers à soie, Les oiseaux sont admirables par leur tailles et par leur plumage, surtout l’aigle, le vautour, le faisan, le perroquet, dont il y a 50 espèces, et le paon, qui est originaire des Indes, Plusieurs croient que le coq-d’Inde, si connu de tout le monde, est indigène de l’Amérique. On peut citer encore le mango, qui se nourrit du fruit délicieux dont il porte l6 nom; le retit oiseau du Paradis ; l’ibis blanc, dont les plumes servent de parure aux Indiennes, etc.

558. La règne minéral est très-riche. Beaucoup de fleuves charient de l’or, ce qui prouve qu’il en existe des dépôts dans les montagnes où ils prennent leurs sources. On vante les mines d’or et d’argent de Golconde, du Carnatice, d’Achem, du Bengale et d’Ummerapura, dans l’empire Birman. Ailleurs ce sont des mines de mercure, de zinc, d’étain, d’acier, de fer, d’antimoine, etc. Il y a du raarbre, de l’albâtre, du sel-gemme, du charbon, du soufre, du naphte et d’autres rietières inflammables ; une grande quantité de selet de salpêtre, etc., etc.

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Nulle part les diamants ne sont aussi beaux ni aussi nombreux que dans cette région, surtout dans l’Hindoustan ; outre les rubis, les mr les améthystes, les onyx, les topazes, le lapis lazuli, le cristal de roche, etc.

659. Commerce de l’Hindoustan (a): Lesarticles d’exportation sont les indiennes et les autres cotons, les soieries, châles, tapis, etc., le sucre, le riz, les pierres pure, lopium, le camphre et autres drogues, les

pices, surtout le poivre et la cannelle, les bois précieux et aromatiques, le zinc, le salpêtre, etc., etc. ; ceux d’importation sont les vins, l’eau-de-vie, le thé, le café, les ps, les velours, le fer, le cuivre, le plomb, la coutellerie, les articles de verrerie, les dentelles, les fils d’or et d’argent, les galons, les provisions navales et militaires, etc., etc.

560. Capitale de l’Hindoustan, Calcutta, dans une pre malsaine sur l’Hougly, l’une des branches occientale du Gange à 100 milles de la mer. C’est le siège du gouvernement général de la Compagnie des Indes et la première présidence. Elle est divisée en deux quartiers, la ville Noire, habitée par des Indiens et d’antres nations asiatiques, et le quartier du gouvernement, habité par les Anglais et d’autres Européens ; la mière est très-basse et mal construite en maisons de bous ; la seconde est magnifique.

Parmi les édifices de Calcutta, on remarque le palais du gouvernement, une cathédrale anglicane, une église catholique et une arménienne, plusieurs mosquées et une foule de pagodes : il y a une université, une société savante très-célèbre, un superbe jardin botanique, un grand nombre de manufactures et de maisons de commerce, sie Pupaiation, 1,100,000 habitants, dont un quart environ professent le christianisme. Le port ne peut recevoir que des vaisseaux de 500 tonneaux ; les autres sont obligés de jetter l’ancre à 50 milles plus bas, au port Diamant.

561. Villes principales : Bénarès, la ville savante des Hindous, sur le Gange, à plus de 200 lieues de son embouchure— ancien observatoire où l’on voit une sphère tracée d’après le système de Copernic, connu des Indiens long-temps avant cet

(e) Le reste, jusqu’au No, 665, ne regarde que lHindoustan.

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asttonome—pagodes magnifiques, dans l’une desquelles est un “taureau taillé de pierres qui renferme un taureau vivant—les ‘Hindous sont obligés de visiter cette pagode une fois dans leur . vie—grande affluence de pélerins dans les fêtes religieuses.

Principal marché de diamants et de bijoux.—Population, 200,000.

-Surate, dans le Guzurate, grande ville de commerce, habitéo par toutes les nations—ce fut ici gas la Compagnie des Indes établit sa première factorerie en 1612, avec la permission du Grand-Mogol—beaucoup de Parsis ou adorateurs du feu—hôpital

ur les animaux malades, vieux ou estropiés, tels que chevaux, œufs, singes, volailles, etc.

Madras, siége de la 2e présidence, sur la côte de Coromandel—.

: très-riche et très-florissante—églises, couvents, missions, obser-

vatoire, fabriques nombreuses, etc. Population, 600,000.

Putnah, sur le Gange, à 105 lieues de Culcutta—fabriques très-importantes—commerce de saltpêtre et d’opium.

Bombay, sur la côte de Concan, siège. de la 3e présidence— très-grande, très-forte—son port est un des meilleurs de l’Inde— entrepôt des marchandises arabiques, persiques et indiennes. Population, 566,000.

Delhi, ci-devant capitale du Grand-Mogol, que ses descendants, soumis aux Anglais, habitent encore.—Palais impérial en granit rouge, long de 1.000 aunes et large de 600, dont les écuries peuvent contenir 10,000 chevaux, et dont les cuisines ressemblent à des salles de parade.—Bel observatoire construit en forme de sphère. Population, 200.000.

Agra, outre capitale des Grands-Mogols—on y admire le palais et la mosquée de l’empereur Akbar, deux des plus beaux édifices de l’Asie.—Lahore, ancienne résidence des Grands- Mogols—on y voit un des plus beaux palais du monde.—Jaggernaut ou Jagrenat, terre sacrée des Hindous, fameuse par les pélerinages qu’y attirent trois grandes pagodes—l’une d’elles renferme une idole dont les yeux sont de gros diamants—Golconde, ville forte, connue par les mines d’or et de diamants qui se trouvent dans ses environs.—Seringapatam, où périt, en 1799, le dernier roi de Mysore, le brave Tippo-Saib, en se défendant contre les Anglais.—Masulipatam, célèbre par ces toiles peintes et ses manufactures, etc. etc.

562. Le chef-lieu des possessions françaises est Pondichéry, sur la côte de Coromandel, ville manufacturière, mais située dans un pays stérile ; celui des possessions portugaise est Goa, sur la côte de Concon, grande ville, très-commerçante, archevêché catholique, etc.,—

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on y voit le tombeau de St. François Xavier ; celni des possessions danoises est ae sur la côte de Coromandel ; les possessions hollandaises, autrefois très-importantes, furent toutes cédées à l’Angleterre en 1824.

Les autres villes ou ports français sont Chandernagor, dans le Bengale, Yanaon, sur la côte d’Orissa ; Karikal, sur la côte de Coromandel, et Mahé, sur la côte de Malabar. Les Portugais ont encore l’île Diu, sur la côte de Concan, et les Danois Sirampour dans le Bengale. Les ports hollandais étaient Jaggernaut et Palicole, sur la côte d’Orissa ; Paliacate, Madras et Porto- Novo, sur la côte de Coromandel, et Tuticorin, dans le golfe de Manar. Jusqu’en 1795, Cochin, sur la côte de Malabar, étaient le principal établissement que les Hollandais eussent dans les Indes. Calicut, sur la même côte, est le premier port des Indes gui ait été visité par les Européens ; le Portugais Vasco da

ama y aborda en 1498,

563. Population : 186,900,000, dont 132,050.860 dans les Indes Anglaises, d’après les rapports officiels de 1859. Les possessions françaises renferment environ 330,000

habitants, les portuguises, 360,000, et les danoises 15, 000,000. Restent 10 à 11 millions d’Hindous qui conservent lenr indépendance, du moins nominalement. La division par race est à peu près comme suit : 114 millions d’Hindous, 15 millions de Mongols, et les autres autres Afghans, Béloutches, Guèbres, Perses, Arabes, Juifs, Portugais, Anglais, Français, métis, etc.

Les Hindous sont divisés en quatre castes principales, chacune desquelles en renferme beaucoup d’autres ; la première est celle des Brahmes ou B:amines ou prêtres ; la seconde, celle des guerriers: la troisième, celle des agriculteurs ; la quatrième, celle des artisans. Ces castes ne peuvent manger ensemble ni s’allier entre elles. Elles exercent le droit de mort ou d’exil sur leurs membres. Les descendants de ceux qui, par des mariages iilicites, ont dérogé aux priviléges de ces quatre castes nobles, s:nt compris dans les divisions ignobles et méprisées. Au-dessous de ces dernières, on voit les Pariahs, que les Hindous ont rejeté de leur société et qui ne peuvent habiter dans les villes ; ils sont obligés, dit-on, de fuir à l’aspect d’un Hindou noble, de marquer leurs fontaines par un entourage d’os animaux, et de se livrer aux occupations les plus dégoütantes. Cependant l’influence des mœurs anglaises a

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déjà beaucoup affaibli ics préjngés des Hindous au sujet des oastes et mitigé le sort de ces malheureux proscrits, qui s’engagent volontiers au service de leurs maîtres. européens.

Il arrivait souvent autrefois, surtout dans le Bengale, que les femmes des deux premières castes se brûlaient à la mort de leurs maris ; cette coutume barbare a été détruite par les Anglais depuis 1829.

564. La religion dominante est le brahmisme, professé par 120 millions d’Hindous ; les mahométans sont au nombre d’environ 16 inillions ; la secte guerrière des Sicks, qui s’est fait une religion composée de boudhhisme et de mahométisme, comprend 4 millions d’individus ; 11 y a un million et demi de chrétiens , les autres suivent le culte de Bouddha.

Les Hindous admettent l’existence d’un être suprême, éternel, immense, première cause de tout ce quiexiste ; de trois divinités, Brahma, Vishnou et Chiva, qui sont autant d’émanations du premier être et les principaux objets de leur culte : d’une foule de divinités inférieures préposées au gouvernement du monde, ainsi que d’esprits bons et méchants; l’immortalité de l’âme ; la métempsycose, et en conséquence ils ne mangent point de chair ; la purification des âmes par les pénitences et les expiations volontaires La vache est pour les Hindous un animal sacré ; la tuer est un crime punisable de mort.

Les livres qui contiennent la religion et la philosophie des Hindous sont appelés Bédas ou Védas ; ils sont écrits dans une langue morte très-ancienne et très-pure, qu’on nomme le sanscrit.

L’Inde est remplie de temples ou pagodes ; quelques-uns sont d’une belle architecture ; tous sont d’une richesse extraordinaire. Les idoles présentent mille formes bizarres, horribles, impudiques ; des visages monstrueux, des figures avec quatre têtes et huit bras ou moitié hommes, moitié bêtes, etc. Les cérémonies du culte brahmanique donnent lieu quelquefois à des scènes affreuses, telles que la procession du dieu Jagarnet, dont la char énorme, haut de 80 pieds écrase sous ses roues les fanatiques qui, en 8’y précipitant, croient trouver à la fois et la mort la plus glorieuse et une félicité éternelle. IL y a d’autres fêtes où règne la licence la plus effrénée.

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