RESOLUBILITE DES GROUPES D ETOILES. Ô
tractions naturelles, et apparemment aussi de quelques autres forces beaucoup plus considjrables, capables de produire les énormes mouvements observés, il nous est à peine possible d'admettre, en aucune partie du système, une loi de distribution qui ne pourrait être considérée comme le résultat d'aucune action dynamique.
II me semble plus raisonnable de conclure que partout où un groupe présente cette particularité d'être irrésoluble, il ne la doit pas à une énorme extension longitudinale, mais bien à sa constitution réellement particulière ; et qu'en fait, l'observateur, à mesure que s'augmente la puissance de ses instruments, ne pénètre pas plus avant dans les profondeurs de l'espace, mais analyse seulement de plus en plus les détails d'une région déterminée.
D'ailleurs Sir William Herschel, dans un de ses derniers Mémoires, s'est trouvé conduit à voir peut-être dans ces considérations la véritable solution du problème. En 1817 nous le voyons dire que ses investigations sur le jaugeage des étoiles se rapportent plus directement à leur condensation qu'à leurs distances; de sorte que l'on peut expliquer la présence d'un plus grand nombre d'étoiles dans le champ de la vision, aussi bien par une plus grande densité dans cette région de la Voie Lactée que par une plus grande extension dans la direction même où les étoiles apparaissent en plus grand nombre (^).
Pour ce qui est d'un groupe distinct, considérons d'abord l'effet de la distance sur un système d'étoiles toutes égales en grandeur et séparées par des intervalles égaux. Supposons
(' ) Il est assez surprenant que dans presque tous nos traités d'Astronomie, on accorde beaucoup plus d'attention aux anciens travaux de Sir William Herschel qu'à ceux qu'il a publiés plus tard, alors qu'il était à l'apogée de sa réputation. Je ne connais qu'un seul ouvrage (l'excellente Histoire de V Astronomie physique, du professeur Grant) où les derniers travaux de Sir W. Herschel occupent lu place qu'ils méritent.
4o NOUVEL ATLAS CÉLESTE.
un pareil groupe placé de façon que l'œil nu puisse distinguer chaque globe : s'il venait à s'éloigner très rapidement dans l'espace, prendrait-il l'aspect d'une nébuleuse avant de disparaître aux regards? A mesure que le groupe s'éloignerait, chaque globe deviendrait de moins en moins brillant, et les distances qui les séparent sembleraient de plus en plus petites. Par suite, si ces distances devenaient trop petites pour être appréciées, tandis que les étoiles seraient encore visibles, il devrait en résulter un aspect nébuleux. Mais supposons, au contraire, que les étoiles deviennent invisibles, alors que la distance du groupe n'empêcherait pas encore de distinguer leurs intervalles si seulement elles étaient plus brillantes. Dans ce cas, il est clair que le groupe disparaîtrait aux regards par un accroissement de distance, sans jamais prendre l'aspect d'une nébuleuse. Il est clair aussi que si l'on employait le télescope pour ramener à la vue le groupe disparu, les mêmes conclusions subsisteraient encore. Un groupe qui deviendrait nébuleux à l'œil nu avant de disparaître, le deviendrait également au télescope, quelle que pût être la puissance de celui-ci; tandis qu'un groupe, qui disparaîtrait sans devenir nébuleux à l'œil nu, ne le deviendrait pas davantage dans le champ d'un télescope quelle que fût la puissance de l'instrument employé. On voit clairement dès lors que la nébulosité d'un groupe d'étoiles égales entre elles et également distribuées, est une question, non pas simplement de distance, mais aussi de constitution, et qu'elle dépend du rapport entre les dimensions et l'éclat des globes constituants, et les distances qui les séparent les uns des autres.
Nous pouvons étendre ces considérations au cas de groupes d'étoiles contenant des globes de différents ordres de grandeur. Supposons qu'un groupe de ce genre vienne comme précédemment à s'éloigner dans l'espace ; l'aspect du système à un certain degré d'éloignement dépendra encore des