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Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la Gaule

Il y avait, dans notre numismatique nationale, d'importants problèmes à résoudre, et les termes en avaient été posés par tous ceux qui n'avaient pas renoncé à l'espérance de voir expliquer, un jour, les types mystérieux, les emblèmes singuliers et d'origine très-com« plexe qui, d'ordinaire, se rencontrent sur les médailles celtiques.

En dehors de ces questions essentielles, provisoirement réservées, on avait pu cependant attribuer, avec quelque certitude, un grand nombre de ces monnaies à divers peuples de la Gaule agglomérés sous la même civilisation. A ce travail géographique, dont les résultats furent souvent contestables, s'étaient bornées les études de la plupart des numismates qui avaient acquis une autorité spéciale dans cette branche de leur science.

Par exception , quelques érudits tentés de se détourner de la voie battue ou tout au moins de l'élargir, essayèrent

d'expliquer la nature du symbolisme qui se manifestait d'une manière si const«mle sur lôs lypes monétaires de la Gaule.

L*unité de vues indispensable dans cette circonstance fit défaut aux recherches et aux conjectures de ces savants qui se contentèrent, à leur tour, de signaler une suite d'ingénieux rapprochements de mœurs, de croyances et de culte, entre les vieilles civilisations orientales et celles d'Occident ; c'était bien là un point essentiel à indiquer parmi d'antres non mdns caracté* ristiques; mais U importait surtout de conclure et de ne pas se renfermer dans de vagues généralités.

Telle n'aurait pas été la conséquence négative de ces liavaux, d'ailleurs fort estimables, si leurs auteurs s'étaieat appliqués, dès le principe, à saisir le lien nalorel qui devait rattacher à ane luéme pensée religieuse et aoîentifique l'ensemble des produits du numnayage gaulois.

G* est dire assez que, pour notre propre compte, dans le programme auquel nous avons senti le besoin de soumettre nos idées personnelles , nous avons cherché à éviter les écueils qui avaient été heurtés par nos dttviiidws. Nous avons donc suivi une toot autre méthode.

Après avoir li\ë le caractère symbolique propre à cbaque signe monéiaiie, nous recherchâmes ses divers emplois et ses combinaisons variées, tant avec d'autres emblèmes qu'avec le type principal de la médaille sur laquelle il figurait ; en procédant ainsi , nous ne lardâmes pas à reconnaître que, dans la plupart des cas, ces concordances de sij^nes et d'emblèmes constituaient de véritables aspects célestes ^ et, dès lors, il nous fut possible de poser les premières bases d'une sorte de langage hiératique , se lapportaul à la divinisation des phénomènes du ciel et de^ forces de la ualure.

Frappé de l'importance de ces curieuses observations^ nous en étendîmes le cercle à un grand nombre de monnaies ; en sorte que notre méthode de détermination était déjà devenue presque un système, quand Tidée nous vint de vouloir le contrôler par un examen des faits historiques.

Bien qu'il ne fût paa facile de se rendre un compte exact du milieu social et religieux dans lequel avait vécu Taucienne Gaule , on pouvait supposer, en s*appuyant sur l'autorité de l'histoire, que ce milieu se rapfirodiait, sous beaucoup de rapports, de celui qui avait été commua aux théocraties de TÉgypte et de la Perse« et qu a Texemple de ces deux peuples» la Gaule avait fait des gnuids phénomènes de la nature, et s{)é-

cialement de ceux qui se rattachent à raslronomie ^ l'objet du culte qu'elle avait professé sous le nom de Druidisme.

Les pratiques de l'astrologie divinatoire, dit Cicéron^ étaient répandues dans toutes les vieilles sociétés barbares , parmi lesquelles il n'oublie pas de mentionner particulièrement la Gaule. César, Strabon, Pomponius- Mela affirment , en termes différents , mais tout aussi formels, le même état de choses.

Toutefois , comme il ne nous semblait pas douteux qu'un examen approfondi et permanent des types monétaires nous ferait avancer beaucoup plus dans la question que nous avions à cœur de résoudre que le témoignage forcément limité des auteurs anciens, nous revînmes avec ardeur, mais en nous gardant , comme par le passé, de toute opinion préconçue, à Finterprétation directe des monuments de la numismatique gauloise. Le résultat ne fut pas an-dessous de nos espérances.

Toute découverte archéologique de nature un peu compliquée met à se produire un cerfain laps de temps et passe par plus d'une phase avant d'être formulée d'une manière décisive; celle qui fait l'objet de nos travaux et qui nous occupe depuis plus de douze années, eut pour point de départ diverses monographies

publiées successivement , et toujours sous une forme conjecturale, de 1852 à 1863.

Ces études remaniées constituent maintenant les six premiers chapitres de cette seconde édition, et quant aux autres , entièrement neufs , ils se composent : 4® d'une suite de dissertations oii nous avons tenté de mettre en pratique le système qui nous avait d'abord servi à déterminer les types les plus obscurs et les moins expliqués ; 2^ d'une application plus directe de nos principes à l'ensemble de la numismatique gau* loise, depuis ses origines présumées jusqu'à Tépoque où on la vit totalement disparaître.

Les explications^ qui précèdent ne seront pas inutiles pour justifier auprès des savants et de la critique la méthode irrégulière sous laquelle se présentent les principales divisions de notre œuvre ; nous avons pris ce parti par les raisons suivantes : nous tenions à grouper, sans aucun art de composition , dans l'ordre même oii ils nous étaient parvenus et où nous les avions discutés, les éléments de certitude sur lesquels s'étaient fondés les rudiments de notre hypothèse ; nous voulions que le lecteur, après avoir été initié à toutes les opérations de notre esprit, pût, en parfaite connaissance de cause, se rendre juge de la valeur de nos recherches et de notre bo»oe foi.

Si nons avon^, acindlemetit, dnns nn intérêt de rincérîto, donné le pas au fonds sur la forme, nous faidons DOS réserves pour Tavenir, car cous n'aurons alleint le but de notre ambition que le joor oii« avec les matériau\ épars que nous avons recueillis et pour ainsi dire numérotés, il noua sera permis de restituer dans leur^ proportions exactes et sous leur véritable aspeci« ïeê monuments de la numismatique gauloise.

Chenlonionl pW^s (hiéret). le 27 février 1867.

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