‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 15 sur 36 · AV. — Alignements disposés en chevrons et en · texte numérisé non relu

AV. — Alignements disposés en chevrons et en

zigzags.

1^. — Cheval galopant à gauche ; au-dessus, un symbole en forme de sceptre à double volute.

placé derrière la barre et comme pour diriger , Taiguille solaire un peu plus inclinée que précédemment. (Coll. Lambert.)

3.- AV. — - Alignements disposés, en losanges et en triangles.

fie. Cheval galopant à gauche ; au-dessus, le symbole S faisant fonction d'auriga et dirigeant l'aiguille solaire; au-dessous, la lyre renversée.

Il n'y a plus rien qui ressemble à une tête hybride ou dégénérée, au droit de ces quarts de statère ; la plus grande partie du champ est couverte de traits qui s'entremêlent et s'entrecoupei^t dans toutes les directions, sans rappeler à l'esprit aucune des autres formes connues du symbolisme gaulois ; ce n'est donc pas à ce milieu déjà exploré qu'il faut demander la signification de ces lignes entrecoupées: elles nous semblent, le dirons-nous, évidemment combinées pour représenter des figures géométriques, car elles ne correspondent à nulle autre raison d'être et ne révèlent, de la part du graveur, aucune autre intention.

Si on veut bien admettre que les données générales de notre système sont vraies, on reconnaîtra sans peine, dans ces figures mathématiques, des alignements célestes destinés à indiquer les positions relatives des astres , en un mot, des études d'uranographie ; ce qui

démontrerait, une foii de plus« qu'à des époques reculées^ comme Taffîrme d'ailleurs César^ les Druides de la Gaule possédaient des méthodes pratiques d'observation et des connaissances raisonnées en astronomie.

Au témoignage de Thistoire se joint celui des monuments; ainsi, les revers de ces mêmes aureus vont nous fournir des preuves à l'appui de notre argumentation. En effet, pourrait-on se refuser à y voir de nouveaux emplois de l'aiguille solaire que nous avons signalée sur tonte cette série de monnaies ; tantôt elle est dirigée par une figure emblématique, tantôt par une sorte de personnification de ces mêmes symboles se rapportant, soit à l'uranographie générale, soit à la désignation habituelle des principaux astérismes.

Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire, pour les besoins de notre thèse, de pousser plus loin nos recher^ ches sur la série spéciale de ces monnaies ; s'il nous eût été possible de réunir l'ensemble des types de ce genre qui sont déjà connus, peut^tre aurions^nous eu la tentation (fen composer une monographie; mais un travail de cette importance eût, à coup sûr, dépassé la mesure de notre oeuvre actuelle, et nous tenons, sur toute chose, à l'achever dans les conditions de notre programme*

Deuxième classe

Les types que nous venons de déterminer, et qui composent la première classe de notre troisième époque, sont tous empruntés à la Gaule^Belgique ; le premier groupe est attribué aux Âtrébates, le second aux Bellovaques et aux Ambiani, le troisième aux Morini (?) ou à d'autres populations belges voisines de la mer.

Les trois nouveaux groupes dont noua allons former une deuxième classe appartiennent exclusivement à cette notable partie de la Gaule que la domination romaine comprit sous la désignation de Lyonnaise. On est convenu de donner ces monnaies aux Eburovices, aux Parisii et aux Veliocasses.

I.-âY. — Tôte d'homme imberbe^ à gauche, coiffée d'un diadème fermé et divisé en deux par* ties par un rang de perles; sur la première est représenté un sceptre entouré de globules; sur lasecondç, deux S$ accolés et un croissant; sur le cou du dieu, un X.

^. Cheval galopant à droite; aunlessus, un personnage nu, accroupi et incliné, qui, d'une main, le tient par les rênes, et de Tautre, fait flotter devant lui «n lien ou-

dulé ; au-dessous, un animal à gueule mons- Irueuse. (Musée de Rouen.)

2.-AV. — Même type. Le dieu a sur la joue une double ligne verticale et perlée; les symboles du diadème sont modifiés; le grand X est à la même piace.

^. Même type. Le personnage conducteur, dans la même attitude, n'est ici représenté que par des linéaments. L'animal placé sous le cheval est un peu plus gros. (Coll.

Olivier.)

3. --AV. — Même type. Double signe en traits échelonnés sur la joue du dieu; dans la partie supérieure du diadème, un rameau et des globules; dans la partie inférieure, un grand S.

^« Même type. Même animal monstrueux; en face de la tête du cheval, le symbole quadrilatéral, au-dessus duquel est une croix pommetée. (Musée de Rouen •]

l'.-AV. — Même type. Le double trait vertical placé sur la joue est formé par un grénetis.

^. Même type; mais au dos du personnage

' condqcteur s'adapte un appendice en forme de queue, et il fait flotler le guidon carré dotant le cheval. (Coll. Chevreau.)

6.-AV. -r Tête imberbe à droite ; le diadème se rapproche de la forme d'un casque^ et ses deux divisions sont omé^ d'enroulements en forme de S et de X ; sur le cou du dieu, une palme. (Gab. de M. de Kergariou.)

1^. Cheval galopant à gauche; an-dessus, un personnage conducteur nu et courant; il tient à la main et fait flotter en avant un lien ondulé; au-dessousy un symbole en forme de croix dont les deux bras se contournent, à leur extrémité, en volutes ; le sommet de la branche verticale se divise également en deux volutes.

Les attributs qui, sur ce groupe de monnaies, accompagneot à titre accessoire les têtes du droite nous font tout d'abord reconnattre l'image d'ApoUon-Bélénus : le diadème divisé en deux hémisphères oii sont tour à tour représentés des globules, un rameau, des combinaisons du v> et surtout la double ligne verticale qui est placée sur la joue du dieu, constituent un ensemble dont le caractère symbolique ne peut ôtre Tol^ d'un doute.

La double ligne est tantôt composée de traits éche-

looiiéi, tenUH de petites perles ou de globules ; dans lepraofuer exemple q«e nous citons (n^ S)» les globales sont au nombre de doute^ six sur chaque ligne ; dans le second (n"" 3), la double ligne divisée en échelons cou|)e à angle droit une zone de traits verticaux qui entoure le cou de Bélénus ; nous soounes très-porté à croire que, dans ces divers cas, cet emblème a une môme valeur, soît qu'il se rapporte aux douze signes divisés en ascendants et en descendants, soit qu'il ait trait à un autre mode pour la division de Tannée.

Ce n'est pas une circonstance evceptionnelle dans la numismatique gauloise^ c'est, au contraire, un feit assez fréquent que de reacontrer un accessoire placé sur la joue de l'image du droit. Nous avons vu figurer à cette place la Roue, le Cercle perlé, le «^ , la Queue du Scorpion, le Glaive et, en dernier lieu, laiguille solsticiale. On nous permettra donc de ccmsid^er comme acquise à la science cette (d>servation d'un nouveau signe symbdique auquel nous donnerons le nom d'échelle solaire.

Le cheval des revers, quoique assez pauvrement dessiné, n'est pas hybride, et c est là un caract^ presque spécial à la série des aureus anépigraphes attri* hués aux Auleroi-Ebuiovices; il n'y a de traces de ce genre de symbolisme que dans la conformation du poi* trail qui est indiqué par trois ou par deux gros globules. Il n'en est pas de même du quadrupède à gueule monstrueuse très-allongée et à œil saillant qui est r^ présenté au-dessus de l'exergue. Ce n'est pas, à coup sùr> un sanglier comme on a pu le croire. Le person^

Mgft campé eu éqaiHbre au*<ksrâi delà omope du cheval est d*iin caractère varié, aurtotit qmuat à la fonoM de la tête dont Thybridation paraît correspondre à des symboles astronomiques: enfin, dans deux cas, on voit appar^tre devant et sous le cheval, owtains embltaes que nous avons déjà déterminés.

On aura sans doute remarqué que la présence de Ta-* nimal monstrueux, qui paraît être quelquefois rattaché au lien flottant devant la tète du cheval, n'est pas cens* tante ; il figure cependant sur quatre revers. Nous allons essayer de la déterminer sur le n"" 3 où il est accompa* gné de deux symboles connus et d'un emploi généralisé dans la numismatique gauloise.

Si le guidon quadrilatéral est attribué à la constei** lation d'Orion et la croix, soit au Cygne, soit à PégasOt car cet emblème peut convenir à la fois à ces deux deniers aatérismes, Fanimal à gueule monstrueuse sera conséqnemmmt Syrius ou le Chien. En janvier^ le soir, on voit ensemble, à divers points du ciel, Orion^ P^ gase et le Cygne : le premier à rorient^ les deux autres à l'occident, et Sirius se lève.

Toutefois» cette détermination pourrait laisser à dé* sirer à cause de la position relative donnée à Siriia qm ne paraîtrait pas logique; ausâ^ proposonsHUHis xmt vsrânte dans laquelle Gynosare, la Petite Ourse serait substituée à Sirius. Cette modification s'appuie sur las raisons suivantes:

Nous avons vu très-fréquemment, sur des types d'un autre style, d'une autre époque^ se r^roduire le San-

glier, comme équivalent de la Grande Ourse, à ce même endroit des médailles où se trouve^ pour le cas actuel, le quadrupède monstrueux ; il semblerait assez naturel d'admettre, par analogie, qu'on aurait pu vouloir représenter Gynosure qui se trouve, comme sa sœur Hélice, voisine du pôle boréal et se meut comme elle dans notre c^^de d'apparition perpétuelle, à la même place occupée par cette dernière. Le genre d'hybridation imposé à cet animal n'exclut d'ailleurs en rien notre hypothèse, il concorderait, au contraire, avec le mot grec KwyoVovp* donné à la Petite Ourse et avec d'autres dénominations empruntées aux sphères antiques ; enfin, Taspectdu soir serait ainsi modifié : pendant que Gynosure paraîtrait au pôle Boréal avec le Cygne, Orion se ferait voir dans la partie orientale du del.

Les personnages conducteurs qui sont campés en équilibre au-dessus du cheval et le guident, tout en faisant flotter devant lui un simple cordon ondulé ou un symbole attaché à un stimulus, sont à leur tour, susceptibles d'explications : celui du revers n^ 4 qui est armé d'un glaive soutenant par un lien devant le cheval un symbole en forme de losange, porte au bas des reins un appendice caudal, et il est i noter que cet accessoire n'appartient qu*au seul Orion, parmi les astérismes à figure humaine.

. . pars candœ Orionia

(Sphjbra barbarica. Decanus primus Librœ.] {Poeta kUimrnmreSf vol. 6. Éd. Lemaire.)

Le symbole en forme de losange qi](i est aUaché au glaive ou au stimulus de lauriga, désignerait la constellation boréale du Dauphin trouvant ici sa place, parce que les fables antiques relatives à ce pjetit astérisme sont intimement liées au mythe céleste d'Orion.

Le revers du n"" 5 est le seul oU l'on ne voit pas le chien monstrueux, à gueule béante, courir au-dessous du cheval. 11 est remplacé p^r un attribut à peu près semblable à celui que nous avons cru cons^oré à la désignation de la constellation du roi Céphée, très-voisine de Cynosure et du pôle boréal; ce rapprochement, s'il est juste, pourrait faire adopter de préférwce la variante que nous avons proposée pour le revers n^ 3. La télé de Tauriga est hybridée de manière à figurer le signe conventionnel qui sert à indiquer la constellation zodiacale du Lion. En février, Céphée est le soir au pôle boréal et le Lion est à l'orient du ciel.

Entre ces derniers types et ceux que nous allons décrire, il n'y a d'autres points de ressemblance que les ajustements des tètes.

1 . AV. — Tète barbare, à droite, coiffée d'un diadème fermé avec deux grosses perles ovoïdes sur le devant; à la hauteur de l'oreille, le même détail se combine ayec le S; en face de la bouche, qui est ouverte en forme de croissant, un lien déroulé avec deux globules à chaque bout.

^. — Cheval hybride galopant à gauche; la tête

est remplacée parle signe convenlionnel de Taftérisme, leLion» en. forme de fer^à clieYalt avec un globule au centre et un annelet à la base de Tune des branches de ce symbole ; aux reins du cheval, qui sont très-courbésr, s'adapte une grande voile triangulaire gonflée par le vent et semblable à celle d'un navire, elle est résiliée par des traits qui s'entrecoupent en long et en large et forment des mailles au milieu de chacune desquelles est placé un petit annelet; sur la croupe du quadrupède, un gouvernail ; dans la partie gauche du champ, en face, un annelet auquel s'adapte un cordon ondulé; les jambes de devant du cheval sont disloquées ; sous son ventre, cinq annelets sont disposés en cercle.

2. AV. — Même type- La chevelure du dieu s'échappe du diadème en plusieurs mèches rejetées en arrière ; en face de la bouche qui est fermée, le S vertical surmonté d'une ligne double, aux deux extrémités de laquelle sont deux annelets. ,

Ift^ — Même type, sauf les modifications suivantes : à la base du signe en forme de fer à cheval qui tient lieti de tête au quadrupède et à la place occupée par l'annelet du revers précédent, la volute inférieure du S ; sous le cou, deux annelets réunis par un trait double; sous le ventre

un cercle composé de six annelets. La voile et le gouvernail sont à leur place ordinaire.

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