‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 14 sur 36 · CHAPITRE X CONTINUATIpR DE U TBOISIÈNI CPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X CONTINUATIpR DE U TBOISIÈNI CPOQUE

intyfcriiUaMi

Il M présente tout d'abord une question assez difficile à résoudre, relativement à ces nouvelles monnaies que nous avoM cru devcHr ranger en trois classes dans ce chapitre : sont-elles antérieures ou postérieures aux armoricaines ? Comme elled participent à la fois du style de ces dernières et de celui que nous wom appelé gallogrec, il n'y a pas lieu de se prononcer }dutôt pour Fafflrmative que pour la négative; mais ces monnaies n*en oot pas moins une physionomie spéciale qui résulte surtout de la manière d'exprimer, à Faide de nouveaux symboles, ce môme langage astronomique si familier wi graveufs monétaires de la Gaule ; cerlaioement fabriquées dans un antre milieu régional, elles procèdent du m^lme enseignement et nous fcMut voir la variété des autonomies soui l'unité théocratique.

Première classe

Pour demeurer fidèle aux conditions de notre programme, il convient d'examiner ici, avant tons autres, les types les plus voisins de ceux que nous avons déjà déterminés, et qui, par la môme raison, s'éloignent de la période épigraphique et du système dénarial romain*

AV.«^ Couronne de laurier divisées cteox parties égales et posée dans le sens d*une tète de profil qui occuperait le champ de la médaille ; la première portion de cette couronne a les feuilles dirigées de haut en bas, et la seconde de bas en haut; au point d'intersection^ on voit, allant de gauche à droite, un symbole en forme de faucille avec un manche, à l'extré-. mité duquel est une étoile ; an-dessus de la pointe de la faucille, un cercle cehtré, d'où s'élèvent deux rayons divergents; en face, deux grands disques.

Jft. Cheval galopant à droite, sa tête ^remplacée par un symbole composé d'un cercle centré, d'oîi partent deux rayons divergents et d'un disque, auquel aboutissent ces rayons,, de manière à former un cône tronqué. Cet accès- ' soire singulier s'adapte au cou du eheval comme un capuchon à écbancrure fourchue; •

au-dessus, personnage douteux tenant à la main une faucille; au-dessous, une roue à huit rayons. (Musée de Bayeux.) (On a donné le nom de Châval à gorge fourchue à ce type monétaire.)

M. Lambelrty qui nous a fait connaître cette curieuse mobnaie^ a soin de dire qu'elle lui paraît importante pour déterminer d'une manière régulière, rattribution du symbole luni-solaire qui y est nettement exprimé. Cette observation serait on ne peut plus juste» si elle ne s appliquait pas uniquement aux emblèmes du droit de cet aureuS; qui ont rapport seulement au soleil et à des constellations.

La faucille avec son manche, qui partage le champ, de la médaille, d'orient en occident, représente, croyonsnous, le signe zodiacal du lion, et voici les motifi3 que nous £ai8(ms valoir à Tappui de cette conjecture.

Les quatre étoiles placées à la tête du Lion, forment une faucille dont la primaire, B ou la queue, termine le manche vers Torient : de plus, il faut reconnaître en* core que ce symbole se rapporte au Lion considéré comme emblème du solstice d*été. (7est précisément pour indiquer la position du Soleil, vers cette période de Tannée, que la faucille divise la couronne de laurier en deux parties, et que les feuilles de cette couronne sont vers le nâlieu opposées et à contre-sens, comme pour caractériser la double marche, progressive et rétrograde de Bélénus,

Le oeroleceataré, d*oii partent deisraj^^is divergents» et placé axHdeasQBdu tranchant de la faucille témoigne, à 8D1I toor, que le Soleil est dans le signé du Lion ; ainsi qojB lee deux disqiM» figurant la Babnce et dont le coucher du soir concorde, en juillet, atec ceUâ du Lion»

C'est sur le revers si intéressant de cet aureus, dont le aens correspond d'ailleurs à celui du. droite que se trouveun symbole 8oli**lunaire; nous avons du moiM» cru le reconnaître^ dans cet attribi;^ bizarre, en fbrme; de cône tronqué, qui sert de tôte au cheval ; ce oftnea' poor sommet un cercle centré ou pointillé^ qui est to' Seleii, dToÀ partent les rayons, et pour basç un disqqa, criai. di& la Lune, sur lequel les rayons se répandent* Nous aurons occasion de revenir à Texamen de ce sym* bole que kious avons rencontré isolé sur l'une dés miedailles de cette série.

Quant à la roue à hiût rayons, si elle iBdique.lii^ signes, .à partir du solstice d'été, €dle nous oondnit as mois d'avril, temps ver^ lequel a lieu le lever du soir de la constellation du Liqn. Le personnage, de foraae; indéotse> ptacéau^-deteusdu obevad, à peu prèadanala; position de Tauriga traditionnel et qui parait tenir una. potile fauetlle, achèverait d'^air^ la question, en nons. fiâsant voir l'aecompliasement de l'une des pratiques rel%ieuses les plus connues du culte druidique, lacueiU^ lette du Gui. L'époque de la célébration du mysfièm correspondrait à œlle. du lever de la faucille du Lioa. Mais,, nous Tavons dit,^ ce penionnageest très^imparfai* tement indiqué; il faut donc attendre, avant de se pru^

noQôer d'une façm explicite^ q^'oomeilkur «xetiifihiMl Yienoe à notre eonnâusaiioe. Dans tous les cm, la dé^* terminatioo de cet atmi» qui est capitale, et va qou* fournir des éléments certaiàs pour tonte miedataè ék médailles, est fixée relativement au droit; elle Test ttême en partie pour cequi negtfde le rêvera, indéjten* dammentciu peraonnage, côodueteor du obeval, qui est oependant très-vraiaemblable, puisque ntnm allons le voir apparaître sooi une autre ferme, sur des monnaies du m6me type et de la mdme^érie.

EL. —: Mteie type; aanf qu'il n'y a pas d'âoile au bout du manche de la faucille, qui est un peu moins ÎBclinée et placée un peu pKis haut,, dans le diamp de la médaille, .

Pc. <^ Oieval galopant à droHe, etaurdessus un oisetu becquetant sa crinière.

(CoU. Le Bovcher.)

La légère différence dans la place occupée par la fiMicille^ ainsi 'qderabseoce de fétdile, la Queue: du Uonr semblent piréèiler dans la mardie du soMl: une époque un peu plus avuncée; le revers en tient parfais temoot compte en repredtii9ant, ainsi qoe dans Taiam-^ p|e.ci*desc«Sy clés astres qui, on opposition par Un» lever et* leur coucher du soir» concofdept avec dens signes et nous donnât unedouMe indication du tevipa* Ainsi, dans Pexemple actuel, pour peu que Técert dt

TaiguiHe soit d^im signe, nous arrivons en mars, épo* que à laquelle se lève la constellation du Corbeau, qui est précisément représenté sur ce revers, sous la forme de Foiseau becquetant la crinière du Cheval.

ISf. — Tète imberbe et jeune d*Apollon-Béiénus, à drcnte, coiffée d'une abondante chevelure symétriquement disposée, et ornée d*une couronne de laurier dont les fouillis sont en sens contraire; par-dessus la couronne, une faucille ne la coupant pas et encore moins indinée que dans Texemple précédent.

1^. Cheval galopant adroite; derrière, la roue d'un char; au-dessus, une figure ailée, ayant dans ses mains et sur sa tunique des anne* lets, au nombre de dix-hnit ; en (ace du cheval, une coupe à manche; au-dessous, une rosace à sept lobes; à f exergue, un méandre à sept crans (Coll. Danjou de la Garenne).

Anx types purement symboliques de la couronne et de la faucille succède la tête de Bélénus; la faucille se trandorme en ornement de coiffure et ne coupe plus la couronne en deux parties; mais nous voyons ici les feuilles de la couronne toutes disposées à ^envers, la pointe en bas, ce qui veut dire que le temps du solstice est passé, et que le soleil commence sa course rétrogtade.

Le revers correspond à Fécart de raigaille^ car la rof* ^ce à sept lobes et le méaiidre à sept crans nous rq[>oftent au mois d'avril, où la Vierge apparaît avec la Coupe. Le personnage ailé n'est pas, comme on. est toujours porté à le dire, une victoire, mais la Vierge zodiacale représentée avec tous ses attributs ; ses ailes qui lui appartiennent comme si^e double; les globules qui, divisés en plusieurs groupes, font allusion à ses nombreuses étoiles. La Vierge est, de plus, accompagnée sur ce reversée la petite constellation de la Coupe qui se lève avec elle.

AV. ~ Même type qu'aux n""' 4 et 2. Le manche de la feucille. est divisé en deux branches plus écartées, et son croissant se* contourne, vers l'extrémité, en forme de v>, dont la première courbe est occupée par un cercle centré, et la seconde, par un astre radieux; en face, les deux grands disques, comme précédemment.

^. Cheval à gorge fourchue et à tète hybride, comme au n^ 4 ; ^lopant à droite ; au-dessus, le bras d'un personnage conducteur terminé* par un croissant; au-dessous, une roue à Jiuit rayons (CoU* Lambert)^

L'écartement des deux lignes qui constituent le manche de la faucille est un détail d'une grande importance, paice que la figure du symbole ainsi desmnée tend à se

nppjrocker delà foniid impen^e Confiée Hd c6rpë^ du -Lkm. Le croÎBgafitqut se oMtoume à son eitréunilé, de .nmnidrs à composer» en se pr atongeMt par àne deôèntle 'Cooriw^ le #1^ est égaleiAMt It^catttctériitiquê un ce qu'il nouS'iDoiitrey spnte to sotelice d'été acoomptl^ le eoléil coiitiiitwit «afikaralie. Nous aviMi d*ftlMrd été •Mfité de Toif » dan0 Fastre radieun placé au miliélt de I* aAocnde cotuM» réioiie fiegnlor, le conèrà^lMw; Hiaie^^ astre peut to«t auféi bien repi^ùter le âoleîi 4aaasDti BûMTeitientrétrogittdeTeralé sepefad'sehlîee. A quel personnage pourraient appartenir ié bras ^ la main qui portent un croissant et se n^ontrent, sur ce HsveiiB» aur-^lsils dii cbeoral? Parmi tes ââtérisnies à figure humaitiedoht le lever du^sair 4)ofrespond avec ;eelm du Uont nous ne TOjfons que te Bouvier. Toutefoily e'est là utie^eonlectiire dont en appréciera la valeur* mais on se souviendra que noua avons déjà fait nos rféserves au sujet de ce pereonnage^ enoere moins net- .lM»ent indiqw dav ce.seoend ffltemplaire que dans le premier.

, Si* ^ AsMmblage de symbole parmi lesquels do- • ' mine une omoL posée sur un hééoLicycle au-

quel s'adapte un nianc^ de nttnière à donner la figure de la foncfille; lea branches supérieures de cette croix se terminent, à gauche, par un adneaé; a droite» par on eairé^^ètau soBkmet» par un losange^ à droite* encore^ deitt SBiMlétaceiitiéB at poaés sur naa niéH0

ligne; aa-dewHii da la croix» d'autres emblèmes combinés prenant Tasfiect d'un animal (le Sanglier?) ; soils son ventre, un symbole en forme de sceptre à deux volutes et ren- Torsé*

Jft* Cheval oewani à droite; il paratt av^r une tête de cerf, et sa ^ue 9^\û comme une aile dfoMe«u^ an-dessus, un cône tronqua ayant à sa base un eemle diamétralèlnent' coupé en quatre parties; à son sommet, nn gros globule; an cAté droit. de ce symbole, s'adiq[>te nne ligné terminée par nn carré (Col! . Le Boucher).

Les symboles placés aux quatre branches de la croix arat les figures 4e quatre astérismes correspondant, ÈfAoù tonte apporenee, aox quatre pointa des équinoxes* ei 4es sobticaa. La Vierge serait représentée par le lo * flange, le ncrad du Serpent d'Ophiuçus par Fanneau, le carré d'Onon par le quadrilatère ; le p61e de l'écliptique serait à son tonr caractérisé par rhéndiicycle, auquel s'attache faignille solaire; la figure d'animal désignerait la Petite Oorse ou Cynosnre, et te soeptrs renversé qui est placé sou» son ventie indiquerait la oonstetlation de^ Céphée dont la présence concorderait avec celle combûMisott d'arténsmea* Eii efflet, Aviénns nous feit connaître aioit ta position de Céphée dans l'hémisphère

Tergum cjnosuridos Ursœ

Post habitat....

(R. f. Avieni^ AraUa^ vers 443, 444. Éd. Lemaire.)

L'emblème singulier qu'on disiingue sur le revers de cet auréus, au-dessus du cheval, méritait d*èlre étudié avec soin, car pour rintelligence de toute cette série de monnaies, il importe de bien le déterminer. Après un examen consciencieux, nous y avons reconnu ce même symbole qui, par hybridation, constitue le type bizarre du cheval à gorge fourchue. Dans les divers exemples que nous avons rapprochés les uns des autres, la télé du cheval n'est, à tout prendre, que cette même figure en cône tronqué dont la signification soli-lunaire se manifeste ici d'une façon plus claire et plus saisissable.

Dans tous les cas où il est employé, ce symbole bit, allusion aux importants phénomènes qui s'accomplis* sent lorsque la lune est dans le voisinage des n<Bvàs des équinoxes et en même temps en conjonction ou en opposition avec le Soleil. Or, on a vu que les revers où figure le cheval à gorge fourchue et que nous avons précédemment décrits, sont couvert^ de signes et d'as* térismes dont les levers du soir correspondent dans le ciel à l'époque de Téquinoxe du printemps*

AT. — Têled'hcMnme, à droite, coiffée d'une sorle de diadème a triple étage ; le sommet se découpe en croissants qui ont les cornes en Tair

et sont accompagnés, à la base, d'une rangée de globules. Le symbole c/> est placé au-dessus de Toeil de cette figure et lui tient lieu de sourcil.

Ç:. — Cheval marchant à gauche, il a une tête d*hydre, un cou très-long et très-mince qu'il retourne à gauche comme s'il se préparait à changer de direction; à droite, au-dessus du cheval, le quadrilatère d'Orion adapté à l'extrémité d'une tige garnie de baies ; au-dessous, grand cercle formé par seize annelets. (Musée de Rouen.)

La tète du droit ne se distingue des autres images de Bélénus que par sa coiffure et par le c/» posé au-dessus de son œil, en manière de sourcil ; mais le cheval du revers nous présente un nouvel exemple d* hybridation; il a emprunté^ dans cette circonstance, la tête et le cou de l'Hydre, parce que les étoiles qui composent cette partie de Tastérisme de ce nom, se dressent au-dessous du signe zodiacal du Cancer et contribuent de la sorte à caractériser le solstice d'été. On comprend, dès lors, pourquoi le cheval est représenté se retournant et prêt à commencer sa course rétrograde vers le lever du soir d'Orion. Sur un certain nombre de médailles de divers styles et de diverses époques, cette attitude donnée au cheval se rapporte invariablement à la même idée astronomique. Le grand cercle de seize annelets symbolise sans doute les grands jours de seize heures.

AV. •— Tôte d'Apollon, à droite, lanrée en sens inverse; les cheveux divisés en quatre grosses tooffes enroulées verticalement, sont surmontés d'un cordon qui se déroule en forme de ^ vers le milieu, avec des nœuds sur les côtés; à la partie postérieure du cou, un cercle centré.

Çt. — Cheval galopant, à gauche ; à sa tête hybride s'adapte, par devant^ la faucille ou Taiguille solaire surmontée d'un croissant vertical tourné à droite. Cet accessoire ainsi placé ressemble à une corne ; dans le coin gauche du champ, se dresse une barre verticale composée d'un trait double et d'un rang de perles; un trait, en forme de volute, sort de la cri-

[ nière du cheval, et à sa croupe est adapté un

des emblèmes d'Orion (la vagina); au-dessus de la queue, un cerde divisé en quatre cantons par une croix ; au-dessous un cercle

^'^ composé de sept globules. (Coll. Le Boucher.)

Le cercle centré que porte, à la partie postérieure du ooo, la figure du droit, ainsi que les «^ déroulés qui couronnent la chevelure, ont une signification que viennent confirmer les emblèmes du revers ; l'aonée touche à sa fin et c'est pourquoi la barre verticale va s'opposer à la omrche du cheval; l'aiguille sokdre en forme de ftfucille qui est adaptée au chanfran du

quadropède'est presque verticale, et le croissant qoi la termine, en maniè;re de corne, donne i la tête de f tnimal un attribut de circonstance qui la fait ressembler à celle du Capricorne.

Êi. — Deux chevaux affrontés à long cou et dressés sur leurs jambes de derrière; ils sont privés de celles de devant ; leurs tôtes et leurs crinières sont ornées de volutes ; entre les deux chevaux, une couronne posée sur un pieu ; au-dessous, deux javelots à large fer, couchés horizontalement et en sens inverse; à droite et à gauche dans la partie supérieure du champ, deux coupes à manche.

^. — Cheval hybride, à tête de dauphin et à col de cygne, ses pieds sont palmés ; au-dessus, la gaine d'Orion ; au dessous, une croix posée sur un emblène semblable à deux cornes de Bélier. (Musée de Rouen.)

La signification du droit de cette monnaie n'est pas douteuse ; l'équinoxe du printemps y est représenté par deux constellations, la Couronne et les Gémeaux ; la première est plantée sur les deux javelots, en sens inverse, attributs des Dioscures; et cette disposition symbolique rappelle qu'à l'époque dont il s'agit, pendant que h Couronne se lève avec la Coupe, les Gémeaux sont à rocddent.

Le revers, par opposition, nous fait voir Téquinoxe d'automne et les constellations de son ciel ; le cheval à tête de Dauphin et à pieds d* oiseau, au-dessous duquel sont placés les emblèmes de la Croix, du Cygne et du Bélier; ces divers aster ismes paraissent ensemble le soir, à l'orient, pendant que la Couronne se couche.

Pour compléter, à notre point de vue, l'ensemble des monnaies de cette classe qui appartient à la Gaule- Belgique par le style et le symbolisme, nous tenons à y ajouter un petit groupe de médailles attribuées aux contrées maritimes de la même grande région ; on y voit, sous des formes nouvelles, se manifester toujours l'idée mère de la connaissance du ciel qui a marqué d'une si puissante empreinte les monuments de la numismatique gauloise.

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