‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 21 sur 36 · JE. — REMO. Trois tètes d'homme nues et acc<4éei à gau · texte numérisé non relu

JE. — REMO. Trois tètes d'homme nues et acc<4éei à gau

]^. REMO. Personnage ailé conduisant on bige attdé de ^ux chevaux galopant à gauche ; les choTaux ont les pieds palmés, ei les gardes du char sont formées par deux hémicycles . comprenant, chacun sous leur courbe, deux arcades géminées. (Musée de Rouen.)

Les revers des deux premières médailles de cette série sont très-instructifs, car ils nous donneraiœt, au

be0oiii, si dohs ne la possédions déjà,, la ctef de ces ïàzarres hybridations astrologiques si fréquemment em-* ployées sur les monnaies de la Gaule.

Le lion en arrêt représente convenablement, par son attitude, le Lion solsticial ; sa queue passée entre ses jambes et se relevant au-dessus de ses reins dessine, au moyen de sa courbe, remblème traditionnel qui sert à le désigner dans les zodiaques; d'autres détails accès-* soires sont encore plus caractéristiques; si le Lion a des pattes et des serres d'oiseau qu'il parait enfoncer daiis le corps de l'hydre placée au-dessous de lui, c'est qu'on a voulu que ce groupe pût rappeler à l'cail l'aspect céleste suivant :

En mars, les constellations du Lion, de THydre et du Corbeau se montrent ensemble, le soir, à l'orient du ciel, et elles se couchent de compagnie à l'époque du solstice d'été. Ces concordances expliquent à merveille la forme hybride donnée aux pattes du Lion qui, pas^ sant par le Corbeau, lui emprunte un de ses attributs, avant d'atteindre le corps de l'Hydre; pour arriver à une démonstration ma&ématique, il suffira de mener une ligne droite, légèrement inclinée, à partir de l'é^ toile Régulus ou la Queue du Lion; cette ligne aboutira a FHydre, en passant par le Corbeau.

Les deux symboles <^ et 3 complètent, par leur double signification du soleil marchant et du soleil arrivé a répoque du solstice, la raison d'être de ce curieux en** semble astrologique.

Sur le revers n"" 2, on voit encore figurer le lien à

pieds d'oiseau; il n'est plus posé celle fois sur l'flyibre, mais sur le Daupbin ; c'est donc un aspect céleste qqu* veau, mais qui s'accomplit en opposition avec le premier. En effet, quand le Uon fait son lever du soir, aux environs du solstice d'hiver, le Dauphin se couche: ainsi, une ligne droite menée du trapèze du Lion aboutira au Dauphin, mais elle passera par le groupe des oiseaux et la constellation du Cygue. Ce triple aspect boréal du Lion, du Cygne et du Dau[^in, nous explique pourquoi le Lion se montre encore dans celte circonstance avec des pieds d'oiseau.

Le symbole des deux S s'entrecoupant par leur milieu, ou du 8, placé à droite dans la partie inférieurq du champ de la médaille, désigoe sans doute le solstice d'hiver ; comme dans l'exemple précédent, il indiquait le solstice d'été.

On doit supposer que les têtes du droit sont idéales, car elles n'offrent entre elles aucun Irait de ressemblance, sur la suite des bronzes Rémois, au type du Lion«

Les trois têtes accolées et placées au dioit des médailles n"^ 3 et 4^, ont donné lieu à beaucoup d'interprétations contradictoires; on a pensé, tour à tour, qu* il fallait y reconnaître trois grandes divinités : les triumvirs Octave, Antoine et lapide, ou bien les trois Gaules; enfin, d'autres conjectures encore ont été émises. L'o{Miiioa la plus acceptable est celle qui atlri« bue ces trois profils accolés à une divinité triple; ce ne.saurait étre^ toutefois, comme on l'a dit un peu lé«

gèrement, une personnification de Belisana, la triple Minerve des Gaulois^ ou de la triple Hécate des Grecs, par Texcellente raison que nous avons affaire à des têtes d*homme. Ce n'est pas non plus un Geryon ; mais si oh étudie avec soin le sujet du revers, on ne sera pas éloigné d'adopter la pensée que ces trois profils pourraient représenter la personnalité triple de l'Hermès, gaulois^ conducteur des âmes ; en effet, conformément à cette liypothèse, le droit et le revers du n* 4 s'expliquent l\in par l'autre et représentent une idée corrélative. Le personnage ailé conduisant le bige n'a pas la pose inclinée en avant qui d'ordinaire caractérise la victoire, mais celle qui conviendrait à un génie servant d'Hermès. Les deux hémicvcles comorenant sous leurs courbes

deux arcades bilobées qui forment la galerie du char et lui donnent une physionomie dont nous n'avons pas rencontré d'autre exemple, désigneraient ici, parmii le» stations du Soleil, celles qui servaient de portes célestes par où les âmes étaient censées entrer dans la vie ou en sortir. Nous avons dit que ces portes célestes correspondaient aux signes du Bélier et du Capricorne, mais il faut bien admettre que les opinions de l'antiquité variaient sur ce point, puisque Macrobe substitue le Cancer au Bélier.

« Ideo autem his duobussignis, quae portae solis

» vocantur, Cancro et Capricorne haec nomina conti- » gerunt, quod, etc. y>

(MacrobU Saturnalia. Lib. I, cap. ivii.)

Selon ManuiQS) !e signe da Ganc^ était consacré à Mercure et celui du Capricorne à Vesta. Nous n'osmons afflnner laquelle de ces deux opinions avait cours dans la Gaule, cependant» nous inclinerions à croire qu'elle se rangeait à la dernière* ainsi que nous autoriserait d*ailleurs, à le penser/ le symbolisme de ce revers.

Les chevaux attelés au bige ont les pieds de devant palmés, celte circonstance remarquable s'explique, elle ne saurait s'expliquer autrement, par les concordances d'aspect du Capricorne et du Cygne qui, au mois d'août^ paraissent ensemble^ le soir, à l'orient du ciel et se couchent simultanément aux approches du solstice d'hiver. Une ligne menée du Capricorne, dans la direction du signe zodiacal du Cancer, passe forcément par la constellation du Cygne et le groupe des oiseaux* Il résulte de tout ce qui précède que lorsque le Soleil est entré dans le Capricorne, le cygne et les autres oi« seaux disparaissent, tour à tour, dans les rayons de cet astre ; ce dernier aspect héliaque du Cygne et du Capn* corne motive, encore mieux que les autres, l'hybrida*^ tien des chevaux solaires et l'idée de leur donner des pieds d'oiseau.

Maintenant, pour résumer notre interprétation de ce bronze, nous dirons: que, au droit, il représente le triple Hermès et, au revers, un génie servant de ce dieu, conduisant des âmes dans la direction de la porte inférieure du Soleil.

Toute la suite des monnaies attribuées aux Rémi, du

moins dans la période épigraphiqtie, se rédait, à pen de choM près» aux qmttê types que nous venons d'examiner. Les suivants constituent deux groupes assez disparates qu'on donnOi sans grande oerlitude, soit aux Leuci pour Fensemble, soit aux Galètes pour la seconde

1«t AR. — SOLIMA. Tête de femme à chevelure frisée et tournée à gaache.

9c« -^S0L1MA« Cheval galopant à gauche; le poitrail et le ventre du quadrupède sont figurés par deux gros globule étranglés au milieu et qui ressemblent à deux amphores pomiformes opposées par le collet; au'-dassous^ un dauphin tourné à droite. (Gab. de Paris.)

ir. AR. ^ GOLiMA. Tète plus barixire et tournée i gauche.

^ •«- Même type, sans légende; on ne voit près* que plus rien du cheval^ si ce n'est un gros globule en forme d'amphora auquel s'adapt/&a% des jambes dégénérées qui se confimdent avecledauphin* (Coll« Lambert.)

i\ AR. — Tôte de femme casquée à gauche* (Pallas*)

|b# -^ KAA vol KYA. Avec de nombreuses va •

riantes, au-dessa» du cheval galopant à gau« che; au-dessous, une roue à quatre rayona.

4^ ÂR. — Môme typé, an droit.

^. — Cheval galopant à gauche, vis-à-vis son cou, un symbole en forme de Y couché, >^ (sic).

5*. — Même type, au droit.

^. — Même type ; un triangle sous le ventre du chevaL Sur ud grand nombre d'exemplaires les lettres ou les symboles placés au-dessus, au-dessous ou en £aice du cheval, sont très-variés. (Gab* de Paria et musée de Rouen.)

La léte de femme du droit des deux premiers quinaires est celle d'une déesse topique connue par des inscriptions; mais sur nombre de ces monnaies, on voit à la place de la tête de femme, une tête d'homme, avec la même légende et le S derrière ; cette circonstanca nous ferait croire qu'il s'agit ici d'une divinité double, et tour à tour mâle et femelle.

Le cheval des revers a des formes évidemment hybrides; ainsi, sa tête est représentée par deux traits parallèles avec des globules à chacune de leurs extrémités; son poitrail et sa croupe ressemblent à deux amphores, et au-dessous est placé le Dauphin.

Ces combinaisons emblématiques indiquent, selon les

nombreux précédents dont il n'est plus besoin d'invoquer Vaulorité, un aspect céleste qui serait composé de trois astérismes. En septembre^ aux environs de Féquinoxe d'automne^ le Verseau et le Dauphin paraissent le soir, ensemble, dans la partie orientale du ciel et se couchent de compagnie à Tépoque du solstice d'hiver ; alors aussi, les Gémeaux se montrent à l'Orient ; rhy*brida ti on de la tôte du cheval représentée par deux lignes parallèles, et de manière à figurer le signe traditionnel des Gémeaux, serait alors parfaitement motivée; nous aurions la complète raison d'être de cet aspect céleste auquel participent les trois astérismes : le Verseau, le Dauphin et les Gémeaux, dont les deux premiei*s se couchent quand le dernier se lève. Sur le revers n* i, ces intentions symboliques se manifestent de façon à nous laisser peu de doutes.

Les quinaires du second groupe ayant, au droit, la tête de Pallas casquée et, au revers, le cheval avec la prétendue légende KAV, doivent attirer d'autant plus notre attention qu'ils ont déjà servi de pirétexte à des conjectures très-diverses et très-controversées, mais, il faut le dire, uniquement sous le rapport des attributions géographiques dont nous n'avons pas à nous occuper* Il nous suflSra de constater que deux faits ressortent clairement du débat, à savoir : 1° que ces quinaires ont dû être frappés dans le nord de la Gaule; 2* qu'ils reproduisent, au droit, la tôte de Pallas d'après les monnaies de la République Romaine et se rattachent,

611 eoniéqtiêiice, au dernier siècle do monnayAge gaulois.

Nos observations spéciales vont placer la question à un tout autre point de vue : la tôte du cheval de cas revers présente un nouveau mode d'hybridation qui est voisin, mais qui diffère de celui du fourehan combiné avec le cône renvené caractéristique de la tète du che* val dans les types belges; cette tête est figurée dans le groupe de quinaires que nous avons sous les yeux, par deux globules accouplés et que sépare une doublé ligne légèrement inclinée. Ce genre d'hybridation, par Tagencement des symboles, désigne, sebn toute a[:^rence, les temps des équinoxes, de même que le cône tronqué des monnaies belges se rapporte aux époques des solstices. Ce qu'on acceptera comme vrai dans Tune de ces deux hypothèses ne pourra manquer de Tétre dans l'autre, et on reconnaîtra sans peine, une fois de plus, que la solidarité qui semble rattacher entre elles toutes les parties de notre argumentation résulte surtout de Tunité persévérante du symbolisme dans le système monétaire de la Gaule.

Sans nier absolument Tintention épigraphique qui se manifeste sur les revers de ces quinaires, nous ne pouvons nous défendre de considérer comme des symboles astronomiques ta plupart de ces caractères singuliers qu'au premier abord on est, en effet, tenté de prendre absolument pour les lettres d'une légende écrite en capitales grecques; mais après un mûr examen, si on essaie de tirer des combinaisons très-variées de ces si-

gnes, soit un nom, soit même un nombre, on n'obtient, le plus souvent, que des syllabes sans liaison et dénuées de sens; à ces lettres, enfin, sont mêlés de véritables signes astronomiques, tels que la Roue à quatre rayons efr les deux S entrelacés (sic H).

Au contraire, considérés comme symboles, ces mêmes signes nous offrent des rapprochements très-logiques: ainsi, le triangle et le <^ lunaire couché placés, Tun au--dessus de l'autre, sous le ventre du cheval, pourraient fort bien représenter deux astérismes du pôle boréal, le Triangle et Persée, comme nous avons déjà eu occasion d'en faire connaître de précédents exemples.

En poursuivant les conséquences de cette donnée, le signe >N , placé en face du poitrail du cheval, et que Ducbalais avait supposé devoir être un symbole, pourrait, non sans motif, représenter ici le signe du Bélier Ce même signe figure, d'ailleurs, sur des didrachmes de style armoricain, où on le voit, par une coïncidence bizarre, tenir lieu de nez à la figure principale du droit. Nous avons vu de fréquents emplois du M ^^^ jambes écartées, pour désigner la constellation de Cassiopée; enfin, le K, par les mêmes raisons, indiquerait la présence du Taureau. Cet ensemble d'astérismes constituerait déjà un aspect céleste dans des conditions très-po sitives de vraisemblance ; en décembre, par exemple, quand le Taureau se lève, le Bélier est au méridien avec le Triangle, Persée est au zénith et Cassiopée en haut du pèle boréal.

Nous ne chercheroBs pas à le dissimuler, parmi ces caractères, il en est un, le K, le plus persistant de tous, celui qui, d'ailleurs, étant placé le premier, est Tinitiale de la légende, auquel nous serions fort embarrassé de donner une. signification astronomique. Il est bien vrai que, dans ce même aspect céleste que nous avons décrit, il y aurait d'autres astérismes auxquels cette lettre ou ce symbole pourrait s'appliquer : par exemple, Céphée, qu'on représente tendant les bras en avant; il y a même un faible motif pour que nous n'écartions pas tout à fait c^tte supposition; sur quelques exemplaires, on voit le K devenir un C ou un croissant; or, on pourrait prétendre que cette dernière forme, substituée à la première, a été adoptée en vue de désigner l'Arc de Céphée.

Quelque nouvelles et hardies que puissent paraître nos conjectures, elles s'appuient toutes sur une longue suite dobservations. Quand bien même on ne consentirait à voir rien autre chose qu'un nom de peuple ou de lieu dans ces combinaisons de caractères mêlés, par la raison qu'il y a sur d*autres monnaies de la même époque des inscriptions à peu près aussi inexpliquées; quand bien même on mettrait cet assemblage de signes au nombre de ceux qu'on a réunis sous la dénomination assez élastique de légendes simulées , il faudrait cependant prendre un moyen terme, en admettant l'incontestable réalité de deux, faits très-significatifs: le premier, qu'à ces caractères sont mêlés de véritables signes astronomiques; le second, que la tête du cheval

présente un nouveau mode d'hybridalion dent nous avons provisoirement déterminé le sens.

Ces derniers faits ne sont^ en outre, ni exceptionnels, ni isolés, car, nous croyons Tavoir déjà démontré, c'est principalement dans les emplois variés de ce dernier genre de symbolisme, l'hybridation, que se manifeste, à partir de notre troisième époque, toute Toriginalité da type gaulois; ces emblèmes, d'une signification astronomique certaine, sont greffes sur la tête ou sur les diverses parties du corps du Cheval, du Taureau, du Lion, etc. On les retrouve même jusque dans les traits du visage des dieux et des déesses représentés au droit de certaines médailles armoricaines.

Comment s'étonner, après cela, qu'à une époque de décadence, on se soit avisé d'exagérer l'usage, d'ailleurs déjà parfeitemrat établi, d'employcnr à la désignation de plusieurs astérismes des lettres ou caractères qui rappelaient à l'œil leurs figures et dispositions principales dans le ciel ; comment s'étonner qu'on ait môme poussé tes conséquences de ce système jusqu'à donner à un groupe dé ces signes conventionnels la forme et l'apparence alignée d'une légende en capitales grecques; ou qu'enfin, ce qui serait plus singulier, on ait voulu tout à la fois composer un nom de peuple ou de cité avec ces mêmes capitales grecques qui pouvaient servir également à désigner un aspect céleste. Cela pourrait paraître bien étrange, mais ne serait nullement en dé-

saooord tvec les mœurs et usages des prêtres celtes qui, selon le témoignage des historiens, environnaient leur enseignement de voiles et de mystères.

Les deux premières médailles du groupe suivant sont coulées en potin ; ainsi, ces mêmes procédés de moulage que nous avons vu employer dès Tenfanoe de Fart, étaient encore pratiqué» dans la Gaule, à une époque de décadence; les dernières monnaies sont frappées, Tensemble de ces types est attribué aux Turones*

4. POT. ~ TVRONOS.— Tête jeune et imberbe tournée à gauche, coiffée d'un casque hémisphérique» sans vi^re, orné d'un cimier avec banderolle flottant par derrière.

ft. GANTORIX. Cheval galopant à gauche; au-dessus* un cercle auquel s'adaptent deux oreillettes ; au-dessous, le signe tra* ditionnel du Lion zodiacal, au milieu do-^ quel est un trait incliné se dirigeant vers la poitrine du cheval.

a. POT. — TVRONOS. Tête jeune et imberbe diadémée et tournée à gauche ^Apdilon)*

Br. GANTORIX. Cheval galopant à gauche; au dessus, le u» couché; en avant, un astre à cinq rayons ; au-dessous^ un anneleten»

touré de neuf perles, posé sur une lame ou un fourreau de sabre de forme recourbée.

8. POT. — TVRONOS. Même tétè d'Apollon , à gauche, les cheveux paraissent retroussés par derrière ; au-dessus une lame de sabre.

Bb. Pas de légende. Cheval galopant à gauche ; au-dessous, un cercle composé de sept annelets et une lame de sabre.

(Cab. de Paris et Musée de Rouen.)

4. ifi. -- TVRœïOS. Tête de femme diadémée, à droite (Vénus).

fit. TRICCOS. A Texei^e; dans le champ un bige dont les chevaux galopent à droite ; dans le char est un guerrier nu qui, tfune main, tient un bouclier et de Tautre brandit un javelot ; derrière le char un grand astre à cinq rayons (Mars).

(Cab. Imp. de Paris.)

Au premier abord, on saisit Tenchalnement qui relie

entre eux les trois types que nous venons de décrire; en même temps qu'ils reproduisent la dernière phase du symbolisme, ils aboutissent à rimitation directe des deniers de la République Romaine.

Les signes astronomiques figurant sur le revers n"" 1 , au-dessus etau-dessous du cheval, doivent correspondre à deux astérismes : lun, qui est suffisamment déterminé par sa forme traditionnelle, est à coup sûr le Lion zodiacal. Le trait vertical placé au centre de ce symbole, se dresse dans la direction de l'autre astérisme placé au-dessus du cheval et doit servir à nous le faire reconnaître, indépendamment de sa figure qui est celle d'une patère à deux anses ; en effet, aucun autre groupe d'étoiles, si ce n'est la Coupe, ne peut être ainsi placé dans le ciel^ en regard du Lion. Cela posé, il sera facile de se convaincre qu au mois d'avril le lion et la Coupe constituent ensemble, le soir, un aspect céleste ainsi composé : le Lion est au méridien, pendant l]ue la Coupe apparaît dans la partie orientale du ciel.

Sur le second revers il s'agit d'un aspect autrement conçu ; il doit représenter deux astérismes en opposition ; en effet, si l'annelet entouré de neuf perles désigne ici comme dans d'autres circonstances la constellation de la Couronne, et le sabre couché, le glaive d'Orion, ce dernier astérisme se levant quand le premier se couche et vice versd^ il en résulte entre eux une opposition constante ; mais, dans le cas présent, la Couronne est posée au-dessus du Glaive, è'est donc la Couronne qui, se levant, triomphe du Qlaivequi se couche.

L'astre à cinq pointes placé en face du cheval a ia forme de ceux qui, d'ordinaire^ sont destinés à désigner une planète.

Le revers n"" 8 ne nous montre plm^ que le glaive seul, couché à la même place; mais ce symbole reparaît au droit et au-dessus de la télé de Bélénus, datis les conditions qui, d'après nos observations précédentes, spécifient Taspect héliaque des astérismes. La tète d'Apollon a une physionomie toute romaine.

Au droit, comme au revers, le bron?e n® 4 n'est qu'une imitation très-directe des deniers consulaires ; il reproduit, assez exactement, quant au revers, une pièce d'argent de la famille Licinia. Mais sur le bronze gaurlois, le dieu Mars combattant est représenté avec l'attribut qui lui convient comme planète, ainsi que l'indique l'astre à cinq rayons qui est placé derrière le char.

A quel praple convient-il d^ttrihuer les .médailles dont nous allons composer ce quatrième groupe, et quel fut le chef dont elles ne nous ont transmis que le nom? Ce sont là deux questions auxquelles il serait difficile de répondre ; mais il est permis de préjuger par le style et la physionomie de ces types qu'ils ont été frappés sous l'influence romaine et dans un milieu de décadence*

^, ^ AR. -«T06IBIX. T^ nue et imberbe a gauche : sur la joue cinq croissante ou segmenta de cercle, disposés en ligne verticale ; der«rière, le symbole du s<

1^. TOGIRIX. Cheval galopant à gaucbe:

sa tête est hybridci elle est composée des deux traits verticaux et parallèles qui nous ont semblé précédemment deroir indiquer le signe zodiacal des Gémeaux; au-dessous^ un reptile muni d*oreilles et replié. (Coll. Lambert.)

8. — AR. — TOGIRIX, Tête casquée et imberbe, à gauche ; sur la joue une rangée verticale de six perles.

1^1:. TOGIRIX. Cheval libre galopant à gauche : sa tète n*est plus hybride; au* dessous, un reptile muni d'oreilles et replié, sa gueule paraît ouverte. (Revue Numismatique, tom. I, pi. viii, n^ 13.

8« «^ AA. «- lYUVS. tète nue et imberitie, k gauche. 9c* TOQIRL Cheval galopant A gauche : andessous, le même reptile toujoara tourné àgauclie«

i. — i£« «^ Pas de légendci tète de VMu casquée à drmte; derrière^ le symbole i barrée

1^« Q« DOCI ; ao^eMuB du cheval galopiiit à gauche; au-dessous^ 8 M, apparenoe de OKHiogramme. (Gab. de Paris.)

Les tètes du droit des monnaies, n* 1 et 2, nous font voir un nouveau symbole qui n*est pas sans analogie avec un autre que nous avons déjà signalé sur certains «ureus donnés aux Atrébates dont il a été question ploB haut. (Voyez le premier groupe de la deuxième dasêe des anépigraphes constituant notre troisième époque.)

Cet emblème, dans les exemples précédents^ est composé d'un double rang de globules ou de traits horison^ taux échelonnés verticalement sur la joue du dieu« Nous avions cru en déterminant cet accessoire dont nous ne pouvions méconnaître l'importance^ devoir le désigner sous le nom d'éeheUe solaire.

Dans les cas actuels il s'agit de cinq ou six segments de cercle ou croissants renversés, posés en ligne verticale sur la joue du dieu n*" .1 ; sur celle du dieu n* t, la rangée verticale se compose de six perles ou de six globules disposés de la môme façon } n*y a- t*ii pas lieu de supposer que ce symbole persistant, sous une forme modifiée, jusqu'à l'époque épigraphique, à la signiflca*t\oa solaire que nous lui avions antérieurœient reconnue et que sa présence sur les aureus des Atrébates, comme sur les deniers de Togirix, ne saurait être exfdiquée, m elle nindiquait une sorte de calendrier avec les divi^ sioBS du temps.

Nous retrouTOfts le môme earact^ dans le S buté

placé derrière la télé da bronze n^ 4 ; c*est, d'ailleurs^ le premier exemple que nous rencontrons de cette particularité remarquable qui, sans nul doute, a rapport aux intersections de Téquateur avec récliptique.

En outre, les médailles n"* 3 et 4, par leurs légendes romanisées font présumer, avec toutes les apparences de la certitude, qu'elles ont été émises à une époque très-voisine du temps où commença dans la Gaule la domination romaine.

La tête du cheval figurant sur le revers n® 1 présente ce mode d'hybridation qui, d'après une suite de faits préalablement observés, nous a paru avoir été adopté par les graveurs gaulois pour représenter les signes traditionnels des douze constellations du zodiaque.

Les deux lignes parallèles réunies par deux traits verticaux qui forment la tête du quadrupède ne peuvent se rapporter qu'à la représentation du signe des Gémeaux; c'est donc en concordance avec ce dernier astjérisme que doit se trouver celui qui est figuré par un reptile muni d'oreilles et placé sous le ventre|du cheval; c'est aussi, en effet, ce qui a lieu, car les constellations de rUydre et des Gémeaux paraissent ensemble, en février, dans la partie orientale du ciel, et se couchent de concert à l'époque du solsUce d'été.

Le cheval galopant, des n^ 2 et 3, n'offre plus ces caractères d'hybridation que nous avons signalés plus haut, mais il est dépourvu d'oreilles ; il importe également de constater que, sur le premier de ces revers, le reptile est reju^ésenlé la gueule béante. Deux autres

circonstances semblent autoriser la supposition que ce reptile représente bien réellement l'astérisme de Témisphère austral qu'on nomme THydre: d'abord, la grande place qu'occupe le développement de ce symbole dans le champ de la médaille; ensuite, les quatre globules qui, étant toujours placés de chaque côté de la tèie du reptile, rappellent à l'œil les quatre étoiles quartaires qui sont censées former la tête de l'Hydre^ on sait d'ailleurs que cette longue constellation forme en étendue une ligne onduleuse qui se développe sous les trois signes du Cancer, du Lion et de la Vierge^ et par conséquent, occupe à elle seule un quart de l'ho-< rizon. Ces détails caractéristiques joints aux raisons toujours péremptoires que nous fournit la concordance d aspect, nous font rejeter bien loin Topinion des ssh vants qui ont cru reconnaître dans ce symbole une branche d'arbre recourbée et garnie de baies.

Les lettres placées sous le ventre du cheval n** 4 et alignées sous forme de légende, présentent des combinaisons très-variées qui se prêtent, tour à tour, à diverses lectures; mais il arrive que dans bon nombre de cas, ces caractères ne donnent aucune syllabe grammaticalement construite, ni aucun nombre vraisemblable. Nous serions donc disposé à penser que cette prétendue lég<mde, à laquelle on voit participer alternativement un certain nombre de caractères latins ou grecs, doit être interprétée comme celle que nous avons rencontrée sur les monnaies des Leuci et des Calètes; c'est- à^ire qu'il faudrait y voir, sous la forme d'une épigraphe ou

d'un mooograBUQfte^ un groupe de signes dœtinés à représenter un aspect céleste composé de plusieurs astè» rismes* Nous tenons d'autant plus à cette opinion que nou£ sommes sûr d'avoir vu ces mêmes caractères groupés sur des aureus et des dîdrachmes de la deuxième époque.

Duchalais, se fondant sur l'analogie de style qu'of* frent entre elles : d'une part^ les monnaies qui portent les légendes Q. DOGI. JVUVS et Q. JYU VS et de l'antrOf celles sur lesquelles on lit le nom de TOGIRIX, pense que les unes et les autres ont été frappées par un même chef qui, à une époque, devint l'allié des Romains et adopta les noms de Julius et de Quinius. Le môme auteur saocorde avec M. de la Saussaye pour donner cea médailles à l'est de la Belgique.

Panpi les monnaies de la péiîode épigraphique où le symbole gaulois se manifeste avec ses dernières mo*dificati(ms# celles qui portent le nom du chef inconnu Rixtilos et sont attribuées à l'est de la Lyonnaise méritent, à notre point de vue^ un examen spécial. Elles forment une suite assez nombreuse et fort intéressante; les principaux types dont elle se compose ont servi de texte à d'ingénieuses explications sur teequelles nous aurona occasion de revenir.

1 .— AR. — PICTILOS. Buste jeuneet imberbe tourné à droite ; le cou orné tfun collier perlé ; le haut du corps recouvert d'une draperie relevée au-dessus de Tépaule par une fibule.

^. — Cheval galopant à droite ; au-dessus, un symbole semblable à un rinceau; au-dessous^ une sorte de fleuron à quatre pétales^ surmonté d'un globule. (Cab. de Paris.)

t. AR. — PIC (Uloi). Tète dTiomme jeune et imberbe tournée à droite ; C(»nme ci-dessus.

^. —Cheval galopant à droite; au-dessus, partie du symbole S; au^essous, deux SS opposés et surmontés d'un globule. (Coll.

Feuardent.)

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