M. — . . ..XTILO. Tête jeune, imberbe, à droite
Hc. — Même personnage assis à gauche, la tête
tournée vers la droite; mêmes accessoires;
. . cinq enroulements bien distincts s adaptent
à la marge de droite du panneau déjà décrit .
(Revue Numism. 1856, pi. V, n" 6.)
En réunissant, sans exception, dans un même ensemble, tous les types à nous connus, frappés au nom de PIXTILOS, nous avions la pensée de nous ménager l'occasion, non-seulement de résumer notre hypothèse, mais encore de la montrer rigoureusement appliquée, avec ses dernières conséquences, à une suite complète de monnaies prises dans la période la moins favorable à ce genre de démonstration.
Sur les quinaires n"« 1 et 2, où le nom de PICTILOS est écrit, selon une orthographe probablement plus ancienne, on voit tout d'abord le fleuron à quatre pétales employé concurremment avec le oo, qui se manifeste par deux applications diflFérentes : dans la première, il n'est qu'à moitié développé au-dessus du cheval ; d^s la se» conde, le S placéau*dessous du cheval est double (sic §%)
et surmonté d*uQ globule. Nousavons vu précédemment que cette combinaison des deux S opposés, dans le f eus vertical, désignait la partage des signes zodiacaux par six, de l'un à l'autre équinoxe, ou de Tun à l'autre solstice; et de plus caractérisait la double marche ascendante et descendante du soleil; c'est donc avec raison que, dans cette circonstance, on ne montre que la moitié du <^ se développant au-dessus du cheval.
Sur le revers du bronze n? 3, à la place du fleuron et des S redoublés et opposés, on rencontre le sanglier courant à droite et dans la même direction que le cheval. 11 est vraisemblable que le Sanglier n*e8t représente dans cette position que pour nous indiquer qu'il concourt, lui aussi, à nous enseigner la marche des jours. Assimilé, selon les traditions orientales à la constellation de rOurse qui ne se couche jamais peur nous et, par conséquent, prend ses divers aspects en tournant autour du pâle, dans notre cercle d'apparition perpétuelle, le Sanglier, on le comprend, doit être le compagnon fidèle du cheval solaire. Nous avons eu à consigner précédemment tant d'exemples de ce feit qu'il nous paraît inutile d'insister davantage sur ce point. Il nous suffira de faire observer au lecteur que, dans le cas présent, on a voulu préciser à peu près la même époque de l'année que sur les médailles n"^ 1 et % puisqu'on voit apparaître encore, au-dessus du cheval, seulement la première volute du v» horizontal.
; Au revers n"" 4, nous voyons Pégase volant à droite, et sous ses pieds de devant, un Dragon ailé se dressant
sur sa queue. Ce groupe a rappcM^t aux aspects célestes de deux astérismes : eu juillet, {(^rsque Pégase feit son lever du soir, le Dragon s'élève au zéuilh; en janvier, lorsque Pégase se couche^ le Dragon apparaît au bas du pâle boréaL
Sur le revers du bronze n^ 4 fins), est représentée une ^ chitine anx mamelles pendantes, retournant sa tète vers la droite comme pour saisir un grand reptile en forme de lézard ; nous avons décrit dans une autre circonstance (2me classe, anépigraphes), un quaprupôde de même nature placé, lui aussi, acnlessous du cheval, et nous avons présumé qu*il devait représenter la constellation boréale de la Petite Ourse ou Cynosure; selon cette conjecture, nous aurions donc encore, dans ce nouveau groupe, l'image d'un aspect céleste composé de deux astérismes : le Dragon et Cynosure ou la Petite Ourse, qui ne se couchent pas pour nous et se meuvent toujours daconeert autour de notre pôle boréaL
Avec le revers n"" S, nous allons revenir à ces pratiques spéciales d'hybridation que nous avons vu se produire d'une manière presque constante sur les monnaies armoricaines. L'animal de conformation bizarre dont il s'a^t a le corps, les pattes et la queue d'un lion, les ailes de Pégase et une tête cornue; il semble n'avoir été imiaginé qu'en vue de reproduire l'aspect céleste que votei: en janvier, le Lion se lève le soir; en même temps, le Taureau a|>paraît au méridien et Pégase à Tocoidenti ainsi, la combinaison d'aspect de ces iT(As astérismes correspcmd aux trois formes dont est revêtu
ce monstre ailé^ et quant au penonntige renversé sar le dos et qu'il semble fouler aux pieds^ il doit représenter, lui ausri, une coastellation, celle d'Ophiucus ou du Serpentaire.
Pégase est encore substitué au dieval ordinaire sur le rerers du bromse n"" 6* mais il y apparaît sous une nouvelle forme hybride,: il a une tête et un bec d*aigle* Cette combinaison, moins compliquée que la furécé* dente, a la même origine ; elle se rapporte aux observations astronomiques, d*oii il résulte qu'aux environs du solstice d'été, la constellatioa de Pégase se montre dans la partie orientale du ciel, en compagnie de l'Aigle qui fait un peu plus l6t son lever du soir.
Au-dessous du P^ase à tôte d'aigle, il y a^ de plus^ un fleuron à trois pétales, placé en forme d'acrotère au* dessus du faite d'un aodicuie. QuesigniAe ce symbole? Il a beaucoup d'analogie avec le fleuron en forme de sceptre que nous avons reconnu déjà comme un emUème devant servir à désigna la constellation du roi Céphée* Or, ce signe se montre ici à la môme place qu'occu-* paient tout à Theure le Sanglier, Cynosure et le Dragon, Mais ce n'est pas tout: Géphée partage avec ces trois derniers astérismes le privilège de se mouvoir autour du pôle boréal et dans notre cercle d'apparition perpé- 4uelle# Ces inductions achèvent de prendre un caractère de certitude parla concordance d'aspect; ainâ, en juillet» quand l'Aigle et Pégase font, à l'orient, leur lever du soir» Géphée se montre, à droite» du côté du pôle bo» réal.
Le Lion bon<fK»ant à gavtche^ qui est représeDté sur le revers du bronze n*" 7, ayant, au-dessus de lui, deux cercles centrés par un globule, et au-dessous un fourreau de glaive, fait allusion à la concordance d*aspect qu'offrent les trois astérismes du Lion, du Glaive d'Orion et des Gémeaux qui, en janvier, paraissent ensemble, le soir, dans la partie orientale du ciel, où ils sont disposes précisément dans le même ordre que sur le revers de notre médaille.
L'Aigle que nous voyons apparaître, les ailes semiéployées et la tête tournée à gauche, sous le portique d'un temple distyle (revers tf 8), représente, dans sa fière attitude, la constellation de TAigle annonçant, par son lever du soir, en |uin, Tépoque du solstice d'été ; il a les serres posées sur un tronçon de serpent, parce qtfà l'époque du solstice, il se montre avec le reptile représentant ce dernier astérisme dans la partie occidentale du ciel. L'œdicule somptueux dont l'architecture est exclusivement composée de symboles astronomiques ne peut être que le plus riche des palais du soleil ; les deux </» posés horizontalement et bout à bout, sur une même ligne, indiquent, à leur tour, l'époque de l'année à laquelle se rapporte l'ensemble de la composition. Nous avons dit autre part, à propos de Taigle et du serpent des statères arvemes de Pionsat, que ce groupe était, dans le monde des anciens, considéré comme un aspect divinatoire de la prospérité. Nous en trouvons un exemple à cit^r, tiré des Monomœries dressées par Scaliger.
« Avis pedibus serpentem tenens : natus gaudebit. »
Voyçz» au signe du Cancer, le n^ XVI du second décan. (J. Scaiigerî notas in sphaer. barbar. Manilii^ p. 652, t. VI. PoêldB iatini minores. Ed. Lemaire.)
La série des cavaliers nus, sur les bronzes, à la légende PIXTILOS, est assez nombreuse. Les cinq variétés de types que nous connaissons se distinguent toutes les unes des autres par des accessoires caractéristiques qui, selon les données de notre système, tendraient à désigner spécialement les constellations à' figure humaine ; ainsi, d* après ces inductions, le cavalier nu et portant à la main une longue palme (revers n^ 9) pourrait représenter la constellation d'Hercule, parce que cet attribut lui convient et parce que le grand co ^ posé horizontalement sous le cheval, doit indiquer l'époque des longs jours ; ce symbole paraît être poussé en avant par le pied droit du cavalier, et de plus, le lever du soir d'Hercule a lieu au mois de juin, époque du solstice d'été.
Mais nous allons voir, sur les revers n"^ 10 et H, le point de vue se modifier; les cavaliers qui y figurent sont ailés et ne portent plus de palme, ils ont des formes féminines qui sont très-reconnaissables, surtout sur le dernier de ces bronzes, où l'on distingue bien réellement une femme nue et a^nt des ailes au dos ; elle tient d'une main un aviron et de l'autre un objet ayant à peu près la forme d'une longue lame recourbée.
Cette femme nue et ailée pourrait fort bien être une imsrge de la constellation de la Vierge qui est ainsi représentée dans les zodiaques antiques et se montre en- ' core le soir, en mai^ dans la partie orientale du ciel , par conséquent^ à une époque correspondant aux longs jours; la présence du grand c/> sous le cheval continuerait donc à être motivée: Tattribut maritime, l'aviron, conviendrait, en outre, à la Vierge Isiaque des Gaulois, qui était la déesse de la navigation. Quant à Fautre symbole, semblable à une édiarpe ou à une longue lame recourbée, il nous semble assez diflSdle à déterminer, et nous attendrons, pour être fixé, que d'autres exemplaires de cette monnaie passent sous nos yeux.
Le revers n*" 12 représente une main fermée tenant un rameau k plusieurs branches qui sont garnies de glo^ bules ou de baies; à la droite de ce rameau est placé un oiseau de proie, vu de profil, le bec tourné à gauche, comme rïl voulait becqueter les branches garnies de baies, et Taile semi -déployée. Quelle est cette main tenant un rameau sarmenteux? Quel est cet oiseau de proie ?
Nous n'avions garde de chercher, en dehors des ressources ordinaires de notre système, le sens de cette énigme; ailleurs nous ne l'aurions certainement pas trouvé, tandis que, de prime abord, Faspect céleste de dem astérismes voisins l'un de fautre, dans Thémisphère boréal, devait nous ftwirnir une explication très» logique du mystérieux groupe en question. La main tenant un rameau est celle d'Hercule, telle qu^on la re*
présente dans les cartes célestes ; l'oiseau de proie, qui 9t le corps évidemmeat trop grêle pour représenter un aigle, tfest le Vautour de la Lyre. En efffet, il y a concordance parfaite entre ces deux constellations voisines l'une de l'autre } elles font leur lever du soir ensemble, au mois de juin, à l'époque du solstice d'été. On se souvient que, dans notre examen des médailles anépigraphes de la troisième époque, nous avons déjà eu occasion de déterminer un symbole astronomique de même nature, la Main du Bouvier. Pour arriver à ce résultat, il nous avait suffi d'appliquer les principes de cette même méthode à laquelle nous venons de demander une nouvelle solution.
C'est en nous appuyant tout à la fois sur la monographie qui précède et même sur l'ensemble de nos études, que nous allons ab(H*der la détermination du curieux type représenté sur les revers des bronzes n** 18, 14 et 45. liO sujet n'est pas nouveau ; il a fait nattre les con« jectures les plus contradictoires ; mais il nous semble^ ainsi que nous l'avons déjà dit, avoir été supérieurement traité dans une dissertation de M. de Barthélémy, oh ce savant a voulu reconnaître, dans le personnage assis, une divinité topique et multiple, participant de Bacchus. Nous avons adopté le fond de cette hypothèse^ toutefois en le modifiant pour les besoins de notre propre système, o'est-à-dire en y rattachant le vieux mythe cosmogonique d'Adonis ou du soleil assimilé doublement à Bacchus et à Hercule. On ne peut s'empêcher de reconnaître, dans cet amalgame de fables, un fait caractéri-
sant la décadence de l'ancien élément religieux ^ulois, car on voit cette idée se manifester ouv^tement par la création de cette foule de divinités topiques et panthées, que nous font retrouver tous les jours les inscriptions gallo-romaines. Notre personnage assis serait donc une divinité de ce genre, cela ne fait point de doute pour nous, mais il a, en outre, une physionomie qui le rattache d'une façon directe à tous les autres monuments de l'art gaulois : il est éminemment astronomique ; qu'il participe de Bacchus et d*Hercule« c'est très-probable, mais ce n'est là qu*un fait accessoire et subordonné à des croyances religieuses bien antérieures et de nature purement astrologique. Les preuves à Tappui ne nous feront pas défaut.
Le personnage assis de ces revers a le torse nu et la partie inférieure du corps drapée, ses jambes qu'on voit depuis le genou, sont croisées, et il tient à la main un objet qui se compose de trois branches contournées à leur extrémité, en manière de crosses ; cet objet affecte la forme de l'acroslolium figuré sur les monnaies romaines. Devant le personnage, s'élève, à partir du sol, un rinceau qui, vers le milieu de sa hauteur, se bifurque en deux volutes séparées à leur naissance ps»r un fleuron.
Ces deux symboles ont une signification astrononomique : le premier, qui est trinaire, précise le partage des signes du zodiaque, par groupes de trois, correspondant aux deux solstices et aux deux équinoxes; il affecte, en outre, la forme de l'acroslolium parce que
cel emblème mari lime est celui de la navigation des astres dans le ciel, idée commune, comme nous Tavons antérieurement reconnu, aux religions de TËgypte et de la Gaule. Le second symbole, les deux rinceaux entés sur une même tige, a trait au partage des signes de six en six, et allant d*un solstice à Fautre; il a, dans cette circonstance, la même valeur que les deux S redoublés et opposés.
Un troisième symbole 6gure à l'exergue de la médaille; c'est un crabe ou une écrevisse qui, évidemment, se. trouve à cette place pour indiquer à son tour la môme époque de l'année, l'Ëcrevisse étant le signe zodiacal où entre le soleil, au mois de juin, temps du solstice, d'été.
Il y a encore, sur ce revers, un quatrième accessoire qu'il ne faut pas oublier, car il concourt à compléter cet ensemble symbolique; c'est la barre verticale qui est placée derrière le personnage assis; cet emblème n'est pas nouveau pour nous, puisque nous avons déjà eu occasion de l'observer sur le revers d'une monnaie anépigraphe. (Voyez la septième médaille décrite au chapitre x.) Sur cet aureus, la barre verticale est ornée de douze globules échelonnés et se dresse devant le cheval au galop qui, parvenu au solstice d'hiver, et traversant le signe du Capricorne^ touche à la fin de sa course.
Sur notre bronze, la même barre verticale, le même panneau, pour parler plus juste, dessiné par trois lignes parallèles, est placé à droite, derrière le personnage,
t^omtne cela doit être, car il indique dans l'espèce le i^olstice d'été ; ce paûneàu n'est pas orné d'une rangée de douze globules comme dans le cas déjà cité, mais des enroulements au nombre de cinq sont échelonnés, du haut en bas, sur la tranche de cet accessoire : si les globules avaient une signification assez claire dans le premier exemple, dans le second, les enroulements doivent, à leur tour, en avoir une et c est, en effet, ce qui arrive, car il est constant que, à partir du solstice dTiiver, en comptant cinq signes, on arrive à celui de FÉcrevisse ou du Cancer et au mois de juin oti commence le solstice d'été. Nous voilà donc fixés sur la valeur concordante de quatre symboles accessoires: l'acrostolium, le rinceau à deux volutes, la barre verticale et les cinq enroulements. Nous allons démontrer maintenant que le personnage assis n'est pas étranger au milieu dans lequel il a été placé.
Vers le temps du solstice d'été, quand le soleil entre dans le signe du Cancer, la constellation d^Hercule fait son lever du soir ; ce fait nous explique comment la présence de fhercule céleste, assis et déifié concourrait, avec tous les symboles que nous avons déjà décrits, à caractériser le solstice d'été qui, d'après les fables antiques, est, à la fois, le point de départ des travaux du héro3 solaire et l'époque consacrée à son apothéose.
Nous n'avons que peu de chose à dire des têtes placées d'ordinaire au droit de ces monnaies; elles sont toutes conçues selon l'idéal romain d'Apollon; mais cdle qui figure sur le brotize n** 14 et qui a été publiée
en 1837, par M. de la Saussaye, dans la Revue Numsmatiquey diffère des autres en ce qu'elle est barbue. La chose, quoique singulière, n*est pas précisément sans exemple; nous laissons aux mytologues le soin d'expliquer ce fait, nous avons hâte de revenir à nos revers.
Celui que nous avons donné sous le n" 15, dessiné en 1855, par M. Hucher pour la môme revue, est le plus complet que nous connaissions ; mais ce n'est pas tout, il se distingue, en deux points essentiels, de tous ceux que nous venons de décrire : T le personnage assis à gauche, tourne la tête à droide ; 2* cette tête est entourée d'un trait circulaire qui ressemble à un nimbe et au-dessus duquel se dressent cinq rayons verticaux. Ces nouveaux détails ont leur importance et sont ^e nature à nons raffermir dans notre opinion. D'abord, le personnage retournant la tête à droite nous rapelle que nous avons eu à constater, dans nos déterminations précédentes, une pose analogue donnée, spécialement, au cheval solaire; dansées circonstances, il se montre accompagné de symboles indiquant qu'il est arrivé, soit au solstice d'hiver, soit au solstice d*été. (Voyez la sixième médaille décrite au chapitre x.).
Le cheval est ^insi représenté, se retournant de gauche à droite, ou de droite à gauche, pour indiquer qu'il commence, soit sa course rétrograde, soit sa course en avant; on conçoit, dès lors, la pensée et l'intention du graveur gaulois quand il adoptait cette altitude d'un
persouiiage retournant la tête pour représenter l'Hercule solaire et solsticial.
La seconde particularité qui recommande à notre attention ce revers, celle du nimbe surmonté d'un faisceau de cinq rayons et entourant la tête du dieu, ne sei*a pas non plus insigniGante, si on veut bien remarquer, d'abord, que cet accessoire semble impliqi^er une idée dapothéose ; ensuite, que les rayons verticaux du nimbe sont précisément en nombre pareil à celui des enroulements qui décorent le panneau placé dans la partie droite de la médaille. Ces derniers emblèmes, et ceux que nous avons décrits précédemment, sont tous accusés d'une façon très- nette dans le beau bronze publié par M. Hucher, et achèvent de poser la question clairement et dans les termes où nous l'avons résolue.
Ainsi, grâce aux éléments de certituce que nous avons puisés dans notre méthode habituelle de détermination, nous pouvons nous croire suflisamment autorisé à considérer le type de ces trois derniers re\ers comme une personnification de l'Hercule céleste, et de son apothéose, à l'époque du solstice d*été.
Ce point admis, il conviendrait encore de voir dans ce sujet, le dernier tableau de cette Héraclée gauloise dont nous avons trouvé des iraces évidentes sur d'autres médailles et qu'il est déjà possible de restituer, du moins en partie.
Arrivé à la fin de cette série de déterminations qui contient les dernières preuves à l'appui de notre système, nous voulons résumer, en quelques traits, laphy-
sionomie spéciale que prend le vieux symbolisme gaulois, au ïuoment oii déguisé sous les nouvelles formes de rimitation romaine et de l'épigraphie, il va s'éteindre dans celle phase de fusion et de décadence dont nous venons d'examiner les monnaies-
Les tètes du droit appartenant à cette époque, sont, presque toutes copiées, mais avec assez de maladresse, sur celles des deniers consulaires; les ajustemenls de coiffure sont souvent modifiés dans le sens gaulois; les casques surtout sont rarement réussis et il est facile de voir que cette pièce d'armure, assez compliquée sur les monnaies de la République Romaines, n'entrait pas dans les habitudes militaires de la Gaule : aussi, voit-on le plus souvent, ce casque réduit aux simples p4-oporlions d'une calotte surmontée d'un panache flottant en arrière. Les symboles astrologiques qui se manifestent plus rarement au droit des médailles se sont réfi.giés d'une manière presque absolue sur les revers et, sauf quelques légères variantes imposées parles dispositions du champ, continuent à y parler leur mystérieux lanlangage : les animaux solaires, entourés d'emblèmes, y subissent, comme par le passé, des transformations hybrides; bien qu'on y rencontre quelques sujets d'origine romaine, comme ceux du Cavalier, du Bige, de YAiglCj du Griffon, on ne tarde pas à reconnaître, pour peu qu'on les examine avec soin , qu'ils sont accommodés <3t subordonnés, par les accessoires qui les accpmpa- . gnent, aux conditions d'une idée systématique-
Il résulte de ces observations que tous les revers dont
nou$ avons gtiocessivement examiné Tensemble, coucoareni, selont Taotique iisage> à reprodaire, sous la forme d'aspects célestes, les principales croyances religieuses de la ixaule intimanent reliées entre elles par un dogme ayant pour base la connaissance des grands phénomènes de la nature. Cest, avant tout, la constatation de ce fait capital aperçu et sommairement rappelé par des historiens dignes de foi, que nous tenions à mettre en évidence, et que nous avons eu la satisfaction de retouver sur le monnayage gaulois de toutes les époques, depuis ses origines jusqu'à son entière disparition.