‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 28 sur 36 · CHAPITRE XML · texte numérisé non relu

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Orlg^lnes du type g^aulôls* '

XVCITATIONS BBS XONKAIES OONSULAIRai

INicbalsôs a plaoé à, la suite 4e bùu Catalogne •dût mMànaies gauloises du Cabiaet impérial de Paria, »nm le jtitre de Note addiliormelte, une dissertatioii d'«o» quinzaiiàe de pagea, oii U passe en reyee les drvcni tyi^ nionétaires reproduits eu Gaule, d'après les de-r mers de la IL^publique Boaiaine. Ce iravail Msàiiuu» doute sou utiUté ; maïs II ne pravait avoir trait ^k la dernière époque de la numismatique gauloise qui seote adopta le système pondéral et le slyle romains ; il eut mieux valu signaler, d*abord» les empru^ols du même genre faits à la Grèce, ne «e bor pant pas> ..comme on est trop porté à le croire, à rimitation des >statères Macédoniens et des didrachmes de la cokmie d*Emporium^ et qui, d'ailleurs, correspondent à une période beaucoup plus vaste et beaucoup plus intéressante de la civiliiation gauloise. Ce i^*es^À«aupi|n de ces,d^r^vit8 de vue spéciaux. gue mous voulons nops iplgp^tdlû^it

inlention élaut d'aborder un ordre defails plus général et plus élevé.

Les plus antiques idées religieuses se rapportent à un culte des phénomènes naturels et des puissances physiques doDt l'astronomie était la plus saisissante expression ; ces idées n étaient donc point particulières à la Gaule, mais elle les avait adoptées en les revêtant de formes spéciales à son propre géuie, et elle sut les garder presque intactes jusqu'au jour où elle perdit son indépendance.

Venues de TOrieut, ces idées religieuses dominèrent dabord dans la Perse et TÉgyte où deux puissantes théocraties les érigèrent en dogmes mystérieux dont elles conservèrent longtemps le dépôt sacré; puis elles envahirent la Grèce où elles disparurent devant les nouvelles créations de l'anthropomorphisme : cependant elles n'étaient pas encoi*e oubliées au temps du poète Anacréon, puisqu'il s exprime ainsi à propos d'une œuvre de toreutique, un vase d'argent. (Voy* Ode XVII. Éd. Brunck.)

T; i^dffTàpof BùOTia- ;

* Ne représente pour moi, autour de ce vase, ni les astres, ni le Chariot, ni le triste Orion ; je n'ai que faire

» des Pléiades et du Bouvier. » Le chantre lyrique de Téos ne veut voir sur ce vase qu'il commande à un artiste que des sujets mythologiques de son goût et conformes à ses inspirations; mais, il est aisé de comprendre qu'en cela il réagit contre un usage qui existait encore dans rionie, au temps où il écrivait, usage constant, car les mêmes tendances à reproduire des mythes astronomiques nous sont révélées par les vases peints et un grand nombre de types monétaires qu'adopla le monde grec, sans parler des plus connus : ceux d'Athènes, de la Crèle, de Rhodes, de la Thessalie, de Chypre, d'Argos, de la Sicile, etc. Nous nous demanderons si le revers même des slalcres de Philippe II de Macédoine, que les Arvcrnes s'approprièrent longtemps, n'est pas plutôt une image de Phœbus-ApoUon, qu'un souvenir de victoire remportée à Olympie. Nos études sur la Gaule nous ont inspiré la conviction qu'un examen plus scrupuleux de cet ordre de faits serait capable d'écarter en partie les derniers voiles dont l'iconographie antique est encore couverte.

Ces mêmes idées religieuses, nées de l'observation du ciel, furent, de bonne heure, familières également aux peuples de l'Italie et de la Gaule; mais, dans ce dernier pays, comme en Egypte et comme en Perse, elles devinrent l'apanage d'une théocratie qui, après en avoir fait un culte, s'en réserva l'enseignement et les traditions. Cest par ce lien étroit et direct que la Gaule demeura si longtemps rattachée aux plus anciennes ci- \ îlîsations qui avaiont d'abord éclairé le monde. Des trois

castes[entre lesquelles se partageait la natkm gauloise, telle que nous la fait connaître le témo^age de Jules César, les prêtres, les cheîfe militaires et le peuple, la dernière était infime et la seconde vouée à la guerre: la première, celle des prêtres, exerçait un pouTOtr excessif, ayant entre ses mains le monopole du culte, delà justice et de l'administra tion; ce furent donc les Druides qui firent frsg;>per les monnaies et imaginèrent ces types bizarres combinés avec des symboles, à la fds religieux et astronomiques; seuls, ils eurent le droit de chso^ger quelque chose aux mystérieux csuractères de cette langue sacrée et d'en communiquer la clef explicative, soit à leurs disciples, soit à un petit nombre d'initiés. (Y«Pomp« Hela, lib. III, ch* u.)

Ici se présente une grave question z d'oii (proviennent ces signes et ces caractères ? Ils appartiennent ^idemment aux époques les plus anciennes, puisqu'ils se retrouvent, presque tous, sur les armes et ustensiles de l'âge de bronze : îles uns, comme les cercles centrés» les cercles concentriques ponctués, le croissant avecna globule au milieu, le croissant avec uDe*étoile, la ligne en zigzag, furent usités en «Egypte où ils servaient k désigner le soleil^ le mois^ Vannée^ Yjéiément, fluide ; ils paraissent avoir eu, en Gaule, la môme signification. Les autres signes, comme k S et ses combinaisons multiples, les cercles centrés .groupé), deux et un; les annelets, les caractères alphabétiques rappelant Jaiorme d'un astéri^ne, la rouelle à quatre rayons, le trisquèlOt les disques rayonnes, etc., sont tous repr^nlés, à

leur tour, gur les armes de bronze trouvées dans les pays Celles, Germains^ Bretons» Scandinaves» etc. Sur ces armes de broàae qni» partout où elles ont été sî^ gnalées» ont nne fortne identique, sont dessinées ea creux certaines combinaisons de lignes paraissent (eti^ dre à reproduire ces mêmes nacelles votivtM dont nous avpkis précédemmetit constaté la préMice sur dès au* reus gaulois et qui étcdént consacrées att culte astro^ mique d'Isis»

Ce serait donc jusqu^à cette période reculée et fortement empreinte du génie oriental qu'il conviendrait de faire remonter les origines du symbolisme celtique. On a pu prétendre, non sans motifs raisonhàbles, que cette époque, d'ailleurs contemporaine des établissements phéniciens sur les cÀtesdeVOcéati, fût pourlaGaule un âge de civilisation et de progrès; ses idées religieuses se modifièrent en même temps qu'elle acquérait de justes notions en astronomie et dat^s fart de fondre les métaux. Beaucoup plus taVd, la théocratie druidique ayant, avec uti sôitt religieux^ conservé les symboles de ses plus anciennes Itaditions, Votkitft les reproduiiB comme types sur lesmonnaies qu^elle fit frapper.

Ce bit capital se mamfeste d^une OMinière ÎAcontestaèlè sur les giteriers essais du monnaiyage gaulois et cet é«at 4e ishoses se pelpétue» même à travers Tépoque la plus flerissai^ 4e Tart^ sw les stadè^^es imités 4e la Macéd(»Be«è Ton voit les vieux syniboles ^tî^fMs associés à quelques emblèmes d'origine grecque.

Ea ItalJev les choses durent se passer au^Pemênt^

parce que rélément guerrier des castes nobles y domina bientôt Télément reb'gieux; cependant^ les plus anciennes monnaies de Rome, celles qui nous sont connues sous le nom de médailles consulaires, n'échappent point à la loi commune qui semble avoir présidé, chez tous les peuples, aux origines monétaires. Les deux types lès plus usités, Tun pour le bronze, Janus bi-^ frons^ di\ec\e palus ; Tautre, pour l'argent, les Dioscuresy avec leurs étoiles, ont un caractère éminemment astronomique.

La plus ancienne médaille dentelée connue est une incertaine au type des Dioscures et au symbole de la roue solaire.

Curieux de vérifier queiques-unes des analogies qui ont été signalées par nos prédécesseurs entre les monnaies de la Gaule et celles de la République Romaine, nous avons voulu revoir toute la suite des consulaires: l'excellent ouvrage de M. Cohen devait nous rendre faciles ces recherches dont les résultais n'ont pas été stériles puisqu'elles nous ont fourni des observations neuves et venant à l'appui de notre système.

Le premier denier qui a attiré notre attention appartient à la famille Aburia; c'est précisément aussi le n** 1 dans Tordre alphabétique adopté pour la description des médailles consulaires. L*auriga du revers, qui conduit un quadrige, est le Soleil lui-même, avec sa télé radiée. Aussi, Vaillant, comme le fait observer M. Cohen, avail-il pensé quccette imago du Soleil faisait

ailusiou au nooi d*Âburius ayant pour radical le verbe aburere et amburercy bi^ûler.

La iéle radiée du Soleil se montre également de face dans un a^dicule distyle, sur un denier d'argent de la famille Antonia (n"" 17, Cohen), et de profil, sur deux autres revers consécutifs (n^' 18 et 19, planche IV, du même atlas). La môme tôle est encore représentée do face sur le n® 6 de la famille Musidia; de profil, sur le n*4 de la Cœlia; sur les n^' 7 et 10 de TAquilia; limage du soleil est de profil dans le premier cas; dans le second, elle est de face et insérée entre les trois jambes de la triquetra sicilienne (denier d'or). Il faut reconnais Ire, en outre, le Soleil, tôte radiée et de profil, sur le denier n"" 7 de la famille Clodia, enfin sur le quinaire n* 6 de la Cordia, au revers de l'Aigle* Nos citations pourraient être plus nombreuses, mais il n'est pas besoin d'épuiser le sujet.

Diane avec ses attributs lunaires est, à son tour, fréquemment reproduite sur les mômes médailles; elle y apparaît môme que'quefois en compagnie du Soleil. Les cinq grandes divinités planétaires y trouvent aussi leur place, et pour qu'il n'y ait pas d'erreur possible, le graveur a eu soin de placer, dans ces cas spéciaux , une étoile à côté de chaque figure. Vénus, par exception, est quelquefois désignée en nature par deux étoiles^ l'une à droite, lautre à gauche du champ, de manière à spécifier son double aspect du soir et du matin. Ce fait est à signaler : par exemple, sur le denier n"" 1 de la famille Comelia^ où l'on voit Jupiter dans un qua-

drige, foudroyant un géant ; dans le champ, le soleil et la lune; à droite et à gauche du groupe principal, deux étoiles. En bulre, sur le denier n"^ 1 de la Manlia, le Soleil est représenté, de face, dans un quadrige, planant au--dessu8 des nuages; <k dbaqne c6ié, un asire; à droite delà tâtedu Soleil, un croissant. Cette disposition des deux astres placés à droite et à gauche, aux deux extrémités du diamp de la médaille, indique toujours la planète Vénus, Vesper et Lucifer^ de même que les deux étoiles rapprochées Tune de Tautre, sur une même ligne, indiquent Tastérisme les Gémeaux; elles sont d'habitude au-dessus de la tête des Dioscures, ou simplement au-dessus de leurs bonnets ; quelquefois, on les voit seules, au-dessus d'un trépied, comme dans le denier n^ 6 de la famille Manlia.

Il y aurait lieu de supposer, d'après les concordances singulières de certains types du droit avec ceux du revers, et aussi daprès l'eaiploi de nombreux symboles dont le sens est demeuré fort obscur, qu'on a eu parfois la velléité de désignier sur les consulaires des aspects de constellations ; ainsi, le Chien accompagne les Dioscu* res. Hercule est représenté dans un bige conduit par 4es Centaures, la Chèvre est associée aux Gémeaux, Mercure à la Lyre, etc. Les figures du zodiaque sont .fréquemment reproduites. Mais, quant aux constellations extra-zodiacales, cela ne saurait être l'objet d'aucun doute, puisque nous allons les voir, dans un certain nombre de cas, représentées, non par des symboles, mais en nature, et par des groupes d'étoiles.

Où avait déjà signalé, mais sans y attacher aucune importance, le denier de la famille Lucretia (n* 2, Cohen), avec la tête radiée du Soleil, au droit; au revers, avec un croissant entouré de sept étoiles; le monétaire Lucretius-Trio aurait voulu faire allusion à son nom en choisissant pour type les sept étoiles de la Grande Ourse, appelées par les Latins les sept bœufs, Septem Triones. Ces jeux de mois et ces armes parlantes sont d'un emploi assez fréquent dans la numismatique consulaire; mais on ne cilait pas d*autre exemple de noms romains indiqués par des corps célestes; il en existe d'autres, cependant; nous mentionnerons d'abord un denier de la famille Âquilia, ayant encore, au droit, la tête radiée du Soleil et, au revers, Diane dans un bige et entourée des quatre étoiles de la constellation de l'Aigle (n** 1, Cohen).

Le même fait se reproduit encore sur quelques monnaies consulaires, entre autres sur un denier (n°7, Cohen) delà famille Glodia, où l'on voit, comme précédemment, la tête radiée du Soleil^ avec un carquois vide placé derrière; au revers, il y a un croissant entouré des cinq étoiles de Cassiopée. On ne saisit, dans cette circonstance, aucune allusion, soit à la famille, soit au nom du monétaire. Enfin, nous signalerons le denier de la famille Comelia (n® 25, Cohen), dont le revers représente Diane, la tête environnée dun nimbe que surmonte un croissant, et revêtue d'une écharpe flottante; de la main gauche, elle lient les rênes d*un bige, et de la droite, un lituus; dans le champ, il y a quatre étoiles

disposées en trapèze qui sont les quatre étoiles de la constellation australe du Corbeau.

Ces faits sont trop nombreux pour qu'on les juge exceptionnels, et il y a deux conclusions à en tirer : la première, que le monnayage de la République romain<^ ne demeura pas étranger aux influences des vieux cultes astronomiques; la seconde, que les analogies curieuses de certains revers consulaires avec les deniers d'imitation gau'oise ajoutent à la vraisemblance de notre système d'interprétation, en ce quelles expliquent un milieu d'idées nécessairement plus absolu dans la Gaule théocratique que dans l'aristocratie républicaine do Rome.

Allons-nous voir, à une autre époque, sous l'empire des Césars, ces idées s'éteindre et disparaître ? Nullement; elles se manifestent, au contraire, aussi bien dans les œuvres des poètes que dans les monuments de la sculpture ; en voici un exemple : presque toutes les médailles gauloises que nous avons eu occasion de décrire offrent, par les dispositions du droit et du revers, une analogie remarquable avec le beau calendrier de la Villa-Borgbèse, publié dans la galerie mythologique de Millin (pi. 28 et 29, tome I). 11 représente, sur les bords d'un autel rond, les têtes des douze grands dieux, au-dessous desquelles sont corrélativement figurés, par des symboles doubles, les douze signes du zodiaque. Les symboles supplémentaires désignent des aslérismes correspondant, par leur lever du soir, avec les stations zodiacales visitées par le soleil; c'est donc

un abrégé du ciel antique roulant toujours» selon Fexpression de Théocrite, les mois et les années. (V. les €râces ou Hiéron.)

D'autres exemples pris dans le domaine propre de ia numismatique nous paraissent, sauf le désaccord des temps, se rapprocher du système général exclusivement imposé aux graveurs gaulois. Nous citerons d'abord un médaillon frappé à Alexandrie d'Egypte, sous le règne d'Anton in; le champ de la pièce est occupé par trois zones concentriques ; dans la première est Jupiter- Sérapis seul et coiffe du modius; dans la seconde, les personnifications, avec attributs, des sept planètes; dans la troisième, les douze signes du zodiaque. (Mém. acad. des inscf iptions et belles-lettres, t. XLI, pL 1.) Nous mentionnerons, en second lieu, les bronzes d'Adrien, aux types des cinq planètes, gravés dans Tatlas du grand ouvrage de Dupuis; enfin, la magnifique médaille contorniate publiée dans la Revue numis* matique. Ainsi, on le voit, on peut se donner la satisfaction de suivre, dans Ticonographie ancienne et sur les œuvres d'art produites par des civilisations et des époques différentes, le reflet traditionnel et la trace pei*sistante des croyances astronomiques auxquelles la Gaule emprunta ses types monétaires*

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