PREMIERE PARTIE
le miasme vénérien. Ce n’est que quand le développement intérieur de cette maladie est complet, que la nature malade cherche à soulager le mal intérieur en produisant un symptôme local , qui paraît d’abord sous la forme d’une vésicule (ordinairement à la place infectée la première), et forme un ulcère que l’on appelle chancre, cinq, sept, ou un plus grand nombre de jours encore après le moment- de l’infection. C’est donc évidemment un ulcère produit par l’organisme malade, et vicariant pour le mal interne. Le moyen spécifique donné à l’intérieur enlève toute la maladie: la destruction locale du chancre ne mène pas à ce but. L’organisme conserve la maladie comme miasme vénérien, et il ne disparaît jamais de lui-même.
il en est de même de la gale, dont le contagium se manifeste plus facilement encore , car il suffit pour cela de toucher l’épiderme, et presque tout le monde est susceptible d’en être infecté; aussi cette maladie est-elle généralement répandue. Ici encore l’éruption d’une petite vésicule transparente , puriteuse , est le produit de la maladie intérieure, que l’on ne guérit pas en faisant disparaître ce produit, mais qui devient d’autant plus dangereuse qu’il n’existe plus de vicariat pour la maladie générale, intérieure; abandonnée à elle-même , la gale forme des boutons de plus en plus nombreux qui couvrent la surface du corps , et la santé générale n’en est que plus troublée. Plus la maladie a duré long-temps, plus elle est répandue dans l’organisme, et plus l’exanthème extérieur est nécessaire pour le bien-être relatif. Il est d’autant plus dangereux de répercuter l’exanthème par des moyens extérieurs. Les suites funestes ne tardent pas à s’en manifester. Dans la gale récente , au contraire, quand l’organisme n’est pas encore affecté dans sa totalité, les résultats nuisibles ne se montrent pas aussi promptement; mais ils n’en ont pas moins lieu. La maladie psorique intérieure s’étend peu à peu, et sans le secours de l’art, elle persiste jusqu’à la mort, quoique un bienêtre apparent puisse exister pendant des années. Les indices de la psore latente sont souvent trop indistincts pour être reconnus pour ce qu’ils sont. Les symptômes en sont plus nombreux chez certains individus que chez d’autres. Les plus importuns sont :
Fréquente sortie de lombrics et d’ascarides , avec fourmillemens dans l’anus , surtout chez les enfans , bas-ventre souvent ballonné, tantôt boulimie* tantôt anorexie, pâleur de la face et flaccidité des muscles, fréquentes ophthalmies, enflure des glandes du cou (scrofules), sueurs de la tête, saignemens de nez chez les jeunes garçons et les jeunes filles (rarement chez les personnes d’un âge mûr), mains froides ou suant intérieurement, ou paumes des mains brûlantes, forte sueur des pieds, fréquens engourdissemens des membres, fréquens spasmes des muscles des extrémités, tressaillemens de quelques parties isolées des muscles, propension à de fréquens catarrhes et coryzas fluents ou secs , obstruction du nez ou sécheresse pénible dans le nez, fréquentes angines et enrouement, toussotement, àccès d’oppression de la poitrine , facilité à se refroidir, disposition aux entorses, fréquens maux de tête ou de dents d’un seul côté, fréquentes chaleurs fugaces de la face, accompagnées assez souvent d’anxiété, chute des cheveux, dartres furfuracées sur la tête, disposition aux érysipèles, irrégularité de la menstruation, tressaillement des membres en s’endormant, lassitude après le sommeil, dispositions à transpirer le jour, langue chargée ou pâle ou fendillée , fréquemment de la mucsoité dans la gorge, mauvaise haleine, goût aigre, malaise le matin, sensation de vide dans l’estomac, répugnance pour les alimens cuits, chauds, sécheresse dans la bouche, fréquentes tranchées dans le ventre , constipation ou diarrhée , hémorrlioïdes borgnes ou fluentes, urine foncée, varices aux jambes, engelures et douleurs d’engelures sans qu’il fasse très-froid , et même en été, douleurs des cors sans pression du soulier, disposition de la peau à se fendre, foulure, distorsion d’un membre, craquement des articulations en se remuant , douleurs tiraillantes, tensives dans la nuque, le dos, les membres , surtout les dents, renouvellement des douleurs dans le repos et soulagement dans le mouvement , renouvellement et exacerbation de la plupart des symptômes dans la nuit, et quand le baromètre est bas, par le vent du nord et du nord-est, en hiver et vers le printemps, rêves agités, trop vifs, peau difficile à guérir, fréquens furoncles ou panaris, peau aride aux membres, et même aux joues, desqua-