‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 40 sur 123 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

et se fait reconnaître à des signes plus ou moins distincts , selon que l’organe affecté est plus ou moins important, plus ou moins sensible ; mais comme l’organisme est un tout formé de différentes parties réunies de manière à composer une unité, sa totalité reçoit aussi une impression du trouble local, quoique à un degré différent. Cette différence dépend en partie de l’état général de la sensibilité, et en partie de la nature de l’organe affecté, s’il est plus riche ou plus pauvre en nerfs , s’il remplit la fonction de conducteur, comme c’est le cas, par exemple, pour les canaux où se meuvent le sang ou d’autres humeurs.

On appelle les sensations morbides ou le trouble fonctionnel qui se montre dans certains organes éloignés de la partie attaquée originairement, symptômes sympathiques ; ainsi, par exemple , la douleur qui accompagne les hépatites et se fait sentir dans les épaules , provient de la propriété conductrice des nerfs et est sympathique. Il en est de même des réactions de tout un système organique d’après les lois de la sympathie, quand, par exemple, il se déclare des convulsions, un tétanos ou un trisme après une lésion des tendons, ou des accès de fièvre, des mouvemens tumultueux du cœur et de tout le système vasculaire, après une affection primaire des nerfs.

On s'est tellement enfoncé dans les subtilités , qu’on est allé jusqu’à distinguer des symptômes de la maladie et des symptômes des symptômes. Mais ces derniers ne peuvent être que des signes , soit d’un développement ultérieur de la maladie, soit de l’affection simultanée d’autres parties que celles qui avaient été attaquées d’abord.

Mais il est très-naturel et très-convenable en même temps de distinguer les affections idiopathiques des sympathiques . Les premières méritent le plus d'attention, parce que si l’on en enlève la cause, les dernières disparaissent souvent d’elles-mêmes. Seulement la distinction en est souvent très-difficile, parce que les affections idiopathiques qui ont leur siège dans des organes pauvres en nerfs, et par conséquent peu sensibles, ne se manifestent pas par des accidens aussi distincts que les sympathiques, qui se font même quelquefois reconnaître plus tôt. La

PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE

douleur sympathique de i’épaule se ressent maintes fois plus promptement que la maladie du foie qui y a donné lieu; la douleur du genou que le mal dans l’articulation de la hanche qui est la cause de la coxalgie, et le vertige produit par le dérangement du système gastrique que les signes plus manifestes de l’ingestion.

Ce qu’on appelle symptômes de la maladie , n’est donc que l’ensemble des symptômes d’un trouble idiopathique qui résulte de la réaction contre la puissance morbifique. Mais ce qu’on appelle symptômes de la réaction se rapporte aux affections sympathiques, et cette dénomination n’est admissible qu’autant qu’on y joint l’idée que les réactions s’opèrent clans des organes différens, par sympathie. Il ne peut être question de réactions contre la maladie, que si on se la représente comme un trouble local qui provoque des réactions dans d’autres organes, ou systèmes organiques, de telle sorte qu’un organe réagisse contre l’autre. Dans le sens que doit y attacher le médecin qui individualise, tous ces phénomènes appartiennent à la maladie, et toute la différence se rapporte à l’affection idiopathique et sympathique, dont la dernière peut être très-différente (par les motifs que nous avons donnés) dans les divers organismes, la cause des symptômes étant d’ailleurs la même. Il sera question plus tard des réactions de l’organisme contre les effets primitifs des puissances extérieures.

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