‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 65 sur 123 · XL · texte numérisé non relu

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Une condition indispensable d’un bon diagnostic , c’est

5° L* appréciation des symptômes existons. Hahnemann prétend que l’individualisation d’une maladie ne demande de la part du médecin que de l’impartialité et du bon sens, de l’attention en observant et de la fidélité en traçant le tableau de la maladie. Tout homme raisonnable peut arriver en peu de temps à placer ainsi les uns auprès des autres les phénomènes perceptibles d’un état morbide. Mais quant à moi, je demanderais davantage. Une pareille appréciation des symptômes ne nous fournit qu’une représentation du côté extérieur, objectif, delà maladie. Nous devons nous efforcer d’apprendre à les connaître dans leur totalité: nous arrivons à ce résultat, autant qu’il est possible de le faire, au moyen

De l’examen attentif de la maladie .

Un médecin instruit, versé dans la physiologie, la pathogénésie et la pathologie, est seul en état d’y réussir, supposé qu’il ne manque ni du don naturel d’observation, ni d’esprit pour pouvoir se livrera ses recherches avec toute l’indépendance désirable. L’habileté d’un médecin se reconnaît à la seule manière dont il examine les malades : c’est la véritable pierre de touche de l’homme digne de porter ce nom. On parle beaucoup du coupd’œil pratique : c’est assurément un don excellent de la nature

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que de pouvoir, 5 l’aspect d’un malade , par une rapide combinaison, se faire une juste idée de son état. L’expérience ne sert qu’à rendre plus habile sous ce rapport; mais celui qui n’a pas reçu ce don de jla nature ne l’acquerra jamais. Il y a bien des gens qui n’ont pas le talent de mettre à profit une expérience ; aussi y a-t-il une grande différence entre savoir beaucoup, et pouvoir beaucoup, et c’est pour cela que les médecins les plus instruits sont souvent les plus mauvais praticiens. Mais le talent peut être ou cultivé ou négligé, et il y a une foule de règles générales pour en tirer tout le profit possible.

Beaucoup de maladies offrent des symptômes objectifs si distincts, qu’on les reconnaît sur-le-champ. L’hydropisie générale, par exemple , ne sera jamais confondue avec une autre maladie, non plus qu’un hydrothorax très-développé, où l’œdème des paupières, la bouche ouverte , la lèvre inférieure bleue et pendante, la respiration pénible avec épaules ramenées en avant, annoncent assez clairement l’espèce d’affection qu’on a sous les yeux. Mais des observateurs exercés ont le talent de reconnaître du premier coupd’œil une foule de maladies, qui ne sont pas, à beaucoup près, caractérisées aussi bien. Ce talent est d’une immense ressource dans les maladies de l’enfance; quand il nous laisse en suspens, la description superficielle de l’affection soit par le malade, soit par les personnes qui l’entourent , suffit ordinairement pour donner au médecin une idée de son caractère générique et pour le diriger dans ses questions subséquentes. Autant qu’il est possible, on doit tâcher de voir et d’examiner soi-même les malades. En entrant dans la chambre d’un malade, le premier regard jeté sur lui m’a convaincu souvent que la description qui m’avait été faite de sa maladie, soit par écrit, soit de vive voix , en offrait une peinture absolument fausse. Les descriptions sont souvent très-inexactes. On m’a souvent vanté l’air de santé d’un malade que je trouvais ensuite avec une rougeur des joues hectique, omineuse. Si des gens de campagne se plaignent de douleurs de poitrine, c’est ordinairement une cardialgie, et sous le nom collectif de douleurs de matrice, ils entendent toutes espèces de sensations morbides des femmes adultes. j On doit

connaître aussi les provincialismes pour en apprécier la valeur.

Il est bon de savoir le caractère et le tempérament du sujet soumis à l’examen, afin de ne pas attribuer trop ou trop peu d’importance à la description de ses sensations subjectives. Des personnes inquiètes et sensibles font toujours une peinture terrible de leurs maux et sont très-disposées à leur appliquer les noms les plus redoutables. D’un autre côté, les individus flegmatiques, torpides, prennent tout trop légèrement et regardent souvent les perturbations les plus graves de leur santé comme trop peu de chose pour appeler un médecin.

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