XLII
L’examen d*une maladie ne doit pas commencer par la tète et finir par les pieds, selon la marche que recommande Hah-
nemann. Qu’on se fasse donner par le malade, s’il est en état de le faire, ou par ses alentours, dans le cas contraire, une description historique, exacte de son état, qui commence aux premiers indices d’indisposition et qui présente autant que possible les phénomènes dans leurs développemens successifs. Ce récit fournit déjà au médecin un point d’appui; il fait naître en lui l’idée de certaines vraisemblances relativement au caractère dynamique et à l’espèce de l’affection des organes et des systèmes, elle porte à adresser ensuite des questions qui le conduisent à la connaissance complète de ce qu’il désire savoir ou de ce qu’il est possible d’apprendre par l’examen.
Souvent il ne subit pas d’examiner une seule fois un malade pour se faire une idée juste de son état. A la première visite, il arrive maintes fois qu’il soit dans un état d’irritation, et qu’il se montre autre qu’à l’ordinaire. Mais cette tension cesse peu à peu, à mesure qu’il s’habitue à la présence du médecin , ce qui met ce dernier à même de se former une image fidèle de la maladie.
Personne n’a recommandé l’observation des symptômes avec plus de soin que Hahnemann; mais il était forcé de le faire, puisque l’ensemble des symptômes dirige seul son traitement. Je nie d’autant moins l’importance de l’observation la plus atten tive , que je suis convaincu que dans tous les cas où il nous reste des doutes et des incertitudes sur la cause prochaine de la maladie , les symptômes contribuent à les dissiper plus que toutes les suppositions possibles. A l’ensemble des symptômes appartient tout ce qui annonce une perturbation dans l’état vital antérieur, quand la santé n’était point encore altérée.