‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 68 sur 123 · XLIII · texte numérisé non relu

XLIII

On doit donc avoir égard 1° au y symptômes de la sphère sensible , Je range dans cette classe les modifications relatives aux facultés intellectuelles , à l’imagination, à la pénétration, au jugement, à la mémoire, à l’état des facultés affectives et au tempérament. La vie animale étant une vie sensible, les changemens qui s’opèrent dans sa sphère supérieure, méritent la plus grande

attention. Beaucoup de maladies se caractérisent par la diminution ou l’augmentation de certaines forces intellectuelles, par une difficulté de conception, ou par des délires. Dans ce dernier cas, il faut rechercher si ce délire provient du trouble des sens, ou d’un dérangement intellectuel.

Dans d’autres maladies, c’est le moral surtout qui est affecté. Il est serein ou sombre, irritable ou chagrin, colérique, méfiant, jaloux , méchant , ou indifférent pour tout ce qui lui était le plus cher. Le changement total de l’humeur et des désirs, une anxiété excessive ou le dégoût de la vie, l’appétit sexuel anéanti ou surexcité, la satiryasis, la nymphomanie, etc. , sont d’une grande importance.

On peut ranger dans la même catégorie les perturbations des fonctions des sens externes, une vue plus forte ou plus faible qu’à l’ordinaire. J’ai vu une jeune fille hystérique tomber en convulsions à l’aspect d’un objet d’un rouge vif. On doit avoir égard à la subtilité de l’ouïe ou à la dysécie avec sensation de bruissemens, de bourdonnemens, de sifflemens, de tintemens dans les oreilles; à l’impossibilité de supporter certains sons, et aux modifications pareilles dans les sens de l’odorat, du goût et du toucher.

On doit mentionner aussi les songes. On y a peut-être accordé trop peu d’attention dans différentes maladies. On sait qu’à l’approche d’un orage on rêve souvent d’hommes morts, ce qui annonce sans doute une influence météorologique sur l’organe de l’ame. Des rêves anxieux sont la suite ordinaire d’une mauvaise digestion ou d’une circulation irrégulière. Des songes gais, réjouissans, à la fin d’une grave maladie, sont souvent des prodromes d’une mort prochaine.

On n’aura garde de laisser inaperçu la surexcitation ou l’affaiblissement de la sensibilité, tant dans l’organisme entier que dans des systèmes et des organes isolés, et l’on accordera une attention particulière aux rapports du système cérébral avec le système ganglionnaire. Je ne puis m’étendre davantage sur ce sujet. Le bon médecin doit examiner les symptômes à l’aide de la physiologie pour être en état d’apprécier leur véritable valeur.

DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.

On doit avoir particulièrement égard aux différentes espèces de sentimens auxquelles appartiennent aussi les douleurs, à la facilité ou à la difficulté des mouvemens, à la lassitude générale ou particulière à une seule partie du corps, à la pesanteur, à l'engourdissement des membres, aux titillations et aux prurits, aux dispositions à s'étendre, etc. Quant aux douleurs, on doit en distinguer le siège, la violence, la durée et l'espèce particulière, si ce sont des élancemens , des cuissons , des pressions , des rongemens, des mordications, des térébrations, des déchiremens, des tiraillemens, des battemens, des tranchées, s’il y a sensation de chaleur ou de froid, souvent en opposition avec la température réelle. Tous ces symptômes sont subjectifs, et nous apprenons à les connaître d’après ce qu’on nous en dit. S'il s'agit d'aliénés ou d’enfans qui ne peuvent encore parler, on doit chercher à reconnaître l'existence des douleurs et leur siège , d'après les traits du visage et les gestes, ce qui n’est souvent pas aussi difficile qu’on le croit. Dans des douleurs de poitrine intérieures, la respiration est brève, et de profondes inspirations ou la toux provoquent des plaintes et des gémissemens. Dans de violens accès de cardialgie, le corps est ordinairement dirigé en avant, les genoux fléchis et l’agitation des pieds trahit les maux de ventre. Dans des maux d’oreilles, îesenfans ne cessent pour ainsi dire pas de crier, et leurs cris sont toujours d'une force égale. La céphalalgie s’annonce par une augmentation de chaleur et une transpiration; souvent les malades portent la main à l’endroit qui les fait souffrir. La catalepsie, la défaillance, les spasmes, les convulsions, quoique ces dernières se manifestent par des mouvemens musculaires, appartiennent aussi aux affections nerveuses, mais elles ne peuvent être toutes mentionnées ici.

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