LXVII
La connaissance parfaite des effets des médicamens repose sur la connaissance exacte de la perturbation dynamique qu’ils produisent.
Si l’on ne se borne pas à comparer machinalement les symptômes, pour trouver le remède qui convient à chaque cas, on doit connaître autre chose encore des effets des médicamens que les accidens qu’ils provoquent. Les résultats des expérimentations faites par Hahnemann et plusieurs de ses partisans aprèslui nenous apprennent cependant que ceîa. Ce sont de simples nomenclatures de symptômes dans un ordre particulier, je pourrais dire géographique , commençant par la tête et finissant par les pieds. Bon ou mauvais, tout y est pêle-mêle. Ce qu’il y a de bon, ce sont d’excellentes parties, surtout dans les premiers volumes de la matière médicale pure, où l’on est forcé d’admirer le rare talent d’observation del’auleur ; cequ’il y ade mauvais, c’est la confusion des effets primitifs et secondaires, sans parler d’un grand nombre de symptômes qui s’y trouvent indiqués, quoique purement accidentels et indépendans de l’effet du médicament, comme prurit à la lèvre supérieure, apparition d’un bouton, baillemens après le dîner, engourdissement des pieds, etc. De pareils accidens, qui se manifestent même chez V homme le mieux portant ne prouvent ah-
DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.
sol «ment rien. Ils auraient quelque importance s’ils appartenaient aux symptômes constans, se répétant à chaque nouvelle expérimentation ; mais ce n’est pas le cas la plupart du temps, car si on fait une seconde expérience, ils ne se représentent pas ordinairement , tandis qu’on observe plusieurs phénomènes qui ne disent pas davantage , et qui sont également accidentels. Ils peuvent dépendre quelquefois, il est vrai, de l’effet du médicament, provenir d’affections sympathiques auxquelles donne lieu l’individualité ; mais ils n’en sont pas moins accidentels, et doivent être séparés avec soin des effets positifs qui se manifestent par les mêmes phénomènes à chaque expérimentation.
Ce sont précisément ces effets positifs que nous devons avoir en vue pour trouver, avec le secours de la physiologie et de la pathogénésie la clef de letat dynamique anormal. Pour éviter des répétitions, je renverrai à ce que j’ai dit sur le diagnostic des maladies, et qui peut s’appliquer ici.