‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 89 sur 123 · LXX · texte numérisé non relu

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Il est indispensable de rechercher de quelle manière s’opère l'effet dynamique des médicamens.

C’est là le point le plus difficile, et cette difficulté même a engagé le fondateur de la méthode spécifique à renoncer à toute recherche. Mais notre tendance au rationalisme se révolte contre un empirisme pareil dans la médecine, où l’on oppose des forces à des forces sans les approfondir, et l’on ne peut se dispenser de rechercher de quelle manière elles agissent les unes contre les autres. Nous ne sommes pas en état de tout expliquer, mais n’estcë pas hotrè devoir quë de dévélopper et de perfeètibnnet, nos connaissances autant que possible? Heureusement bien des cho-

DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.

ses ont été éclaircies déjà : marchons en avant sans nous rebuter, jusqu’à ce que nous atteignions la limité des connaissances humaines.

Il ne suffit pas de savoir qu’un médicament agit sur tel ou tel système ou organe ; nous devons examiner aussi quels ehangemens dynamiques il y opère ; et les moyens à mettre en usage pourcet effet, c’est l’intelligence qui compare l’ensemble des symptômes perçus* et la raison par laquelle nous cherchons à nous former l’idée de leur nécessité. C’est ainsi qu’en liant le réel à l’idéal, nous arrivons à une connaissance rationnelle, qui nous conduit à l’idée de la sensibilité, de l’irritabilité et de la reproduction. Ces trois dimensions * dans lesquelles se manifeste la force vitale inconnue , ne sont pas , il est vrai , matériellement saisissables, et ne peuvent être soumises à l’œil du corps ni parle pouls, ni par le stéthoscope, ni par le scalpel de l’anatomie; l’idée en est aussi nécessaire que celle de la loi de la pesanteur et de la force centrifuge avec laquelle nous construisons le système solaire. Nous avons appris à connaître empiriquement les sphères de ces trois facteurs de la vie, et ce n’est pas un rêve que de regarder les manifestations de l’activité vitale comme ayantleurs racines dans ces trois sphères différentes, mais unies de manière à ne former qu’une unité. Cette union intime nous empêche précisément de nous représenter toutes les fonctions comme partant isolément de tel ou tel système. Or, de même que nous considérons les fonctions de la sensibilité, de l’irritabilité et de la reproduction séparément sous les rapports physiologiques , nous devons aussi accorder notre attention aux perturbations qui se manifestent de préférence dans ces différentes dimensions. Il suit de là que nous ne devons pas négliger de juger d’après leurs qualités dynamiques les puissances qui provoquent des altérations morbides dans ces dimensions. Puisque les médicamens appartiennent à ces puissances, il est donc nécessaire d’en distinguer les effets sur les différentes sphères. Mais nous devons y joindre en même temps l’idée des effets reconnus empiriquement qu’ils exercent sur des organes déterminés , et distinguer autant que possible le changement dynamique qu’ils provoquent

dans chacun d’eux immédiatement d’une manière directe on d’une manière sympathique. Avec ces moyens auxiliaires, nous arriverons à posséder une pharmaco-dynamique. On ne peut nier que nous sommes encore très-arriérés sous ce rapport , et nous devons le regretter d’autant plus que cette partie de la médecine est précisément le sol dans lequel la pratique doit prendre racine pour produire des fruits salutaires. Cependant nous irons bientôt plus loin si nous suivons la route tracée , et si nous continuons à expérimenter les médicamens sur des personnes bien portantes avec tout le soin et toute l’impartialité nécessaires. Ces expérimentations sont d’une nécessitét indispensable pour la méthode spécifique, et toutes les autres écoles ont aussi à en aitendre une riche moisson.

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