DES BOVIDES AU MAÎTRE
(Tombeau de Khamhati. XVIll^ dynastie.) (D'après Prisse d'Avennes, Histoire de l'art égyptien.)
Fig. 256. — I’tolémée prosterné DEVANT Isis.
(D'après Wilkinson. The Manners and Customs, vol. II, p. 453.)
LE Nü DANS L’AKT
Les gestes d’adoration et de soumission sont souvent représentés. Ils appartiennent au pharaon en présence des dieux ou aux serviteurs et aux esclaves devant le pharaon. Dans les deux cas, ils sont les mêmes. Ils ont plusieurs degrés, depuis l’inclinaison du torse avec les deux mains portées la paume en avant, jusqu’à la prosternation complète et le campement à terre (fig. 251 à 256).
Nous avons signalé plus haut une statuette en calcaire de l’Ancien Empire, représentant un pleureur qui porte la main à la tête (fig. 32).
Dans les bas-reliefs, le geste des pleureuses est plus varié. Elles sont debout. penchées ou accroupies. Une main ou les deux sont levées devant la figure ou placées sur le dessus de la tête, dans les cheveux. Parfois, une main est pendante ou bien posée sur le sol et crispée pour ramasser la poussière en signe de deuil, l’autre levée devant la figure et enfoncée dans les cheveux (fig. 257 à 261).
Mais, à côté de ces gestes qui se reproduisent toujours à peu prés les mêmes, il y a une foule d’autres mouvements, pleins de variété et d’imprévu. Ij’artiste égyptien, malgré les entraves, ne recule devant aucune difficulté, et l’on pourrait dire qu’il n’est pas de mouvements qu il n ait su représenter. Sur les murs du mastaba de l’Ancien Empire, dans les hypogées de la XIP dynastie comme dans les grands temples thébains, la variété des scènes représentées est incroyable. Il suffira, pour s’en rendre compte, d’en décrire quelques-unes.
Au tombeau de ïi, seigneur considérable sous la VP dynastie, par exemple, « c’est d’abord l’embarquement des statues, supports du double, qui doivent reposer dans le tombeau du maître ; puis les opérations relatives à l'offrande; l’abatage et le dépeçage des bœufs. La bête est ici amenée, là entravée et maintenue par les aides du boucher, tandis que celui-ci s’apprête à l’égorger. Ti, accompagné de sa femme et de ses enfants, surveille le double de ses gens comme il l’aurait fait sur terre. Les fermiers cultivent ses champs pour les « biens du tombeau » ; 1 un garde les oiseaux de la basse-cour; un peu plus loin, la ferme a ses plafonds soutenus par de fines colonnettes; sur une mare nagent des canards, plus loin de nombreux troupeaux paissent et, dans un dialogue rapide, transcrit en marge du tableau, bouviers et valets s’interpellent, s’excitant au travail... Sur les murs des couloirs, les scènes relatives à la vie du double sont nombreuses. Beaucoup ont trait à ces statuettes destinées à remplacer la momie en cas
ATTITUDES ET MOUVEMENTS
de disparition de celle-ci... Des musiciens et des danseuses se mêlent au cortège qui porte processionnellement ces figurines, puis ce sont encore