L .\MENTATIONS . GeSTE DES PLEUREUSES
Fig. 260,
Fig. 261.
Fig. 237. — Lamentations.
(T) aprt-s \ViLKi>soN, The Manners and Cusloms, III. PI. LXVIII.)
Fig. 2.38. — Lamentations.
(D'après '\Vll.Kl^so^■, The Manners and Customs, vol. III. PI. LXIX.)
Fig. 259. — Lamentations.
(Ile de Philæ.)
(D'après Chami'oi.mon, Monuments de TÊgyple et de la Nubie, t. I. PI. XC.)
Fig. 260. — Scène funéraire, (D'après ’Wii.kinson, The Manners and Customs.
Fig. 261. — Lamentations.
(Tombeau des graveurs. Nouvel Empire.)
(D'après V. Scheii., Mémoires de la mission archéologique française au Caire, vol. V. PI. VII.)
des peintures relatives à l’abatage des bœufs et la présentation des provisions du double. Dans le petit caveau, les serviteurs du mort lui apportent des vivres, des vases et des bouquets de fleurs de lotus, symbole de recom-
LE NU DANS L’ART
mencemenl. Au mur opposé est retracé le vojage vers Abjdos; la barque tuuéraire vogue à pleines voiles sur le fleuve mystique, suivie de chalands chargés des provisions, des meubles et des instruments dont le double a
. C'est au même ordre d'idées qu'il faut rallacher les tableaun de la dernière salle. A droite de l'entrée sont des scènes de la ne agricole. Des troupeaux traversent des canaux à gué ou paissent dans des pâturages; des chèvres passent, conduites par leurs bergers. Plus loin, Ti, monte dans une barque, chasse au marais, à travers des fourrés de roseaux et de papyrus ; un appdmt au poing, il abat des canards et des lierons au moyen e bâtons recourbés, semblables au boumemm, des Australiens. Sur la riv sont accroupis des hippopotames et des crocodiles. Un hippopotame vient d'être harponné du bord de la barque ; un autre est attaque par un crocodile Puis une procession de femmes défile; chacune conduit en laisse un animal ou porte un plateau chargé de fruits; ce sont les domaines . es biens du tombeau . apportant ses provisions funèbres â leur maître, face c'est la moisson, lamise en gerbes, le battage et le vannage en grange. Plus de cent personnages sont en mouvement dans ces tableaux. Puis ce sont encore des sculpteurs, des menuisiers, des peintres. J*
tanneurs, des chaudronniers et des tisserands qui travaillent pour
'*°rWni-HaIsan, dans la tombe d'Amèni. guerrier célèbre, on voit le double d'Amèni présider encore aux divers épisodes d une expédition me morable qui lui avait valu la faveur du roi. . Dans plus de cent tableaux, il assiste à des exercices d'assouplissement accomplis par des recrues, piigi a lutte, escrime, tout ce qui compose la gymnastique militaire J'alrs est leur â tour passé en revue de détail. Puis ce sont les exercices en armes, les manœuvres de compagnie, les manœuvres de siege, 1 attaque des places fortes au moyen de béliers et de tortues servant a couvrir les assiégeants, les punitions militaires, l'application de la bastonnade et la fabriLtion des armes. Plus loin, ce sont des scènes relatives a la culture des champs du domaine de la tombe; puis les distractions du double parties de chasse ou de pêche et scènes de danse Là, de véritables battue organisées contre les bêles du désert; là. des pêcheurs tirant leurs filets
(1) Al. Gayet. Itinéraire illustré de la Haute-Égypte, p. 80 et suiv.
attitudes et mouvements
rivage; ici, des danseuses rythmant leurs pas, pendant que des musiciennes accordent leurs flûtes et leurs harpes. Enfin, la navigation funebre et le détail des rites consacrés pour la prise en possession du tom¬ Sur les murs du temple d’Abydos, construit par Séti se déroulent, en des bas-reliefs « d’un style splendide et d’une finesse incomparable, a côte de laquelle les meilleures sculptures thébaines paraissent in erieures, au dire de M. A. Gayet, la longue série des scènes mystiques. »
« A la première, Séti est en présence d’Osiris, suivi d’Ilorus, et verse l'eau consacrée dans trois vases de forme spéciale posés sur trois fleurs e lotus. Puis, il est de nouveau en présence d’Osiris assis, Isis, Nep tys, Ament, Tar, Renpt et la paout des dieux l’assistent; il présente le Ma a. Osiris et Isis, enfermés dans un naos; reçoit d’Ilorus un sceptre fait e deux tiges de lotus autour desquelles des serpents s’enroulent, couronnes de diadèmes. 11 est à genoux devant Osiris, brûle l’encens derrière lui pendant qu’lsis lui impose les mains et tient sur sa tête le sceptre des renaissances; il reçoit le hiq et le nekht des mains d’Amon, pendant qu’Osiris, derrière lui, le tient sous l’influence magique du sceptre tar, du dad, du ankh et du ouast, etc., etc. (2). »
Et ainsi se déroulent en d’interminables frises les cérémonies religieuses les plus compliquées, qui sont loin d’avoir pour nous l’intérêt des grandes
scènes de bataille de Louxor et de Karnak.
. A Louxor, au Ramesseum, chaque face de pylône est un champ de bataille sur lequel on peut étudier, presque jour par jour, la lutte de Ramsès 11 contre les Khéla; ailleurs, la guerre n’est pas représentée, mais le sacrifice humain qui marquait la fin de chaque campagne (3). »
A) Karnak, « l’extérieur de l’hypostyle est consacré aux campagnes de Séti 1“ en Syrie; c’est d’abord un tableau représentant le pharaon lancé à la poursuite des Shâsou (Arabes du désert),.. Les fuyards se réfugient dans la citadelle de Kanaan... L’ennemi s’est rendu à merci. Des ambassadeurs viennent au-devant de Séti, qui descend de son char, tenant les guides
d’une main et étendant l’autre avec un geste de protection... En retour, au nord, c’est l’assaut donné à la citadelle de Ninouaï, au pays des Kari
(1) Al. Gayet, loc. cü., p. 94.
(2) Ibid , p. 116.
(3) Ibid., p. 151.
LE NU DANS L’ART
(Syriens), la cavalerie des chars y joue un grand rôle; au-dessous est le conamencement de la campagne contre les Shâsou, qui se termine par le siège de Kanana; les péripéties en sont nombreuses et pittoresques; une citadelle est sur une colline où croissent des dattiers; l’assaut est donné : un soldat monte à l’escalade, un autre est précipité du haut des murs... En- Qn, c’est le retour à Thébes et le sacrifice des prisonniers devant Amon, qui tend le couteau au roi, pendant que celui-ci, tenant les prisonniers par les cheveux, lève sur eux sa masse d’armes (1)... »
Et de semblables scènes se multiplient à l’infini sur les murs des grands temples, qui sont les annales de pierre des hauts faits du pharaon.
Ces quelques citations suffisent pour donner une idée du vaste champ ouvert à l’imagination et à l’activité des artistes qui, malgré les faibles moyens d’expression dont ils pouvaient disposer, n’ont pas été au-dessous de leur tâche. Ils ont su, sans sortir de la formule, réaliser les mouvements si variés nécessités par les scènes que nous venons de rappeler. 11 est vrai que l’artiste égyptien donne le plus souvent le signe du mouvement plutôt que sa figuration naturelle et exacte. Mais cela suffit pour qu’il soit compris, et le résultat est atteint.
Ainsi le raccourci est ignoré du dessinateur et la perspective est bien sommaire ou totalement absente. Les personnages se meuvent comme dans une atmosphère qui touche à l’abstrait. Pour eux, la pesanteur n’existe pas. Les fardeaux ne pèsent pas et les personnages ignorent le centre de gravité. Quelques exemples suffiront (fig. de 262 à 267).
II y a cependant de nombreuses et fort curieuses exceptions sur lesquelles nous insisterons plus loin (p. 221, 222 et 223).
Lorsqu’il s’agit de fléchir le torse en avant, tout le haut du corps s’incline en ce sens, tout en maintenant la rectitude de la station droite. Le centre du mouvement est au bassin. La région lombaire ne se courbe pas et, presque toujours, l’ensellure et la taille restent distinctes, de telle sorte que la flexion en avant n’introduit point dans Fart une forme nouvelle, mais se compose des deux moitiés ’’'de la foi’mule ordinaire rassemblées différemment. L’on peut dire, d’une manière générale, que la figure égyptienne n’a pas l’échine souple.
Le renversement en arrière s’accomplit avec plus de naturel, ainsi qu’on
(1) AI. Gayet, loc. cit., p. 179.
M (I L V E M E M' S DE ( : 1 1 N V E N T l 0 X .
Fig. 262, — Porteurs.
(Mastaba de Giseh. l\'= dynastie.)
(D'après Lepsius, Denkmâler .)
Fig. 263. — Porteurs.
(Tombe de Giseh.)
(D'après Lepsius, Denkmâler. II. PI. L.)
Fig. 267. - (Tombe de VA (D'après Dümichf.n,
Fig. 264. — Geste d’imploration.
(D'après Rosf.llim, Monumenli, t. III. PI. XLI,)
Fig. 265 et Fig. 266. — Porteurs.
(Tombe de Sakkara. IV^ dynastie.) (D’après Lepsius, Denkmâler. II. PI. GUI.)
- Porteurs.
tcien Empire.)
Resallate. PI. X I.)
LE NU DANS L'ART
le voit sur plusieurs dessins d’acrobates et, en particulier, sur celui de Turin (fig. 267 bis).
Quant au mouvement de rotation du tronc sur lui-même, il ne saurait en être question dans l’art égyptien. Toutefois, il y a lieu de remarquer que la formule elle-même, en usage dans le dessin égyptien, l'eproduit, et même de façon exagérée, la rotation du torse, puisque les épaules, vues de face, s’accompagnent d’un bassin de trois quarts et de jambes de profil. Or, l’artiste égyptien a fort habilement profité de la circonstance pour repré-
Fig. 267 bis. — Baladine.
(Ostracon au musée de Turin.)
senter certaines actions fort naturellement (fig. 268 à 273). Il y a même ajouté la rotation de la tète dans un sens ou dans l’autre.
L’œuvre animée des artistes égyptiens est si vraie, si variée, elle témoigne de tant d’ingéniosité, qu’il est intéressant de l’étudier d’un peu près et de rechercher par quels artifices ils sont arrivés à résoudre le problème du mouvement.
Examinons d’abord les mouvements des bras. Partant du thème connu, épaules de face, tête et jambes de profil, nous remarquons que, dans tous les mouvements où les deux bras s’écartent en sens inverse, les deux mains s’éloignant l’une de l’autre, comme dans l’action de pousser sur la gaffe, de lancer le harpon, de tirer de l’arc, de frapper du bâton, etc., etc., le dessin des bras devient facile et est d’une correction presque parfaite. J’ajouterai même que, dans ce cas, la tête, de profil, peut sans invraisemblance être tournée en avant ou en arrière (fig. 268 à 273).
Mais lorsque les deux bras font le même mouvement en avant et que les deux mains se rejoignent, comme dans l’action du boulanger qui brasse la pâle, par exemple, le dessinateur s’est vu dans l’obligation de modifier un
Mouvements que la « formule » rend naturels.
Fig, 268. — Archer.
(Bpni-Hassan.)
(D'après Lepsius, Denkmaler. II. PI. XXXII.)
Fig. 269. — Ch.\sse au Marais.
(XVIIB dynastie.)
(D’après Prisse d'Avf.nxes. Histoire de iart égyptien.)
Fig. 270. — Chasse a l’hippopotame.
(Tombe de Giseh. U® dynastie.)
(D'après Lepsiüs. Denkmàler. II. PI. LXXVII.)
Fig. 271. — Un archer.
(Tombe de Nevrothpb .)
(D'après Champollion, t.IV. PI. CCCLXIV.) Fig. 272. — Musicien.
(D'après Wilkinson, The manners and Customs, vol. I, ]i. 493.)
Fig. 27.3. — Personnages se frappant