DEVANT UNE MOMIE
(Thèbes.)
(D’après Wilkinson.)
LE NU DANS L’ART
peu la formule, sous peine de devenir impuissant. 11 s’arrête alors à trois partis. D’abord, il décroche en avant les deux épaules, comme dans les boulangers de Doulaq (fig. 274) ou les bergers et les vanneuses de Sakkarah, etc. (fig. 275 à 283). Les deux bras partent alors d’un même point, placé en avant, et il faut convenir que l’effet est assez disgracieux. En second lieu, et c’est le cas le plus fréquent, une seule épaule est décrochée en avant, l'autre part près de la ligne du dos. Les exemples en sont extrêmement nombreux (fig. 284 à 292). Enfin, fait plus rare, les deux épaules sont presque correctes sur un torse de profil. Mais il semble que, de cette correction, l’artiste égyptien se soit peu soucié et qu’il y soit arrivé comme par hasard. On remarquera, en effet, qu’il suffit, pour atteindre ce résultat, que le décrochement de l’épaule en avant soit un peu moindre et que l’autre épaule soit moins prés de la ligne du dos.
Quoi qu’il en soit, il semble que l’artiste égyptien, entraîné par le souci de la vérité et servi par une habileté non douteuse, ait, dans certains cas, fait pour ainsi dire éclater la formule qui l’emprisonnait et il a compose alors des figures dont le naturel ne laisse rien à désirer, où la pesanteur joue son rôle obligé et dont en résumé la convention traditionnelle est pour ainsi dire absente. C’est ainsi qu’il a réalisé alors de petits chefsd’œuvre de verve et de naturel, dont les exemples sont peut-être plus nombreux qu’on ne le croit généralement. J’en ai réuni quelques-uns où le dessin, d’une grande souplesse, reproduit de très corrects profils, des vues de face et des vues de trois quarts en avant ou en arrière (fig. 311 à 393). Peut-être, à la vue de ces dessins, — - c’est pourquoi nous n’avons pas craint de les multiplier et nous aurions pu en réunir beaucoup d autres sera-t-on surpris, comme nous l’avons été iious-même, et aura-t-on de 1 art égyptien une idée tout autre que celle qui a généralement cours.
Mais l’artiste égyptien, dans la représentation du mouvement, est allé encore plus loin. On sera peut-être surpris de conslater que, devançant pour ainsi dire le cinéma, il ait parfois reproduit, sur des figures rapprochées, les différentes phases d’un même mouvement.
C’est d’abord toute une série de mouvements se répétant suivant un certain rythme et qui sont représentés sur deux figures semblables à deux moments seulement de l’action, très habilement choisis, puisqu ils constituent les points morts, le commencement et la fin. En voici quelques exetnples. Sur deux scribes qui se suivent, 1 un prend un des deux