‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 157 sur 240 · MILADY MONTAGUE · texte numérisé non relu

MILADY MONTAGUE

JLes Lettres de Madame pf^ortley Montague y écrites pendant ses Voyages en Europe , en Asie et en Afrique , etc. , traduites de l'anglais sur Id seconde édition, par le Père Brunet, dominicain, en 1763 et en 1768, forment trois petits vol. in-12.

U y a long-tenips que le jioiu de madame j

Montague est célèbre en France; Voltaire est nn' des premiers qui nous Tait fait contioître; il en a parlé avec éloge dans ses Lettres philosophiques , à propos de rinocn* lation dont madame Montague avoit apporté le secret en Angleterre. Ses lettres ont été écrites pendant ses .voyages et son séjour à Constahtîhopie 5 oii elle avoit suivi son époux , qni y étoit ambassadeur de la cour de Lon-> dres. Madame Montague a eu des liaisons avec les plus beaux génies de sa patrie, Pope, Congrève , etc. ; elle a même composé quelques vei*s de société , cfe qui suppose , sinon des talens , du moins de* ce bel esprit qui fait l'amusement des maisons particulières.

Toute la partie des Lettres de cette dame qui concerne les Turcs, est dun intérêt, d'un agrément qui font voir que milady étoit pourvue d'une imagination riante, qu'embellissoit ce beau séjour ; à Tégard des autres traits répandus dans ces Lettres , ils sont peu curieux; le traducteur auroit dû supprimer des indécences, peu ingénieuses d ailleurs, échappées contre notre nation et contre la religion romaine. Aufires défauts : madame MontagTle se domïe la torturé pour mettre de l'esprit à la fin dé ses Lettrée' ; ce qui les rend

alors

D*UN HOUIMS D£ GOUT. 3oS

alors lourdes et pesantes j et bien éloignées de cette légèreté qui découle de la plume de madame^ de Sévigné : le style original est estimé , mais celui du traducteur est incorrect.

On doit à M. Ânson , connu par une tra< duction en vers d'Anacréon, une traduction f^us exacte et plus élégante des Lettres de Kilady Montague; elle parut en 1795, % Yol. in-i2 : mais il en existe une seconde édi* tion mieux imprimée en i8o5 ; elle est aug« mentée d'une traduction des poésies de l'illustre Anglaise , par M. Germain Gamier.

Les objets qui sont traités dans le livre de M. Flachat ^ sont à peu près les mêmes qui ont occupé l'auteur du T^ayage en France, en Italie et aux îles de V Archipel, ou Lettres écrites de plusieurs endroits de l'Europe et du Levant en 1750 , etc. , avec des observations sur diverses productions de la nature et de Fart ; ouvrage traduit de l'anglais de Maihows, par M. de Fuisteux, à Paris, 1763, 4 vol. in-iâ.

Nous avons beaucoup de Voyages de France, d'Italie, de Grèce ; mais celui-ci n'a

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