SOCIÉTÉ ÉTABLIE AU BENGALE
Une Compagnie commerçante, devenue, en peu d'années , puissance territoriale , et à ce titre , obligée d^entretenir un nombre considérable d'employés de tout grade , a trans*porté dans le Bengale des hommes déjà mu^ nis de l'instruction européenne , et dont Tac* tivité sait rendre utiles les momens de loisir que leur laissent leurs fonctions civiles ou militaires.
. Vingt-sept d'entre eux , frappés des avantages littéraires qu'ils pouvoient retirer de leur séjour dans une contrée qui a long-temps passé pour le berceau des sciences et des arts, se réunirent le i5 janvier 1784, pour former une Société savante , sous la protection de sir Warren Hastings, gouverneur général des membres du conseil du fort William , dépositaire de l'autorité executive dans les possessions de la Compagnie.
Le célèbre William Jones, qui avbit conçu le plan de l'établissement , fut nommé président , et la Société, sur sa j^nroposition, prit le nom d^ Asiatique , pour faire con-
noître qu elle ayoit le dessein d'étendre ses recherches sur toutes les parties de l'Asie.
Déjà huit volumes in-4'*- de ses Mémoires ont paru , et à 1 édition originale de Calcutta ont succédé deux ou trois nouvelles éditions faites à Londres.
M. Adrien Duquesnoy , qui , pendant sa trop courte existence , a lié .son nom à 'beaucoup d'institutions philantropiques , jaloux de faire jouir la France d'une collection qui mérite l'attention des hommes éclairés , s'est proposé d'en donner une édition française , et il a eu là satisfaction dp voir concourir " à ses desseins plusieurs de nos académiciens les plus distinjgués , qui oitt bien voulu se charger de revoir les traductions et d'y ajouter tous les éclaircissemens • qu'exigeoient une littérature nouvelle , et les détails relatifs , soit aux; sciences exactes, soit à l'histoire naturelle. ,
Les deux preaiiers volumes sont sortis, en 1807 y ^^ presses de l'imprimerie impériale, sous ce titre : Recherches Asiatiques^ ou Mémoires de la Socieié "établie au Bengale y pour faire des recherches sur Thistoife et les antiquités, les arts et la . littérature de l'Asie, traduits de Tanglais par A. La-
d'un homme de GOUT. 3^7
baume > revus et augmentés de notes , pour !a partie orientale , physiologique et historique , par M, Langlès ; et pour la partie des sciences exactes et naturelles , par MM. Cuvier/ Delambre , Lamarck et Olivier, tous membres de l'Institut ; in-4^. , avec des plcmches gravées en taille^douce.
Ces deux volumes contiennent les travaux de la Société Asiatique , pendant les sept premières années de son i^istitution ; ils soi^t 4;omp6sés d'environ soixante Mémoires , qui se partagent naturellement en deuit classes.
La partie typographique de cet ouvragé est très-soignée ; elle est digne , à tous égards , du magnifique établissement où il a été exëtîuté. Les passages arabes, turcs, persans, indiens , éthiopiens , tartares - mantchous , répandus dans les notes de M. Langlès , sont imprimés en caractères originaux de la plus grande beauté. Félicitons les savans assez heureux pour avoir à leur disposition d'aussi nombreux et d'aussi puissans moyens , et votons un tribut de reconnoissance au Gouvernement protecteur des lettres qui a formé le plus riche muséum typographique qui ait jamais existé , en augmente chaque )our les richesses , et en facilite l'accès aux
personnes capables d'en faire un digne usage. *
TA V E R N lE R.
Tavernier connoissoit bien la Perse, ok il a voit /ait six Voyages , qui ont été publiés I '4^., Paris, 1676, en trois volumes, et îé imprimés ensuite en six volumes in- 12. On y trouvé des cboses curieuses ; mais il se trompe quelquefois. Ses Voyages sont surtout p]:écieux 9UX joailliers, pour le détail qu'ils renferment sur le conunerce des pierreries,