‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 200 sur 240 · M, LE GENTIL · texte numérisé non relu

M, LE GENTIL

H y a peu de Voyages qui aient le double mérite d'être écrits par un savant , et d'être le fruit d'un long séjour dans les pays éloignés. Le passage de venus sur le soleil , gui devoit arriver en 1761 , ayant conduit M. le Gentil aux Indes orientales , et les circonstances rayant empêché d'arriver à temps , il attendit celui de 1769 , que le mauvais temps lui a cependant dérobé : mais il a porté ses vues sur tout céqnipouvoit être utile à la perfection de la physique, de la marine , dç la géographie et de l'histoire ; aussi son Voyage dans Tlnde, Paris, 1779 et 1780, 2 vol. in-4^., intéresse-t-il également les astronomes , les physiciens , les émdits, et surtout les philosophes. M. le Gentil n'a porté dans Flnde aucun préjugé d'aucune espèce : ni la vanité de * dire des choses extraordinaires , ni l'attachement exclusif à nu système qui y &it rapporter les

choses qui s'y rapportent le moins, ne se montrent dans louvrage de M, le Gentil.

M. LE GOUX DE FLAIX,

On sait gré à M> le Goux de Flaix , ancien oflScier du génie , d'avoir fait imprimer les Observations que vingt ans de séjour dans llndostan , ses coriférences avec les Brames , ses entretiens et ses relations avec Jes négocians les plus accréditées , et la faveur auprès du célèbre Hyder Aly-Khan, l'ont mis, plus qu'un autre , à même de recueillir ; son ouvrage est intitulé : Essai historique ^ geographique et politique sur VIndostan y af^ec, le tableau de son commerce ^ pris dans une année moyenne y depuis ijoz jusqu'en 1770,' Paris , 1807 ) ^ vol. in-8^ , et un petit volume de planches.

M. le Goux de Flaix nous invite à natnraliîier chez nous plusieurs graminées , plusieurs plantes exotiques , et plusieurs arbres indigènes des bords de llndus et du Gange , tels que des palmiers de plusieurs genres , et surtout le cocotier ; mais la plante qu'il voudroit voir cultiver dans nos provinces méridionales , est la canne à sucre , qu'il présume, non sans raison, être cri-

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ginaire de rindostan, où elle croit spontanément comme dans les Antilles. Ces Vues d'un bon citoyen , appuyées sur des connoissances physiques et locales , et que des essais heureux peuvent accréditer , ne sont pas des rêves comme ceux de Fabbé de Saint- Pierre. La culture de la canne à sucre prospère dans les royaumes de Valence et de Grenade ; et sous l'ancien régime , le défaut d'encouragement Ta seul empêchée de réussir dans le Bas-Languedoc et la Provence.' L'ouvrage de M. le Goux de Flaix est bien pensé , mais il pourroit être mieux écrit«

INNIGO DE BIERVILLAS.

M. Boucher de la Richsirderie , dans le tome cinquième de la Bibliothèque universelle des Voyages , présente comme traduit du portugais, le Voyage d^Innigo de ^îervillas à la côte de Malabar , Goa , Batavia et autres lieux des Indes occidentales, imprimé à Paris en lySG, in-12 : il ajoute en note , que Foriginal , qu'il n'a pn se procurer , est ancien. Dans la préface de ce volume , . l'auteur assure que son père , nonuné Yvelin de Biervillas , étoit Français de nation et originaire de Normandie. Après la mort de ce

père 5 il fiit envoyé , par sa mère, à Goa, Par un mouvement de modestie assez rare dans les auteurs , il déclare qu'il ne fera pas l'éloge de son Voyage , n'ayant pas assez de vanité pour croire que la diction française y soit dans sa pureté et dans sa perfection : il demande grâce pour un homme d'épée et un jeune étranger. Si j'en crois une note manuscrite déposée sur l'exemplaire que j'ai sous les yeux , rhônlme d'épée seroit un abbé Saunier , sur lequel je n'ai pu encore me procurer aucun renseignement ; du reste , ce Voyage à la côte de Malabar fut loué dans les journaux littéraires du temps; c'est, en effet , une production intéressante , variée et écrite avec beaucoup de netteté.

Le médecin Bernier , disciple et abréviateur de Gassendi , puisa dans les écrits de ce philosophe célèbre , cet esprit méthodique, ce talent pour robservation , qui placent s'a Jlelation parmi les bons ouvrages de ce genre ; elle est intitulée ,: Voyage dç François Ber-nier ^ contenant la description des Etats du Grand Mogol^ de Vlndoustan y du royaume de Cachemire y etc., oii il est traité des ri-

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chesses, des forces, de la justice, et des causes principales de la décadence des Etats de l'Asie , et de plusieurs événemens considérables ; le tout enrichi de cartes et de figures, Amsterdam, 171 1, 2 vol. in-12.

On trouve dans le premier volume , l'histoire de la révolution qui arriva dans les Etkts du Grand Mogol , lorsqu'Aureng-Zeb monta sur le trône. Cette révolution dura cinq ou six ans , c'est-à-dire , depuis i655 ou environ , jusqu^à 1660 ou 1661.

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