‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 201 sur 240 · BOL T.S · texte numérisé non relu

BOL T.S

L'Etat civil , politique et commerçant du Bengale, ou Histoire des conquêtes et de l'administration de la Compagnie Anglaise dans ce pays , ouvrage traduit de langlais de M. Bolts , alderman ou juge de la cour du maire de Calcutta , par M. Demeunier , Paris et La Haye, 1776 ,. 2 parties in-8°. , contient le tableau humiliant des vexations, de la tyrannie et des cruautés sans nombre exercées dans l'Inde par la Compagnie Anglaise. M. Bolts , qui en avoit ^té long-temps lé témoin , de retour dans sa patrie , eut le courage et l'humanité de les dénoncer à ses compatriotes. Son livre fit la plus vive sen-

satîon dans la Grande-Bretagne ; et le parlement 5 en conséquence , prit la résolution d'examiner , avec soin, l'état de cette Compagnie de commerce et les abus de son administration. Les recherches et les découvertes ne furent pas en faveur de la Compagnie 5 et les rapports ont justifié les accusations de M. Bolts, Le style de la traduction est pur et correct.

Cet oflBcier Hollandais a servi pendant quarante ans 5 avec •distinction, sur les vaisseaux de sa patrie : il a publié en hollandais , i^. un Voyage par le Cap de Boime-Espérance, à Batavia, à Bantam et au Bengale en 1768 , 69 , 70 et 71 ; a^. un Voyage par le Cap de Bonne-Espérapce et Batavia, à Samaraûg , à Macassar , à Amboine et à Surate en 1774 , 1776, 1777 et 1778. Ces deux Voyages ont été traduits en français par M. Jansen , l'un en un vol. in-S"^. , 1798 , et l'autre en 2 voL in-8^ , 1799. Quoique nous ayons- beaucoup de Relations sur les pays parcourus par Stavorinus , et que plusieurs soient très - instructives , néanmoins' celle de cet officier se lit avec autant dm

téré

d'un homme dje GOUT* 409 tërét que de profit : il entre dans des détails curieux sur les usages , les mœurs et la commerce de ces belles contrées ; ses récits sont simples et inspirent de la confiance : il ne dissimule pas le despotisme qu exercent les Anglais dans llnde sur le commerce des autres nations.

M. DE GRÀNDPRÉ.

Le Voyage de M, de Grandpré dans Tlnda et au Bengale , fait dans les années 1789 et 1790, Paris, 1801 , 2 vol. in-8^, ofire un grand nombre de faits, de notions et de détails sur l.es mœurs , le commerce et les habitudes des peuples qu'il a visités en allant de rUe de France au Bengale. Lauteur croit avoir remarqué que l'esprit de révolutioii paroît agir liiême sur le fanatisme des lûdienç. Des trois principales fêtes, celle de la chasse . des Dieux se célèbre avec moins de pompe ; à celle du Char , les dévots sont moins empressés à se faire écraser sous les roues du Char f et la coutume des veuves des Brames , de se brûler vives sur le cadavre de leurs maris , paroit s'aiSbiblir. M. de Grandpc^é essaya cependant d'en sauver une ; mais cga.

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Tavoît trompé d'nn jour , et le sacrifice étoît déjà coqsommë à son arrivée.

LE MAJOR SIMES.

L'Empire des Birmans ou d' Ava est situé à Test du royaume d'Arracan , et confine à la Chine et au royaume de Siam. En Europe , on ignoroit jusqu'à son nom , quoique dans la dernière moitié du dernier siècle, cette nation ait conquis une grande partie de la péninsule qui sépare le golfe du Bengale des mers de la Chine.

La Relation de l'Ambassade anglaise , envoyée en 1790 dans le royaume d'Ava, ou l'Empire des Birmans , par/le major Michel Symes , traduite de l'anglais , avec des notes par J, Castera , Paris , 1801 , 2 vol. in-8*^. , et atlas grand in - 4^. , remplit un grand vide dans la géographie de l'Inde: elle contient des détails authentiques sur rhistoire des Birmans , des Péguaîis , et de quelques autres peuples ; elle montre do quelle importance est pour les Anglais le commerce qu'ils font dans l'Empire Birman, puisque c'est à une seule branche de ce com-^ merce , celle du bois de construction des royaumes d'Ava et de Pégu, qu'ils doivent

d'un HOMME DE GOUT, 4H

rëtablissemeiit et Tentretien d'une marine qui fait une très-grande partie du cabotage de rinde , et dont plusieurs vaisseaux sont déjà arrivés en Europe ; on voit, enSn, quels soins se $ont donnés les Anglais pour jidus faire perdre la prépondérance que nos missionnaires et navigateurs nous avoient dès long-temps acquise auPégu et dans quelques autres parties de l'Asie orientale«^

LE CHEVALIER DE CHAUMONT, L'ABBÉ DE GHOISy ET LE PERE TAGHARD.

Le prosélytisme nous procura, dans le dixseptième siècle, plusieurs Relations sur la Chine. Louis XIV, dit M. Boucher de la Richarderie , se laissa persuader par un aventurier, nommé Constantin Faulcon, né à Céphalonie , et parvenu à une haute faveur à la cour de Siaui , que le roi de ce pays étoit disposé* à embrasser la religion chré* tienne , et à la faire embrasser à ses sujets : dans cette confiance , on envoya le chevalier de Chaumont en ambassade à Siam : on fit partir avec lui l'abbé de Choisy , qui devoit succéder à Chaumont dans oette légation , et

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plusieurs jésuites initiés dans la connoissance des mathématiques , de Tastronomie , de la géographie , etc.

La Relation du chevalier de Chaumont , paris j ^687, in-i2, est celle d'un homme de quaHté , qui s'attache moins à la beauté et à la pureté du style qu'à la vérité des faits ; pour -tâcher de remplir le but de son ambassade , il prioit Dieu les trois quarts du jour et faisoit le carême dans la plus grande rigueur.

' Le journal du Voyage de l'abbé de Choisy, Paris, 1687, in-4^, et Amsterdam, 1687, in-i2, est écrit avec beaucoup d'agrément ; 6'est son seul mérite , car il est fort super^ fîciel , et ne renferme sur .le royaume de Sîam , que quelques particularités d'un assea médiocre intérêt.

Le premier et le second Voyage des jésuites ont été rédigés par le Père Tachard , Paris, 1686 et 1689,2 voî. in-4'. ou in- 12, Tout ce que ces deux Voyages renferment d'observations astronomiques , géographiques et physiques, est assez exact ; mais Timportance qu'il s'agissoit de donner à un pays, l'objet d'une conquête apostolique, a fait employer i par le Père Tachard, dans la

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peînfure qu'il a faite de Siam , beaucoup de touches exagérées et trop flatteuses.

LALOUBÈRE.

Laloubère ne resta que trois mois à Siam , et cependant il rassembla des notions si exactes sur l'histoire et la nature du pays , sur l'origine , la langue , les« usages , les mœurs , l'industrie et la religion des habitans , que la Relation qu'il en publia à son retour , sous le titre de Description du royaume de Siam y Paris , i6gr , ou Amsterdam , 17^4 , 2, vol. in-iâ, quoique précédée de trois ou quatre autres , fut bientôt regardée comme Tunique. On s'étoit attendu à trouver dans cette Relation des choses merveilleuses , presque incroyables , et l'auteur s'exprime avec la candeur et la simplicité d'un homme qui ne seroit jamais sorti de son pays*.

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