L'ABB
d'un bomme de ^out.* 4^5
L^ABBÉ GHAPPE ET KRACHENIÎÎ.
. NIKOW.
Les Russes , renfermes dans lenrs contrées an commencement du dix-huitième siècle, n'avoient aucune, 'liaison avec l'Europe civilisée ; on savoit à peine qu'il existoit Hans . la partie Asiatique de ces climats, des peuples ignorans et grossiers. L'influence actuelle de la Russie dans le système politique de l'Europe , montre assez les avantages que l'on peut tirer de la connoissance de ces peuples et des pays qu'ils Iiabiteijt L'abbé Chappe entreprit d'ajouter de nouvelles connoissances à celles que nous avions déjà acquises sur Thistoire civile , morale et politique des Russes. Son intéressant Voyage en Sibérie, fait par ordre du roi en 176Î , a été imprimé à Paris en 1768, ja vol. in-4^ , qui seirelient souvent en trois, avec un atlas grand in-fol.; cet ouVrage est imprimé avec magnificence. Marc-Michel Rey en a fait, en 1769*, à Amsterdam, une édition abrégée en 2 vol. petit in-S**. ; elle est moins coûteuse et aussi utile au plus grand nombre des lecteurs.
Le second volume de la belle édition du Tome IV- 64
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4i26 BIBLIOTHEQUE
Voyage de l'abbé Ghappe , contient la traduction française de la description du Kamtchatka , composée en russe par Exacheninnikow^ professeur de l'académie des sciences;, de Saint-Pétersbourg. On est redevable de, cette traduction à" M. de Saint-Pré , employé dans les affaires étrangères , qui avoit été envoyé en Russie poiu: étudier la langue russe. M. Michel Rey l'a aussi réimprimée en a vol. petit in-8^ , 1770. .
Dès 1767, Eidous avoit fait paroître à Lyon, en 2 vol. in-12, une mauvaise traduction de la Description de Kamtchatka ^ faite sur la version anglaise de James Grieve.
L'abbé Chappe avoit dit dans son Voyage , que le vaste E^mpire de Russie oflfroit plu» de marais et de déserts, que de villes peuplées et de campagnes florissantes; ses observations , et d'autres aussi sévères , mais justes en grande partie, lui attirèrent une violente critique de la part de l'impératrice Catherine II , aidée de son favori Schwalow et de la comtesse d'Aschow : cette critique fut im- |»rimée à Saint-Pétersbourg, même en 1770, 2 voL grand in-8^. , sous le titre d'Antidote ^ ou Examen du mauvais . livre superbement imprimé) intitulé : Voyage en Sibérie, etc.
d'un HOMMB de GOUT. 427
Le libraire Rey la réimprima en 1771 , et elle forme les tomes cinq et six de son édition du Voyage en Sibérie.
Le journal historique du Voyage de M.
Lesseps, consul de France, employé dans l'expédition de Lape]rrouse en qualité d'iuiterprète du roij Paris, 1790, 5i vol. în-8^, donne de nouvelles notions sur le Kamtchatr^ Jka et ses habitans; il fait connoitre aussi d autres peuples de l'Asie septentrionale, beaucoup plus ignorés que les Kamtchadales. Ce n'est pas sans frémissement , dit M. Boucher de laRicharderie, qu'on voit l'intrépide voyageur faire passer ses traîneaux attelés de chiens , et passer lui-même sur ime corniche de glace , formée à la suite des débordémens,^ et suspendue sur le vaste abîme de la mer. Cette étonnante résolution lui fut inspirée par l'empressement d'apporter en France les dépêches de l'infortuné Lapeyrouse , doiït il s'étoit séparé au Kamtchatka.
* Le but principal.de M. EUis, dans son P'oyage de la Baie de Hudson ^ traduit en
français par Sellius, Paris, 1749, 2 vol. iii-i2, est de prouver que pour aller aux grandes Indes , il y à un passage beaucoup plus court et plus aisé que ceux que nous connoissions déjà , et qu'on est presque parvenu à le découvrir. Il prétendoit que cette découverte seroit suivie de celle d une trèsgrandô étendue de pays que nous ignorions , et qu'elle nous feroit connoïtre, en même temps 9 de nouveaux peuples , dont aucune relation ne nous avoit encore parlé.
Ce n'est point sur de simples Mémoires, ni sur le récit des voyageurs , que M. Eilis a écrit son livre ; il a tout vu par luimême ; il a été dans tous les endroits dont il parle; et oe n'est qu'après les observations les plus eicactes , l'examen le plus ^ scrupuleux ^âes lieux où il a passé , la recherche la plus étudiée de tout ce que d'autres avant lui avoient découvert en cette matière , qu'il établit son sentiment sur ce qui f^it l'objet principal de son livre. Pour mettre le lecteur pîds au fait , l'auteur reprend les choses de plus haut, et fait un abrégé exact de toutes les expéditions faites antérieurexnent pour la découverte de ce passage.
La relation des Voyages et Découvertes faites par les Russes le long des côtes de la Mer Glaciale , et sur FOcëan oriental , tant au Japon que vers l'Amérique , ouvrage traduit de Tallemand de Muller, par C.-G-F. Dumas , Atnsterdam 9 1766, a vol. în-12; . cette relation , dis-je , a excité toute l'attention du public , par la singularité des faits et l'utilité dont elle pouvoit être pour la géographie. On a toujours éié curieux de savoir si l'Asie tient vers le nord - est à l'Amérique ; les recherches de MuUer prouvent qu'il est assez inutile de rechercher de quelle manière FAlnérique a été peuplée ; elle s'approche si fort dii *5ontinent de f Asie , qu'il a été aisé de passer d'un continent à lautre ^ surtout si l'on observe que le détroirt qui les sépare est encore rempli dues. ' '
GOXE.
Less Voyages publiés par Muller et autres ^ n ont fait ^'augmenter les doutes que l'on avoit sur le détroit qui sépare l'Asie de l'Aïnériqoe. Muller s'étoit arrêté à l'expédition de Bénj^g , en 174 1. Coxe a publié dés
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Mémoires d'expéditions faites jusqu'en 1769 , et il finit par présumer que le passage aux Indes et à TAmérique par le Nord , n'est pas encore prouvé. Son ouvrage a été traduit en français par M. Demeunier , sous le titre de Noui^elles Découvertes des Russes entre l\Asie et V Amérique , avec Thistoire de la conquête de la Sibérie , et du cdtnmerce des Russes et des Chinois, Paris, 1781 , in-4^.
LE CAPITAINE MEARES.
Les voyageurs intrépides qui ont fait les premières découvertes dans la Mer du Sud, furent tous éclipsés par le célèbre et infortuné capitaine Côok; mais.il y reste encore , après lui , des découvertes à faire , des posi« tions à vérifier , det connoissances à acquérir sur les mœurs des sauvages de ces contrées septentrionales , sur les ressources que peut trouver chez eux le commerce d'Europe, et sur la nature des dangers qui menacent les navigateursi , dans les mers lointaines. Lb capitaine Meares est un de ceux dont les observations doivent le plu& ajouter , sur tous ces points importans , à la mas^p de celles qu'ont faites ze^ prédécesseurs : on trouve en lui tout ce qui caraitérise le na-
D^UK HOMM]!^ P£ GOUT* > 4Z1
vigateur habile , le philosophe éclairé , FhistorieD judicieux et véridiqùe ; en un mot , comme l'affirme , avec raison , M. Billecocq , qui a traduit de l'anglais du capitaine J. Meares, les Voyages de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique, faits dans les années 1788 et 1789, Paris, 1796, 3 vol. in-8^,, avec atlas Jn-4*'. ; ces Voyages sont un ouvrage précieux, qu'il est indispensable de joindre à la collection des Voyages de Gook. La traduction est d'un homme de lettres qui a &it ses preuves par d'autres ouvrages estimés; elle est accompagnée de"^ notes et précédée d'une préface, qui prouvent que M. Billecocq sait écrire et penser^