‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 212 sur 240 · HERRERA · texte numérisé non relu

HERRERA

On lit encore avec fruit l'Histoire générale des Voyages. qÉ conquêtes des Castillans, dans les îles et terre ferme des Indes occi* dentales^ traduite^ de Tespa^ol d'Antoine de Herre^a, historiographe, par Nicolas de la Goste, Paris, 1660, 1Ç66 et 1671, 3vol. in-4^ Gérard-Jean y ossius, dans un Traité des Sciences mathématiques, fait un grand éloge de la Description des Indes occidentales, que l'auteur aplacée en fête de son ouvrage : cette partie a été traduite séparément en latin, en français et en hollandais.

La meilleure édition de l'original espa-

gnol de THistoire générale des Indes, est celle de Madrid , 1601 — 1616 , 8 vol. în^bl. , qui 3e relient ordinairement en quatre.

WItLLIAM BARTRAM.

M. William Bartram est fils de John Bartram 5 botaniste du roi d'Angleterre et membre de la Société royale de Londres. Oa peut donc croire qu'un voyage entrepris par un tel homme , excitera l'attention des botanistes ; aussi trouve-t-on beaucoup d'objets d'histoire naturelle décrits et figurés dans le Voyage aux parties -sud de l'Amérique septentrioiiale ; savoir : les Carolines septentrionale et méridionale, la Géorgie, etc., traduit dé ràiDglais:de W. Bartram , par p. -V. Benoist , Paris , 1797^ 2 vol. in-8^ L'auteur décril3es mœurs , les coutumes, les fêtes des Européeris en Amérique , et surtout des Indiens decé continent, qu'il à beaucoup ti^îtés. La carte bien gravée qui est jointe à l'ouvragé^ facilite au lecteur les moyens de suivre l'auteur plus facilement dans son intéressant Voyage.

C A R.V E R, ' M. Boucher de la Richarderie , apsès avi

d'un HOMME DE GOÛT. 437

cifë rédition originale du Voyage dans Fintérieur du nord de T Amérique , pendant les années 1766^ 1767 et 1768!, paf Jonathan Carver , ajoute qu'il a été très-oien traduit en français i Paris , 1784 , iti-B®! ; il suflSt de dire, pour confirmer ce jugement, que la traduction est du célèbre et laborieux Montucla.

Carver a: donné des détails fort curieux sur plusieurs ntitions américaines , que les Européens ne connoissoient que de nom , et dont la physionomiç morale ri'avoit point été altérée par la communication avec Iqrf peuples d'Europe : il tracé un tableau trèsintéressant de l'origine, du langage, de^ mœurs , des usager et de là religion des dif^ ierentes peuplades qu'il a "vîèitées.

J. LONG ET H. TIMBERLAEE.

Un Européen sorti, dès. sa jeunesse ,- dtt pays qui l'a vu naître, pour aller trafiqû'ei^ avec ^ les sauvages; engagé par les besôîrfs même de^d profession, -à* vîVré long-temps au milieu d'eux ; doué d'ailleurs de cet esprit d'observation nécessaire à celui iji/i visite des climats habités par les hommes de la nature ; cet Européen , dis-je , n'a pu

composer qu'un journal singulièrement cur rieux : telle est FHistoire de J. Long , trafiquant et interprète de langues indiennes y auteur de Voyages. chez différentes nations sauvages de rAmérique septentrionale , tra-* daits de l'anglais avec des notes intéressantes > par M. Billeoocq, Paris, 1794, in-8^

Le style de l'aujteur est toujours celui qui appartient au sujet qu'il a traité; ^s descriptions sont pittoresques comme les lieux mêmes , ses discussions remplies d'intérêt : la morale , la politique , l'histoire naturelle, tout est de son ressort ; toujours quelqu'anecdote , touchante ou récréative , est entremêlée au récit, de ses Voyages; souvent encore il arrête et fixe l'attenticm du lecteur par des réflexioïis pleines d'une douce morale , qui reposent l'âme et plaisent à l'esprit.

M. Billecocq a traduit de l'anglais, en 1797, in*pi8, un Vqyage de Henri Timberlake, chargé, dans l'-année 1760, de conduire en Angleterre trois sauvages de la tribu des Gherokées :, il en avoit inséré quelques morceaux dans }a traduction du précédent Voyage,

D*CrN HOMME D£ 6ÔUT. 4^9

Les Voyages d'Alexandre Make&sie dans fintérienr de TAmériqae septentrionale, &tts en 1789 9 1792 et 1793, traduits de Tan* glais par J.Gastera, avec des notes , Paris , 1802, 3 YoL in-8^, n'ont pas intéressé autant en France qu'en Angleterre ,^oii la politique est étroitement liée au commerce , et où là traite des pelleteries, qui est le principal motif de ces voyages , fiirrme une. branche considérable de bénéfices; d'ailleurs, ils n'ofirent que peu d'alimens à la curiosité ordinaire ; point d'aventures étrangères, et même peu de &it3 remarquables, au moins pour le commun des lecteurs. M. Makensie lui-même en convient; mais, quand il considère Fimportance d& l'objet qu'il s'est proposé , les périls auxquels il a échappé*, les obstacles qu'il a surmontés, il espère que cet ouvrage excitera rintér.êt et l'estime de ceux qui le liront

Nous partageons la modeste espérance de l'auteur. Il résulte de ses deux Voyages , q^e le commerce des.pdU[eteries qui le lui a &it entreprendre , se £dt dans un espace de trois à qaatre mille milles, a travers soixante grands lacs p et en remontant un très-grand nombres

de rivières ; qu'on ne se sert pour cela que de légers canots d'écorces d'arbres , etc. L'estimable traducteur qui a déjà enrichi notre littérature d'un grand nombre d'ei^cellens ouvrages étrangers, a ajouté à celui-ci un itinéraire qu^il doit à l'estime et à la confiance du vice-amiral BougaintilIe«

On a de cet auteur un Voyage au Canada , pendant les années 1796 5 1 796 et 1 797 , traduit en français par un anonime ^ Paris , 1800, 3 vol. in-8^ M. Weld, alarmé des troubles et des déchiremens politiques doift rirlande 9 sa patrie , étoit menacée, conçut le projet dé passer la Mer Atlantique, pour examiner , par lui-même , quelles ressources l'Amérique septentrionale pourroit ofiTrir à ceux de ses compatriotes qui n espérant.plus trouver ni paix , ni bonheur , ni liberté dans leur terre natale , ' iroient les chercher au loin dans une terre étrangère : ce but, très-lôuabb , indique assez l'esprit qui a dirigé l'auteur dans ses recherches , et l'on trouve, en eflfét, dans sa relation, des détails intérèssans sur l'agriculture et le commerce, les lois et les mœurs des pays qu'il a parcourus.

Après

d'un homme DB GOUT. 44I

Après une longue et périlleuse navigation, notre voyageur revint en Angleterre , trèssatisfait d'avoir visité le continent de TAmérique , mais préférant sa patrie à tout autre lieu du monde*

Le style du traducteur a de la facilité dans la narration, et il est totijours clair, souvent animé et pittoresque dans les descriptions.

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