LE MARQUIS DE CHASTÈLLUX
Cet ingénieux écrivain passa en Amérique en 1780 , comme maréchal de camp , faisant les fonctions 21e major-général de Tarméd de Rochambeaù. Il profita de deux imter* vaUes on sa présence étoit moins nécessaire à l'armée , pour aller parcourir l'intérieur de TAmérique. Il a publié , en 1786 , â vol. in-S^'., contenant la relation de ses deux Voyages : bn y trouve des détails curieux sur la physique et l'histoire naturelle du pays , sur les établissemens et les mœurs des Améri-^ cains, et sur le caractère des personnages les plus célèbres. Les*Anglo-Américains se sont plaints que Fauteur amusoit quelquefois ^â lecteurs à leurs dépens : Brissot a pris' leuc
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cléfenae dans un ril^^ainen critique des Voyages idans TAmérique septentrionale de M. le 3ïi(9]::(]tlis; de Chaatellux , Londres ( Paris ) , i785,.:iB-8%
Brissot a composé lui-même un Voyage d^If^ tes Etats-Uais. de TAmérique septentrionale; j'entai parlé ci-devant, pag. i85.
M. DE GREVEGŒUR.
Les âmes sensibles ont lu avec plaisif les Lettres d^un Cultwateur américain ^ troisième édition, Paris, 1787, 3 vol. in-8^; y-à-t-il , en effet , un spectacle plus intéresisant pour Thumanité , que celui d'un peuple non4>reux et florissant, qui, après avoir fertilisé des déserts et des forêts^ sauvages, jouit des fruits de son industrie à l'abri des lois et de la liberté , heureux par s'a simplicité et par ses mœurs, et ne devant ses richesses qu'à son travail? Et c'est l'Amérique , cette contrée long-temps inconnue an re^te du monde, ..si malheureuse depuis sa découverte , si maltraitée, de la nature, qui HQUS pfire ce phénomène. Le principal mérite ^ cultivateur Américain , c'est d'être gl^and; peintre et.dpué d'une exquise sensi-
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bîlité. Son ouvrage- est un- drame imînense , rempli de scènes intéressantes et pathétîqueSé Le même atitenr a feit paroître en r8oi i un ouvrage qui peut être regardé comme une suite dii {irécédent;^«'est un Voyage' dans la Haute-Pensylvanie et dans FEtat de Nevr- Yorck, traduit de Tanglais , 3 vol. iri-8^. M. de ÇrevecoBur . donne ce livre pour un extrait de différens manuscrits recueillie après un naufrage, et ^ont Fauteur est inconnu ; il suppose"^ qiie ces manuscrits sont des fr^gmens quelquefois incomplets et toujours détachés Fun .de Fautre. ; on y trouve d€S nptions de politique , d'agriculture y^ de géographie , (Je.cpiflmerca; des descriptions, de^ a^^(^!^otfpy de peti^ roipans détachés , des <Ji«cpiiî-s 5 des^mémoires , enfin , des morceaux de littérature et .dé morale.
Cet auteur publia à Longes , en I7y4 j et en a vol. in-8^ , un Vojrage dans lés Etats- Unis de FAmériqi^e, Qonteijant une description de leur population , de leur agriculture,* du commerce, dès -mœurs* de lefers habitànsydes^nations Indiennes , et des principales rivières. Cet ouvi-àge est remarquable
par son exactitude; la traduction française qui en a été publiée à Paris , en 179 1 , deux parties in-f8^ , est de M- de P^r^ntip-Mohtchal, qui s'est fait connoître depuis par une Géographie) dont nous avo|is rendu compte.
M. LA RpCHEFOUÇ AULT-LIÀNCOURT.
Huit vdhiines in-8% , publiés à Paris , en 1790 , par cet estimable phiïantropç , sont le résultat de ses Voyages dans les Etâts^ Unis d'Amérique, faits en 1795, 1796 et 17^7; ils embrassent tout le contment de ce pays : c'est un jourïial très-circonstancié et* peut-être trop minutieux pour le public , de tous les pas que l'auteur a faits dans celte immense cdntlrée; ^éux qui 'désirent connoître les dévèloppeïnfeni' politiques et in-- 4ustr|els qui se sont opérés au milieu de'cetta fédération de TiDitérét public , depuis la crise ^i l'ft placée au rang des Etats-Libres, trou-, yeroijt epcore à s'y insti:uirei
M. VGX N EX • •
• •/..• '. - ' , •! •:;>-= ■ '. ..11. •' Lçs deux volume;$,in-8^, offerts ^npublio en i8o3, par î(î. le.sé^^ti^ux^ VQlnçy^.jBÇiijis Iq titre </e 'J^qblf^u ^ çHifUtt e( 4^ sol des
d'un homme de gqut. 445 Etats-Unis d^ Amérique y ne sont qu'un fléxnembremient d'un ouvrage plus considérable qu'il avoit projeté. La partie géographique , qui fait le fonds de ce livre , sera toujours remarquable , sinon par la justesse ou la nouveauté des observations , du moins par la méthode qu'a suivie l'auteur, par la multi* tude infinie d'objets auxquels il a étendu se% remarques , par la manière dont il les a distribués et classées , par la lumière qu'il fait réfléchir de toutes les parties sur un grand ensemble. Dans, la partie morale et politique y on a trouvé ( qu'il nous soit permis de le redire ) de Thumeur , de l'injuètfee , des paradoxes ; mais cette humeur est celle d'un homme de bien ; cette injustice est ordinai* rement CQ^le d'un ami de l'humanité ; ces paradoxes sont en général ceux d'un espri^ libre* des préjugés dominàns. A l'égard du style, ^les beautés de l'ouvrage couvrent une grande partie de ses incorrections* Le talent de l'écrivain $e &it encore sentir au milieu de ses négligences. L'auteur réussit mieux à faire des tableaux d'histoire natu- ^relle qu'a manier les idées morales, et politiques; mais dans toutes les parties ,' la méthode e$t belle ; partout la distribution des faits et
des idées est heureuse ; tous ses développemeus ont de la grandeur*
M. Michaux, fils d'un voyageur très-distingué , qui a consacré sa vie à letude des sciences naturelles , et est mort , en 1802 , à Madagascar , victime de son zèle ; M. Michaux 3 dis-je, héritier des connoissances et du courage de son père , s'est dévoué , à son exemple , à la pénible profession de naturaliste-voyageur; le Gouvernement, qui apprécie ses talens etsaitles'mettreà profit , Ta chargé, en Faut^ijc^e fairjî un voyage dans les Etats de rOhio, du Kentucki-.etdu Tennessee, c'està-dire , dans- lés contrées de l'Amérique septentrionale, qui sont les moins anciennement l^abitées par le^ Européens , et que par conséquent les relations nous ont le moins fait connoitre jusqu'à présent : c'est ce Voyage qui SL.Mé publié sous lé titre de P^qy âge à V ouest des-MvntsAUéghanis\ dans les Etats de VQJiio ypjdm Kentuckièt du Tennessee y et retour à Charlestown par lès Sautes-Caro^ Unes y contenant des détails sur l^'état actuel de V agriculture , etc., Paris, 1804, in-ft^.; M. Michaux a rempli son^lyat avec ^fout-'ld
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talent qu'on devoit attendre d un homme qui joint l'amour de la science à l'amour de la vérité , le talent d'observer au talent de décrire. Si cet excellent livre obtient, comme nous n'en doutons point , les honneurs d'une seconde édition , il .lui sera facile de corriger tout ce qui peut s'y tronvêr de répréhens^blé du côté du style : un homme un peu exercé dans l'art d'écrire lui en éviteroit la peine sans eu prendre beaucoup lui-même.