‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 37 sur 240 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

Il reste à ituprimér les années lySa , 1^53 , 1762 et 1763 du Journal historique de Collé ; elles scf trouvent dans deux volumes qui n'ont pas été rendus par les personnes qui les ont empruntés^: on craint qu'ib n'aient été détruits pendant les troubles de la révolution.

COLtECTION DE MÉMOIRES • PARTICULIERS.

Depuis long-temps on a reproché , avec raison, à nos historiens , de négliger ces faits particuliers 5 recueillis avec tant de complaît sance par les historiens Latins , et qui jettent tant d'intérêt dans leurs narrations. Cet in* coi^yénient est difficile, presque impossible à éviter, e» écrivant Thistoire dîme monarchie.

La collectÎQn imivwselle des Mémoires {xartiçuliers rektifs à THistoire de France , 1785 et années suivantes, 67 volumes in-8% , y compris deu;?^ volumes de tàl;les^^toit peut* être le seul mojren d^ nous donner un corps 4'histoire nationale ^ exempt de cei» défaut : elle ouvrira anse bistoziens uae sotirce de «richesses , en offiranfi: à leurs lecteurs un nouyeaui^egré. d'intérêt; C'est âansles Mémoires particuliers qu'il faut cherchai ces détails

d'un homme Dfi GOUT. bg

'itxtéressans , qui plaisent davantage à Fimagi-* nation , en dépouillant la vérité de ce qu'elle aquelquefois de trop imposait dan$les grandes hîstoirea; c'est là surtout qu'on peut voir do petits intérêts opérer Içs grandes révolutions. Les éditeurs ont placé en tête dé chaque ouvrage , une notice de la vie privée et pu* blique de son auteur. En apprenant ce quHl a été , on sait quel degré de croyance on doit accorder à son i:émoignage.

. Ce n'est pas là la seule ipèsure que les éditeurs ont prise pour ren^e ce recueil utile à ceux qui lisent l'histoire ^ et à ceux qui se proposent tfe récrire : ils otif confronté les Mémoires qu'Jisimprimoient, avec les manuscrits qui se trouvent dans diverses bibliothèques ; ils ont rectifié ce qui pou voit avoir été altéré, et choisi les raeiUeures éditions: ils ont élagué , sans rie^ changer , quand la prolixité ou le défaut d'ordre nuisoit à l'intérêt des ouvrages qu'ils publioient ; ils ont porté l'œil de la discussion et de la critique sur les morceaux qui accompagnent chaque Mémoire , et qui deviennent par là des pièces justificatives. Avec un plan aussi sagement conçu et aussi habilement exécuté , il n'est pas étoimant que cette collection ait excité

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le plus grand intérêt , et que son succès ait surpassé même Fespérance des éditeurs , ou^. plutôt de M. Duchesnajr , bèau-père de Tinfortuné Roucher ; c'est à son érudition et à son goût, qu'on est redevable de cette' importante collection. '

Les quatre derniers volumes contiennent le commencement des Mémoires de Brantome. La reprise de ce recueil ayant été annoncée en 1806 , M. Duohesnay a envoyé des matériaux pour terminer le Brantôme : on est étonné que le nouvel éditeur, au lieu de suivre ce plan , se soit contenté de donner au public trois volumes de Brantôme , pour réimprimer ensuite la Chronologie septénaire de Cayet

' Cette suite mérite cependant d'être favo* rablement accueillie.

DUCHKSNE ET LES BENEDICTINS.

André Dnchesne fut chargé , en 161 8 , par le ministère de France , de rassembler les originaux des historiens contemporains de nos rois , depuis l'origine de la monarchie ; il publia , en i636 , les deux premiers volumes de cette collection , intitulée : Recueil des JBistotiens des Gaules et de la France. Après

D'uNHOMME de GOUT. 6î

la mort de ce savant , qui fut écrase par une voiture en 1640 , François Duchesne , son fils 9 pubUa , en 164 1 , les tomes III et IV que son père avoit déjà fait imprimer en partie , et donna en 1649 ^^ cinquième. Ce projet , long-temps interrompu , fut repris en 1676 par un ministre , que son zèle pour les lettres a immortalisé. Colbert fit acheter de l^rançois Duchesne , les Mémoires que son père et lui avoient ramassés ; mais sa mort laissa ce dessein sans exécution. Louvois en fût à son tour occupé ; et le Père Mabillon fut' design^ pour ce travail qui, pourtant, resta sans^eSet jusqu'à la régence.

Enfin, en 171 7, le dUc d Orléans, régent du royaume , en ayant commis le soin à M. d'Aguesseau , ce grand magistrat choisit deux bénédictins de la congrégation de Saint Maur, dom Bouquet et domMaure d'Antine, pour les charger du même travail ; ils commencèrent sur un nouveau plan. Le régent nomma Antoine-Urbain Coustellier pour imprimer leur ouvrage ; mais ce dernier étant mort avant que d'avoir pu le commencer , et sa veuve n'ayant pas voulu Fentreprendre , l'exécution en fiit confiée, par M. d'Aguesseau, aux sieurs Martin, Mariette, Goignard et

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Sz BIBLIOTHÈQUE

Guerin. En 1 738 y les libraires associes prësentèrent aa roi le premier volume des Historiens de France ; en lySg ,.le second ; en 1741 5 les troisième et quatrième tomes ; le cinquième , les sixième et * septième , en 1749 ; en 1762 , le huitième ; en 1767 , le neuvième ; le dixième , en 1758 ; le onzième , en 1767 ; le douzième , en 1781 ; le treizième , en 1786 ; le quatorzième a été présenté, en 1807, à l'Empereur Napoléon^ par le rédacteur actuel, M. Brial, ex-bénédictin. Voyez le Dictionnaire des Anonimes. On né sauroit posséder à fond l'Histoire de France , si l'on ne fait une étude solide et approfondie de ce recueil , dont le quinzième volume occupe actuellement le continuateur.

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