‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 38 sur 240 · PERRAULT · texte numérisé non relu

PERRAULT

Nous avions à peu près tenté tous les genres de compositions ; et aucun modèle des anciens ne sembloit avoir échappé à l'activité de nos écrivains , quand Perrault , si vif , si zélé pour la gloire de la nation ( sans songer peut-être à Plutarque ) , écrivit , les vies de quelques grands hommes de la France. Son ouvrage , tout médiocre qu'il est , a fait naître l'idée de celui de d'Auvigny.

d'un homme de GOUT. 63

DU CASTRE D'AUVIGNY.

Cet auteur ayant remarque que Perrault avoit ^ mêlé confusément , et souvent sans observer Tordre chronologique , les généraux d'armées avec les ministres d'état et lés célèbres artistes , se fit un plan plus méthodique : il divisa son ouvrage en deux parties, dont la première fiit destinée aux hommes d'état y et la seconde aux capitaines. Il avoit même conçu Fidée d'une troisième classe pour les hommes qui ae sont illustrés par la littérature^lessciences et lesarts : ce plan , qui par lui-même est fort beau, fut exécuté trèsheureusement sous le titre de f^ies des Hom^ mes illustres de la France.^ 'T^g. D'Auvigny, écrivain facile , avoit pul^lié , à sa mcn:t ^ huit Volumes de cet ouvrage : les sixpremiers contiennent les vies des ministres de nos rois ^ depuis le règne de Louis YII jusqu'au règne de Louis XIV inclusivement. Les vies des capitaines commencent: au septième voluiçe par Charles Martel , qui fut maire du palais sous le règne de Da^bf rt et sous les rois suivans. D'Auvigny avoit poussé son travail jusqa'audixi^me tome , et préparé de quoi faire deiu: volumes. Un an après sa mort (en 1744 ), 4»

il parut deux nou\!:eaux tomes , lesquels , avec les huit précédens , firent dix volumes qui lui appartiennent uniquement.

L'ABBÉ PÉRAU.

L'abbé Pérau , licencié de la maison et société de Sorbonne , ayant goûté ce projet , entreprit de le continuer; on lui remit les matjériaux très-informes, que d' Au vigny avoit laissés au libraire. Ce n'étoient guères que des ébauches qu'il fut obligé de refondre , et qui rengagèrent dans de nouvelles recher^ ches. Il en composa deux volumes , qui font les onzième et douzième ; quoiqu'il pût les revendiquer , il ne voulut pas les publier sous son nom ; il les fit mettre sous celui de son prédécesseur en 1745. C est donc lui-même qui a fixé l'époque de sa continuation au treizième . volume , et qui a marqué son début aux cinq premières vies qu'il contient. U en a donné dix jusqu'en 1767 , lesquels, joints aux douze précédens, font le nombre de vingt -deux volumes.

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