‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 49 sur 240 · VERT O T · texte numérisé non relu

VERT O T

Vou^s trouverez des traits plus animés dans r Histoire des Rét^olutions de Portugal , par Tabbé de Vertot, in-12. Ce morceau, plusieurs fois réimprimé , est assez superficiel ; Péloquence de Thistorien en fait tout le mérite.

Il y a plus de recberches dans rHistoire du Détrônement d'Alphonse ^J, roi de Portugal 5 traduite de l'anglais de Rob, Southwel, . par l'abbé Desfontaines , deux volumes in- 12, 1742 ; histoire curieuse , mais sèchement et prolîxement écrite.

LE CHEVALIER D'OLIVEYRA.

On lit avec intérêt les Mémoires historiques , politiques et littéraires concernant le Portugal 5 par le chevalier d'Oliveyra, la Haye, ï7435avol. in-ia. L'article relat^ à cet auteur , dans la nouvelle édition du Die-

d'un homme de eovT. 79 tionnaire historique , par M. Delandine y est ^ aussi inexact qu'insignifiant.

Fran<^ois-Xavier d'Qlivejrra, chevalier de l'ordre Militaire du Christ , et gentilhomme de la maison de sa majesté très-fidèle le roi de Portugal 9 naquit à Lisbonne le 21 mai 1702. A la laort de son père, qui arriva à Vienne en 1732, il fiit nommé pour lui suc- . céder comme secrétaire d'ambassade, à la demande particulière du comte de Taronca, alors i^inistre plénipotentiaire de la cour de Lisbonne à celle de Vienne. Ce fut dans cette dernière ville qu'il crut trouver des ebsurdités dans la religion romaine. Quel-^ qnes malheiireuses disputes , qui s'élevèrent entre lui et le comte de Taronca , venant enfin à éclater par une rupture ouverte ,.il se démit de son poste de secrétaire ; mais il resta à Vienne pendant quelque temps , soUiôitant en vain sa cour de lui rendre justice.

En 1740 , il vint en Hollande , où il mon^a tm grand attachement aux principes du protestantisme , ce qm fit proscrire par llnquisi* tion de Lisbonne le9 ouvrages qa'il publia ^lors en portugais.

Après quatre années de séjour en HoUan* 4^, il alla à Londres 9 pour intéresser en sa

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faveur Fenvoyé de Portugal , très-connu depuis-sous le titre du marquis de PombaL Dans le mois de juin 1746 , il osa abjurer publiquement la religion catholique romaine, pour embrasser celle de l'Eglise d'Angleterre. II avoit bien prévu que cet acte feroit confisquer ses biens en Portugal; mais par I9. douceur de ses mœurs , et la bonté de son cœur 9 il se concilia l'estime et l'amitié de plusieurs Anglais de mérite et de distinction.

Le prince de Galles, père du roi^ actuel d'Angleterre , lui fit une pension, qui fut continuée par la princesse douairière. Après le décès de celle-ci , cette pension fut augmentée par la reine d'Angleterre.

Lorsqu'il apprit ia nouvelle du terrible tremblement de terre arrivé à Lisbonne en 17&5 , quoique jouissant d'une foible santé , il fut excité par l'amour de son pays natal à composer son Discours Pathétique , qu'il puhj^si au commencement de lyôB, l'adressant à ses compatriotes, et particulièrement au roi de Portugal : le débit rapide de plusieurs éditions de cet ouvrage , de l'original français et de la traduction anglaise , dans le cours •de peu de semaines , est une preuve évidente de son mérite; mais il lui attira le ressentiment

d'un homme de ôout. 8i hiëflt Aé quelques Portugais , et 'surtout d« Plnquisition, qui, le 20 septembre 1^^615,' Je condamna à «être brûlé en effigie, AnssYtôt qu'il eût appris cette' norpvelle , il publia utr petit livre intitule : le Chei^alier d'Olweyra brûlé en ejfigie y comme hériitque ; comment et pourçuoL Anecdotes et réflexions sur -ce sujet , données au public j^ar lui-même^, Lonr dre«, 1763*

Le fihe valier d'OIiyeyjra est mort le 1 8 octobre 1783 , âgé de, 81 ^ivil fut marié trois fois. L^s iqanuscrits ^'il a laissés sont trèçr nomb^eujc j^et l«s sujets dopt./ls traitent , fort variés. Le plus important est TOliveyrana , ou Mémoires Historiques , Littéraires , etc. , qui , en 27 volumes in-4®/,'c6ntîeiinent , corn* mè â'le'(Hioi.t MûVéiit^ le fruit de ses léctures^l^oblBervatioiis pendant Tespace. de

tÈliiARQtJts'cËTôiitôÀL :

Là": vif de ce célèbre: ministre de For' togiâ- a été présentée sous des couleurs: biennoires àsaa» des Mémoires qui parurent en 1785, '4 voi..in-i2 , et dans les Anecdotes .de<w son minîstète , 'publiées Fannée précédente ^ aussi in«i2. Ces ouvrages ont été i^édigés par

ToMK IV. II

8â BIBLIOTHEQUE

des jettes qai avoîent été renvoyer de Portugal par ce ministre. On prendra une plus [uste idée de sgn caractère et de ses talens 4a;isJ'ouvrage intitulé : ^administration du Marquis de Pombal^ 1788 , 4 vol. in-8^.

I V. HISTOIRE DE HOLl^ANDK

Leis Pays-Bas et la Hollande, théâtre d'une guerre sanglante à la fin du seizième siècle , essuyèrent beaucoup de révolution^. Les combats de la liberté contre le despotisme de Philippe XI, ert lès suites de ces combats, ont été décrits par plusieurs historiens , parmi lesquels il faut distiïiguer Grotius^ Strada et Bentivoglio. '

G R pTÏU S, . Grotiusest digne. d'étCQ compara. à Tapite. La petite obscurité dont il 9st fiojxvp^t^ dit l'abbé Lenglet , le rend énergique et çpjicis. Il a pa^f^dtementbiQn développé .^ute^ les intrigues , tous les ressorts et tous jfès'motifs de la guerre. Jamais hommid lie {Pratiqua moins ia politique ; et cependantjaiDiiaishom-i me n'en.écrivit mienx. Ses Annales dèiRebuê Belgicis vont jusqu'en 1609 * onena unetraduction française , par Nie. rHéritidrV ^Amsterdam , i^â, iU'foh :^ : .

d'un HOMMH de GOUT. 8$

Si Strada a de grandes beautés*, il a aussi de grands défauts. Ses réflexions politiques lui ont fait donner le nom de Tacite de^Ia Flandre ; et ses ennuyeuses leçons de morale Font fait nommer par d'autres le Sénèque moderne. Il n'est jamais permis à un historien de prendre un ton dogmatique; et il doit être extrêmement retenu dans ses réflexions : cel'» les de Strada ont du brillant ; mais tout Féclat par lequel il prétend éblouir ses leëteurs^ n^empêçhe pas les gens sensés de trouver que cet écrivain tnanque de jugement. Quoiqu'il eût promis une relation fidèle de la guerre de Flandre , il se contente de coudre ensem-^ ble les éloges de quelques particuliers, et renvoie son principal sujet à la fin de l'ouvrage. El li'est pas même exempt de partialité ; et il met tout en œuvre pour élever jusqu'aux nues son héros , Alexandre Famèse. Strada n'a point de style qui lui soit propre ; c'est un composé de plusieurs styles , fimît de Ses grandes lectures. Ce défaut est celui de presque tous les latinistes inoderhes. Ajoutez a cela que quand il se mêle de parler de guerre , il ne fait que bégayer ; et c'est ce qui a

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fait dire à Bentîvoglîo , que l'Histoire de ce jésuite ëtoit plus à l'usage dii collëge , qu'à celui de la cour : elle va jusqu'en 1 590. Du Ryer a traduit cette Histoire ça f^-^nçais ,. I;à5s i s. vol, in-8^. .

BENTIVOÔLIO.

Ce savant cardinal a traité le même sujet ; fliais il a trop pefnsé à plaire ; et il a rabaissé la majesté de l'histoire par une pureté de style trop étudiée. Cependant son Histoire des Guferres de Flandre est généralement estimée ; elle est phis détaillée que celle de GrpUtis 5 et plus complète que celle dç Strada, Jl la commence à Forigine des troubles qui causèrent les révolutions de la Flandre, et la termine ^u traité d'An vers, où le roi d'Es^p^gne reconnut les Provinces-Unies pour un Etat libre et indépendant. Le cardinal Bentivoglio a mis en général beaucoup de soin , de critique , et d'impartialité dans son Histoire ; son traducteur , l'abbé Loiseau , chanoine d'Orléans, açclairci, corrigé ou étendu le texte , suivant les circonstances , par des notes intéressantes , que lui ont^fpurnies tous les historiens qui ont parlé des troubles de la Flandre. Cette traduction a été'publiée à Pa^» X^ pn 1769 , 4 vol in-iat

p'u^ HOMMB DE GOUT. 85

il ne soSËi pas de lire ces écrits sur les révolutions des Provinces-Unies, il faut consolter les grandes histoires;. Le Clerc /donna trois volumes infol. sous le titre d'Histoire des Prouince»Unies des pays-Bas. C'est un ouvrage d\ui grand travail et d une lecture immense ; mais on sait que l'auteur travailloit à la hâte , et qu'on ne peut pas louer beaucoup l'élégance et la. politesse de son style.

On trouve les mêmes défauts dans les Annales des Provinces-Unies depuis la paix de Munster, par Basnage , 1719 et 1726 , 2 voL in-fol,

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