‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 59 sur 240 · L'ABBÉ RAYNAL · texte numérisé non relu

L'ABBÉ RAYNAL

Quel feu dans son Histoire du Parlement d'Angleterre ! Quelle foule de portraits, quelles légions d'antithèses , quel prodigieux aimas dj$ réfle:tcions , quel enthousiasme même en {d^sieurs endroits ! Son intentio^ n'a pu être de composer une Histoire, mais un discouirs d'éloquence, une harangue sur Torigine^ les progrès et l'état actuel du parlement de la Grande Bretagne* Le style oratoire , qu'il a préféré à une narration simple , garantit ce que j'avance. Il n'est pas possible de le lire , sans être frappé de la fécondité de son imagination , de la chaleur de ses images, de la variété de ses descriptions, et du choc brillant de ses idées. Les faits sont extrêmement pressés dans cette Histoire ; ils n'y occupent qu'un trèsTpetit espace , et semblent ù'être là que pour servir de cadre à des maximes ou à des tableaux. Cet ouvrage peut être comparé à ces comédies sans noeud et sans dénoûment , qu'on appelle des pièces à tiroir.

LE PÈHE D'ORLÉANa

Les jRéi^olutions d'jdngleterreduPhre d'Orléans ne sauroient entrer en comparaison avec l'Histoire de Rapin, ni lavec celle de Htône. C'est un livre moins solide que brilïâut, moins instructif qu'agréable , ou Toi^ ne trouye que des idées imparfaites du gouvernement, de la législation et des mœurs. Ce qui concerne les Stuart est écrit avec une partialité trop évidente. Le jésuite Français règle la plupart de ses jugemens 3 tantôt sur les intérêts de la cour romaine , tantôt sur les principes de la monarchie française. L'auteur avoit été prédicateur avant que d'être historien ; et l'on s'en aperçoit en le lisant. On fait peu de cas de la suite de l'ouvrage de ce jésuite 5 donnée par Turpin , en 1786 , 2 vol. in-i£.

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