PE SAINT-MARC
liltalie , le berceau des arts par rapport à nous , a été pendant quelques, siècles dans la plus profonde barbarie. Le temps de ténèbres où elle a été plongée, ne laisse pas àfi fournir des événemens intéressans , qp^ o]|t eu leurs historiens. Vous pourrez preQdr0 une idée de l'histoire de ce temps-là dans l^ Abrégé chronçlogique de V Histoire générale d'Italie ^ depuis la chute de l'Empire Romain en Occident , p'est-à-dire, depuis Tan 476 4p l'ère chrétienne^ jusqu'au traité d'Aise
B'uN HOMME'DB GOUT. IHZ
larChapelIe en 1748 , par le Fevre de Saint- Marc, de r Académie de la Rochelle, en six vo.« Inmes in-8^. : le dernier ^ été publié par le Fevre de Beauvrây , qui a mis en tête Télo* ge de son prédécesseur. '
Le titre d'Abrégé chronologique , le plan général de Fonvrage ^ et sa distribution par colonnes, sont em^nnantés du livre du pré* âdent Hénault , sur lequel on a modelé tant d^autres Abrégés d Histoires. M^is Tauteur » traitant un sujet neuf, embrasse un champ bien plus vaste , et donne plus de liaison aux matières , plus de développemens et plus de détails. Son dessein étant de faire entrer dans son Histoire d'Italie , celle de 1242 ans, ce fonds , déjà si considérable , semble s'ac^' croître encore à mesure que Ton avance , à cause â'nne multitude d'Etats , qui , depuis la chute de TErapire Romain , s^élèvent et tombent successivement dans cette partie de l'Europe : aussi Fauteur n'a eu le temps de parcourir, avant sa mort, qu'environ la moitié de la carrière dans laquelle il étoit entré ; et Ton est fâché qu'un si bon ouvrage , exécuté par un écrivain si laborieux, n'ait pas été fini par lui-même.
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SIGONIUS ET MURATORL
Les sources où de Saint-Marc a principalement pnidé , sont l'Histoire dn Royànme dltalie^ par Sigonius , et les Annales d'Italie , par Muratori ; compilation immense , où brillent également le savoir et la critique* II' aoroit eu y pour les temps postérieurs , des historiens contemporains qu'il est bon de faire connoître.
Paul Jove, évêque de Nocera , et conseiller de Côme , duc de Florence ^ donna au public l'Histoire de son temps , dans laqueUe il a fait entrer pour beaucoup celle (d'Italie. Cette Histoire seroit plus utile , si son auteur étoit moins passionné. La variété et l'abondance des matières y jettent un grand agrément. La scène est tour à tour en Europe , en Asie 5 en Afrique. Les principaux événemens de cinquante années , décrits avec beaucoup d'ordre et de clarté y et réunis par une liaison naturelle , forment un corps d'histoire qui ^eroit fort agréable, si la fidélité de fhistprien égaloit la beauté de son génie. La haine et la flatterie conduisent sa plume
d'un HQMMS de GOUT. 1^5
3 fait paroitre trop d'attachement pour sa nation et ponr la maison de Médicis. Pensionnaire de Gharles-Quint ,11 ne parle de ce prince qu'avec la plus basse adulation. Ce lâche écrivain ne faisoit pas difiSculté d'avouer qu'il avoit une pliune d or et une de fer , pour traiter les princes selon les faveurs qu'il en recevoit. Paul Jove , dit Bodin , n'a pas voulu dire la vérité lorsqu'il a pu , quand il raconte ce qui s'est passé en Italie ; et il n'a pu la dire lorsqu'il l'a voulu y quand il écrit les affaires étrangères. Cet historien mercenaire mourut à Florence, en i552, dans la soixante-neuvième année de son âge.