L'ABBÉ LAUGIER
On ne lit plus Amelot , après V Histoire dé la République de Venise , depuis sa fondation jusqu'à présent, par l'abbé Laugier, en dodz< volumes in-ii. Les faits y sont bien circons-
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tanciés et bien liés ensemble , et il y règne bêaucoqp de feu et d esprit ; mais ses expressions ne sont pas toujours justes et propres : ce défaut est pourtant rare- chez lui ; et en général son livre est bien fait et intéressant. On peut dire néanmoins qu'il n offre pas partout des traits également importans : une infinité de petites guerres entreprises contre de petits Etats y entraine nécessairement une foule de légers détails. Mais l'auteur a ea soin d y répancîre tout Fintérêt dont ces matières sont susceptibles; et quelqu'indiffé* rentes qu'elles nous paroissent , elles se font lire avec une sorte de curiosité et de satis^ faction : ce n'est pas qu'il doime ni dans la satire ni dans l'épigramme ; son ouvrage n'est ni un recueil de bons mots , ni un libeUe : on pourroit peut-^tre lui reprocher le défaut contraire , je veux dire , un certain penchant à la louange ^ et surtout une sorte d'affectation de justifier certains points du gouvernement vénitien, qu'un lecteur Français ne sauroit approuver.
M. DE BREQUIGNY.
Cet académicien, auquel on attribue Pffis- .toire des Réi^phuions de Gênes y en trois
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Tol. în-ia, imprimée en I75i , n'y a feîl enH trer aucun des ornemens dont rhisioîre efct suscept3)le : ses descriptions sont froides , ses tours uniformes ^ ses caractères croqués , ses expressions sans, force , sans hardiesse ^ sans éclat Quelquefois il fait paroître ses héros sur la scène , sans les Êdre connoître ,' sans qu'on s'aperçoive pourquoi ni comment ils disparoissent. Tout le mérite consiste dans la narration qui est simple, unie et coulante ; mais l'imagination de l'auteur^ 'trop froide pour le genre d'écrire dont il s'agit, laissa celle du lecteur dans xm triste repos qui ra-p lentit sa curiosité.
Peut-être que ce qui rend la lecture de ce livre peu intéressante , ce sont les événemens peu considérables qui y ^orit rapportés. Bien dé plus ingrat pour un historien , que les premiers siècles de la république d^ Gênes : ils ne fournissent que des feits trèsr peu importans, et dénués de circonstances qui donnent jeu à l'imagination ; ce sont d'ailleurs toujours les mêmes : comment évi^ ter la monotonie dans une si grande uniformité ? On s'aperçoit que quand la matière devient plus curieuse , l'auteur s'applique davantage à la mettre en œuvre; c'est ce'
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qu'on remarque surtout dans le troisième tome 5 qui n'est proprement que î histoire de la dernière révolte des Corses , et dans la partie du second, qui renferme la conjuration du comte de Fiesque,
On ne trouve d^ns cette production / ni la partialité dont pouvoit être susceptible un Français en écrivant des événemens auxquels nos ro^s ont eu tant de part, ni ces conjectures hasardées, où un historien pei;it moins la politique! de ceux dont il rapporte les actions , que celle qui le feroît agir lui*même dans de semblables circonstances.
M, L'ÀBBÉ GERMÂNÉS.
L'auteur d'une Histoire des Réi^ohctions de Corse y i^ji^ dettx Vol. in-ia, M. l'abbé Germanes , jgaroît n'àvc»r négligé aucune de^ àouifces ou il a pu s'instruire de la vérité des &its , de ceux surtout qui ooncernent les dernières révolutions de l'île dont il déerit l'histoire* |1 cite dans sa préface presque tous les :généraux Français qui Qiit success^- 'veuxeùt commandé en Corse , et qui ontbiç^ TOttln lui faire part de lew6 lumières, dç }éurs observations ^ de leurs jourfiaux et de leurs mémoires.
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