‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 92 sur 240 · RULHIÈRE · texte numérisé non relu

RULHIÈRE

Rulhière se trouvant en Russie en 1762 ; à la suite du ministre plénipotentiaire Ereteuil, fut témoin de la révolution et des crimes qui placèrent Catherine II sur le trônev A son retour il en fit l'histoire ^ et la tut dans plusieurs sociétés. L'impératrice sut que cet ouvrage exîatoît; elle essaya plusieurs . moyens pour le faire supprimer. L'auteur se trouva placé entre une somme de trente mille francs et la Bastille , et il sut échapper a là séduction de l'une et à la crainte de Tautre.' Ne pouvant anéantir cette Histoire , on hiî fit de nouvelles offres pour l'engager à en adoucir au moins quelques traits. Il refusa

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tout , mais promît de ne jamais Fimprimer du vivant de Timpëratrice. A la mort de Rulhière , arrivée en 1791 j son frère devint rhéritiér de ses manuscrits ; et fidèle à la promesse de Fauteur, il atteiMit l'année 1797 pour publier son lîyre , sous le titre ât Histoire ou anecdotes sur la Résolution de Russie en 1762, in-55^. C'est le récit d'un témoin oculaire , écrit par un homme de beaucoup d'esprit. Oh Ta réimprimé en 1807 , à la suite de l'Histoire de l'Anarchie de Pologne.

M. Castera fit paroître, en 1797 > a vol. in-8^. , une Vie de Catherine II; mais la forme singulière que fauteur avoit prise , la supposition , peut-être un peu forcée , qu'il ne fai- «oit que donner des mémoires écrits ou dérobés par un prétendu }uif , firent regretter qu'au lieu de ce cadre rétréci , fauteur n'en eut pas pris un plus grand , plus digne de son talent , celui d une histoire. M. Castera s'est rendu à ce vœu des critiques éclairés , et il a fait paroître , en 1800, f Histoire de Catherine II y en trois gros volumes in-ft^. Ce n'est plus seulement la Vie privée de Catherine , ni f Histoire de ses amours ^ de ses cri-

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^ mes, et de la révolution qui la^mit sur lf> trôiie ; c'est une Histoire abrégée de la Russie, et un Tableau complet de la statistique de ce ' vaste Empire ; c'est non-sçulement THistoire , de la B.U We pencbnt le règne de Catherine II, mais c'est presque , pendant le même espace de temps , celle de tout le Nord de l'Europe , sur lequel Catherine a eu tarit d'influence. Cette Histoire est , à coup sûr , une des meiK leures comme, des plus importantes producn tions littéraires qui aient paru dans ces der-^ niers temps. C'est une véritable et excellente Histoire ; rien n'y ressent la prévention ni la passion ; tout y respire la sincérité , l'impartialité et les nobles sentimens d'une ânie libre.

L'ABBÊDEVERTOT.

La noblesse Suédoise , peu unie entr'elle y et presque indépendante de son souverain , jalouse surtout de la puîssâ[nce des évéques ,. et envieuse de leurs richesses; ces prcHats usurpxint les droits du prince , profanant souvent la sainteté dalôur caractère, parmi la . sédition et les arme« ; tout le royaume par-, tagé entre ces deux partis , et les Danois profît^mt de leurs divisions pour les accabler ; le

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^nat et la noblesse massacres ; le peuple téduit à une extrême misère ; enfin , cette monarchie ébranlée jusqu'aux fondemena y sans roi , sans sénat, sans généraux et sans armées , prête à devenir une malheureuse province du Danemarck , lor^squ'il paroît un prince fameux par ses exploits , qui , par sa conduite et sa valeur , chasse les Danois de la Suède , et a l'habileté de reprendre peu à ^ peu toute l'autorité que le clergé et la noi blesse avoit usurpée; enfin, un royaume élec* tif qui devient héréditaire ; voilà les grands d)jets que présentant les deux volumes in-is de P Histoire des Résolutions de Suéde , par l'abbé de Vertot , dont la meilleure édition parut en 1768. On ne saurcÂt mieux peindrci que le ikit cet ffliteor ddns cette histoire ; mais on se plaint que ses portraits et ses couleuri tiennent du roman.

CELSIUS.

WL Genêt le Bis a pnblié à Paris , en 1777 i 2 vol. in- 12, une continuation de THistoird des Révolutions de Suède de TaUbé de Vertot C'est l'Histoire tf Eric XIV , roi de. Suède , traduite du suédois cb M. Olof Celsius , pprer mier pastem:, et {^résident du eonsistoire

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tnétropolîtaîn de la ville de Stockholm : Taateur de cette Histoire se pique d'impartialité : il écrit d'après les actes ^ publics y et il les rapporte. Il résulte de se^ recherches 'et de ses travaux ^ non une apologie d'Eric , mais un lableau fidèle de ses qualités bonnes et mauvaises, et de ses actions dignes , tantôt de louange , et tâniôt de blâme.

: Eric 5tlV étoitje fils aîn^ , e^futle successeur du fameux Gustav^ô Vasa. Son. règne fot agite 5 sa fin fut malheureuse; il fiit déposé , enfermé , puis empoisoimé.

VOLTAIRE. '

' Nous n'avons d'excellent sur Fhistoire dô la Suède ^ que ce que cet aiftteur nous a donné sur P Histoire de Charles XII: c'est son cjheft d'œuvre dans le genre historique. Cette pror dnction est hie et goûtée de tout, le monde , dit l'abbé des Fontaines , soit pour les faits qu'elle contient , soit pour là manière agréable dont ils sont racontés. 0|i a reproché à Quinte-Curce d'avoir donné un air de roman à son Histoire d'Alexandre , d'avoir fait plusieurs fautes contre la vérité historique , et contre la géographie. Charles XJI a fait des choses si singulières , et a parcouru tant de

vastes

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vwtes pays, qu'il nç s^pit pas. siir{»:enaitt que la même accusatiou se renouvelât contre rhistoi;ien de ce héros.

M. NORBERà

L'Histoire du Monarque Suédois a été traitée depuis Voltaire*, ][>kr M. Norberg, icb^pelain.dç ce.i^9]s^^(gi^.^.qpi a fait d^ux grps volumes m-49», jo^^deniej^t éçrit^ Cent u» ouvrage in^^di^^^, dans lequel o^ 4r<>Qve trop de petits .^j||^/éfpangers à son «Bjét, et.oii les gf'ei^ds .éyén^mem;. dmen* nent petits.) ta|it ils sont mal rajj^portés. C'est >UQ tissu de Texx'}t? y,^^ 4^cIaration$ et d'^trtr^ pièces , qujf se font d ordinaire au npip d*s rois quand ils sonjt en guerre ; elles •ne servent jcundsfJfaire conpoître. le fond d€tt 4yèj\empvfi : elles sôfit inutiles ^ux militaires et mff, ppliliq^esi çt ennuyeuses poqr le lect^^. «p. Un éçriv^n peut seulement , dit »ML de ypltai^iB 9^1es ççpsulter quelquefois »dana le/I^esoi^ pCMir. en tirer quelque lu* *i»i^j9,awsiqu'p^arelatecte emploie des » 4Â^€tiûifTf^s dann un édifice. Norberg n'avoit n ni lumières, ni esprit , ni coimoissance dés , » a^&Orçs du jfkop^f ;^t c'eat peut-être ce qui »détGXpppfi Charly Xn à le choisir pour son

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