‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 95 sur 240 · DE GUIGNES · texte numérisé non relu

DE GUIGNES

Un peuple célèbre , qip a établi de puissantes monarchies dans J'Éurope, dans rAsié et dans l'Afrique ; qui a eu des empires plu» étendus que celui de Hom^ , des empereurs illustres , des législateur» et de» conqnérans • qui a contribué à la destruction de l'Empire Romain , ruiné celui des califes , ravagé k France, lîtalîé ,ia Gerinanie, et ti)ii» Iç» pays du taôrd de l'Europe ; un peuple enfin qui a subsisté avee éclat pendant plu» de deux mille ans, et dont nous n'avions en jusqu'ici qu'une connoissance' trè»-c6nihse : voilà le» grands objets que nous présente un ouvrage en $ vol. ûf^»,, par le célèbre de Guignes ^ de l'Académie des Inscriptions et Belles^iOt. tre«B ,'"17516 , sous ceiifre : Bistoire générale

ToM« IV. aa

I7P BIBLIOTHfcQUE

des Jïuns ^ des T^rcs ^ des Mogols ^ et ù^^Ufés ToTtares Occidentaux ^ avant et depuis J.-C. jusqu'à présent , précédée d'une Introdiiction contenant des tables chronologiques ethis* toriques, des princes qui qnt régné dans l'Asie ; puvrage tiré de? livres chinois et des manuscrits orientaux de la BibUothèq}ie du Roi.

Il est inutile de faire remarquer quelle étonnante érudition suj^osb une j?rodiiction de cette nature; quelles immenses recherches routeur a été obligé de J^ire poi;BP remoiiter \ Toriginé de tant de peuples différens , dont il é toit si difficile de suivre les traces. Il ne seroî't pas jétonnapiqu il régnât dans cette histoire im peu de confusion: elle naitroit du fond' ihême'dés matières. Quant à la diction. Ml de Guignes |^,'a- i;isé que tjrès -naodérémeiit du' droit qu'ox^t les sa vans ;^ de s'abs* tenir d'une certaine élégance de style. Il ne inànque dpnc à cet çuyrage , auquel on ne fcaurbit trop applaudir , qu'un peu plt^s de Sfyîe, de goût, de critique et de philosophie, tiâ langue n'y est pas assez respectée ; ce défaut, joint à l'assemblage 4e^ nom3 barbares qii*on rencontre à chaque phraç^ , en rend la lecture îrès-péniblç. H ^fy A pa

d'un HOMME DE GOtFT. ,17!

de femme qm puisse en parcourir deux pagel pati^sunent. On aùroit pu souvent substitue!* les mots d einpOTeur , de r^ , de prîkicô , de général aux noms propres ^ qu'on auroit renvoyés d^ns les notes. Un peu plus de goût auroit rendu les tableaux plus serrés et plus frappa&s 5 les réponses plus vives et plus piquantes , certaines eilprcssions ôrietitales plus é&er^ques. Un peu plus de philosophie étoit nécessaire , pour tirer de ces grands évéaemens quelques réflexions profondes, pour rejeter desfables orientales , poui^ (ïécou^ vrir dés motifs , et pour discuter certains faits importans , sur lesquels oli passe trop légère^ memt. Entfn, la critique me paroit la partie que l'auteur a le ^plus négligée. - Gomme d'Herbélot , il a travaillé sur un grand nombre de manuscrits ; et comme lui , il est tombé dans des répétitions fréqtiënteè , et quelquefois dans des contradictions. Ce dé^ faut, qui n'est pas même pardonnable dans un dictionnaire , Test encore moins àim his^ torien , qui doit comparer ensemble les di& fëf entes leçonsi , et en suivre u&e« lie^même fait est rapporté dans pltffiteurs ç<idroîts 8é-> parés , et toujours avec des dlff^^ntel i^mk* sidérations. Le mêotedôm propice' eM altéré

17a BIBLIOTHEQUE

plpsieurs fois. Les ^uteurs Orien;taax, attachés aux diverses djmasties qui ëtoieiii:en guerre les unes avec les autres , favorisent dans leurs écrits les princes auxquels ils sont soumis , et racontent le même événement d'une manière opposée. De Guignes adopte le récit de ces historiens Tun après l'autre, sans considérer qu'ils ne s'accordent point entr'eux. Il falloit balancer leur autorité , et s'en tenir à une narration uniforme* Cette négligence est encore plus sensible dans hs endroits , ou il a rapproché et fondu les traits qu'ils rapportent , pour caractériser les peuples dont il > écrit l'histoire. On est t encore fâché . de voir celle des gi%nds hom* mes morcelée en diffésentes parties. Lorsqu'on commence à s intéresser aux événemens d'an prince célèbre , son histoire finit ; Ton en commence une autre ; on revient à la première. deux cents pages après ; on l'abandoctne de; nouveau, pour la reprendre dans la suite. Au reste j ces défauts n'empêchent pas qiie. c^te coUectipn ne soit ex-* eeUente poor la masse des faits, et qu'on ne d<Hvela regai3der comme imeBource féconde fMwr cei» quilvoii^flfcrcofwpître pu (écrire le^rév^utÎQns deilOrieftt

d'un homme de GOUT. 17?

f XII. HISTOIRE DE TURQUIE, DE PERSE , DU MOGOL ET DE LA CHINE.

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