KEY
chambre de 1830 et de 1846 citer froidement comme on simple précédent jndidaire nn des faits les plus înAroes d'une époque odieuse an pays, un des actes de cette procédure monstrueuse sous laquelle a succombé mon malheureux père. On a osé parler de sa dégradation !... Ah ! ses ennemis, monsieur le duc, ont pu le
tuer, mais le dégrader iamaisll.. » Nommé
lieutenant-colonel le 10 mars 1844 , le prince de la Moskowa , malgré certains embarras financiers où le jeta l'amour du luxe, mena jusqu*en 1848 une grande existence aristocratique. A cette époque, il prêta les mains à Tagitation réformiste des banquets, et travailla k faire triompher la candidature du prince Louis-Mapoléon, qui le nomma colonel (1'^ mai 1849) et officier de la Légion d'Honneur (1**' octobre 1850). Représentant du département d*Eure^t-Loir à TAssemblée légisIatÎTe, Ney y soutint la politique de l'Elysée, fit partie de la commission consultative en décemlnre 1851 , et prit place au sénat le 25 janvier 1852. Enfin, il obtint le grade de gêné rai de brigade le 10 août 1853, et fut mis en disponibilité. L'un des fondateurs du Jockey-Club^ et amateur passionné de la bonne musique, il contribua plus que personne, après M. Fétîs, à remettre parmi nous en honneur l'ancienne musique classique. Il organisa une association musicale, qui compta de hauts personnages parmi ses membres, et Csisait exécuter chez lui, dans de savants concerts, les chefs-d'œuvre des grands maîtres. On lui doit plusieurs compositions lyriques, et Ton a aussi de lui : Des chevaux de cavalerie et de la régénération de nos races chevalines; Paris, 1833, in-8®; — Des haras et de% remontes de la guerre; Paris, 1841, în-H* ; — Ascension au Vignemale; 1842, in-8*; — Des Régences en France; Paris, i842, in-8**; — Souvenirs d*une campagne d'Afrique ; Paris, 1845, in-8", et divers articles dans la Revue des Deux Mondes. Le prince de U Moskowa mourut sans enfants mftles; sa fille Églé-Napoléone-AU biiie^ née à Paris, le 18 oclobrts 1832, a épousé, le 27 mai 1852, M. le comte de Persigny, ministre de l'intérieur. H. F.
jânnuairt mMUaire, — Vapereani DM. univ, det CoMtemporaitu. — Borel d'Hauleiive, ^nnuatre de la puirUt 1847. — MoniUur uutv.^ 184S.
NBT {Michel'LouiS'Félix)^ duc d'Elcbin- CEN, général français, frère du pr<^dent, né à Paris, le 24 août 1804, mort è Gallipoli, le 14 juillet 1854. Entré an service de Suède en 1824, il y demeura jusqu'à la révolution de Juillet, et fut alors nommé (20 août 1830) capitaine au 1*' régiment de carabiniers, et peu après officier d'ordonnance du maréchal Gérard, Il prit part à la campagne de Belgique, se trouva ati siège d'Anvers, et se rendit en Afrique comme aide de camp du duc de 2<Iemours. Il s'y fil remarquer dans plusieur» expéditions, notamment S celles de Mascara et des Porte* de fer. Chef d'escadron au 4* cuiraasieni (24 décembre
1837 ), il fut promu officier de la Légion d^Ha neur (2t juin 1840), lieutenant -oolaoel as 5* dragons ( 23 décembre 1841 ), coionel an 7* i^ giment de la même arme (14 avril 1444), «I enfin général de brigade (22 décembre is»: C'est en cette qualité qu'il fut appelé < 22 avri 1854) au commandement, dans l'amiée d'Oriaâ, de la brigade de cavalerie composée des T d V cuirassiers. Déjà indisposé quand Û affii la mort de la maréchale sa mère , il iiâ a vivement frappé de cette nouvelle» que ps d'heures après il expira. L'arrondtasemcnt ir Nontrenil (Pas-de-Calais) l'avait choisi pâE dépoté en 1846. Le duc d'EIctûngen réonit e un volume in-8*', Paris, 1840, des documeob inédits d'une grande importance et desob!rfvations sur les opérations de la bataille de Witerloo et la conduite de son père. H y a ambattu les assertions du Mémorial de SaitUe- Hélène par des arguments solides, et cette pablication devint l'oltjet d'une discussion entre li. et le général Jommi (Spectateur fniiitain, décembre 1841 ). Son titre de duc d'Elcfaîngen a passé à son fils Micheï^Aloys, né à Paris, s
NET ( Eugène t comte), diplomate français, troisième fils du maréchal, né en 1808, à P^ ris, où il mourut, le 25 octobre 1S45. U iii successivement attaché à la légation française ca Grèce, devint en 1838 secrétaire de léfâtioo à Rio-Janeiro, secrétaire d'ambassade à Turin m 1841, et partit, le 27 novembre 1843, poor « rendre au Brésil en qualité de chargé d'affaires. Il y contracta une maladie qui le força de reveaâen France en juillet 1845. On a de lui : Abrégé historique des ordres militaires et civils it la monarchie de Savoie; Paris, 1843, ni-8* ; — et divers articles de voyages dans la Repue des Deux if onifes, années 1831, 1832 et 1833.
Dotumenti particuliers.
{; KBT ( Napoléon-Henri'Bdgar ), piince de tk Moskowa, général français, né 4 Paris, le 20 mars 1812. Le plus jeune des quatre fils âi maréchal, il entra an service comme sous-fiestenant au 5* régiment de hussards ( 19 décembre 1830 ), fit les campagnes de Belgique et d'Afrique, et fut successivement promu lieutenant ( 31 août 1836 ), et capitaine adJudaot-iDa* jor (22 juillet 1839). Chef d'escadron au l<^' régiment de hussards (29 octobre 1844), il fiit appelé, en décembre 1848, 4 faire partie, conune officier d'ordonnance, de la maison militaire do prince-président de la république, qui, en loi conférant le grade de lieutenant-colonel ( i<r mars 1849 ), ne tuda pas à le charger d'âne mission particulière 4 Rome, auprès de la cour poatificale. Ce fut là qu'il reçut, le 18 août suivant, cette lettre fameuse qui exdia au sein de rAaaemblée législative les plus orageuses discuBaions, et dans laquelle le prince résumait ainsi le rétablissement du pouvoir temporel du pape : ^mnutie générale^ séaUarisatiOH de Cadmimh
NEY — NÉZAHUALœYOTL
ration. Code Napoléon, gouvernement liàé- \ 'al. M. Ney, que le dé|Nirteinent de la Cbarenle* ; nférieiire choisit poor le représenter à rAssem- )Iée législative en 1850, fut nommé colonel dn >^ réf^mentde dragons (7 janvier 1852), puis lide de camp et premier veneur de l'empereur îl général de brigade .(25 mars 1856). Son frère ilné étant mort sans postérité mâle, Tempereor, )our perpétuer un titre auquel se rattachent les )lus glorieux souvenirs, l*a autorisé (22 sep- ;embre 1857) à porter depuis le titre de prince de a Moskowa. Le général a pris une grande part à a campagne d'Italie en 1859. Chevalier de la Légion d'Honneur le 21 juin 1840, il a été promu >nicier le 2 décembre 1850, et commandeur le 12 mai 1855. H. P—t.
Documents partlculiert,
* NET EN {Àugtiste), historien belge, né à Luxembourg, le 12 août 1809. Docteur en mélecine de la faculté de Liège, il exerce à Wiltz l'art de guérir après l'avoir pratiqué à Musây-la- Ville près Virton. Consacrant à l'étude de l'histoire de sa patrie tous les moments dont il dispose, il a publié un gnnd nombre de notices et ie mémoires. Nous citerons de lui : Manuel de Zoologie, ou exposé succinct et méthodique de V histoire naturelle des animaux; Liège, 1831, in-12; — La Franc- Maçonnerie expliquée par un ami de la vérité; Metz, 1834, in-12 (anonyme); — Notice historiqtie sur la famillede TFf/^Aeim ; Luxembourg, 1842, in-i"; — Histoire de la ville de Vianden et de ses comtes ; Luxembourg, 1851, in-8®; — Biographie luxembourgeoise, histoire des hommes distingués originaires de ce pays, etc. ; Luxembourg, 1861, 2 vol. in-8*; — Histoire du comte de Wiltz, avec titres justificatifs et planches; Luxembourg, 1861, 2 vol. in-8* ; — Essai sur la ville de Bqstogne, considérée principalement sous le rapport féodal ; Luxembourg, 1861, in-8". On lui doit comme éditeur : Lttciliburgensia, sive Luxemburgum romanum, hoc est Arduennx veteris situs, populi, loca prisea, ritus,sacra, lingua,eic,, par Alexandre Wilthemius; Luxembourg, 1842, in^** : ouvrage important, qui n'avait pas encore vu le jour. M. Neyen a donné des articles aux recueils périodiques du grand-duché de Luxembourg et de la Belgique. E. R.
BenteignemenU pariiatUert.
NBTif ( Pieter ), peintre et architecte hollandais, né à Leyden, le 16 janvier 1597, mort dans la même ville, en 1639. Son père était tailleur de pierre, et dès son enfance il fut destiné à ce métier pénible, qu'il exerça quelques année». Ses dispositions naturelles le portèrent à étendre ses connaissances. Avec les minimes produits de son travail, il acheta des livres élémentaires, puis des ouvrages d'un ordre plus étevé, et apprit seul les. mathématiques, la perspective et rarchitècture. Tel est le récit de Descamps et de quelques autres biographes qui l'ont copié. Ils ajoutent que Neyn
« professa ces sciences avec un grand succès ». U apprit la peint Q>e d'isaîe vanden Yelde, et a laissé de fort t)ons tableaux. 11 mourut architecte de sa ville natale. A. de L.
Oescamps. La f^tede» peintres hoUandais, t. II, p. U9 .
NBTBA. Voy. MeNDAn'a.
NBTRON (Pierre-Joseph), publiclste français, d'une famille établie en Allemagne , né en 1740, à Alt'Brandenburg, mort le 13 février 1806, à Berlin. Il étudia la théologie, puis la jurisprudence, ouvrit en 1775 un cours de droit, et fut choisi en 1781 pour accompagner à Londres les princes héréditaires de Brunswick. Au retour de ce voyage, il obtint au gymnase Carolinum de Brunswick la chaire de droit public. U a écrit en français les ouvrages suivants : Sur la Contrefaçon des livres; GcettinguCy 1774, in-8% trad. de Piitter; — Essai historique et politique sur les garanties et en général sur les diverses méthodes d'assurer les traités publics ; ibid., 1777, in-8« ; — Principes du droit des gens européen conventionnel et coutumier; Brunswick, 1783, in-8®. K.
Meoiel, lerikon.
2fézAHUALCOTOTL (en sztèque renard affamé), surnommé le Grand et le Sage, roi atzèque d'Aoolbuacan (7ej;ctico), né en 1403, mort en 1470. « Ce prince, dit Clavigero, un des héros les plus célèbres de Tancienne Amérique, fut le Solon du royaume à' Anàhmc (le Mexique) f dont Texcuco, sa capitale, était l'Athènes. >• Il avait à peine quinze ans lorsqu'il vit Tézozomoc, souveramdes Tépanèques, quoique issu de la même race, envahir sa patrie, égorger son père, Ixtlilxochitl VAncien et tous ses parents. Lut. même ne dut la vie qu'au reftige qu'il chercha dans les branches d'un arbre toulTu. Peu de temps après il tomba dans les mains de ses ennemis; mais il parvint à s'échapper de son cachot, grâce au dévouement d'un vieux serviteur, qui prit sa place et paya de sa vie cet acte de fidélité. Quelque temps après, grâce à la pulssanfe intervention de son grand-oncle maternel Itzcoatl. roi de Tenocthtitlan ( anjonr'l'hoi Mexico), Nézahualcoyotl obtint la permission de rentrer à Texcuco et d'y vivre paisiblement dans le palais de ses ancêtres. Il y vivait depuis huit années , consacrant tous ses instants à l'étude, aux sciences , aux arts , lorsque Maxtia , prince d'un caractère ombrageux et cruel , succéda à son père, Tézozomoc. Le nouveau monarque tépanèque voyait avec jalousie les talents naissants, les mœurs populaires du jeime prince acolhue, dont les partisans augmentaient chaque jour. Il résolut de s'en défaire; mais ses diverses tentatives, par le fer ou le poison, avortèrent devant le courage et la prudence de Nézahualcoyotl (1). Traqué comme une bête fé-
(1). L'htsCotre de Nézahaaicoyot! est auBsl rempile de merveilles , de périls, a*évsstons mlraculeuies qae celles de Gustave Wasa , da prétendant Cbarles-édouard , etc. Oa CD trouvera on récit lotéresiant dans les manoscrlts
«RZAHUALCOTOTT.
roc«, en proie à de constantes alarmes, se caeliant dans des cayemes ou dans d'épais fourrés , vivant de fruits sanvages et d'herbes , Nézahiialooyotl échappa à son persécuteur; fatfadiement que le peuple acolhue portait à sa famille était tel qu'il ne rencontra pas un traître, quoique plusieurs de ses hôtes subissent des torlures ou la mort pour Inî avoir donné un asile passager. Cependant la tyrannie de Maxtia finit par soulever un mécontentement général, et Nézahualcoyotl, aidé des Mexicains, se trouva à la tête d'une force assez imposante pour livrer bataille à l'usurpateur, qui fut vaincu. Il le poursaivit jusque sous les mars d'Aseapuzalco, et après plusieurs sanglantes rencontres le fit prisonnier et le livra aux Mexicains, qui le lapidèrent. Ascopasaloo fut rasé , et ton emplacement devint le grand marché d'esclaves des nations de l'Anahuac. Rentré dans ses Éiats, le premier acte de Nézahualcoyotl fut une amnistie générale. 11 avait pour maxime r que si un monarque a le droit de punir, la vengeance est indigne de lui ». Il s^occupa ensuite à réparer les maux causés par le dernier gouvernement, et se montra sévère justicier. Son peuple était le plus civilisé de cette partie de rAmérique; il le voulut aussi le plus moral Son code pénal (t), écrit en lettres de sang, il est vrai, et qui mériterait plutôt à son auteur le surnom de Dracon que celui de Solon, embrassa tons les crimes^ tous les délits : adultère, sodomie, homicide, vol, ivrognerie, meurtre, trahison, etc. Il abrégea les procédures, et ne permit pas qu'elles fussent prolongées au delà de qnatre-vingtsjours (quatre mois aetèques), soft au civil, soit au criminel. Le moindre vol des produits de la terre était puni du dernier supplice; mais pour éviter autant que possible l'application d'une aussi terrible peine, il or* donna que toutes les terres bordant les grands chemins fussent ensemencées, et permit aux voyageurs, aux pauvres, aux infirmes d'y prendre, sans violer la loi, ce qui était nécessaire à leur subsistance. Lui-même fit de ses revenus te patrimoine des indigents. Comme certains monarques cités par l'histoire, il parcourait souvent déguisé les rues de sa capitale pour observer par lui-même si la police était bien faite. Il payait, nourrissait et babillait de ses propres deniers les Juges et les officiers de justice, afin qu'ils ne passent être oorrompns par les plaideurs (2).
4e UtllUocMUet dans Prescott, IW. !•'. Un Jour c'est son vieux précepteor qol sacrifie son propre flis ponr saujnpr ion royal élèwt ; une autre fois, ce sont des soldats qal Je cachent dans nn i^rand tambov, autour daqnei Ils dansent; pals, c'est une Jeune fille qal le cache sous des gerbes de ehian qu'elle venait de couper ; ailleurs des tisserands rcnveloppent défibres de maçneif, et le changent en ballot de toile, etc., etc. Le romanesque s'y rencontre I chaque ligne.
(1) Il était composé de quatre- vingts lois; trente-quatre ^aenlerornt sont parvenues Junqu'i nous (▼• Veylra, Hist. ^amUa, df M^Uo, t. III. notes, p. io6).
(t) L'abbé Glavigero, dans aon ciceltente Storia anîita âel MentiM, noos donne le détail de ce qnc NéiabnalfioyoU dépensait chaque année pour cet usage en malt.
Nézahualcoyotl ne lot pas seulement législateur, il Ait un protecteur éclairé des sciences et des arts, et a laissé des poésies re> raarquables qui existent peut-être quelques poudreux dépôts d'archives ai ou en Espagne. Ses vers rappelltet les inspirations de la poésie hispano-arabe, oà Vi deur de l'imagination est tempérée par taine mélancolie douce et morale. Lear didion est assez fleurie; mais ils sont génénleiiKal exempts du clinquant et de Thypei bote doat la poésie orientate est surchargée (t). Il avait eonposé en l'honneur du Dieu créateur da dd et de la terre une suite de sonante hymoea. Pin* sieurs de ses odes ou chants ont été traduils en vers espagnols par un de ses descendaats, dea Fernando d'Alba-Ixtlilxocfaiti. H avait fait aussi quelques <^légies sur la conquête et la raine d*Ascapuzalco, sur les infortones de sa jeûnesM, «te Il se livrait encore à l'étude de la nature; il avai quelques idées d'astronomie et d'histoire naturelle. Il avait fut peindre toutes les pteat» et tous les animaux de l'Analioac, et le saviat naturaliste Francisco Hemandez en fait Tdoge dans son ouvrage De la naiuraleça y vertudes de las arboles , plantas y animaies de la Nueva-Espanna^eit. (Mexico, 16 1&, b-4*;'. Nézahualcoyotl était de plus bon architecte. Outre un grand nombre de palais , de téocaUt (temples) , d'observatoires, ce fut loi qui dirigea la construction des immenses dignes destinées à retenir les eaux du lac de Texcooo, et qui font encore l'étonnement de notre âge. Cae d'elles n'avait pas moins de 13,000 mètres de long sur 20 mètres de laiige. On en voit encoie des restes très-considérables dans les plaines iie San-Laurenzo.
Un esprit aussi éclairé ne pouvait adonettrek culte barbare de ces contrées : NézahuateoyoC essaya plusieurs fois de proscrire les sacriioes humains; et si l'influence des prêtres et la crédulite dos peuples furent plus fortes que
viande, pols^nn, poivre,, sel, coton, bols . ete., dan* lc« Tlngt-ncuf villes qui consUtualeaf alors le rojavae dr l'AcoIbuacan.
(t) La plupart des poésies de NéxahnalcojoU portrat Temprelnte de la philosophie épicurienne, et affectera le caractère de certaine poètes grées on btlns ; en voSei oa exemple : « Bsnnis les soucis , dit le royal poète : a it plahlr a des bornes, la plus triste vie aura aussi une fia. Tresse donc la guirlande de fienrs et chanté leskMnn^Ts dn Dieu tout-pul<aant . la gloire de ce moiMle se boc vite. Ré)ouls-lol dans la verte flralcbear de ton prfntemps; le souvenir de ces joies f arrachera dloniUts soupirs. Lorxqne le sceptre passera dans d'antres mains, on verra tes serviteurs errer désolés dana les cours de Is» palsls: te:i fils et les fils de ti*s nobles bolitmt la lie de nnrortune. Tonte la pompe de tes victoirea et de les trfomphes ne vivra plus que dans lenr sonvralr Mais la nénM>Ire du Juste ne sera pas eTbicée dn mlHea des natiaM. liC bien que tu as fait aéra loujours oa titre dlionncar. Les grandeurs de cetfe vle^ !tes gloires, ses richesse^ ne nous sont que prêtées, sa itubstance est une ooibre Ulosoire; tes choses d'antonrd^nl chancerant denala. Cueille donc les plus belles fleur»^ de tes couronner ton Dront, et saisit les joies d qifeUes périssent. »
NÉZAHUALCOTOTL — NÉZAHUALPILLI
sa yolonfé. il parvînt cependant à restreindre ces affreuses cérémonies à quelques cas très-rares. La religion du roi deTexcnco était celle d'un homme supérieur aux idées de son temps et de son pays : il adorait un Dieu unique, et la politique seule rengageait à payer un tribut extérieor an culte de ses sujets (1). « Texcuco embellie était alors, dit Ixtiilxochitl , la ville où la langue mexicaine se parlait dans sa plus grande pureté et sa plus grande perfection. Les peuples voisins Tenaient s'instruire dans ses écoles; ses lois étaient adoptées par les autres peuples. Chez elle on tronrait tes meiltenrs artistes , les meilleurs poêles, les meilleurs orateurs, les meilleurs historiens , dont le talent se développait i»ou.s la protection de leur monarque. »
La vie de Nézahualcoyotl ne se i>assa pourtant pas tout entière dans les loidirs de la paix. Dorant de nombreuses années, reconnu comme le guerrier le plus expérimenté de TAnahuac, il conduisit au combjt les forces de la triple monarchie aztèque ( les royaumes de Mexico, Texcuco et Uacopan), et agrandit considérablement son empire et celui de ses alliés. Sa glorieuse vie fut attristée et ternie vers sa fin : quoiqull eût un harem considérable, dans lequel ses nombreuses concubines ne lui avaient pas donné moins de
fi) Solraot IxtlUxochUl . • Il aT3lt fait coa<itralre en 1 honneur de ce Dlea une tour de ncaf itaxes, dont le plut éfrré était peint eo bien , avec des ornements et une eomtclie en or Là résidaient constamment quelques hommes, donl l'unique emptoi était de frapper, à certaines heures dn Jour, snr une plaque do métal, les fi* dèles étalent ainsi appelés à (a prière, i.e roi se mettait alors à genoui. et priai r le lifaitn de Im terre; il jeûnall ausA en son lionneor à ecrtaiOR epotiue de l'année ••. Nous avons un exposé des croyances do monarque nitéqne iian» l'ode salvante de ce prince, publiée pour la première luis par Granados y Gahrei, jrardeiamarieonat, Mexico t 1T78, p. 90 cl sulr. L'original est en langue otomle ; eo Toici la traduction donnée pt^r M. reroaux-Coinpans , daas son Higtùire des ChimiqiiêM (trad dMxtIlUnehtI ) :
« Tontes les choses de ce osonde oat aa terme rapide Au milieu de leur vaine splendeur la vie les abandonne; elles tombent en poussière. Ce vaste univers n'ent qu'un sépulcre . où tout ce qut s'a^tr ft Ls sorfscc ^rra bientôt enseveli.' liCs rivières» les torrents, ies ruisseaux se précipitenL vers leur destinée commune. Aacun ne remonte à sa source fortunée; tous courent se.perdre dans le sein profond de l'Océan. Ce qui était hier n'est plus aujourd'hui; ce qui est aujourd'hui ne sera plus demain. I.es elmetlèrrs sont pleins de la vile poussière de corps autrefois anliiiés par des âmes vivantes, qui occupaient des trônes , présidaient dci conseils, dirigeaient des armées, sttbjumialent des provinces , se faisaient adorer comme des dieux rnflés par les chimères du Juxe, de la puissance, de l'croptre.
n Tontei ces gloires se sont éteintes comme la terrible flamme du cratère do Popocatepeti, sans laisser d'antre trace de leur existence qu'une pace dans les chroniques.
« l-es grands, les satre^, les vaillants, les beaux.... hélas! où sont-Ils ? Ils sont mêles a la terre. Le même sort nous attend, et ceux qui viendront après nous. Mali preaons courage . aspirons à ce del où tout est durable, où la corruption ne peut atteindre. Les horreurs de la tombe ne sont que le berceau du soleil , et les sombres ténèbres de la mort les brillantes clartés des étoiles. »
Cette curieuse pièee est reproduite par Bustamente, dsns sa Cateria da antiguo» prinelpti nujiranos: Puebla. IStl ; après l'avoir lue il rat dlfflcile d'être de l'avis de certains chroniqueurs espagnols qui ne voleol dans Iléxabaalcoyotl qa'vn eh^ de sauvage».
soixante fils et de cinquante filles, ilsemariafort tard , et fit mettre à mort quatre de ses fils, amants aimés de leur belle-mère. Privé d'héritiers légitimes, il dévorait son chagrin dans son beau palais de Teicolzinco, on cherchait uns diversion à ses regrets dans les voyages, lorsqu'il reçut une hospitalité brillante chez un puissant vassal y le vieux cacique de Tepechpan , qui lui présenta sa fiancée, jeune fille du sang royal. N^ zahnalcoyoU en devint aroonreux,et n*osant l'enlever, il chargea le chef de Tepechpan d'une expédition contre les lielliqueox Tlascalans. Il donna en même temps l'ordre secret à deux chefs tescucans de conduire le vieux cacique au plus fort de la mêlée, pour qu'il y trouvât la mort, sous prétexte de le punir d'un crim^ capital et pour lui épargner l'ignominie du supplice. Ses ordres furent ponclaellement exécutés, et il épousa sa jeune parente, dont il eut un fils, Nézahnalpîlli, qui lui succéda. La mort de Nézahualcoyotl fut une afniction pour tout l'Anahuac. « Il était, dit son historien IxtIiIxochitI, sage, vaillant, ]ibéral,et si Ton constate la magnanimité de son âme, la grandeur et le succès de ses entreprises, sa politique aussi profonde que tiardie, on doit convenir qn'il a de beaucoup surpassé tous les autres princes du nouveau monde. »
A. DE Lagazc.
Don Femando..**Alba Ixllllxocb:tl, Relaeiones^ manosc n« f , tl. — Torqnemada, Monareh, Ind„ lib. Il, cap. xlv. —Le même, Historim eMehemeca^ œaatise., cap. xix, xx. XXIV. XXVI, XX vus. XXXI, xxxvT, XXV iii. - Zarita. Rapport ^ p. 106. — I>avllla PadiUa. liittoria de la provinela de Santiaio CHadrtd, I89« ), Hb. H. — L'abbéClavigero, StorUtanticadel MesUeo t Ceseoa,iTSO- 1781, 4 vuL I0-40X t. I, lib V. p. 19 «47. ^ \ejrUa, hist. antiffua de Mijico ( Mexico, 1896 ), lib. J|, cap. xlvu* XLViii, Li, LIT., et ilb. III, cap. vu. — Wllllam-H. Prrscott. Histoire du Mexique, etc. (trad. d'Amédéc IMchnli, Paris, FIrmIn Didot, 1846, 3 vnl. In-g»). t. l'r, p. 19S-1S8. — De Lji Reoaudlère, Mexiqne, dans VUnivers pittoresque, p. 17-19.
iiéKAHUALPiLLi (l), huitième souverain aztèque du Cbéchémécan, fils du précédent, né en 1462, mort à Tdtcolzinco, en 1616. Il avait à peine huit ans lorsque son père le fil recoonaître par le reste de sa famille et par les grande de l'État, auxquels il le recommanda dans de lielles et énergiques paroles. L'attente de Nézahualcoyotl ne fut pas trompée. Son fils devint an prince remarquable ; et arrivé à l'âge de majorité, il suivit l'exemple de son père. Il déploya, comme lui. une grande magnificence dans sa manière de vivre et dans les édifices publics. Sa morale était aussi sévère, et comme lui, en certaines circonstances, il allait jusqu'à étouffer la voix de la nature. Son fils aîné , héritier de I» couronne et prince d'une grande espérance, ayant entretenu une correspondance poétique avec nnedes favorites de son père ( que les historiens désignent sous le nom de ta dame de Tola),
(I) Ce nom sljrnifle en aztèque prince pour leqv*t on a Jeûnéf par allusion sans doute aux longues prières que fit son père et t ses rades pehileneefl pour obtenir an héritier.
i^ÊZAHUALPILLl — WGUYEN-ANH
fut condamné à mort et exécuté. On pourrait attribuer la rigaeur du roi à un excès de jalousie; mais ce n'est pas le seol exemple que i*liistoire a laissé de la justice inexorable de Nézahualpilli. Après Texécution de la sentence, il s'enferma dans son palais pendant un grand nombre de semaines, et fit murer le palais de son fils pour qu*il ne fût jamais habité. Nézahualpilli partagea le goût de son père pour Tastronomie, et fit construire un observatoire monumental, dont on a retrouvé les ruines. Enclin à la guerre dans sa jeunesse, il se renferma plus tard dans son palais de Tezcotzinco, et ne s'occupa que de science. Cette vie paisible répondait mal à l'esprit turbulent des Atzèques. Les provinces éloignées se révoltèrent, l'armée s^amollit et Tastucieux Montézuma II, roi de Mexico, enleva à son indolent parent plusieurs possessions importanttes et jusqu'à son titre d'empereur ou de chef de la confédération aztèque. Loin de réveiller Pénergie de Nézahualpiili, ces écliecâ ne firent que l'endormir. Ses calculs astrologiques lui ayant révélé qu'une grande calamité menaçait son pays et que les dynasties indiennes allaient être renversées, il succomba bientôt sous le poids de son chagrin ; il échappa ainsi au spectacle de l'accomplissement de ses prédictions. Ses obsèques furent célébrées avec une pompe sanguinaire. Deux cents hommes et cent femmes furent sacrifiés sur sa tomt)e ; son «orps fut brûlé au milieu d'un amas de bijoux et d'étoffes précieuses, etc. Le conseil suprême désigna pour lui succéder le plus Agé de ses fils, le prince Camatzin. A. de L.
Ixtiiixochtti, Ultt. chleh., manasc, cap. xlv, xlix, Lvii. — Clavlgepo, StoHaantiea del Mestieo, Ub. 11. — WUUam Prescott HUt, de la coiupiête du Mexique (Irad. dlAoiédée Plehot), 1. 1. !!▼. I, p. iB8, 18S.
NBSMT ZADEH EFFENDT, historien turC,
vivait à Bagdad , où il mourut vers la fin du dixseptième siècle. Sous le titre de : Golchen cU kholafa (ou Jardin des khalifes), il a écrit une His^ toire de la ville de Bagdad^ depuis sa fondation jusqu'en 1689. Elle fut continuée par un autre historien jusqu'en 1718, et publiée à Constant i- BOple, 1730, în-fol. La Bibliothèque impériale de Paris en possède une traduction manuscrite, par Cboquet, drogman de France, 2 vol. petit ia*fol.
HBZMT ZADEH - EFFENDT II, traducteur
turc, vivait à Gonstantinoplc dans le milieu du dix- huitième siècle. Il a traduit de l'arabe en turc VHisioire de Tamerlan par Arabchah. Cette traduction a été publiée , avec une préface d'Ibrahim-Effendi, fondateur de l'imprimerie impériale à Constantinople, 1739, t vol. in-4». Nezmy Zadeh a encore traduit du persan en turc VHisioire des MoghoU par Wassaf, appelé le Bossuet persan. Cette traduction est restée inédite. Ch. R.
Hammer, ÊdJUUM de l9^auaSt en allemand et en persan , pr^ace, — \ù.. Histoire des àelles^teUret en Perse. — Id., Histoire de C Empire Ottowtan.
HGVTBic-ANH OU NcuT-ER-CBiisid (d'aprèsLA Bissaclière},empereurdeCochlncliine, oé en 179$, mort le 26 janvier 1820. Il descendait de la Camille des Nguyen, qui régna sur la Côchindiiiie depuis 1Ô53. Son père, Anh-Vuong, dont il était le second fils, avait été détrôné et décapité, en 1774, par des rebelles commandés par les trois frères Tay-Son , d'une naissance obscure , mats riches, braves et ambitieux. Nguyen n'éclia|ipa à la mort qu'en se cachant dans des bois, où il vécut misérablement pendant plusieurs mots. Pigneau de Behaine, évêque d'Adran , lui «loiuia ensuite l'hospitalité- Le jeu ne prince ne restait pa$ inactif; il rassembla les sujets demeurés fidèles à sa famille, s'empara de la province de Doog- ^ar (Basse Cochinchine), et se fit proclamer roi, en 1779. Après quelques succès, Nhac» Talné des TaySon, le battit en 1781, et le força à se retirer dans le Cami)oge, d'où il l'expulsa l'année suivahtf . Nguyen se réfugia dans rÙe déserte de PuUo-Vaî, d'où il gagna la cour du roi de Siam, qui l'accueillit favorablement et lui fournit les moyens de rentrer en Cochfnchme; mais cette fois encore les Tay-Son triomphèrent. Abandonné par le roi de Siam, Nguyen revint à PuUo-Vaî. L'évèque d'Adran lui conseilla d'implorer Tappui de la France, et en effet, par ses soins, une alliance offensive et défensive fut conclue entre le monarque cochinchinoîs et Louis XVI (28 novembre 1787). Les circonstances politiques qoi agitèrent bientôt la France empéclièrent ce traté de recevoir son exécution ; mais l'actif évèqoe détermina plusieurs officiers français à entrer au service de Nguyen , dont ils disciplinèreat h petite armée. Pigneau de Béliaine ne s'arrêta pas là ; il détermina plusieurs négociants de Pondichéri à prêter quelques sommes au prince détrôné. Des b&timents équipés à l'européenne, des armes, des munitions, des vivres lui furent ^• lement fournis par son moyen. Avec ces secours dès 1789, Nguyen, metlantà profit la discorde qoi régnait entre ses ennemis, reprit une partie de la Cochinchine méridionale, le Camboge et le Laos. Pigneau, secondé par un officier français, organisa des fonderies, des arsenaux, fit construire une flotte; et en 1793 Nguyen se trouva à la tête de cent quarante mille hommes. Malgré des forces aussi imposantes, ce ne fut qu'en avril 1799 qu'il triompha définitivement des Tay-Son par la prise de Qui-Nhon, leur capitale, et la conquête du Tonquîn. Tranquille possesseur de ces vastes États, il prit alors le titre d'empereur de Vte^iVam, et ne s'occupa plus que d'améliorations intérieures. Fort sobre et très laborieux, il se faisait rendre un compte scrupuleux, par ses mandarin^, de toutes les affaires de l'empire et en surveillait lui même le bon ordre. Il enoonragea ragriculture et le commerce; des manufactures, des usines ffirent créées; des écoles forent fondées dans toutes les villes, et les parents forcés d'y envoyer leurs enfants dè< r&g^ de quatre ans. La sûreté des routes fût
NGUYEN-ANH — I9IGA1SE
assurée et la jasUce rendue avee équité. Ngoyen avait trop apprécié la supériorité des connais^ sances européennes pour ne pas les répandre, autant qu'il le pat, dans ses États; aussi chercha-t-il à y attirer les étrangers. Dans ce but, il protégea la religion clirétienne quoiqu'il ne l'embrassa pas lui-même. On ne peut reprocher à Nguyen qu'une sévérité qui allait souvent jusqu'à la cruauté. Il n'accorda jamais le paiàon des offenses, et exerça de terribles représailles sur les meortriers de son père et leurs ramilles; mais on doit prendre en considération combien les douloureuses épreuves de sa jeunesse avaient dû aigrir son caractère. Ce grand réformateur était d'une taille assez élevée, d'une constitution robuste; ses traits étaient agréables, quoique son teint fût fort basané. Brave, simple dans ses vêtements, supportant la fatigue et les privations comme le dernier de ses soldats, il était adoré de>son armée. Il moumt h soixante-quatre ans, et désigna pour son successeur un de ses fils naturels, Minh-Mènb, quoiqu'il eût des petits-fils légitimes. A. db L.
La Blsuehère, État aeluel du TonUn^ de la Coehin^ chiné et de» rofomM* dt Camboge^ Laot et Lac-Thog Paris, 1811. - JHouvêttes Uttres édifUtnUi, t. VI.
HiBBT (Antonio) f antiquaire italien, né le 4 octobre 1793, à Rome, où il est mort, le 29 décembre 1S39. A l'Âge de dix-sept ans il fonda, pour rencouragement des études grecques , une société dite helléniquCfti qui se transforma plus tard en Académie du TUnre. Employé en 1812 à la bibliothèque du Vatican , puis secrétaire du comte de Saint-Len (Louis Bonaparte) en 1814, il succéda en 1820 à Lorenzo Re, son mattre, dans la chaire d'archéologie au Grand Collège de Rome; dans la suite il fut chargé d'enseigner la même science à l'École de France. Il fut correspondant de l'Institut. On a de lui .* La Grecia di Pausania ; Rome , 1817-1818, avec un essai critique sur cet écrivain; — Del (empio délia Pace e délia basilica di Costantino; ibid., 1819; — Sul /oro Romano , la via Sacra^ e i luoghi adiacenti; ibid., 1819; — Un viaçgio antiquario ne' contomi di Homa; ibid., 1819, 2 vol. fig.; — Le muradi Roma; ibid., 1820, fig. ; — il circo di Caracalla ; ibid., 1823 ; — Yiaggio antiquario alla villa d'Orazio^ a Subiaco, a Trevi pressa le Sorgenti delV Aniene; ibid., 1826; — Slementi diareheologia; ibid., 1828, in-8*; — Viaggio antiquario adOstia; ibid., 1829; — Monumenti scelti delta villa Borghese ; ibid., 1832 ; — Degli orti Serviliani; ibid., 1833; — Album di Roma; ibid., 1834; — Analisi storico-topograjleo-an' tiquaria délia car ta dei dintomi di Roma; ibid., 1837-1838; — Roma nelV anno 1838; ibid., 1839. P.
E. de Tlpaldo. Bi»gr. dêçli Italiani iUwfrl. VII.
N1CA1SE (Saint), martyr, mort le il octobre 275 ou 286. L'un des compagnons de saint Denis, il reçut de lui la mission de conquérir à la
foi chrétienne les peuplades qui habitaient le territoire des Vélocasses (ancien Yexio). Avant de se séparer, l'apêtre des Parisiens lui conféra, dit-on, la dignité épiscopaie; mais ce fait est révoqué en doute par quelques bagiographes. Usuard notamment ne donne à saint Nîcaise que le titre de prêtre. Quelques localités situées entre l'Oise et TEpte avaient été par lui évangélisées lorsque le surlendemain du martyre de saint Denis, le* préfet, Sisinnius Fescenninus, passa par le village îl'Écos, où se trouvait Nicaise avec Quirin et Scubicule, compagnons de ses travaux apostoliques. Il les fit arrêter tous les trois, et sur leur refus opiniAtre de sacrifier aux idoles, le préfet les fit décapiter. Une femme chrétienne, appelée Pientia, peu après martyre elle-même, inhuma le corps des martyrs dans une petite lie formée par l'Epte, et qui depuis est devenue le bourg de Gasny-sur-Epte (vadum Nicasii). Il résulte donc des actes de ces apôtres du Vexin que Nicaise ne vint jamais jusqu'à Rouen. Cette ville le considère cependant comme son premier évêque. Depuis la rédaction du nouveau bréviaire de Rouen, sa fête se célèbre avec celle de l'évêque saint Mellon, le premier dimanche d'octobre. Les reliques de saint Nicaise et de saint Scubicule furent, au neuvième siècle, apportées à Menlan, où une église fut érigée sous l'invocation du premier de ces martyrs , et le corps de saint Quirin fut transféré à Malmédy, au diocèse de Li^e. H. F.
Jeta Sanctorum, mois d'octobre. — Godeacard, Fiet des Samti.
KICA1SB (Saint), évêque de Reims et martyr, mort le 14 décembre 407, à Reims. Gaulois d'origine, on présume qu'il avait vu le jour à Reims même ; mais la date de son avènement au siège épiscopal de cette ville est inconnue. 11 est certain seulement qu'il fut le successeur immédiat de Sévère. Flodoard rapporte qu'il fonda à Reims la première église en l'honneur de la sainte Vierge, et qu'il y transféra en même temps le siège de l'évêché, qui était à l'église des Saints- Apôtres. On fixe à l'an 401 la construction de cette nouvelle cathédrale, que Nicaise consacra par Teffusion de son sang lorsque, quelques années après, les Vandales prirent et saccagèrent la ville de Reims. Dés que ces barbares eurent paru devant la cité pour en former le siège, Nicaise, en exhortant son troupeau à la défense , prêchait en même temps la pénitence et la soumission aux ordres de Dieu. Lorsque les Vandales eurent refusé tonte composition , et se furent de vive force rendus maîtres de Reims, Nicaise alla courageusement à leur rencontre sur le seuil de sa cathédrale. Ils n'eurent aucun égard ni à son caractère ni à ses supplications en faveur du peuple qui l'entourait, et après lui avoir fait subir divers outrages, ils lui tranchèrent la tête. La beauté d'Eutropie, sa sceur, qui était auprès de lui, parut désarmer les barbares ; mais la vierge chrétienne, craignant plus leur amour
NICAISE — NICANDER
que leur haîne, excita eile-TnéTne la fureur des bourreaux de son frère, et reçut comme lui la couronne du martyre. Plusieur;; personnes du clergé et du peuple furent aussi mises à mort, et de ce nombre étaient le diacre Florent et le lecteur Joc-onde. Saint Nicaise et ses compagnons furent inhumés dans le cimetière de l'élise de Saint-Agricole, qui ne tarda pas à prendre le nom de l'évéque martyr. C'est à tort que Flodoard, suivi par quelques autres auteurs , a fait saint Micaise contemporain de saint Loup, éréqoe de Troyes , et de saint Âignan , évêque d'Orléans. Ces derniers prélats vivaient à Tépoque de Tinvasion des Huns , sous la conduite d'Attila , en 451 et non lors de Tirruption des Vandales en 407 1 Du reste , Flodoard semble bésiter sur le temps dû martyre de saint Nicaise ; car son texte porte : Sub eadem Vandalorum vel Uunnorum persecutione. On célèbre la fête de saint Nicaise et de ses compagnons le 14 décembre. H. FlSQUET (de Montpellier).
Cattltt ChrUtiana nova, tome IX. — Flodoard, HU' toria ecflesia Rtmentis. - iv>iii Marlot. Métropoles Hémensis hisloria. — Flsqiiet, France ponti/teale. — Bréviaires de Paris et de ItHms.
NICAISE (C/awrfc), antiquaire français, né à Dijon, en 1623, mort à Villy-surTilIc, le 20 octobre 1701. Il fit ses études dans sa patrie, embrassa l'état ecdéstastique , et vint à Paris, où il se fit recevoir maître es arts. Il partit ensuite pour l'Italie (1655), visita Rome, Naples, Venise, et s*y lia avec on grand nombre de savants ei d'artistes de tous pays, avec lesquels ii entretint de constantes relations. Le pape Clément XI fut au nombre de ses amis^ et échangea plusieurs missives avec lui. Nicaise était membro ou correspondant de presque toutes les académies d'Europe, et Basnage le qualifie de antiguitatis perscrutaior solertissimus . Il fit an second voyage en Italie, en 1664. II revint en France avec de Rancé , abbé réformateur de la Trappe, qui lui écrivit plus tard une lettre sur la mort d'Amauld. lettre qui souleva une violente polémique parmi les théologiens. De retour à Villy, Nicaise ne pensa plus qn'à augmenter sa bibliothèque, déjà nombreuse et bien choisie. Il succomba à de violentes douleurs causées par la gravelle. Peu de temps après sa mort, on fil courir cette épithaphe, qui, quoiqu'en vers burlesques , résume bien la vie de cet énjchl. Elle est généralement attribuée à La Monnoyo.
Cl-glt llllattre abbé Nicâlae,
Qui la plume en main, dans sa ciiaiae .
Mettott lui scnl en mouvement
Toocan, François. Belge, Allemand;
Non par discordes mu tuellct.
Mais par lelU'es continuelles ,
La plupart d'éradttlon,
A des genn de r^patatlon.
De tous cotés à son adresse.
Avis, journaux, venolcnt sans cesse.
Gazettes, livres frai» érios,
.Soit f n paqueLi, soit en ballot*.
Lnl, toujours en notiYrlIea riche, i
De sa part n'en eioit pas chiche. t
Panoit-ll écrire an bureau.
Sur un phenoaéne noa^na»; Annoficrr i'hcurcnse trouTalUe D'un manuscrit, d*ane nédalQe; S'értger en soilicitenr De louanges pour un autrvr ; D'Arnauid mort averUr h IVappe ; Kélicllpr un nouveau pape?
l/hnbile et fldèir écrivain N'avolt pa« la goutte à U anlo.
Cétolt le facienr du ParnoMe.
Or fflt-U. et cette dttpriec Fait perdre »nx Hnet, aux 5orf« ; Aut Toloard. Cnpera, et Leibniz; A Basnage le Journittate , A Bajlc le vocabulisie, Aux commentateurs Grcvtos, Kuhnius, Perizootos, Mainte curicn^te riposte :
Mais nul n*jr perd tant que la poste.
Tout entier à ses nombr^usescorrespoodanetty l'abbé Nicaise laissa peu d'où vraiœs. Oo connaît de loi : Sloçiutn et Tumultu Pétri Petisi, inédeoB et bon poète latin, 1687 , in-S" ; et à la sutte de Toavrage de Petit : Bomeri Nepenthès ( Utndit, 1689) ; — EJbplicatiM d'un ancien momtunemt trouvé dans le diocèse d^Auch, etc. ; Paris, t6S9^ iD-4*; —De JVummopantheo Adriani im/^eratoris, etc.; 1689; — Sur les Syrènes, leurs Jiywe et forme; Pari?, 1091, in 4*. L'auteur |>f étend que les syrènes étaient des oiseaux et non des monstres marins ; — Description dfs tabtemtz du Vatican, etc., trad.de Htalien de Beliots; — Sur la Musique des Anciens; — Un iraiié de Peinture, etc. L— g b,
JVmtvelIrs de la ràaublique des lettres, octobre r:«s.
— Papillon, BUfliothéque des auteurs de Jtttrçoçsf. t. II , p. 109. — Moreii. La çraud D\ct. àWan^me ^ Basnage, Hist. des ouvrages des sçava»s, mat icS9, p. 19S, et décembre noi, p. SSS — JU<'naçiana. — l^* Monnoye. Poésies. — Journal des tçnvtms de m« et iool
— Jeta eruditorum l.ips,, supp. |, <ect. Vil, p. ri. et n" in9. — Fabricitts, Biblioçr, antiquaria, p. ii:^.
NiCAKOEft {CharleS'Auguste), célèbre poète suédois, né le 20 mars 1799^ à Strengnas, aaod le 7 février 1839. Xja mort prétaatorée de son père, qui était co-recteur au collège de Strcognas, le laissa dans une position de fortune Ué^ précaire, et ce ne fut qu'à force de privations qu'il put terminer ses études, commencées à Toniversité d'Upsal ; en 1823 i1 reçut un eru^ dans les bureaux de la dtancellerie. Il avait d^ publié plusieurs poèmes écrits avec un grand talent; sa Mort du Tasse, qui obtint en 1826 k premier prix de l'Académie de Stockholm, le mit tout à fait en évidence. En 1827 il visita ritalie; peu fait pour la vie pratique, il dépensa en peu de temps la somme que le prince royal lui avait remise pour faire le voyage; gi^tee an secours de quelques personnes généreuaes , Û regagna son pay«. Là il se trouva dans une position, des plus gênées; il ne songea pas à l'améliorer en tirant parti de la réputation qu'il s'était acquise comme poète ; de désespoir il ooamença à s'adonner à la boisson. Son ami, k baron de Hamilton. l'emmena alors à la cara* pagne,où il lui fit passer quelquesannées. Pins tard Nicander retourna à Stockholm, et il y tcrnuBa
NICANDER — NICANDRE
sa TÎe roalbeureuse aux gages d'un libraire. Ses poésies se distinguent par une Tonne parfaite ; la langue y est d'une pureté et d'une élégance achevée; quoique doué d'une imagination forto. et même fougueuse , il savait atteindre la grâce la plus eYqui>e. On a de» lui : Runesvàrdet och den fUrste Riddren ( Le Glaive runique, ou le premier chevalier) ; Stockholm, 1821 et 183â, m-S"*, tragédie; — Rosalis Lefnad och Dôd (La vie el la mort de Rosalt); Upsal, 1893, in-8*; ^ Funor (Runes); traduit en allemand par Mohnike ; — Konung Enzio ( Le roi Enzio) , tradait en allemand par Mohnike; Straisund, 1829 ; —Minuen/rân Sôdern (Chants d'amour du sud); Œrebro, 1831-1839, 2 vol. in-8»; — Hesperider; ibid., 1935, in-a*;— Lejonet i Œknen; Stockholm, 1838, in-8% — Samlade mkitr (Poésies complètes); Ibid., 1839-1841, 4 vol. in-8''; — Po^sit Ualiane; Ibid., 1841, ln-8-. O.
ComMftationS'T^xfkon.
NiCAHDBB (NixavSpoç), poëtc et médecin grec, vivait dans le second siècle avant J.-C. Les renseignements à son sujet sont peu nombreux et contradictoires. Les faits qui paraissent les mieux établis sont les sui?ants. Son père, nommé Damnaîus (et non Xénophane, comme Suidas rappelle par erreur) , était un des prêtres héréditaires d'Apollon de Claros, et Nicandre lui succéda dans cette dignité. Ce poète était né dans la petite ville de Claros près de Colophon ; ce qui lui a fait donner assez souvent le surnom de Colopfionien, Une épigramme grecque félicite Coloj)hon d*étre le lieu de naissance d'Homère et de Nicandre. Quelques anciens le font naître en Étoile ; mais c'est une erreur, qui vient probablement de ce que Nicandre passa quelque temps dans ce pays ei écrivit un ouvrage sur Thistoir^ naturelle et politique de l'Étolie. On. a supposé qu'il était le contemporain d'Aratus et de Callimaque, dans le troisième siècle avant J.-C; mais il est vraisemblable qu'il vivait près d'un siècle plus tard, sous le H^e de Ptolémée V Épiphane, mort en 181, et que rAttale,à qui il avait dédié un de ses poémes^était le dernier roi de Pergame de ce nom, lequel monta sur le trêne en 138. Si l'on admet ces deux dates, il faut admettre aussi qu'il atteignit un Age avancé et qu'il ent une grande réputation pendant environ cinquante ans ( 185-135). Nicandre était médecin et grammairien aussi bien que poète , et i| écrivit beaucoup, et sur les sujets les plus divers. De ses nombreux ouvrages il ne reste que deux ; on ne connaît des autres que les titres ; les voici tels que les donne Fabridus : Al- TfdXixà {Éioiigues), ouvrage en prose,consistant an moins en trois livres; — TecDpYtxd (Géorçêgués), poème en vers hexamètres^ composé de deux livres au moins; il semble avoir ioui chez les anciens d'une assez grande réputation, et il en reste de longs fragnoeots; — rkuMsaii (Les Langues), ouvrage grammatical en trois livres an
moins; — *£T8poiou(icva ( Les Métamorphoses) , ouvrage mythologique; — EOpconta ou flzpl Eupwntiç {UEuropie, ou Sur V Europe), ouvrage géographique, en cinq livres au moins ; — 'H|ii(X(&- 6oi (Himiambes), poésies dont le sujet est inconnu;.— %ffi%\ML {Thébaîques), en trois livres au moins; — làaeMv auvaycidY^ (Collection de remèdes ou de guérisons); — > Nû{i9ioi (Les Fiancés) ; — Ko^ofoviaxà.recueil de particularités historiques et géographiques sur Colophon; — MikiatKAiçjvtua. (Sur F Éducation des abeilles); — OltalsbÀ (Œtaîques), poème hexamètre en deux livres au moins; — 'O^taxâv (2>u Serpent); — Ilepl KotT)Tt5v (Sur les Poètes) ; — une paraphrase en vers hexamètres des Pronostics d'Hippocrate; — ■ ItxeXi<i (Sur la Sicile), qui avait au moins dix livres ; — TàxivOoç (Hyacinthe) ; — *ricvo< (Le Sommeil); — Ilepl Xpiiatnpiwv nàv- T(0v (Sur tous les Oracles ).
Il nous reste de Nicandre deux poèmes; le pins long, intitulé &T)pia)ia, se compose de 958 vers* Il traite, comme le titre l'indiqae, des blessures causées par différents animaux venimeux et des remèdes qui leur conviennent. Haller appelle les Thériaques « longa, incondita et nullius fidei farrago ». Il est vrai que Nicandre n'est ni un naturaliste ni un critique; mais parmi beaucoup de fables absurdes, son poème contient des particularités zoologiques intéressantes. Il mentionne une espèce de serpent, appelé oi^^ (seps), qui prend toujours la couleur du sol sur lequel il rampe ; il place le venin du serpent dans une membrane qui entoure la dent, ce qui n'est pas loin de la vérité ; il décrit l'ichneumon et l'aspic ainsi que la manière dont le premier combat contre le le second et détruit ses œufs, détails qui se retrouvent presque textuellement dans Pline et qui sont en partie confirmés par les naturalistes modernes. En parlant de l'amphisbène il tombe dans l'erreur vulgaire qui attribue deux tètes à ce serpent. La même erreur est aussi dans Pline. Nicandre divise les scorpions eu neuf espèces, les distinguant principalement par la couleur, et ce mode de division a été suivi par Élien. Il a décrit le premier les papiltons qui volent le soir autour d'une lumière, et il les appelle sàXaivai. Il donne du basilic une description fabuleuse, qui a été adoptée par Pline et Élien ; mais l'animal dont il parle n'est pas celui que les naturalistes modernes appellent de ce nom, et qui ne se trouve qu'en Amérique. Il a parlé un des premiers de la propriété fabuleuse de la salamandre. Il prétend que les guêpes sont engendrées par la putréfaction d'une carcasse de cheval et les abeilles par la putréfaction d'une carcasse de bœuf.
L'autre poème encore subsistant de Nicandre est intitulé 'AXsÇifâpfiaxA, et oontienl 630 vers. 11 traite des poisons et de lenrs antidotes. HaHer ne le juge pas moins sévèrement que le précédent : « Descrïptwnfix ulla, dit-il, symptomata fuse recensentur, et magna farrago et Ineon-
I^IGANDRE — NICANOR
dita planlarum potissimtan alexipharmacarum subjicitur, » Les anciens au contraire semblent avoir beaucoup estimé ce poème, et DIosooride, Aétiusenont fait souvent usage ; aujourd'hui encore on peut le consulter avec intérêt (1). En somme, malgré une foule «rerreurs que la science moderne relève facilement, Nicandre semble pour les connaissances en histoire naturelle ne l'avoir cédé à aucun de ses contemporains, et il resta longtemps une autorité considérable. Plutarque, Diphile et d'autres écrivains commentèrent ses Thériaques. Marianus les paraphrasa en vers ïambiques; Eutecnius fit des deux poèmes une paraphrase en prose qui existe encore. Comme poète, Nicandre fut moins estimé par les anciens que comme médecin. Plutarque prétend que les Thériaques , de même que les poèmes d'Ëmpédocle, de Parménide et deTheogonis n'ont rien de poétique, excepté le mètre. Les critiques modernes ne peuvent que souscrire à ce jugement, en ajoutant que pour la diction Nicandre est bien inférieur aux trois autres poètes. Suivant la remarque de Bentley, il court après les mots vieillis et tombés en désuétude, et il devait être obscur et difficile même pour les lecteurs de son temps.
Les deux poèmes de Nicandre furent publiés pour la première fois à la fin de Dioscoride; Venise, 1499, in-fol., cliezAlde Manuce; et séparément, Venise, 1523. in-4®, chez Aide; Henri Estienne les inséra dans ses Poetx grœci principes keroici carminis, Gorraeus et Euricius Cordns les traduisirent en latin. La paraphrase d'Eutecoius parut pour la première fois dans l'édition de Bandini; Florence, 1764, in-S**. La plus complète édition de Nicandre est celle de Schneider, qui publia les deux poèmes séparément : Nicandri Alexipharmaca, seu de venenis in potu cibove homini datis eorumque remediis carmen ; cum scholiis grxcis et Eu^ tecnii sophistx paraphrasi grxca. Ex Hbris scriptis emendavit animadversionibusque et paraphrasi latina itlustraril; J. -G. Sch., Halle, 1792, in-8''; — Mcandri Colophonii Theriaca, id est de bestiarum venenis eorumgueremediis carmen; cumsehoUis grxcis auciioribus Euclenii melaphrasi grœca et car' tninum perditorumfragmentis ; Leipzig, in-8'. Le texte grec, revu avec soin par F.-S. Lelirs, avec une traduction latine, a paru dans la Bibliothèque grecque de A.-F. Didot, à la suite de Théocritd et d'Oppien. Les Theriaca avec des
(1) Parmi les poUoos du régoe animal, Nicandre men- Uonne la cantbartde dr« Grecs, qui n'est pas la lytta vetlMforta, mils la melM ekieorUi la buprettis {carç**nx tucidohU le sang du taareao ; le lait coagulé dans Vettomac d'un mairmllere, une espèce dr tetraodon ( tetroodon latiocephalMâ)t la sangsue {hirudo renen<Ua), et noe espèee de salamandre. Parmi tei poisons végétaux Dovs j trouvowi l'aeonlt {aeonUum tveoetonum), la coriandre, la clgae, la colchique, le lotus dorychnlum, la }oaqularae, l'opium . les champignons. En fait de poisons minérani, U ne cite que le blanc de plomb { carbonate 4* ploBb ), et la litbarie ( oxyde de plomb ).
corrections de Bentley ont élé publiés dans le Muséum criticum de Cambridge, t I (1). L. J.
Suidaa et Kudocla, an mot Nixocvcpoc. — M^ie ée Ki' canéref dans les Bioy^oçoi de Wc^termaan. « CKotao, Fatti heUenici, voL III. » Fabriciuc, BibUùtàéca «rasM, vol. IV, p. S4S, etc.. éd. Ilarles. <- Ha lier, BtbUoUL 60MnUof Bibitotheca mediea praUica. — Sprenfel, UUtoire de ta médecine. — Cboulant, ffàmdb, der BèeètT' kundé fût dit jtettePÊ Mediein, — SmlUi, tMctUman 0/ greek and rom€m biograpkg,
HiCANOE (Nixavcop), général grec de Syrie, tué en 161 avant J.-C. Ami de Déinétrius I*', roi de Syrie , retenu avec lui à Rome, il fat un des compagnons de sa fuite. Démétrius.éUbU sur le trâne de Syrie, le nomma iléphantarquB (maître des éléphants), une des plus hautes dif^ités militaires , et l'envoya , avec une armée nombreuse, contre les Juifs insurgés sous U oondoite de Judas Machabée. Kicanor, sous prétexte de négocier la paix, essaya d'abord de se rendre maître, par trahison, de la personne de Juda». Ayant échoué dans ce dessein, il livra bataille aux Juifs à Capharsalem, et fut défait avec une granle perte. Une seconde action, engagée près de Bethoron, tourna encore plus mal pour les Syriens. Nicanor périt sur le cliamp de bataille, et toute son armée fut taillée en pièces. T.
Josépbe. jtntiq, Jud., XII, 10. — BibL Mac., L 1.1; L II, 14, il. — Polybe. XXXI, tl.
NICANOR, un des plus célèbres grammairiens grecs, vivait sous le règne de l'empereor Adrien, au commencement du deuxième siècle après J.-C. Suivant Suidas, il était d'Alexandrie, et suivant Etienne de Byxance, il était d'HiérapoUs. Il s'occupa particulièrement de ponctuation, ce qui lui fit donner le suruom plaisant de Sn-f- \umaç\ le mot prêtait à l'équivoque, et pouvait venir également de aTtyiAY), point, ponctoation, et de axiyua , marque, flétrissure. Ses travaux sur Homère, dont il s'efforça d'éclairer les écrits an moyen de la ponctuation, lui valurent le nom . plus honorable, de nouvel Homère, à véo^'Opr,poç, comme l'appelle Etienne de Byzance. Nicam» écrivit aussi sur la ponctuation de Callhnaqne et un traité Sur la Ponctuation en général (Ilept xa06Xou ortyiiLiic). Les Scholits sur Homère ont conservé beaucoup de fragments de Nicanor. Fabricius en donna quelques-uns; Vifloison en publia de nouveaux et d'importants. Nicanor amélbra le système de ponctuation établi par les critiques ; mais il n*est pas facile dMndiquer avec précision quels furent ses changements et jusqu'à quel point ils fivent henreus. Sur ces questions de grammaire, qui demanderaient beaucoup de détails pour être intelligibles, nous renvoyons à l'ouvrage publié par M. Fried-
(1) On cite encore plusieurs écrlTains dn nom de Nicandre; BSTolr I un philosophe pérlpatétlden d*AkiaBdrle,qui écriflt un traité Surlet DUctplM d'JrttiMa:'^ N1CA.NDRX de Cliatcédoine,anteur d*on ooTrage nor PioiU<, roi delMlbynle : — Nicakdrs flis d*Butbydème, qol Sgore dans les 5f«|>ofioea et le dialogue De toUriàa nmiwtm (ium ; — on sophiste mentionné par PhUostrate ; — wi grammairien de TUyatira, auteur d*on traité Air les Mmef, et d'un antre Sur U DUUeeU oMIfficc.
921 ISICANOR
lœnder soag ce titre : Nicanor, Hepl "Biaxîiç oTiTttîiç ; KoenigabeTg, 1860, in-8*». L. J.
Soldat. M mot Nixévc^. — ÉUenne de ByMoce. au not'IepdcitoXiC.— FabrlcHi». «ftUof A«ca ormea, voL 1, p. wST^n ; toi. m. p. «Mi VOL VI, p. »*». - VlUolaon, Aneedota, t. II.
H iCÂicoB. Voy. DânéTRius et Seleocus.
NiCARQUR (Nîxopxoc). poète épigrammatique, vivait au commencement du deuxième siècle après J.-C. Reiske, par une hypothèse peu fondée, le fait naître à Samos, et Jacobs, par des raisons un peu meilleures, pense qu'il vivait à Rome. U date de sa vie est fixée par le caractère de ses écrits et par ce fait que, dans une de ses épigrammes, il se moque du médecin égyptien Zopyre, que Plutarque cite comme un contemporain. V Anthologie grecque contient sous son nom trente-huit épigrammes; mais il est douteux qu'il soit l'auteur de sept d'entre elles. Ces petites pièces sont plus remarquables par les personnalités injurieuses et la licence que par le talent poétique. Y.
Fabrtclos. BiblMheea fraea, vol. IV, p. 48». - Jacobfl. Jnt/kologia gr»cm,Tol. III, p. M; toi. X. p. 17; Xlli, p. Hi.
HiGGOLAi (Ai/onso), littérateur italien , né le 31 décembre 1706, à Lucques,mort en 1784, à Florence. Admis en 1723 chez les Jésuites, il se consacra de bonne heure à la carrière de l'enseignement, professa l'Écriture sainte à Rome, et devint théologien impérial en Toscane sous les grands-ducs François et Léopold. Il a laissé en italien des ouvrages estimés : Panégyriques et pièces en prose toscane; Florence, 1753, in-4*; — Mémoires historiques sur saint Biaise^ évéque et martyr; Rome, 1762, în-4» ; — mssertaiions et Leçons sur VÉcriture sainte; ibid., U voK in-4", dont 7 sur la Genèse; — Pièces en prose toscane dans les genres oratoire ^ scientifique et historique; Florence, 3 Tol. in-4''; -* Entretiens sur la religion; Gènes, 1770, 8 vol. io-8«. P.
DiMUmunioUtorieo Ba$tanetê.
mccoLAi {Giambattista) f mathématicien italien, né en 1766, à Venise, mort en 1793, à Schto, dans le Yicentin. Après avoir occupé la chaire de mathématiques à l'université de Padoue, il entra dans les ordres, et devint archiprétre de Pademello. La manie d'innover le jeta dans des observations singulières, notamment lorsqu'il s'avisa de démontrer que l'algèbre repose sur des bases incertaines. Outre un certain nombre de dissertations insérées dans les Saggi de l'académie de Padoue ( 1. 1 et II), et dans la Nuova raecolta Calogerana , on a de lui : Nova analyseos elementa; Padoue, 1791,
2 vol. in-4». P.
Tipaldo, Btografia deçU itaUaid, etc.
mCCOLAI. Fojf. NiCOIAI.
RiGGOLi {Nieeolo m'), célèbre hnmam'ste Italien, né à Florence, en 1363, mort le 4 février 1437. Fils d'un négociant, il fut contraint pendant plusîears années de s'adonner an com-
— NICCOLI
merce ; ce n'est qu'après la mort de son père qu'il put se livrer à son goût prononcé pour l'étude; il apprit le latin, et se familiarisa aussi un peu avec le grec, sous la direction de Chrysoloras, de même qu'il s'initia à la philosophie et à la théologie en assistant aux réunions de l'académie de Santo-Spirito, dirigée par L. Marsigli. U se rendit à Padoue pour y transcrire les œuvres latines de Pétrarque; il s'appliqua ensuite à copier de sa main, avec on soin extrême^ les principaux auteurs de l'antiquité. U forma ainsi une précieuse bibliothèque ; il l'augmenta encore par de nombreux achats que la faveur extrême dont il jouit bientôt auprès de Côme de Médicis lui rendit faciles; la banque de ce célèbre protecteur des lettres avait ordre de payer tout bon signé de Niccoli. Lié avec les principaux savants de l'Italie, il obtenait par eux des renseignements sur les manuscrits renfermés dans les divers couvents de l'Europe; d'autres fois c'était lui qui dirigeait leurs recherches et les mettait à même d'exhumer de dépôts négligés les ouvrages d'écrivains classiques. Afin de se vouer entièrement à propager le mouvement de la renaissance des lettres, ii n'accepta aucun office, et ne voulut pas se marier, pour pouvoir appliquer sa fortune, qui n'élail pas très-considérable, à l'acquisition de manuscrits ou d'objets d'antiquité. U vivait avec une maîtresse du nom de Benvenuta ; cela le brouilla avec toute sa famille. Il était d'une complaisance . extrême pour tous ceux qui le consultaient sur des questions littéraires ou lui demandaient à profiter des trésors contenus dans sa bibliothèque. Sa mai.son devint le lieu de réunion de tous les beaux-esprits de Florence ; les artistes aussi le fréquentaient assidûment. Cependant son humeur sarcastique et irritable lui attira de nombreux ennemis, tels que Philetphe , Goarino, Chrysoloras et autres. Le cause de sa rupture avec son ami de jeunesse Leonardo Bruni vint de ce que celui-ci avait fait sur Benvenuto des plaisanteries déplacées. Le pape Eugène IV essaya en vain de les réconcilier ; ce ne fut qu'après bien des années que Francesco Bart>aro y réussit.
Niccoli vécut presque constamment à Florence ; il pas» quelque temps à Venise, pour y fouiller dans les archives et dans les bibliothèques du couvent, et fit un court séjour à Rome. Doué d'une excellente mémoire et, en même temps, d'une compréhension rapide et facile, il fut le restaurateur de la critique; il comparait les divers manuscrits d'un auteur et les corrigeait les uns par les autres; d'autres fois il rétablissait des textes conformément à ses principes extrêmement sévères en matière de goût. Sur les écrivains grecs, il réclamait l'aide de son ami Traversari. Ce concours donne beaucoup de prix aux manuscrits qui, copiés de sa main, se trouvent en grande partie à la bibliothèque de Florence. Ses livres, qui au moment de sa mort étaient an nombre de boit ceots , ftirent acquis
isicœu -^
{Ml* Cômede Médicis, et deYinrent le fondement de la bibliothèque Marcienne. Niccoli n*a publié qu*un petit Traité sur Vorthographe latine ; ]es quelques lettres que noas avons de lui sont en italien. 11 évitait même de parler latin, non pas, comme l'a ridiculement prétendu Bmni, qu'il i^gnoràt les principes de cette langue, mais parce que , connu par ses jugements sévères sur le style de ses contemporains, il ne voulait pas lui-même donner prise à la critique. Du reste il était plutôt apte à faire naître des idées clies les autres , i les exciter an travail et à les guider, qu'à produire lui-même une ceuvre capitale. La postérité n'eut pas moins une grande reconnaissance à Nioeoli pour les efforts constants et désintéressés qu'il fit pour faire refleurir l'étude des anciens. £. G. ^
Poggio, OnUio in/unere NuoU (dans tes Opéra et dans Y^mpUssima CoUectio de Martmc. 1. 111, où ae trouvent encore d'autres doetimcnts sur fikcoli). -* Vcspaslano, ^ita Nieott. - Bneas Sylvlua. De Pétris claris. — 0 Fadus. De Firit iUustrifnts. — Mefaoa, FUa J, Travena' riittF'Ua L. BrmnL - Ap. Z«no, Diuertaiione Foisiane, t. I. — Tlraboscbl, Storia deUa letter. italiana. — G. Vofflrt. Die fflederbelebung des elasttaehen Alteri*«M (Berlin, lS8f, p. lO).
; mocoLiKi { Giovanni- Battista^,^\ib italien, né le 31 décembre 1785, à San-Giultano, près Pise. 11 appartient à une famille patricienne de Florence et descend, par sa mère, du poète lyrique Filieaia. Dans sa jeonesse il oonaot Ugo Foscolo, obligé de quitter Milan en fugitif, et se lia avec lui d'une vive amitié. Jamais il ne se mêla d'une manière active aux événements politiques qui twuleversèrent son pays; au lieu de saluer tous les pouvoirs, comme le fit Monti, il se tint à l'écart, nourrissant dans son cœur un sentiment de patriotisme élevé, qui devint en en quelque sorte le fondement de ses croyances littéraires. Les seules fondions qu'il ait remplies sont celles de professeur d'histoire et de myttiologie à l'Académie des beaux-arts de riorenoe et de conservateur de la bibliothèque du mèmeétabtissement. Le premier essai de Niccolini date de 1804 : c'est le poëme de La Peste di làvorno, écrit en tercets, et qui semble un écho de La Bassvilliana, Mais il se fit connsItreaTecphis d'éclat comme poêle tragique dans PoUssene, drame qui fîit avec justice couronné en 1810 par l'Académie de la Crusca Cette belle étude,, empreinte dtine eonleur antique , fut suivie de Hedea, Ino e TemistOy Bdipo^ 1 seUe a Tebe^ drames qui ont une nooindre valeur. Dans Hahuccoiï mit en scène l'épopée napoléonienne, liardiesse dont VAjax de Foscolo avait donné l'éclatant exemple. Cette pièce smguiière, imprimée en 1819, à Londres, sons le voile de l'anonyme, et dans laquelle Caulaincourt, Camot, Marie-Louise, Pie Vil, figurent sous les noms assyriens d'Asseae, d'Arsace, d'Ainiii, de Mitrane et de Nabuooo, n'a pas été représentée. Après avoir donné son premier drame moderne, MatOda (1815), où l'on sent un pénible effort pour se rapprodurdc l'école romantique, Nie-