NICCOLINI
oolini renonça pendant quelques années ai théâtre, et prit part à la rénovdiou liUénin qui agitait alors toute l'Italie. Il écrivit ses diicours en prose Sur la ressemblanee de Ia poésie et de la peinture, Sur ta formatm des tangues (1818), 5tir le Sublime etMttdtd- Ange (1825), ses Éloges d'Andréa Oreagna et de J.-B. Albert], et fut on des rédacteurs de fia. thologie, excellente revue que Viensseox publia de 1819 à 1832, à Florence. Comme l'oal prouvé ses derniers ouvrages , il ne se montre pas hostile aux théories modernes, s*ll n'es i point assuré le triomphe; il les admd, ainii que Casimir Delavigne, parce qu'elles ouvrent us champ plus vaste au développement do sa pensée; mais, dit M. de Mazade, « il s'en éJoigRe par une réserve qui ne l'abandonne jamais àm ses hardiesses , par un goût qui s'effraye aisément de la licence littéraire, par ses mibh affinités avec le dix huitième siède, pdrsco amour presque exclusif des gloires ndttooales, qu'il craint de voir désertées pour des modèits étrangers, pour Gœthe ou Schiller ». Ses eflbds pour concilier les réformes nouvelles a? ec l'ai* cienne discipline théâtrale n*oot pas été m éclat Après dix années de silence, il domn à h scène le drame à'Antonio Foscarini (lHVf grave et sombre tableau de la poUtiqoe occslle de Venise, joué dans toutes les viMi» d'Italie; amèrement attaqué et vivement défend», il a'ci offre pas moins, dans sa simplicité, desefiiels puissants et des l)eautés vrainnent neuves. ^ vannida Procida,qm date de I fiSOyest on rénaé de toutes tes haines patriotiques contre la <ImÙ' nation étrangère. EflVayédes excès litlAaiff^ Niccolini se réfugie parfois encore vers le çtsfé: après Utdovico Sforza (1834), tragédie re^ Hère et froide , il écrit Hosmonda d'IngMUna (1839), où l'histoire de la maîtresse de Hfori U est retracée avec autant de mouvencat^it d'ampleur; tantôt il ne recule devant aseaiie hardiessescénique, comoiedans Beairke C*s^ tantôt il revient, dans AgomemMme, sn études favorites de sa jeunesse. KnfiB,il *'^ pleinement jeté dans la voie MUveUe avec don drames du plus haut intérêt , Amaldo da Gracia (1846) et Fdippo Strozsi (18é7). ■ TdW sont les œuvres de ce poète sérieux cl afff ajottteM. deMaxade Sans doute ou peut eoaee- Yoir une interprétation plus laige et pis* K<^ fonde du cœur humain, une Tiguear ^.^ tioa plus spontanée et plus libre, des ^^^^, de style moins souvent déparées pw ^^jrr^l sans doute Niccolini n*a point ^«Mlé d'éeole« ne pouvait en fonder : la mesure même «^ génie efface en lui ces traits saillante p»r i*^* quels éclatent les grandes originalités poétK^' Cependant il occupe un klttstre ran^. »
Niccolmi a paMié trois recueils de i»J^ vrages : le premier (Florence, 1**^' ."*t,/ et le troisième (Capirfago, I836.2toI. w-«j^ ne contiennent que des tragédies:. «^ ^
cond (Floreoce, 1831, 3 toU)» on trouve en outre plusieurs morceaux en prose et en vers; mais aucun des trois n'est complet. P.
Ch. de Maude, JVicco/inj, rtant la nevue de* Devae Mondes da 15 noTcmbre IS^S. — Jay, Jouy et de Norvlns, JU09. du Coniemp. — Conv.-Uxikon,
HiCGOLOD'ABBZZO, »culpteur et architecte italien, né à Arezzo, vers 1350, mort à Bologne, en 1417. On croit que son nom de Tamille était SellL II ent pour maître un médiocre sculpteur siennois, le Moccio, qu'il ne tarda pas à surpasser, grftce à Vétude quHI fit des ouvrages des habiles artistes de Sienne et de Pise. Il avait déjà exécuté quelques travaux de plastique ou de pierre lorsqu'il s'établit à Florence, où on lui con6a deux statues destinées au campanile de la cathédrale. Ces figures, bien réussies, avaient commencé à le faire connaître, quand la peste qui CD 1383 désola Florence le décida à retourner dans sa patrie, où chargé par la confrérie de la Miséricorde de l'érection d'une façade pour leur établissement, il lit pour surmonter la porte un bas-relief, gravé dans l'ouvrage de Cicogoara (t. I, pi. XVIII). De chaque côté Niccolô plaça dans des niches les stitues de Saint Grégoire et âe Saint Donat.De retour à Florence, il exécuta , pour la cathédrale, un Évangéliste assis, qui est regardé comme son meilleur ouvrage. Appelé à Rome par le pape Boniface IX, Niccolô fut employé pendant quelque temps aux fortifications du château Saint -Ange. A Florence, il lit pour les maîtres monnaycurs, sur un pilastre à l'angle de l'église d'Orsam* michele, deux petites figures de marbre posées au-dessus de la niche qui contient le Saint Matthieu de GhibertI, et ces figures ne sont point écrasées par ce redoutable voisinage. Il était occupé à ces travaux quand il prit part au concours pour les portes du baptistère. Dans le modèle qu'il présenta, il fit preuve d'une grande connaissance du métier; mais ses figures furent trouvées lounies et mal réparées. D'après Vasari, Niccolô alla ensuite à Milan, où il fut nommé directeur des travaux de la cathédrale; nnais on ne trouve aucune trace de son pas!;age dans les registres de la fabrique. En retournant à Arezzo, il s'arrêta à Bologne pour exécuter, partie en marbre, partie en terre cuite , le tomheau et la statue du pape Alexandre V poor l'église des Frères mineurs. E. B—n.
Vatarl, ynu. — Ocognara. Sioria délia icuUura. — Batdloucci, Aoriste.— TicozzI, Dizionario.
KICGOLO DEL CA VALLO OU NtCCOlà BarON-
ccLU OU Piiccolo ne Florence , sculpteur et fondeur italien, né à Florence, travaillait à Ferrare dans la seconde moitié du quinzième siècle. Il fut olève de Brunellesco. En 1443, il fondit la statue équestre du marquis Nicolas d* Este, et ce fut ce beau travail qui lui mérita le surnom de Niccolô del CavailOy sous lequel seul il est connu. Ce beau monument a été renversé dans la révolution de 1797. Niccolô fit ensuite la statue assise de Borso d'Esté , qui existait sur la m6me
MCCOLiNI — NICÉPHORE
place; et trois statues, également de bronze, qui existent encore dans la cathédrale de Ferrare , le Christ sur la Croix, la Vierge et Saint yean;eten 1492 un magnifique médaillon du duc Alphonse I^^ avec un char de triomphe au revers. E. B — n.
Qeognara, Storia délia «cvICtira. — > TIcozzI, IH^ionarto. — Vasarl, FiU.
NICCOLO DALL* AECJk, sculpteur Originaire de Dalmatie, mort à Bologne, en 1494. Hélait venu très-jeune habiter cette ville. Après avoir étudié sous Jacopo délia Quercia , il fut chargé d'achever le merveilleux tombeau de saint Dominique commencé par Niccolô Pisano, travail qui lui valut le surnom de Niccolô dûlV Arca, sous lequel seul il est connu. En 1478, il sculpta pour la façade du palais public une Vierge colossale de marbre. Enfin, Cicognara dit que dans l'une des lies des lagunes de Venise, celle de SantoSpirito, on voit de lui une Ci'ècAe de terre cuite. E. B--11.
Vasjri, yite. — Cicognara, Storia délia sculiura. NICCOLO DA MODKXA. Voy. ABATI ( NiCcolo ).
NICCOLO PISANOUU DA PISA. Voy. PiSANO
{Niccolô),
Nic^BTB (NixaîveTo;), poète grec, vivait dans le troisième siècle avant J.-C. Les renseignements à ce »ujet sont assez contradictoires. Athénée parle de lui tantôt comme étant de Samos et tantôt comme étant d'Abdère. Etienne de Byzance compte parmi les célèbres Abdéritains un Nicénète poète épique. D'après ces diverses asserlionSyJacobs suppose que Nicénète était né à Abdère, et qu'il s^était éUbli à Samos. Cet auteur composa entre autres ouvrages une liste des femmes illustres et des épigrammes dont six sont insérées dans VAnthologia de Jacobs. Y.
AUi«née, XIII, XV. - Etienne i!c Bjzancc, au mot ^(Svipa. — FabrichH, BiUliothfica çrxca^ toI. IVy p. 4S4. — Jacoba, AnlHologia firmcat vul. 1 p. Ml ; X 111, p. «tl. - CltDlOfi, FoiU hellenUiy vuJ. 111, p. tlf , B6S.
NicÉPBOBB (Saint), martyr syrien, né à An* tioche, décapité dans la même ville, en 260. Il était fort lié avec un prêtre chrétien nommé Saprice; une querelle s'éleva entre eux , et la haine en fut le fruit. Ils se détestèrent avec autant de force qu'ils s'étaient aimes. Lorsque la |M>rséciition de Valérien vint frapper les chrétiens, Nicéphore, se rappelant les paroles de saint Jean , que « qui hait son frère est homicide » , et prévoyant une catastrophe, employa tous les moyens pour se réconcilier avec Saprice; il alla jusqu'à se jeter^à ses pieds et le conjura au nom du Christ de lui pardonner. Saprice, oubliant son devoir de prêtre et les préceptes contenus dans VOraison dominicale^ demeura implacable. A quelque temps de là il fut arrêté et soumis à la question. Il répondit fermement qu'il était chrétien,et fut condamné à perdre la tête. Comme on le menait au supplice, Nicéphore vint encore le supplier de lui panlonner; Saprice le repous.^a ; mais, arrivé au lieu du supplice , il déclara tout à coup qu'il
NICÉPHORE
était prêt à obéir à Tempereur et à sacrifier aux faux
dieux. Nicéphore TinYita à persé?érer dans sa
foi, mais n'en fut pas écouté; alors il s*écria :
« Faites-moi mourir à sa place , car je crois
en Jésus-Christ! » Ce vœu fut exaucé presque
aussitôt. Les actes de Nicéphore, quoique tirés
de plusieurs manuscrits grecs et latins, ne portent
pas un caractère complet d'authenticité. Les
Églises grecque et latine honorent ce saint
le 9 février. A. L.
Dom Tbierrjr Rulnart. BoUandos» Tltlcmont, Batllet, Fies des Saints, — Oroaet de Maapertuy. Le Combat de Fillustre nicéphore, martyr daoa les FérUabies jicUs des martyr* { Paris. 1731, S vol. In-ll ), t. Il, p. 368-382.
NICÉPHORE ( Saint ), patriarche de Constantinople, né dans cette ville, en 758, mort le 2 juin 828. Il était fils de Théodore, notaire ou principal secrétaire de l'empereur Constantin Copronyme, et connu pour son attachement à la foi orthodoxe. Nicéphore atteignit comme son père les hautes dignités de l'État , et devint secrétaire de l'empereur Constantin, fils d'Irène. 11 assista, en qualité de commissaire de l'empereur, au second concile de Nicée, et déploya beaucoup d'ardeur pour obtenir la condamnation des iconoclastes. Dégoûté des intrigues de la cour, il se retira dans un monastère à Textréroité du Bospliore, avec l'intention d'y terminer ses jours; mais sa réputation de savoir et de piété le fit choisir en 806 pour ocauper le siège patriarcal de Constantinopîe après la mort de saint Tarasitts. Nicéphore, qui n*était encore que laie, passa par tous les degrés des saints ordres, et fut sacré évoque, le jour de Pâques (12 avril 806). Pendant les premières années du patriarcat de saint Nicéphore, sous les empereurs Nicéphore et Michel , l'Église de Constantinople fut tranquille, sauf un léger schisme causé par le rétablissement du prêtre Joseph, que saint Tarasius avait interdit; mais l'avénement de Léon l'Arménien fut le signal d'une grave perturbation religieuse. Ce prince rendit un édit très-dur contre le culte des images. Nicéphore essaya vainement de ramener l'empereur à des sentiments plus humains et plus orthodoxes; il ne fit qu'exciter sa colère. Déposé par l'ordre de Léon en 815, il se retira dans le couvent de Saint-Théodore, dans une des Iles de la Propontide, où il mourut, après un exil de près de quatorze ans. Nicéphore, outre les vertus chrétiennes qui l'ont fait placer au nombre des saints, avait beaucoup de savoir et de talent. Il est le meilleur écrivain de son temps et un des meilleurs de la période byzantine.
Ses prindpaux ouvrages sont : Kcdvaravrtvovi:6Xec»c 'loropCa oOvtofAOc ( Histoire abrégée, de Constantinople), plus connue sons le titre de Breviariumhistoricumouôe Breviarium; ellecommence au meurtre de l'empereur Maurice, en 602, et va jusqu'au mariage de l'empereur Léon IV et d'Irène, en 770; la première édition fut publiée par D. Pétau, avec une traduction latine et des notes, Paris, 1616, in-8',avec un fragment de
Nicéphore Grégoras, V Histoire de Georges Pachymère, etc.; les antres éditions sont eeUes de Paris, 1648, in-fol. avec Théophy lacté; de Venise, 1729; de Bonn, avec Paul le SilentbiK, 1837 : cette histoire a été traduite en français pir Monterole, Paris, 1618, in-8% et par MorI, 1634, in-12; — Chronoiogia eompendiaria.
seu tripartita (Chronologie abrégée, en troi> parties ) depuis Adam jusqu'au temps de raoteur. Dès 872 elle fut traduite en latin par Anastase le Bibliothécaire; cette version est contenoedaas l'édition de V Histoire ecclésiastique d*Anastas< par Fabrot, Paris, 1649, in-fol.; le texte grec, inséré par Joseph Sc&liger dans .son ThesawrMi Temporum, Leyde, 1606, m-fol., fot publié en grec et en latin par J. Goarius, à la suite de la Chronigue d'Eusèbe, Paris, I6S2, in-laL; Venise , 1729, in-fol.; G. Dindorf Ta publié avec Georges Syncelle, Bonn, 1829; — iKmfpn^tMm Aôyo: , JHscours de réfutation contre Mammona (Constantin Copronyme) et contre tes iconoclastes; on trouve les trois premiers dafc ses Antiqws lectiones^ t. IV, et dans lapla> part des Bibliothèques des Pères; Combeis a donné des fragments étendus des Antirrhetica dans son Àuctuariumi Paris, i648« io-ioL; — £Tixo{iSTpCa ( /R(iedr des livres sacrés) ;k texte avec une traduction d'Anastase le bibliothécaire a été publié dans le^ Opéra posthmma de Pierre Pithou, Paris, 1609, ln-4*, ci par Pearson dans sa Critica sacra. Pearson daas les Vindida Ignatii pense que la Siéchometha a été écrite par un Nicéphore plus anden que le patriarche ; — Confession de foi au pape Léon' III, traduite en latin dans les Annaia de Baronius , à l'année 81 1 ; le texte grec a éà publié dans les Actes du synode d'Éphèse, Hédelberg, 1591, in-fol. ; et avec Zonaras , Paris, 1620; — Canones breviculi XVI I^ en grec et en laUn, dans le troisième livre du Jus grxe^ romanum de Leundavius ; et dans le livre da Jus orientale de Bonfinius; 1583, in-B'^';-' Canones XXXVII, en grec c en latin, daas le 3* vol. des Monumenta Scelesise grsecx de Cotelier; — Lettres contenant dix-sept tnlcrrogations sur les affaires canoniques avec des réponses, Bandori avait Tintentiott de publier les Œtii;res complètes de Nicéphore; mais la mort l'empêcha d'exécuter ce projet, et il n'eut que le temps de publier on Conspectus , Paris. 170>, in-8^, qui a été reproduit par Fabridus, dans sa bibliothèque. L. J.
Gare, HMoria Utêr, — Fabridu, BMiotkeea ^nera, ▼ol. VII, p. 481, SOS. 81t. — Haiiklikt, Scrtp'ones IfUh- Uni, — Richard et Glnad, BMiotkique êmeree.
nicAphobb f ( Nixi)9Ôpo; ), empereur d'0> rient de 802 à 81t. U était né à SHeueiedaBS la Pisidie (i). 11 s'éleva par ses intrigues à fimportante place de logothète ou ministre des fi-
(1) Selon AboatTaradge (Cikroa. str-t P. iMK n était Cappadocien de Dalaaanee, et deaoend«lt de DiaMlab m Gabalaa, le deroler roi dea Arabes de afeaaaao. Oa cnaft la même aaaertloa daoa Iboalathlr.
aanccs de l'inipératrioe Irène. Deux conspirations conduites par des eunuques se formèrent à la fois contre cette princesse. D*un cùté le premier ministre Âétius tra?aiHait à mettre son frère Léoil sur le trône. D'un autre cdté, sept «anaques d'un rang patricien, Nicétas, commandant de la garde , ses deux frères , Sisinnius et Léon Clocas, le questeur Tbéotiste, Léon de Sinope, Grégoire et Pierre formèrent te projet de «lonner la couronne à Nicéphore. Le 31 octobre 802, à dix heures do soir, les conjurés condnisirent Nicéphore au palais, le proclamèrent empereur et arrêtèrent Timpératrice. Le patriaithe ne refusa pas de couronner l'usurpateur, et les habitants de Constantinople, quoique indignés, n'osèrent pas seréYolter. Le premier acte de Nicéphore fut de tromper l'impératrice. En rassurant qu'elle recevrait de lui le traitement le plus bienveillant, il l'amena à lui révéler où étaient cachées ses richesses. Hais dès qu*il eut entre les mains les trésors d'Irène, il la relégua dans rtle de Lesbos, où elle mourut, de misère et de «louleur. Nicéphore n'eut qu'une qualité qui lui a valu le<; éloges de quelques auteurs ecclésiastiques : il ne persécuta pas les orthodoxes et ne favorisa pas les iconoclastes. Du reste, il était perfide , rapace, débauché. Ses vices excitèrent la haine des patrices qui l'avaient mis sur le trdne; mais avec l'appui du clergé il brava leur mauvais vouloir, et se défit de leur chef, Nicétas. L'année suivante, il fut menacé d'im danger plus redoutable. Bardane, surnommé le Turc, le plus honnête et le plus vaillant des généraux grecs , gouverneur des cinq provinces d'Orient, accepta la couronne, que lui offrirent ses soldats (juillet 803); mais, retenu par l'honorable scrupule de ne pas verser le sang de ses concitoyens*, il agit mollement. Deux de ses lieutenants, Léon l'Arménien et Michel le Bègue (qui plus tard furent tous deux empereurs), désespérant du «occès de sa cause, l'abandonnèrent. Frappé de cette défection, et se voyant avec horreur dans ia nécessité de verser des flots de sang pour arriver au but de son entreprise, Bardane fit savoir à Nicéphore que s'il voulait lui accorder une amnistie pleine et entière à lui et à ses soldats, il poserait les armes. L'empereur envoya imméilia* ternent une promesse d'amnifitie signée de lui, du patriarche Tarasius et de tous les patrices; il y joignit comme un gage inviolable une croix qu'il avait Tliabitode de porter au cou. Sur la foi de cette lettre, Bardane quitta son camp, et se relira dans un monastère. La punition qu'il s'infligeait à lui-même ne parut pas suflisanteà Nicéphore, qui, malgré les promesses les plus solennelles, lui fit crever les yeux et le traita toujours avec une extrême rigueur. La même année Nicéphore reprit les négociations avec Charlemagne, interrompues par la chute d'Irène. Il congédia les deux envoyés de ce prince, Jessé et Hélingand, et les fit accompagner par trois députés, qui allèrent porter à Charlemagne les propositions de
nOOY. BlOGIi. g£iiér. — T. XXXVII.
NICÉPHORE
leur empereur. Les envoyés grecs trouvèrent Charlemagne à Saltzungen,sur la rivière de la Saaie, enThuringe, et conclurent avec lui un traité qui réglait les limitfS des deux empires. Charlemagne fut confirmé dans la possession de l'istrie, de" la Dalmatie, delà Libumie, de la Slavonie, de la Croatie et de la Bosnie ; mais les Grecs gardèrent les lies et les villes maritimes de la Dalmatie; ce qui leur assurait la domination sur la la mer Adriatique. Venise resta indépendante, sons la suzeraineté nominale de l'empire grec. Dans ses transactions Nicéphore avait mcstré beaucoup de condescendauce pour le puissant monarque d'Occident ; il essaya au contraire de faire preuve de fermeté à l'égard du klialife Haroun Arrashid , prince aussi puissant que Charlemagne, Irène avait acheté la paix du khalife. Nicéphore lui écrivit : « Irène vous a payé une somme dont vous auriez dû payer le double. C'est uneiïet delà faiblesse et de la sottise d'une femme. Aussitôt après la lecture de cette lettre, ayez soin de me renvoyer ce que vous avez reçu. Autrement l'épée décidera notre querelle. » Haroun ne répondit à cette lettre qu'en envahissant les provinces de l*empire. Après plusiears années d'une guerre marquée plutôt par des dévastations que par des batailles, Ni^phore fut forcé d'accepter nne paix honteuse, par laquelle il s'engagea à payer au khalife un tribut annuel de 30,000 pièces d'or. En 807, Nicéphore marcha contre les Bulgares; mais il fut brusquement rappelé à Constantinople par nne conspiration. Les conjurés, condamnés et battus de verges, eurent grftce de la vie ; car Nicéphore, avec tons ses vices, n'était pas cruel, et il épargnait volon* tiers la vie de ses sujets pourvu qu'il confisquât leurs biens. Une autre conspiration, qui éclata an mois de février 808, loi fournit une nouvelle occasion de montrer sa clémence et sa rapacité. La mort d'Harounn Arrashid, en 809, le délivra de son plus formidal)le ennemi , et il put tourner toutes ses forces contre Crum, roi des Bulgares. A force d'extorsions sur ses sujets, il leva assez d'argent pour former nne puissante armée d'observation. En 81 1 il pénétra dans la Bulgarie, et remporta quelques succès, qui décidèrent Crum à demander la paix. Nicéphore, enflé par ses suc* ces, eut l'imprudence de rejeter cette proposition. Les Bulgares, réduits au désespoir, se précipitèrent avec fureur contre l'armée grecque, qui se trouva bientôt étroitement bloquée. Les Grecs essayèrent de s'échapper par un défilé qui restait ouvert; mais ils rencontrèrent les Bulgares devant eux, et furent presque tous exterminés. Nicéphore fut trouvé parmi les mort», sans qu'on sOt comment il avait perdu la vie. Quelquesuns pensèrent qu'il avait été tué par ses propres soldats .exaspérés contre lui (25 juillet 81 1). Son fils, Staurace, grièvement blessé, s'échappa du champ de bataille et se rendit en toute hâte à Constantinople, où il fut proclamé empereur.
TMopbane , p^ Wt, etc. — Cedrenni. p. 47«, elo. - Zooaras, vol. H. p. «1, etc. - Hanusès, p. tS. — Glycaa , p. tW, etc. — Le Beau , Histoire du Bas- Empire, édll. de Saint Martin, t. XII.
mCÉPIIOBB 11 PaiMUg ( Ncxvioôpoc 6 Ou* «à;), empereur de CoBstantimiple de 963 à 969. Il était né vers 912 et filii du célèbre Bardas Pboca8. Il dut son élévation à ses talents militaires, qvi le placent à côté des plus illustres généraux et des princes les plus Taillants de l'empire grec. En 954, Constantin Vil Porphyrogénète le nomma grand domestique, et confia de grands commandements militaires à ses frères Léon et Constantin , qui étaient aussi de bons généraux. Les trois frères marchèrent contre le khalife Madhi, en 9ô6. Lenrs premières opération furent malheareuses. Les Grecs perdirent une bataille, et Constantin PlH>cas tomba ao pouvoir des Arabes, qui le mirent à mort. Nioéphore et Léon yengèrent leur frère d'une manière éclatante. En 958 Nioéphore battit Chabgan, l'émir arabe d'Alep, qui avait conquis la Cilicie, lui enleva Mopsoeste et Tarse, et le força de s'enfuir en Syrie. Pendant ce temps Léon s'empara de l'importante forteresse de Samosate. La campagne de 9&8 ne fut pas moins heureuse. Ific^iore proposa alors à l'empereur Romain, successeur de Constantin, de reprendre la Crète, dont les Sarrasins étaient maîtres depuis cent trente-six ans. Romain consentit à cette expédition, qui eut lieu en 960. Après un siège de dix mois. Candie, qui passait pour imprenable, fut prise d'assaut , et bientôt après toute l'Ile reconnut la domination des Grecs. Cette conquête produisit une joie générale dans l'empire, et Nicépliore fit une entrée triomphale dans Constantinople. En 962 Nioéphore partit pour une autre campagne de Syrie, avec une armée que les historiens arabes portent au chiffre exagéré de deux cent mille hommes, et qui suivant Luitprand se composait de quatre-vingt mille hommes, il força les passages do mont Amanus, s'empara d'Alep , d'Antioche et des autres principales villes de Syrie, et poussa vers TEophrate. Il semble que c'en était fait de la puissance des Arabes en Syrie si la mort de l'em|iereur Romain en 963 n'eût arrêté le vainqueur au milieu de ses succès en l'obligeant à songer à sa sûreté personnelle, menacée par les intrigues du premier ministre
Bringas. Il courut à Constantinople, s'assura l'appui de l'impératrice Théophano, veuve de Romain, et se fit donner le commandement des armées d'Asie avec des pouvoirs presque illimités. Ce premier succès l'enooaragea à tenter une entreprise plus hardie. Voyant à la tète de l'empire une veuve et deux enCsnts, il s'eiripara de l'autorité suprême, et fut proclama empereur, le 16 aoAt 963. Il épousa Théophano peu aprfes, et reçut solennellement la couronne au mois de décembre. Avec lui régnèrent nominalement Basile Il et Constantm IX, ie& deux enfants de Romain et de Tliéophano. Aussitôt que Nioéphore eut consolidé son pouvoir à Constantinople, il
IHIGÉPHORE 9:2
alla ntjoindre, en 964, Tarméi^ d'Asie, qui, soos le commandement de JeanZimiscès, venait de remporter de nouveaux succès. Dans trois campagnes les Grecs conquirent Damas « Tripoli, Nisibe, et beaucoup d'autres vilks de Syrie, forcèrent l'émir Chabgan à payer tribut, et étcwiirent leur domination josqn*à l'fUiphrale. Ea 968 ils passèrent ce fleuve, et firent tremliler 1^ souverain de Bagdad. Le trône des kliaiires éta4 perdu sans Fattentat qui renversa Nicéphnnl'année suivante. Ce prince gouvernait avec bw dureté militaire, qui révolta le peuple et Vr clergé; de plus, il commit la faute de Dégfîgrf sa femme, qui était ambitieuse et jalouse. Jess Zimiscès et Théophano conspirèrent contre la w de l'empereur, qui était de retour k Constaot}- Bople. Dans la nuit dn 10 décembre Zimiscès, traversant le Bosphore en bateau, pénélra dans k palais avec ses complices , et fut guidé par ra eunuque de l'impératrice jusqu'à In chaidMécartée où reposait Nioéphore. Les oonfarés \r trouvèrent couché par terre sur une peau d'ooif U venait de s'endormir, et ne les entendit pa.entrer. Zimiscès le réveilla d'un coup de pi&l. et comme U levait la tête en s'appuyant sur sor coude, Léon Balanès lui fendit le r^âne d'ur coup d'éf>ée. On le traîna aux pieds de Zîmincè». qui l'accabla d injures et de reproches, hû ar racha la barbe, lui fit briser les màdioires avec le pommeau des épées. Nicéphore eadurait ct> horribles traitements sans dire autre cliose que . « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Eofin, Théo* dore le Noir l'acheva d*on coup de lance ji travers du corps. Comme les gardes, avertis p» le bruit, accouraient au secours et qu'une foslr de peuple s'assemblait au dahors , les menrtrif rs coupèrent la tête du prince et la montrèrent p»' une fenêtre à la lueur des flambeaux. A cettf vue les gardes et la foule prirent la fnite. L«> cadavre de Nicéphore, jeté par la fenêtre, resl. tout le jour en plein air étendu sur la neige, H ne fut enterré que le soir. Ainsi périt le phu grand général que Byzaoce eAt possédé ê^tti> Bélisaire et Narsiès , le seul prince qui depuis k règne de Justinien eôt reculé les limites de rempire. A ses grandes qualités il joignait un de faut trop commun chez les Byzantins « la periidi' Il en donna une preuve dans ses rapports aT^ Pempereur Othon l*^ Il s'agissait dn marias^ de lîtéophanoco Tliéophania, fille de Romain e: belle-fille de Nicéphore, avec le fils d'Othoa L'histoire de cette transaction sera phis conve^ nablement placée à l'article Omo!«. Luitprand. qui fut le principal agent de l'empereur gem»nkjue, a laissé un récit fort intéressant de sos ambassade, dans fequel il accuse Nicéphore de l'avoir fort mal accueilli lui, Luitprand, d'avoir promis à Othon la princesse Théophate avec la Calal>re pour dot et d'avoir frit tuer dsn^ une embuscade les seigneurs qu^Olhon envoyait pour chercher la princesse. Les bisforîens girr* ne rapportent rien de ces thits, qui Mot pant-étre
exagérés. A part cet acte de perfidie, on ne peot reprodier à Nicéphore que de la dureté dans le gouvernement. Sa mémoire resta chère à tons ceux qui, au milieu deto décrépitude byzantine, aimaient encore la grandeur de l'empire (t). L. J.
Luttprafid. Ugatio ad Jficepkorum Phocam, — Cedrcniu, p. «*T» etc. - Zonaraa, vol. H, p. 1»*, etc — Manatii«% p. il*. - Jo«l. P »80. - Glyca», p. ïOl. - Léon Diacre, p. US.
MicÂPHoaB m, Botoniate (6 BoTovtémfic ), empereur de Constanlinople de 1078 à 1081. Il appartenait à une ancienne famille , qui se vantait de descendre des Fabius de Rome. On le regardait comme im bon général; mais son talent mflffaire était tasenle qtialitéqni lerecommandftt. Il était déjà vieiiiL et général des milice^ d'Asie lorsque, à la nonrelle de la révolte de Brjennc contre Temperenr Michel VII, il conçut le projet de s'emparer du trône. Il ne fit proclamer empereur, et força Michel à abdiquer ( voy. Michel Vil). Nicéphore reçut la couronne le 25 mars 1078, et épousa peu après Marie, femme divorcée de Michel. Il eut immédiatement à défendre son pouvoir contre Bryenne, qui fut vaincu et fait prisonnier à la bataille de Salabrya. Débarrassé de ce rival, i! gouverna si mal, et se fit si universellement détester et mépriser que des Insurrections éclatèrent de tous côtés. A peine Basilacius eut-il été défait à la bataille du Vardar par Alexis Comnène,le meilleur général de Michel, qne Constantin Ducas et Nicéphore Mélissénos se soulevèrent. Mélisséniis avait encore les armes è la main lorsque Alexis et iMiac Comnène, menacés par les ministres de Nicéphore, crurent nécessaire pour leur sûreté, de quitter Constentînople (U février 1081). Leur départ devint le signal d'une nouvelle révolte. Nîcéfrtiorc fut bientôt assiégé dans sa capitale. Dans cette extrémité il essaya de s'entendre avec Melissène, puis avec Alexis; mais ses tardives propositions furent rejetées. Alexis, maître de Constantmople, arracha à Nicéphore une abdication que le vieillard aurait donnée plus volontiers si on lui eût laissé ses biens. Enfermé dans un monastère et forcé de suivre la règle de Basile, il y mourut peu après. Un jour qu'on
(1) Od troove dan« Léon Diacre une belle épttaphe en ver» lamblques composée par Jean, mélropoUte de Mé- Uténr, pour être gravée aurla lombf ùe Nicéphore. Cette épUaphe commence ainri : « Cet homme, nagnère plu« redootable que le glaive, e«t tombé aoua le 1er da vil
agent <l*«ne femme Celui qoe ieinblalepl respecter
les être» les plu« farouche», «on épon!*e,«^le antre moUlé de liit-mêcne . l'a mawaeré.... Il est condamné à l'éternel sommeil, rdnl qui conaalaaalt à pdne le repos des nnlla. Uve-tol. prince, anjoord'tattl! EveiUe tes fantassins , te* escadrons , tea archer» , ton armée , te» phalanges , tes batatlloD»; des nuées de Rirates, les nattona delà SeytMe, avides de carnage, se précipitent sor nous; Us «lésolent ton peuple, ta capitale, eux qu'autrefois faiaalt trembler la vu*- seule de ton nom sur les portes de Ryiance... » L^pltaphe se termine pttr un |ea demoUénerflquesur Nicéphore, qui signiAe vainqwur: « Du setn de la mort, dit le poète, tu suffiras pour ssover le monde chrétien . toi qui fus vainqueur de tous, une femme exceptée. > *Û nXifv yvvaixà^ t6 S'â»a MtxT]?opo;. L. J.
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lui demandait s'il ne regrettait pas le trône et la liberté. « Je ne regrette rien, répondit- il, que le droit de manger de la viande. >• Cette réponse donne nne idée do caractère de Botoniate. Il s'était emparé du trtae par trahison ; il l'oecapa sans dignité et sans talent. Son courage militaire même sembla l'abandonner. Les historiens byzantins rejettent en partie son mauvais gouvernement sur son grapd &ge, et Le Beau dit qu'il ne commença à goovemer qne lorsqu'il eut en besoin d'être gouverné lui rotaM. L. J.
Zona ras, vol. Il, p. ita, etc. - Bryenne. Ht. IK etc.
— Scylitzès . p. 897, etc. — Joël, p. tSS. — Glycas, p. SSt.
— Ma nasses , p. 136. — Le Beau , Histoire du tasEmpin, LXV.
mcépfloas , métropolite de Kief , mort eit 1121. Il était Grec d'origine. On a de lui deux Epitret adressées à Vladimir Monomaque; la première, traitant de la division des églises d'Occident et d'Orient, est imprimée dans les Monuments dès belles-lettres russes du douzième siècle l Moscou, 1821); la seconde, sur le jeAne, insérée dans les Curiosités russes ^ est singulièrement intéressante, comme le fait remarquer Karamzin ; car on y trouve réunis des raisonnements tliéologiques et des pensées
philosophiques. A. G.
Diet. hut. dm éertomim toeUt. runes, — Banllch- Kamenski , Met. kUt. — Karamzin , Hist. de V Empire de Russie, II, lit. — Greteh, Essai Aisf. sur la littérature ruise. — Kulcsynskl, Specimem BceUsiM RUlkmkete, p. 114.
Ni€ÉPBOaK Blemmidas ou Blemmydas, écrivain ecclésiastique grec, vivait dans le treizième siècle. Quoiqu'il descendit d'une famille noble et ricbe^ il entra dans les t>rdres sacrés, et mena la vie d'un ascète. Ayant élevé à ses dépens une belle église dans la ville de Nicée, il en fut nommé prêtre et donna l'exemple des anciennes vertus chrétiennes. Un ionr qne Marchesina, concubine de l'empereur Jean Ducas, entra dans l'église, Nicéphore lui ordonna d'en sortir. Cette conduite excita la colère de Ducas ; mais le pouvoir dvU était alors sans force contre l'aatorité eoclétiastiqoe, et la mauvaise volonté de l'empereur fut impuissante. Théodore Lascaris, successeur de Ducas, offrit à Nicéphore le siège patriarcal de Gonstantinople. Nicéphore déclina cet honneur, et finit ses jours dans une pieuse retraite. On ignore la date de sa mort Dans les disputes religieuses entre tes Grecs et les Latins , Nicéphore Blemmidas se montra faivorable à ces derniers. Ses prindpaux onvinges sont : De la Procession du Saint-BsprU, traité dans lequel il adopte entièrement les opinions de l'ÉgUse latine sor la procession du Saint-Esprit; — Deux livres sur la procession du Saint-Esprit, dans lesquels il maintient l'opinion de l'Église grecque touchant le même dogme, publiés par Oderius Ragnaldiis dans ses Annales ecclesiastici, 1 1, et par Léo Allatios, dîna ses Orthodoatx grseat- Script., 1. 1; — Lettre écrite mprès qu'il euf. expulsé Uarchêâinm du tempie^ en grec et eu