NANA-SAHIB
moins qae de devenir, comme son père adoptif, | peshwali ou Vice-roi du riche district de Poonah, changea les projets des cipayes, qui, le 6 juin au matin, revinrent sur Cawnpore. Nana-Sahib marchait cette fois à leur tête, et dès le lendemain il écrivait au général Wheeler une lettre où, jetant enfin le masque, il le défiait et lui annonçait une attaque très-prochaine. Presque aussitôt il ouvrit le feu contre une misérable enceinte fortifiée dans laquelle s'étaient réfugiés les Anglais, qui étaient loin d'être en force et comptaient parmi eux un assez grand nombre de malades. Chaque jour leur position devint plus intolérable; jusqu'au 14 juin ils avaient espéré quelques secours, soit de Lucknovr, suitd'Allahabad , mais ce ne fut que le 30 du même mois qu'une colonne d'avant -garde, partie de cette dernière ville sous les ordres du major Renaud, put se mettre en route pour tenter la délivrance de sir H. Wheeler.... Il était trop tard. Six jours auparavant, le 24 juin, Nana-Sahib, par une lettre qu' il adressa au général par l'intermédiaire de Tune de ses prisonnières, mistress Greenway, femme d'un négociant de Cawnpore, offrait une capitulation à sir H. Wheeler. Les termes en étaient simples; les voici textuellement : « Tous les soldats ou autres individus qui n'ont point été mêlés aux œuvres de lord Dalhousie, et qui mettront bas les armes pour se rendre, seront épargnés et envoyés à Allahabad. » Les officiers anglais composant le conseil de défense appelés à délibérer sur ces préliminaires eussent rejeté avec mépris les propositions du chef des rebelles, si, au lieu de le juger par ses rapports antérieurs avec eux et de le croire secrètement acquis à leur cause , ils avaient su que le 10 juin Àana-Sahib avait fait tuer sous ses yeux, l'un après l'autre , une infortunée dame qui arrivait en poste à Cawnpore et ses quatre jeunes enfants ; que le 1 1 il avait accepté à titre de nuzzur, ou don royal , la tête d'une autre Anglaise, massacrée par ses cipayes; que le 14 il avait fait sabrer ou fusiller en masse les fugitifs de Futteghnr, au nombre de cent vingt-sept, tant hommes que femmes et enfants. Le capitaine Moore du 32^ régiment d'Infanterie fut chargé de s'aboucher avec Azimoollab, délégué de Mana-Sahib, et de conclure la capitulation, que ce dernier ratifia par un serment solennel dans la journée du 25 juin. Le lendemain, trente barques dûment équipées étaient prêtes à recevoir les Anglais. L'armée entière de Nana-Sahib était sous les armes. A peine les Anglais eurentils pris place dans les embarcations, dont quelques-unes avaientdéjà gagné le milieu du Gange, qu'à un signal de Nana-Sahib deux pièces de canon, jusqu'alors masquées par un bouquet d'arbres , arrivèrent au grand trot. Les cabines des turques recouvertes en chaume flambèrent en même temps, et les bateliers hindous, qui venaient d'y mettre le feu, sautèrent sur le rivage. La fusillade éclata de toutes parts. Des malheureux
Européens, ainsi attaqués à l'improviste , les uns tombaient sous les balles, les autres cherchaient la mort dans les flots, et d'autres encore, revenant sur le l)ord, se rendaient et demandaient merci, que les cipayes ne leur accordaient pas. Sur les trente barques , deux cependant étaient parvenues au milieu du fleuve; l'une d'elles fut bientôt coulée bas par des l)oulets , et une partie des personnes qui la montaient put passer à bord de celle qui voguait en avant, et cent trois individus s'y trouvèrent entassés. Bientôt enfin , et malgré le courage de quatorze soldats qui se dévouèrent généreusement pour essayer d'écarter l'ennemi, cette barque tomba au pouvoir des cipayes. Soixante hommes , vingt-cinq femmes et quatre enfants composaient sa cargaison. Nana-Sahib donna l'ordre de fusiller les hommes, et quand ce massacre fut fini , on conduisit les femmes et les enfants dans une maison , où se trouvaient déjà cent cinq nantC'Cinq autres femmes tombées, à dilTérentes reprises, entre les mains de Nana-Sahib. Cependant le général Henry Havelock, parti le 7 juillet d'Allaliat>ad , parvint le
15 à Pandoo-Nucîdee , où l'attendaient les meilleures troupes que ce dernier pût mener à sa rencontre. La victoire resta aux Ani^lais ; mais après sa défaite, forcé d'évacuer Cawnpore, le
16 au soir, Nana-Sahib donna l'ordre précis d'immoler toutes les prisonnières ; puis, chassé par Havelock de la route d'Allahabad , il fit sauter le magasin militaire situé an bord du Gange, et reprit la route de Bithoor.
Après cette horrible boucherie de Cawnpore, Nana-Sahib ne pouvait plus être traité que comme une bête fauve, un tigre altéré de sang. Malgré le choléra qui décimait ses troupes, Havelock marcha sur Lucknow , où les rebelles s'étaient fortifiés, et s'empara de cette ville, qu'il saccagea. Harcelé sans cesse par Nana-Sahib, il lui livra deux batailles dans lesquelles il fut victorieux. Toutefois Lucknow pris, 1*0 ude n'était point rentré sous le joug. Havelock, que la mort frappa en novembre 1857, fut remplacé par sir Colin Campbell, qui, le 5 mai 1858, battit les rebelles à Barcily. 11 y eut auparavant bien des mécomptes, de fausses manœuvres, des avorteroentft stratégiques, car l'ennemi était partout et ne se montrait nulle part. Tantôt Nana-Sahib offrait la kiataille et disparaissait au moment où Ton croyait en venir aux mains avec lui, tantôt la forteresse où l'on pensait l'avoir cerné se trouvait évacuée de nuit par cet insaisissable fuyard et par ses cipayes. Cependant, au prix de marches forcées on repoussa peu à peu les rebelles vers le nord, et les postes de police établis derrière l'armée anglaise dans chacun des districts qu'elle balayait, replacèrent le pays sons l'autorité britannique. Enfin après un dernier combat (30 décembre 1858) le dernier corps qui restait en deçà de la Raptie fut rejeté derrière ce cours d'eau , et se trouva ainsi sur le territoire du Népaul. C'était la frontière an-
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glaise. Sir Colin Caropbelt , deyenu lord Clyde, ' ne se croyant pas autorisé à pénétrer au delà sans consulter le gouvernement général, reprit la route de Lucknow, le 18 janvier 1859, après avoir reçu à merci plusieurs chefs rebelles, mais san<t 8*étre saisi de Nana Sahibi, dont il avait presque constamment suivi la trace dans les derniers jours de son expédition.
En décembre 1860, les journaux de Calcutta discutaient au sujet de la mort de ce chef. Le CaU culta Engliskman soutenait que Nana-Saliib arait succombé en aoiU 1858, à la fièvre jaune; mais que son frère, qui servait sous ses ordres, était encore vivant. Le Friend o/India, au contraire, annonçait que « le monstre est toujours vivant, et quil a été vu an mois de mai dernier par 00 officier de farraée anglaise "• Des roarcbands in* digèoes et banyans assurent qu'il est au Népaul. Quoi qu'il en soit , Cawnpore et Bithoor sont deux noms irrévocablement liés désormais à celai de Naoa-Sahib. Ils sonneront toujours à l'oreille comme an glas et saisiront rimagination par les souvenirs sanglants qu'ils évoquent. Ils rappelleront toujours la trahison la plus infâme, le crime le plus monstrueux que les annales humaines aient jamais signalé à l'horreur des siècles. Excuserons-nous maintenant les représailles terribles exercées par les Anglais? La nécessité politique, l'entraînement irrésistible des caiisis et des effets, s'ils justifient plus ou raoins telle ou telle marche adoptée en telles ou telles circonstances, ne garantissent ni les eatastrophes qu'elle amène ni les échecs qui peovent s'ensuivre. Mous ne discuterons pas sur les mérites et sur les démérites du gouvernement anglais; mais nous n'hésiterons pas à dire que si la révolte des cipayes a été une des conséquences naturelles d'un système d'extension et d'envahissement qui peut être expliqué, motivé, légitimé même, si Ton veut, elle n'en est pas moins un avertissement à la fois et un châtimeot qui , dans l'ordre immense des desseins providentiels , sont tout aussi explicables et tout aussi légitimes. H. Fisquet.
E. D. Forgoes, ta BâvoUe d€i Cipaves, ISSl, In-lB. — Ibclcod Inncs Bomgh narration ôf the siège of Lnck- M». Calcolta. iWt, la -8*. «- jénnuaire des Deux Xondet; ittT et 18M. — Le Times et le Momlng-Pott, anaéa itR et 1SB8. -> F. de Unoye. - L'inde contempomtM.
XAXCBL {Nicolas db), en latin Nancelius, éradit français, né en 1539, à Nancel, village ùtoé entre Noyon et Soissons, mort en 1610, à Fontevrault. On ignore quel nom portèrent ses ptrents, qui étaient d'humble condition, et il prit cdoi de son village natal. Envoyé en 1548 i Paris, il entra comme ttonrsier au collège de Presle et y g^gna l'affection de Pierre Ramus, qui en était principal ; ce fut par Tintermédiaire de ee dernier qu'après avoir servi de précepteur ^«es condisciples, il obtint, à l'&gede dix-huit ^, une chaire publique des langues grecque et latine. An bout de quelques années, il s'appli-