‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 87 sur 110 · NESTOR · texte numérisé non relu

NESTOR

du passé sans compromettre les destinées de son âme »;on montre encore à la foule des pèlerins qui aniue aux cryptes ¥énérées de Kief l'endroit où reposent ses restes.

Les recliPTcliert de Taticlitef, Schloezer, Pogodine, BoutkoF établissent que la Chronique de Nestor est bien authentique, et qu'il a puisé s bonne source les renseignements qiiMl nous a laissés sur les événements dont il n'a pas été le témoin oculaTe. L*année à laquelle s'est arrêté Nestor varie, selon ces auteurs, de 1090 à 1116. Son style révèle un bomme initié aux auteurs grecs, dont il a su, toutefois, éviter l'emphase comme l'adulation, de no<% jours dépassée; trèsfamilier surtout avec les historiens sacrés, dont il cite fréquemment des passages, il parvient quelquefois à en imiter la simplicité. Sa Chronique, qui prouve combien se trompait Voltaire en donnant au patriarche Nikon ( mort en f68i) le titre de premier lûstorien russe, est généralement regardée comme le plus antique et le plus précieux monument historique (|ue possède la Russie. Après avoir donné des notions exactes sur tous les peuples slaves , notions iiffiniment importantes pour l'ethnographie , il nous y met au fait de la formation de la monarchie nisse, et fournit des détails sur les règnes des |)rinces qui ont gouverné la Russie depuis le neuvième jusqu'à la Hn du onzième siècle; sur la translation de la capitale de Nowgorod à Kief et sur les guerres de ces princes avec les Grecs et les Pétchénègues ( tribu asiatique nomade qui apparut au neuvième siècle sur le bas Dnièpre et disparut au onzième ).

La première édition critiqne de la Chronique de Nestor est due à Schloezer (voy. ce nom), qui y a consacré quarante années de sa vie; elle est intitulée : Aestor, Russische Annalen in ihrir Sfavonischen Grundsprache verglichen, ûbersffz unrierhLartj von A. L» Schloezer; Gffittingue, 1802- 1 805, 4 vol. in-S" ; elle s'arrête à Tannée 980. lazikof en a donné une traduction russe (Saint-Pétersbourg. 1809-1819, 3 vol.}; mai» le meilleur texte de Nestor est celui qui se trouve dans la collection des Annales russes pnbliée par la commission archéologique de Saint- Pétersbourg, qui a pris à tftche de reproiluire toutes les copies de Nestor qui ne remontent pas au delà du quatorzième siècle, en commençant par celle qui est connue sous le nom de Lfiurentiennf. M Louis Parts, dont l'érudition est si étendue, a publié en 1834 (Paris, 2 vol. in-8*) une traduction française, dtHictle aujourd'hui À rencontrer, de la Chronique de Neî»t«)r, accompagnée d'excellentes notes et d'un curieux recueil de pèces inéd-tes (I) touchant les anciennes relations de la Russie avec la France. Malheureusement , elle a été faite sur le texte

!1) Tellf s fine le rniage de Jehan Sauraget, qtir M. Louis l^cour a cru publier pour /a premiét'e /nts, vlnRt ani après M. !.. P;iil!«, dann le Trésor des pièces rares om inédites de M. A. AuDry.»

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peu exact dit de Radziwil on de Kœn'tgsherg ; il serait donc fort à désirer qu'on en entreprit une nouvelle, en ne s'appoyant plus que sur les travaux de la commission arcliéologique de Saint-Pétersbourg, et non sur l'édition qu'en a donnée son académie en 1767.

Outre celle Chronique, qui peut lutter par soa style comme par son intérêt avec les plus fameux écrits contemporains, on attribuée Nestor une Vie de Maint Théodose et le Récit des martyres des saints Boris et Gleb^ inséré dans le Paterik de Kief, imprimé dans oette ville, en 1651 (rn-l6l.), et maintes fois réimprimé depuis cette époque. Prince A. Gautein.

DM. histor, des écrivtUnt ecclésiastiques rugaes, — BâiiUch-Kamrn.Hki, DtcL hist. — Grelch, &wat sur l'àist. de la lift, m Russie. — Karaiiizln, Hist de l'Empire de Hussie. t. I.- Poffodtnf, Herherehes hi%t, sur fiestor; Moftcou, IBM. ~ Boiitkof, Défense de ta Ctironlqae d0 Nestor contre les attaques riestcrpttgufs; S.iint-i'élenboiirfr, IBM. — Rclaicf, De la Chronique tU JVfSfor,- Moscou. ^9^^. — Mtkl<Micl» Vber die sprnche tter âttesten Mttssischen Chrontfken, vrrgleich A'ejfors,- Vimne, isai. — Mem. de la lli* Kcct. de l'Acad. df Satnl- Péter bourir» l. III. - Des heilinen \cnors dite -te Jihrbacher dêr russischen 6'éscAkr/<t«. trad. par J.-B. iicherer; Lelpalf, 1774. II.-4».

KBSTORirs, patriarche de Constantinople; et célèbre par l'hérésie qui poite son nom , naquit à Germanicie, bourg de la Syrie, à la fin du quatrième siècle,' et mourut en Libye, vers 439. Ne^torius fut élevé à Antioche , et tit ses études, avec Théodoret , dans un monastère où il eut pour maîtres Thiodore de Mop.(iueste et Jean ChryBostome. Ordonné prêtre, il se consacra tout entier à la prédication, se ht remarquer par son éloquence et sa piété, et en 428 fut appelé par Theodose le jeune sur le siège de Goiwtantinople. Nestorius se montra aussitôt adversaire très ardent des liérésies; dès son premier sermon . il dit à Théodose : « Donnez-moi la terre purgée d'hérétiques, «t je vous donnerai le ciel w. Soutenu par Tempereur, il obtint de rigoureux édits contre les ariens ; il les chassa de Constantinople, souleva le peuple contre eux et abattit leurs églises. Mais Nestorius ne détruisait cette hérésie que pour qu'elle laissât la place à une autre, dont il voidait être Tinstigateor, et dont les princ'pes lui nvaient i^té enseignés par Tliéodore de Mopsuesie. Un prêtre, nommé Anastase , ami de Nestorius , et venu avec lui à Constantinople, préchaul un jour dans la baiiilique de Sainte-Sophie, combattît les apollinanstes , qui soutenaient que Jésus-Christ n'avait pas une âme humaine; puis, se jetant tout à coup dans l'extrémité contraire, il avança que non-seulement la nature humaine était parfaitement distincte de la nature divine en Jésus* Christ, mais encore qu'elles formaient en lui deux (MTSonnes différentes , ayant chacune ses attributs particuliers, m Marie, ajoutait-il, n'a pu donner naissance qu'à la personne humaine, car la génération du Vertie est étemelle; Marie ne doit donc pas être appelée mère de Dieu, mais seulement mère du Christ. » Ce sermon

ftouleva contre Anastase foui le clençé de Constantinople, et Nestorius prit onvertement le parti du novateur. La querelle devint sérieuse; le patriarche, entraîné peut-âtre par l'ardear de la discussion, en vint à déclarer « que Jésus-Christ au moment de la naissance possédait la nature humaine seule; qu'ensuite, par ses éminentes vertus , il avait mérité que le Verbe s*unit à lui , nun pas d'ailleurs par une union hypostatique, mais par une simple adjonction, par une société morale en quelque sorte , qui se char* geait de Téclairer et de le diriger ». C'éUlt détruire tout le mystère de l'incarnation, qui repose précisément sur l'union intime des deux natures divine et humaine en la personne du Verhe. Nestorius ne se contenta pas de soutenir cette hérésie dans ses prédications, il en rédigea les principes, et envoya partout des copies de ce travail ; il en adressa même au pape Célestin l*'. Mais il trouva un ardent adversaire dans Cyrille d'Alexandrie , qui fit parvenir à l'empereur d'éloquentes protestations contre la nouvelle doctrine. Célestin convoqua alors à Rome un concile, qui se prononça contre Nestorius; un autre eoodie, réuni par Cyrille à Alexandrie, donna également tort au patriarche de Constantinople. Celui-ci obtint enfin de- Théodose la convocation d'un concile oecuménique à Éphèse; Nestorius y futcondamné et déposé ( 22 juin 431). Cinq jours après, les évéques partisans de Nestorius se rassemblent, cassent la sentence prononcée contre lai , et déposent Cyrille. Mais le concile tint une nouvelle séance, le 11 juillet, et confirma la déposition de Nestorius. Celui-ci , soutenu par le comte Candidien , parvint à soulever ses adhérents; de la discussion on passa aux insultes, puis on courut aux armes , et une lutte sanglante allait s'engager, quand Nestorius consentit à abandonner Constantinople. Il se retira dans le monastère où il avait été élevé, et continua de là à troubler la chrétienté. L'empereur le relégua alor<i à Pétra en Arabie , et ordonna que tous ses ouvrages fussent supprimés et brûlés (435). Nestorius Tut ensuite exilé dans une oasis du désert de Libye, et il y mourut, des suites d'une chute, après l'année 439. L'hérésie dont il avait été le chef ne s'éteignit point avec lui ; elle fit de rapides progrès en Perse, et se maintint très-longtemps en Syrie. Malgré le soin qu'avait pris Théodose de détruire les œuvres de Nestorius, il nous reste de lui quelques homélies, qui ont été jointes à l'édition de Marius Mercator publiée par Gamier, et quelques lettres qui se trouvent dans le recueil des actes du concile d'Éphèse. On attribue aussi à Nestorius l'évangile apocryphe dit de V Enfance, dont Henri Sike a publié une traduction sous ce titre : Evangelium in/antiXy tel liber apocryphus de infantia Salvatoris , arabice , edente cum laiina versione et notis Henrieo Sike ; Utrecht, i697, in-8'. Voltaire en a donné une traduction française; Toyezdans ses œuvres : Colite-

NESTORIUS -- NETSCHATI 734

(ion d*anciens évangiles extraits de Fabri-

dus, etc. Alfred Frahkuw.

L. Doucln, I7<sf. tftf Ntstnrionisme ; iRfT, ia-4*. - J.-S. Knnck, Très duiertaHones de f^titùrU; jeTO, ln-4». — B. Jl^clne, HtH. ecrt&ikutUtue. — J.-C. LeUch, DUsertatto PfestorUmismi HMoriam rompl^rtem .- l «, ln-4». -- Piuqaet, Diet. dfs héristeMi I7«. jd-«. - G. Maiirltlas, Dr. yestorianismo; H«t,in'k» — O. CcU- Her, Hist. des auteurs ectlis. — Flmry, Hist. ercies, — J. SarUirtu*. Ue Nestor*» hteresiareha ; I6ta, in 4» — Macqu«r, .abrégé de thist. erelés.,- r.Sl, ln-l« - B. Kb»siDg, De eontrovertia JVestorianorum ; ï'-n, ta 4*.

NBTCHAËF ( Innocent ), prélat et écnvaio russe , né en 1722, mort à Saint- Pétersboarf;. le 24 janvier 1799, archevêque de Pskof et de Riga, est connu par des Sermons, publiés par le saint synode, en 1775, pour être lus en chaire, et par les ourrages intitulés : De la Manièrt de confesser les enfants; Moscou, 1769 d 1795, in-S**; — Conseils d*un évéque à m prêtre pour remplir les obligations de sot mini5^ére; Saint-Pétersbourg, 1790 et 1795; — Préparation à la mor/ ( traduction du latin); Saint-Pétersbourg, 1793. Le célèbre poêle Derjavin a composé l'épitaphe de .sa tombe qm se voit à la laure (1) de Saint-Alexaiidre-lfer»&j.

Pce A. G— K.

DMUmnaire historique des écrivains m-frrinrti<Mi de Péglise çréco-russe par le inétropoUie Eogèue.

NBTSCHATi (Isa), Célèbre poète tare, néi Andrinople, Ters le milieu du quinzième siède, mort en 1509. Élevé par les soins d'une rkèe dame, qui l'adopta, il vécut d'abord dans Tibtimité avec le poète Ahmed-Pascha, alorâ rlégué à Broussa. Vers la fin du rè^ne de Mab»met II, il attacha au turban d'un confident de ce prince une ghasèle en honneur du sultan, ^ ayant aperçu cette pièce la goûta si bieo , qa'Q nomma Netschati secrétaire do divan. Plus tard il devint secrétaire du prince Alxl'ailah, fils de Bajazet II, et l'accompagna dans son gouveraement ; ensuite il fut nommé nischandschi ichaacelier ) du prince Mahmoud. Sur la den»aodcde ce dernier, il traduisit en turc V Alchimie du bonheur de Ghasali et le Recueil de récits ii de contes d'Ël-Auni. Dans l'intervalle, sa réputation comme poète allait toujours ea an|mentant; on lui accordait la palme sur tivis ses contemporains. A la mort de Malimood, Bajazet lui offrit les plus hauts emplois; rnak il préféi:a vivre dans la retraite , avec noe pension de douze mille aspres que lui fit le sultut Il se bâtit une maison à Constantinople, et y passa te reste de ses jours, ne fréquentant qat quetques amis intimes. Il réunit ses po^es lyriques , cinq cents ghasèles et cinquante cassidètes, en un Divan, dont deux exemplaires se trouvent en manuscrit à la bibliothèque de Vienne; deux cent cinquante de ces pièces eot été insérées dans VAnChologie de Kalîadé; des

(1) Ce terme, eonsenré aux plut coDsIdérablea niniiff tères rusae^ désignait un cerUIn nombre de cellules i»* nexées a quelques monastères de l'Egypte rt dr U Pa:e*- Uoe. (P^opez, Snicer, Thesaur. eeetes^ p. IM, tis./

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tnid. allemandes de quelqne*-mics se trouvent dans les ouvrages de Chahert et de Hammer. O.

Sehl, Hetekt Mhùçht (Les huit Paradli). — LaUfl, Mémoires snr lespoittM." KtnallMde, JWrti. sur les poitfs. — llammer, Hist. de tupoésie ottomane.

BIBTKCHBR (Gospar), habile peintre allemand , de récole hollandaise , naquit à Heldelberg, vers Tannée 1639 (1), d'après Descamps» et mourut à La Haye, le 15 janvier 1684. Sa famille parait originaire de Bohême. Son père, Johan Netscher, était sculpteur. Fuyant les persécutions religieuses et les calamités de la guerre, il s*arr6ta à Heidelberg, où il mourut. Sa veuve, restée avec quatre jeunes enfants se vit, peu après, obligée de chercher un refuge dans un château fortifié, qui ne tarda pas à être assiégé. Elle eut la douleur de Yoir deux de ses fils, les aînés, mourir de faim dans ses bras; cette horrible perte redoubla son énergie et aussi sa tendresse pour ce qui lui restait d*enfants. Profitant d'une nuit obscure, elle eut l'adresse et le courage de franchir les défenses du château avec sa petite fille et son fils Ga^par, qui n'avait que deux ans : elle ne fut pas moins heureuse pour traverser les lignes des assiégeants. Les divers partis désolaient le pays : après bien des alarmes, des angoises causées par la faim, le froid , la fatigue, cette admirable mère , ne trouyant d'aide que dans la charité de quelques personnes , parvint enfin à gagner Amheim, où le méilecin Tullekens lui offrit une généreuse hospitalité. Il fit plus, il adopta le petit Gaspar, et, le destinant à reprendre sa clientèle, lui fit donner une éducation complète. Gaspar en profita ; mais bientôt la passion de l'art vint le détourner de toute autre étude. Le bon docteur Tullekens, quoique contrarié dans ses vues, aimait mieux voir son fils adoptif devenir un habile peintre qu'un médiocre médecin: il le plaça donc dans l'atelier de Koster, bon peintre de genre qui bientôt n'eut plus de leçons à lui donner. Gaspar Netsclier travailla alors quelque temps pour les marchands de tableaux ; mais, dégoûté par le peu d'argent qu'il recevait de ses ouvrages et aussi parce que cette espèce de servitude jrétrécissait son génie, il résolut d'aller se perfectionner par l'étode des merveilles artistiques de Tltalie. n s'embarqua pour Bordeaux; dans cette ville, il fit connaissance d'un marchand de tableaux liégeois , nommé Godjfn, dont il épousa la fille, en 1669. Il renonça à passer les Alpes, et serait resté en France « si , dit Descamps , les protestants, de la religion desquels il était, n'y eussent pas été inquiétés ». En 1661, il retourna en Hollande et fixa son séjour à lia Haye ; il s'y attacha d'abord à composer des petits sujets qui

(t) D'aprèt d!aalroi biographes, 11 naquit à Prainir,pn ISSC, etne tnourat qu'en l«8T. ito ijonlent quil était flbbd'un tngétikur mort au lervlce du roi de Pologne , et que ce fut de Prague que «a mère fut chaasée, parce qu'elle profcaaait la religion catholique. 11 e«t pourtant constant que Gaspar Nf tacher fat élevé et monrut dana la religion protestante.

NETSCHER

furent fort recherchés, mais trop peu payés pour le temps qu'il y employait. Le besoin de subvenir à une nombreuse famille lui fit préférer le portrait. Il y réussit si bien qu'il eut bientôt plus de travaux qu'il n'en pouvait faire. Charles 11, roi d'Angleterre, lui offrit une pension considérable pour l'attacher à sa personne : Netscher refusa pour cause de mauvaise santé. Dès sa jeunesse il avait été atteint de la gravelle ; sa vie laborieuse ne fit qu'augmenter cette maladie, à laquelle il succomba à peine âgé de quarante-cinq ans. Il laissa neuf enfants, dont deux, Théodore et Constantin, se distinguèrent dans la peinture.

Netscher peignit surtout en petit et avec on grand fini. Il composait avec un excellent goût et dessinait correctement. Sa touche est moelleuse et fondue; son coloris chaud, plein d'harmonie; ses ouvrages montrent une grande entente du clair-obscur. Il a fort bien traité quelques sujets historiques , et il a excellé dans le portrait. Ses figures, simplement disposées, ont un air de distinction qui, sans s*écarler du naturel et de la ressemblance , appartient plutôt à l'artiste qu'au modèle; les poses , habilement choisies, sont gracieuses sans être maniérées. Comme il peignait avec on talent remarquable les animaux, les fleurs, les fruits, les tissus, etc.,' ses toiles sont presque toujours enrichies d'accessoires qui font singulièrement valoir le sujet principal. Ses draperies sont jetées avec amplenr.- 11 a surpassé Mieris lui-même dans l'imitation des tissus et surtout des satins, dont il a si bien rendu les tons argentés et glaoés, que l'illusion est complète.

Quoique ce maître soit mort dans la force de son talent et que sa vie n'ait guère été qu'uno longue soulTrance, il a laissé de nombreux ouvrages, dont voici les principaux : à La Haye, Netscher ^ sajemme et ime autre personne; Vertumne et Pomone; un Portrait de femme vêtue à Vitalienne; le Portrait de la princesse d'Orange ( depuis Marie II, reine d'Angleterre); un Seigneur qui montre une mé' daïlle d'or à deux darnes^ l'une vêtue de satin blanc, l'autre de velours et d'hermine, œuvre très -remarquable; une Nymphe niu et endormie surprise par un satyre; Deux Bn^ fants faisant des buttes de savon; une Mère habillant deux enfants, toile charmante pour le groupe principal et les détails; deux Dames se promenant avec un chien dans un Jar^ din; une Jeune Couturière; une Jeune Femme à sa toilette : son enfant se mire dans son miroir; la Femme de Netscher donnant à teter à un de ses fils ; le portrait de Marie .S^uar/; — à Rotterdam : une Dame donnant à manger à un perroquet; im cavalier est près d'elle : riches costumes ; — à Dusseldorf : un Berger et une Bergère dans un beau paysage ; un Quatuor; une Petite Fille qui joue avec un perroquet; — à Vienne : un Portrait

NETSCHER — NETTANCOURT

d*homm€, richement Téta et entouré d'attributs de sciences et d'aiis; — à Dresde : deux jolis tableaux de genre ; — à Paris, au Musée du Louvre : les Portraits de IVefscher, de sa femme et de sa fille : le peintre accompagne sur )a guitare le chant de saMîlle; La mauvaise Nouvelle; Le Portrait chéri ; la Leçon de musique vocale. On regarde comme son cbef-<rœuTre la Mort de Cléopdtre qui faisait autrerois partie de la galerie du comte de Yence. On cite encore de lui en France : un Joueur de luth; deux Portraits de Netscher ; une Mère qui montre à lire à sa fille; Sarah présentant Agar à Abraham; Les Grâces adorant Vénus et VA' mour ; une Tricoteuse de bas ; une Petite Dente' lière^ etc., etc. La plus grande partie des ceuvres de Gaspar Netscher a été reproduite par les plus célèbres graveurs. A. de Lagazb.

J. Campo Weyerman, Oe SehilderÈontt der ffedertanàert, I. IV, p. 1S4-197. — De Pilc.i, Jbréué Oé la vie des Peintres. — DeMianips Aa Fie des Peintres allemands, hoUandais. «te, t. Il, p. tvo-9k^. - iMIkinfflon . Dietionarif qf Painten. - Chnrles Bl<nc, Histoire des feintr»«, Uv. ISi-iSt; École hollandaise, n««eo-6l.

NBTSCUBR ( Théodore ) , peintre français, d*origiDe allemande, Cih du précédent, né à Bordeaux, en 1667, mort à Hulst, en 1732. Il était bien jeune encore lorsque son père retourna en Hollande. Il fut son meilleur élève, et à dix-huit ans il revint eu France avec le comte de Vaux, envoyé diplomatique de ce pays, r 11 avait, dit Descamps, une figure aimable, de l'esprit, et <ve qu'il fallait pour plaire dans le grand monde, qu'il aimait lui même; aussi peignit-il les plus grands de la cour et surtout les femmes. » il gagna beaucoup d argent,» t passa vingt années à Paris, menant grand train. Après la paix de Ryswick, Vtin Oudyck, ambassadeur de Hollande à la cour de France, le décida à rentrer dans fia patrie , sous la condition d'une belle position ; mais il n'obtint que la recette de la ville d'HuKst, qui produisait d'assez minces bénéOces; aussi lil-il gérer sa place par an commis, et reprit le pinceau. En I7lô, les États-généraux envoyèrent en Angleterre 6,000 hommes au secours du roi Georges l'^ Netscher sollicita et obtint d'-étre le trésorier de ce corps d'armée Accueilli «plendi dément à Londies, il devint l'ami des plus riches lords, fut présenté à la cour, « qui devint en 1720, suivant Descamps, un Pérou pour lui, chaque seitsneur se faisant une fête de lui prodiguer des billets de banque ». Netscher ne se montra pas avare et dépensa rapidement l'argent qu'il gagnait facilement. En 1722 il retourna en Hollande, possédant encore 50,000 florins (environ 140,000 francs). II y reprit carroa^^e et bon train de maison; mais on l'attaqua *> comme receveur de la ville d'HuIst pour une somme qu'il avait prêtée à quelqu'un, et dont on ne voulut point le tenir quitte à moins qu'il ne nommât la personne; il le refusa, à la sollicitation du débiteur, et aima mieux perdre son emploi ». Quelques mé-

chants ont prétendu qu'il s'était prCiê à luimême; cependant il continua de résider à Hulst. 11 plaça le reste de ses fonds en rentes viagères, et mourut accablé par la goulte et les intirmités de la vieillesse. On retrouverait partout, en France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, des portraits de Théodore Netscher, s'ils étaient signés. Il a fait des copies d'après van Dick qui trompent par Titiùtation; mais ses principaux ouvrages sont : les portraits de Frédéric /«»•, roi de Prusse ; du roi Guillaume l^; du conseiller pensionnaire Slinçelaudl. On a souvent confondu ses œuvres avec celles de son frère , Constantin. Descamps est lui-même tombé dans cette erreur. A. de L.

DtrscampH, I/s f^ie des Peintres hoUaskOaU, tâc^ t. III, p, 74-76.

9ETSCBBR ( Constantin), peintre liollandais, frère du précédent, né à L.a Hiiye, en 1670, mort dans la même ville, en 1722. ^ve de son p^re, qu'il perdit à Tâge de quatorze ans, il ne voulut pas reprendre d'autre maître, et $e perfttctionna par des études sur la nature. Sa mère, qui peignait bieu le portrait, lui donna d'excellents conseils et l'entraîna dans ce genre. 11 prit d'elle riieureux don d'embellir et défaire re!^semblant à la fois. Van der Does fit soutent les accessoires de ses tableaux. Netsdier g^^na une honnête fortune en représentant de»peràon^ nages considérés. Admis dans la Société des Peintres à La Haye, le 8 août 1699, il devint directeur de cette ac-adémie. 11 mourut de la gravelle, à cinquante-deux ans. Sa maladie Tera^ cha souvent de travailler; aussi ses tableaax sont-ils rares. On cite entre autres les portraits en pied du comle et de la comtesse de Portland ; du baron Suasso et de ses sept enfants; de la /amitié Wassenaër ; de la/amille Duivenvoorden^ etc. A. de L.

Deschamps, La Fie des PeàsUrts hoUanttmis, ete, (.ffi,

KETTANcocRT, nom d'une de« pins aocienaes familles de Champagne , qui a pris son nom d'an bourg, aujourd'hui situé dans le dépaiieuient de la Meuse ; elle remonte jusqu'à Dreux de N^tancourt, croisé en 1190, et eUe aubsi&te eacofl«. De cette maison sont sorties les branches des comtes de Vaubecourt^ des marquis de Netta»court,des seigneurs de SeuvilU et des sei{ de Bettancourt. lu voici les jirincipaux bres : Jean V, baron de Nett4kcoort, pois comte de Vaubecoihit, mort le 4 octobre liSél, à Vaubecourt. Fort jeune enoore.il passa an service de l'empereur, après la paix de Vervins , et fut employé dans l'armée de Hongrie (1598). H se rendit célèbre au siège de Raab , plare devant laquelle l'armée impériale était arrêtée depuis assez longtemps, et qu'il enleva en iaisai^ sauter one des portes. En récompense de cet acte de hardiesse, il reçut le gouvernement de Raab, les titres de chevalier et de baron de VErnpire, et une pension pour lui et pour ses

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descendants. Il renouvela la même tentative à Belgrade; mais, au moment où il mettait le feu an pétard, il eut la cuisse cassée d'un coup de canon. Henri IV le rappela (1609), et le combla de faveurs : il leva en 1610 un régiment d'infanterie et un autre de cavalerie , et fut à di- Tcrses reprises chargé de négociations politiques aoprès des princes de l'Allemagne'. Mart^chal de camp en 16i7, il servit en Champagne sous les ducs de Guise et de Nevcrs , sVinpara de Verdun (1631), et obtint le commandement de cette place (1652). En 1635 la baronnie de Vaubecoort fut érigée en comté.

Nicolas de Nettawcocrt , comte de Vaubecoort, fils du précédent, né le 27 juillet 1603, mort te 1 1 mars i678, à Paris. Dans son enfance il fut adopté par son oncle , Jean de Haussonville, à la charge de porter son nom et ses armes; jusqu'en 1642 on rappela \e marquis de Vaubecourt. Il prit part à presque tous les combats du règne de Loui» XIII, devint maréchal de camp en 16^2., lieutenant général le 20 mai 1650, et eut les gouvernements de Landrecies, de Perpignan et de Metz.

Louis-Claude db NpirrANCouRT , comte de Vaobecourt, fils du précédent, né en 1655, mort le 17 mai 1705- Pourvu d'un régiment en 1677, il servit en Allemagne et en Flandre, fut nommé lieutenant général le 3 janvier 1696, et passa en Italie, où il enleva Guastalla. En 1705, il eut, par rang d'ancienneté le comroandennent de Karmée du Piémont, et fut tué en faisant de Verceil une sortie contre les Impériaux rassemblés à Vigevano. P- L*

VLùf^K. Grand Diet. klU. — CoiircellM. Diet.dnté- Moraux /raiicaU. — C«linet, HUt. de Lorraine.

NBTTELBLADT ( Chrétien DB ), jurisconsulte suédois, né à Stockholm, en novembre 1696, mort en août 1775. Après avoir étudié la jurisprudence dans diverses universités de l'Allemagne, il fut nommé en 1724 professeur de droit à Greifswalde; en 1743 il devint conseiller à la chambre impériale de VVpfzlar pcfurie duché de Poméranie, emploi qu'il garda jusqu'en 1773. On a de lui : Theniis romoHO-suecica ; Ôreifswahie, 1729, in-4*';— Thésaurus juris provincialis et statutarH Germanim; Francfort, 17â6, 2 parties, in- 4". O.

MettsrI, iMtikan. — Btographisk-ljeaikon.

HBTTKLBLADT (Daniel), jurisconsulte allemand, né à Rostock , le 14 janvier 1719, mort le 4 septembre 1 791 . Il enseigna depuis 1746 le droit à l'université de Halle, dont il fut nommé directeur en 1776. On a de lui : Systema elementare unioersalis jurïsprudenti» positivse communis Imperii Romano-Germanici,tuui fori accommodatum ; Halle, 1749 et 1789, in-8'; — Syistema elementare universœ jurisprudentia: naturalis ; Halle, 1749, in-S*; une cinquième édition parut en 1785; une traduction allemande , avec commentaires (Piieineccius, parut à Halle, 1779, in-S"; —

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