KOUT. BIOGR. GÉMÉR. — T. XXXVII
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fut Tun des douze seigneurs qui furent choisit en 14 10 pour gouverner le royaume. 11 remplit à la cour les charges de chambellan du roi et de grand maître d'hôtel de la reine, et fut tué eo 14(5, à Azincourt. K.
Anselme. Grands itffUUrt de te cùwronne. — Plnartf» CkroHOl, mitU.
HBSLB. Voy, Mailly.
MBSLB (Db). Voy, Dbnesle.
2iBSMO.^o ( Henri de), prélat et académicien français, né à Bordeaux, vers 1645, mort à Toulouse, le 27 mai 1727. D*one famille originaire d'Irlande et fils d'un président au parlement de Bordeaux, il suivit de bonne heure la carrière ecclésiastique, et le succès de ses prédications le fit successivement nommer abbé de Chézy (26 mai 1682) et évèque de Montauban (3 septembre 1687). Les différends qui existaient entre la cour de France et le saint-siége retardèrent ses bulles jusqu'au 13 octobre 1692. Chargé de gouverner un diocèse où se trouvaient un grand nombre de protestants, il sut par ses instructions, et plus encore par la douceur de son zèle et par ses mœurs exemplaires, en ramener beaucoup à TÉglise. Il fut reçu conseiller au pariement de Toulouse le 26 avril 1695, fut transféré à l'archevêché d'Albl le 15 août 1703, et devint abbé du Mas- Garnier en 1715, et archevêque de Toulouse le 5 novembre 1719. En cette qualité, il se trouva souvent chargé de haranguer Louis XiY eC Louis XV, au nom de la province de Languedoc Le premier de ces princes aimait beaucoup à l'entendre, et l'appelait le plus beau parleur de son royaume. Un jour que le prélat manqua de mémoire en le haranguant « Je suis bien aise, lui dit-il , que vous me donniez le temps de goûter les belles choses que vous me dites. » M. de Nesmond remplaça Fléchier à l'Académie française, le 30 juin 17 10. II ne prêchait pas toujours comme un évêque, quoiqu'il ne cessât jamais de l'être pour lui -même ; il prêchait en homme du monde à ceux qui n'entendaient que ce langage, et à qui les vérités utiles devaient être présentées avec grftce et finesse , sons peine de ne pas être écoutées. La poésie, qu'il cultivait, était entre ses mains l'instrument d'une morale purement humaine, à la vérité, mais la seule qu'il pût faire goûter à ces esprits légers et frivoles. Il adressa les vers suivants à une femme aimable» livrée à nne coquetterie dont la jeunesse lui cachait le danger :
Irti, voua comprendrez nn Jour Le torique vone voua faites; Le mépris suit de prés l'amour Qu'Inspirent les coquettes.
Songez à tous faire estimer Plus qa'a voua rendre aimable.
Le fauE honneur de tout charnier Détroit le Yérltable. '
Ce sermon en valait bien un antre. En mourant, M. de Nesmond laissa tons ses biens aux pauvres et aux hôpitaux. On a un recueil de
NESMOWD — KESSELRODE
tmisses Biscours , Sermons , etc.; Paris, 1734, m-12.
Un de ses cousins germains, qui le fit son héritier, François de r<lE8M0MD, né à Paris, le i*' septembre 1629, dcYint évêqne de Bayeux lé 9 août 1661, et mourut te l-ajinn 17 15, doyen des évéques de France, dans son diocèse, où sa mémoire est en grande Yéaération par hs bienfaits qu*il y a répandus^ H. Fisqoet.
D'Alembert, Êftstnireées membradt Vjtcaa. franç.^ t. iV, p. 347. — GuUtm eMriêtkma, t. XI il.
MBiiSB {Christopher), théologien anglaisy né le 26 décembre 1621, à Nortli Cow«k (York:^ttre), iBort le 26 décembre 1 705, à Londres. £n sortant de Tuniversilé de Cambridge, il prit les ordres et obtint un bénéfice dans le Toisiiage de Huit. Rejeté de l'Église i^tablie, pour HOB-conformité (1662), il vint à Londrcsyet y dirigea pendant trente ans nne congrégatien dissidente. Il ^t auteur d'un grand nombre de traités de coatroverse et de piété; mais il s'est prineipaiement fait connaître par l'ouvrage intitulé Historp and mystery of the Oid and New Testament, loyically discttssed and theologically improved (Londres, 1690, 6 Tot. in-fol.). S.
Wllaon, ffht. ofdistatang Ckurvkes. — Gnnter, M9- 0r«vA, Diek, III.
SBSSKL {Martin)^ poète latin allemand, né en 1607, à Weiskirclien , en Moravie, mort à Vienne , à la fin du dix-septième siècle. Nommé en 1631 co-recleur à Schemnitz, il occupa les mêmes fonctions à Uelzen et à Minden , devint en 1646 recteur k Auricb, et fut placé en 1655 à la tète de Técole de la catiiédraie de Brème. En 1667 il alla s'étabHr à Vienne, et s'y fit catholique. On a de lui : Pœmata; Rinteln, 1642, in-S"*;— NistoriaSusannœ, poème; Brème, 1646, in-4*; — Frisix Ocellus; £mb- «ten, 1651 ; ' Liàelltu Tobix^ carmen elegiarum; ib., ie55,in-8°; — SUvarvm etsacrorum libri ifl; Risteln, 1642, in-S"; — Cornmentatio mortalitalis varUs carminibus adornata; Brème, 1646, in- 12; — Exercitattones miscelUe; Brème, 1661. Il a traduit en vers latins plusieurs morceaux de la Bible et les Quatrains de Pihrac. 0.
Noiten. Commfrelum liUraHum, 1. 1, p. IM. - Opiti, De Horstio eiuMque eollega M. Netielio ; Mindra, 178t. — Pratjen, Ce$ekU:kte der Donuehule m Bremen.
NBssBL ( Daniel), érudlt allemand, fils da précédent, né en 1C44, à Ueizen, dans le LunelMurg , mort en 1700, à Vienne. Après avoir étudié les belles-lettres et la jurisprudence, il se rendit à Vienne, où il embrassa le calholicisme, remplit les fonctions de secrétaire auprès de diverses ambassades impériales, et devint enfin C4)nservateur de la bibliothèque de Vienne à la place de Lambeck. On a de lui : Breinarium ac supplementum commentariorum Lanibecianorum, sive cnfalogus auC recensio specialis codicum mnuuscriptorum grascorumnec non orienlnlium bibliothec» Caesarex Vindobonnensis; Vienne, 1690, 7 parties en 2 vol.
in-foI. ; un abrégé de cet ouvrage, fait en partie d*aprè8 les notes de Lambech, fut donné par Reimman , sous le titre de Biblioiheca acroamalica, — Prodromns kistoria paciftccUorix, seu index chronologicus pubiicarum pacî/lcationum nb anno 400 vsqae ad 16Sd conclu- «aniJTi ; Vienne , 1690, in-fol.; — Supplementum ad Casp. Bruschii chronologiam monasteriorum Ger/na/iiar; Vienne, 1692, in-4**. O.
aariniiiidas, Tttaf, Iiv. V.
HESSBL { Edmond) j médecin belge, né à Liège , en 1658, rt'une famille originaire de Maseyck, mort le 24 février i73t. Il commença à Leyde ses études méflicales, qu'il alla terminer a rrmiversité de Reims, où il obtint en 1680 le grade de licencié. Après avoir voyagé en France et en Allemagne, il se fixa dans sa Tille natale, et s'acquit bientôt nne grande répatatioD. Il de* Tint premier médecin du prince-évèque Georges Louis de Berghel, qui le nomma aussi conseiller à la cour allodiale de Liège. On a de Néssei . Traité des eaux de Spa , avec une analyse d*icelles, leurs vertus et usages ^Spa. et Liège, 1699, in- 12. Outre une description asseï intéressante du bourg de Spa et de ses fonfanieB, Tautetir donne des renseignements CHrîem sm les cultures de cette partie des Antennes; — Analyse des eaux thermales de Chaud/emlaine {Lu^ge); 1717 et 1776, in-4» et in-11. Nessel , d'après Éioy, laissa encore deux mainiscrits, dans I nn desquels il a recnetlli ce qne les meilleurs écrivains ont dit sur tes propriétés des simples le plus en usage ; il rapporte dans Tantre la méthode qui lui a le mieux réussi dans les maladies rares qu'il a eu l'occasion de traiter. Ces manuscrits forment untn-i2de216p., diviiié en deu parties, rédigé en latin, et sans antre titre que lei armes dePauteur, son nom, et la date de I720. Suivant M, Ulysse Capitaine, qui possède ce Tolume, cVst une longue et ^^che nomendatore de recettes, bien éloignée d'avoir l'importaBee
qo'É'uy semble lui assigner. E. R.
Uty^iw CapUat»e , Btude béogriphiqve sur Im mëitf eiHS Itegeoii , et<-.; dans le BulUtin de rinttuid «rchéolo9ique hegroit, lll,hk9. - Èloy^ Dêctkm, àittm'. de la Médecine, lil. 383, édtt. de 1778.
J ï«EssBi.RODE{C^flWe*-ffo&cr/, comte o£}, diplomate russe, né à Lisbonne, te 14 décembre 1780. Le comte de Nesseirode est, croyons-noos, le seul survivant des hommes «rÉlat, plus oo moins célèbres, qui depuis un demi-siècle ont pris une part très-imporlanle aux affaires de l'Europe, ou qui ont gouverné d'une main supérieure les affaires et la politique de leur propre pays. Ca«tlereagh, Canning, Talleyraiid, Hardeiiberg, Metternich , Aberdeen, etc. sont descendur successivement dans la tombe. Levteox ministre reste, à peu près seul, comme représentant de cette époque si aRÎlée , si remplie d'éTéneiBeato extraordinaires. M. de Nesseirode appartient à tôt famille noble d'origine westphaltennc qui s'était fixée en Livonie, et qui , par ses nombreuses alliances, se rattache encore à des familles «lislo^
cratiques d'Allemagne. A Tépoquede sa naissance, son père occupait les fonctions de ministre plénipotentiaire de Rnssie à la cour de Lisbonne. U fut élefé au collège militaire de Saint-Pétersbourg, et, malgré son extrême jeunesse, il obtint de Catherine II son admission dans les gardes. A rafénement de Paul I*', îl fut nommé im des aides de camp de l'empereur. Mais la carrière de la diplomatie avait pour lui plus d'attraits, et la position de son père semblait l'y inviter. Il fut d*abord attaché à l'ambassade russe à Berlin (1802) , passa ensuite à Stuttgard, et de là à La Haye, où il eut le titre de chargé d'affaires (1804-1806). Son tact et ses qualités avaient commencé à fixer sur lui Tattentîon de Tempereur Alexandre. II fut appelé au poste éminent de eonseiller d'ambassade à Parus. Ses services augmentèrent son crédit auprèa de l'empereur, qui rattacha à la chancellerie diplomatique de campagne. Celte chancellerie célèbre, particulière à 1& Russie, a pour mission de choisir et de snrveiller les agents qui , sons le titre d'ambassadeur on de ministre, représentent offîciellement le souverain à l'extérieur. Outre ces agents, le czar envoie encore des aides de camç , sans autre mission patente qne celle d'un voyage ou d'un compliment ; mais en secret ils sont aussi chargés d'examiner et de faire des rapports, tant sur les gonvemements et les peuples étrangers que sur les agents même de la Russie. Le ministère des afîaires étrangères a donc tous les moyens d'être bien el promptement informé, et d'employer pour les différents postes les hommes qui y conviennent le mieux par leur caractère et leurs talents. Alexandre reconnut et apprécia dans Bf. de Nesselrode une intelligence sérieuse, «me érudition étendue, un esprit d'obéissance Aciie et dis|)osé à seconder sa volonté suprême. De son côté, le comte s'appliqua à plaire au souverain, dont l'esprit était mobile et impresstonnable, mais qui attachait beaucoup d'importance aux idées qu'il avait d'abord conçues. U se conformait à ses volont<^s, mais il mettait ses soins à modérer les sentiments trop vifs, de nature à compromettre sa politique. Les témoignages éclatants d'amiiié qu'avaient échangés à Tilsitt Napoléon et Alexandre semblaient devoir assurer pour longtemps entre cax une cordiale intelligence. Peu à peu cependant les rapports intimes se refroidirent. De chaque côte vinrent des récriminations , et le cabinet anglais se prépara à en profiter et promit deë subsides en cas de lutte. Placé entre la nécessité de subir les restrictions commerciales qu'im|K)5ait le traité de Tilsitt ou d'en appeler aux armes, Alexandre pencha vers ce dernier parti, M. de Nesselrode, qui représentait à Paris une pensée de conciliation, Alt rappelé, et le prince Kourakin resta seul chargé de tratner les négociations en longuenr. La guerre éclata enfin. On en sait les événements. C'est à celte épo^iue que la faveur et l'mfluence de M. de Nesselrode devinrent mar-
lŒSSELRODE 774
quées. Bien qu'il n'eût pas le titre officiel de secrétaire d'État, Il eut la plus grande |)art au mouvement diplomatique qui suivit 1812. Jl conclut et signa le traité des suicides âvi'c l'Angleterre et l'alliance intime des deux grandes puissances contre Napoléon. Au congrès de Prague, il n'était pas le plénipotentiaire en titre; mais il donna une impulsion énergique et habile aux passions du temps, et parvint à assurer l'alliance do l'Autridie pour la coalition. Au nom de son souverain , il rédigea tous les artkles de cette convention. Il signa le traité de Chaumont, comhie les ministres de toutes les puissances, et régla avec lord Castlereagh la forme du payement pour la solde des troupes et le résultat diplomatique de la campagne. Après l'entrée des alliés à Paris, M. de Nesselrode, en sa qualité de ministre favori d'Alexandre, fut entouré dln* trigues et de sollicitations par les partisans det Bourbons. Le czar paraissait hésiter à se prcH noncer. Il fut enfin entraîné (Kir les raisons de son ministre et l't'loquence passionnée du comte Pozzo à\ Borgo. Une déclaration du czar annonça à la France qu un ne traiterait plus avec Napoléon. C'était relever le trône des Bourbons. On dit que pour reconnaître ce service , d'immenses présents, bien au-dessus de ceux qui sont en usage dans la diplomatie, furent faits au ministre dont les conseils avaient décidé son maître : il est rare que les on dit rencontrent juste la vérité. Quoi qu'il en i^oit, ce fut une é|K)quc brillante dans la vie du comte de Nes.selrode. Alexandre était entouré de tout le prestige de la victoire et de la modération, et lui même, quoique jeune encore, jouissait de l'éclat et de l'inHuence qu'assurent seulement les années et de longs et glorieux services. Lorsqu'il fut question de reconstituer l'Europe au congrès de Vienne, M. de Nesselrode, toujours sous la direction d'Alexandre, débattit avec habileté les intérêts russes^ el après le débarquement de Cannes fut un des signalairos de la fameuse déclaration qui mettait Napoléon au ban de l'Europe (13 mars). Après le désastre de Waterloo , son influence sur l'esprit d'Alexandre contribua à sauver la France d'un morcellement de territoire et d'une indemnité si énorme d'argent que le pays en eût été épuisé. Ou sait que pourtant les sacrifices alors furent bien lourds et bien douloureux. En 1816, M <le Nesselrode fut récompensé de ses services par la direction des allai n>s étrangères^ qu'il partagea d'abord avec le comte Ca|>o-d'Ihtrias. Ce dernier penchait vers l'école libérale, dans l'espoir de s'en servir pour relever les Grecs. M. de Nesselro«ie lutta cintre son infinence, en s'appuyant sur la politique de Mrttrrnich , et en |H>ussanf l'empereur à dos mesures répressives contre les passions révolutionnaires qui lH)uilionnaient chez plusieurs peuples. Il l'arx'uHipagna k Troppati, à l.aybach, a Vémiie. Le ceinte Capod'istrias quitta les alf<iires. M. de Nesselrode devint dès lors ministre unique et chef de la dian-
NESSELRODE — NESSI
cellerie russe. AT^rd de l^Espagneet de l'Italie, tout fut arrangé de concert entre l'Autriche et la Russie , et la France fut chargée de l'expédition qui devait étouffer la réTolution en Espagne. A la mort d'Alexandre, il y eut dans l'empire une commotion politique et militaire ; ce fut un ouragan passager. M. de Nesselrode conserva son crédit sous l'empereur Nicolas. II sut s'accommoder avec souplesse à ce caractère fier, ambitieux, absolu. Son obéissance devant la volonté suprême était éclairée, quoique passive ; mais la haute sagacité dont il est doué pour démêler les événements et le jugement supérieur qui le distingue pour les apprécier lui ont servi plus d'une fois pour modifier la pensée impériale sans heurter son orgueil. Deux objets ont fortement préoccupé depuis un siècle le cabinet de Saint-Pétersbourg, l'incorporation de la Pologne , l'expulsion des Turcs. La Pologne a succombé , le Turc se débat encore dans sa longue agonie. Pressé de donner un aliment à ces passions militaires et politiques qui avaient fait explosion au début de son règne , Nicolas tourna ses regards vers l'Orient, et demanda à son ministre des raisons d'État pour morceler la Perse, des raisons pour appuyer les Grecs, des raisons pour attaquer les Turcs. L'habileté diplomatique de M. de Nesseirode fut au niveau de cette tâche délicate, et quoique ses papiers d'État eussent soulevé une assez forte opposition dans les cabinets d'Autriche et d'Angleterre, les armes russes en accomplirent la pensée : à Navarin, de concert avec la France et l'Angleterre , qui l'a regretté depuis ; dans le Balkan, sans auxiliaires; et le traité imposé aux Turcs à Andrinople (septembre 1829} fut un nouvel anneau à cette chaîne dont la Russie veut enlacer et étreindre Tempire Ottoman. A la nouvelle Inattendue de la révolution de Juillet, Nicolas eut la pensée de marcher sur Paris à la tête de gros bataillons. M. de Nesseirode, usant de son influence, calma, de concert avec le sage comte Cancrine, ministre des finances, cette ardeur belliqueuse ; mais l'empereur n'en garda pas moins rancune à la monarchie et au monarque sortis des barricades. Les talents de son minisire furent employés dans des œuvres diplomatiques qui avaient un intérêt positif et de la portée pour l'avenir. Le traité d'f Jnkiar-Skélessi , imposé sous les murs mêmes de Constantinople (juillet 1833), le progrès de l'influence russe sur la jeune Grèce, le traité du 15 juillet 1840, qui brisait l'alliance anglo'française et excluait la France du concert européen, sont en grande partie l'ouvrage de M. de Nesseirode. Après la révolution de février 1848, qui réagit avec force en Europe, la politique russe se montra réservée, soit crainte d'un plus vaste développement de démocratie et d'anarchie , soit espoir d'accomplir plus facilement ies projets en Orient. Un €onp décisif fut porté à la révolution par l'inter-
vention en Hongrie; l'influence du czar foi mentée en Orient par la diplomatie qoi imposa la convention de Balta-Liman et s'efforça de resserrer l'alliance des pouvoirs nriOBarcliiqiieâ battus en brèche par les mouvements révolationnaires. Avant la guerre de Crimée, il paml soutenir une politique pacifique et modérée. Venait-elle de sa propre opinion ? Essayait-il de modérer ainsi les pensées ambitieuses de souverain, qui croyait le moment venu de solider son influence à ConstantinopieP Bieo dm documents n'ont pas encore tu le jour, c*est probable; mais il est difficile d'affirmer. Quand il put voir clairement et apprécier les événements accomplis en Crimée, il usa de toute soo influence pour amener le congrès et la paix de Paris.
Lié à l'Allemagne par son origine et ses
lations, M. de Nesseirode a constamment représenté le parti allemand ennemi des idées libérales, et sous c« point de vue on l'oppose an prince Mentchikoiï , représentant le parti russe. Depuis l'avènement d'Alexandre II il a demandé et obtenu un successeur dans la direction des affaires étrangères. Il est revêtu des plas hautes dignités honorifiques de son pays et à fétranger. Dans sa longue carrière, il a servi, sous trois empereurs successifs de Russie, en qualité de ministre des affaires étrangères, chose rare eo Russie, où la volonté absolue du sooveraiii peut briser du jour au lendemain un ministre qu'ailleurs prot^erait l'opinion publique. Après la signature du trailé de Paris, ea 18&6, fl fut remplacé au ministère des affaires étraogèreâ par le prince Alexandre Gortchakow; il a conservé le titre honorifique de chancelier de l'empire et un siège au conseil de l'eminre; mais il ne fait plus partie du conseil des aunistres, et n'est plus consulté dans les affaires. Le système de gouvernement en Russie ne favorise ni une grande orighialité de vues ni une puissante initiative. L'influence d'un mini&tre vient surtout d'une grande finesse unie à une souplesse extrême, et sous ce rapport la supériorité de M. de Nesseirode est incontestable.
J. Cbarvt.
De Loménle, Galerie des contemporains Uluâtres. — Capeflgoe, Diplomates Européens, 4 toI. la-8*. seeoode édition, 184S. - Balleydler. Histoire de rtfmperemr Nicolas. — Chateaubriand, Congrès de f^érone, t toI. i»-t*. — Bignou, Histoire de France sous tfapoleotu —Tlilef** Consulat et Empire. — Armaad Lefèrre, DipêomeMe sous le régne de Napoléon.
NESSI ( Giuseppe), chirurgien italien , né 1^ H mai 174 i, à Côroe,où il est mort, en 1821. Reçu docteur à Pavie, il servit dans l'armer autrichienne, et fut nommé, en 1768, médecin en chef de l'hôpital de Côme. De t7''2 à 1S08, il occupa la cliaire de chinirgie à raniversilé de Pavie. Ses principaux écrits sont : isiituùom di chirurgia; Pavie, 1780;— ÀrUasiettieia; ibld., 1790, trad, en plusieurs langues; — Diieorit sopra i pericoU délia prteepiiaia m-
NESSI — NESSON
poliura; ibid., 180)1; — DUcorsi sulle forze deila natura per sanare moite malattie interne; C^fne, 1812. P.
Biogr. degti Italiani iUvitri, I.
HESsiMi ( £mad ed Din ) , pocte turc et chef à» secte mystique, né à Nessim, dans le territoire fie Bagdad, au commencement du quinzième siècle de notre ère, mis à mort à Àlep, vers 14.>0. Il prétendait descendre diiectement du prophète Mahomet. Ses opinions sur la nature de TÊtre inCni, qui s'identifie avec TAme humaine dans les contemplations mystiques , le firent accuser d*athéisme : Nessimi fut cité devant les docteurs d'Alep, et condamné à étreécorcbé vif. On a de lui un Divan ou Recueil de poésies arabes; — un Divan de poésies persanes, qui sont tous deux restés manuscrits. Son Divan turc a été Imprimé; Boulak, 1844. Ce. R.
Hammer, Hittoire de la poésie turque. — Latifl, Biographie dei poiU$ turcs,
NESSON {Pierre db), poète français, vivait à la fin du quatorzième siècle et au commencement du quinzième. Nous savons très-peu de chose touchant sa vie. Sa famille occupait, selon toute apparence, divers emplois, dès le quatorzième siècle , à la cour de Charles Yl , roi de France (1). Pierre, « dès son enfance », fut attaché à Jean l^*", duc de Bourlion, né en 1380. L*orQce qu'il remplissait auprès de ce prince était de Tordre civil. Lui-même, dans un de ses ouvrages, le Lay de guerre, nous apprend que la nature ne l'avait point doué d'une âme belliqueuse. Dans ce poëme, la Guerre , personnage fictif et principal, qualifie notre poète, de
* <• garçon
Qui rooult DODS hait, (ia*oa appelle Ifesson Le poursuivant de ralx...
Ne ee Meason, oncque» qu'oa i'aperceat; Ne se trouva au lieu où 11 nous tceuat Et maintes fola II a laissé son aialstre(t>. Quand le falllolt, au lieu où feustions, eatre. »
Comme le duc de Bourbon suivait le parti des Armagnacs, Nesson se trouva compromis dans les troubles civils de cette époque. Le 28 avril 1413 eut lieu la fameuse émeute des Cabochicns ou Chaperons-Blancs, qui envahirent Thôtel de Guyenne. Le poète fut au nombre des prisonniers emmenés par les insurgés et détenus au palais, jusqu'au 4 septembre suivant.
D'après les termes cités du Lay de guerre, on s'explique pourquoi Nesson n'accompagna point soki maître, le 25 octobre 1415, à la journée d'Azinoourt. Jean P% duc de fiiourtran , y fut pris par les Anglais et conduit en Angleterre, où il mourut, dix -neuf ans plus tard, sans avoir pu recouvrer sa liberté. Nesson demeura auprès de la duchesse de Bourbon, « princesse belle,
(1) Jamet de Resson était valet de chambre, ^atice des coffres, ou trésorier de la casaette particulière de Charles Vf. il flxure à ce tUredans U eowpl e des chémgeurs du trésor delS98 ft 140S . (K. K. », fol. 1S6, met passtm). On conserve également plusieum titres orlglnaui de ce Jamet dans la dossier Neuon dn cabinet généalogique.
(t) Le duc de Bourbon.
dévote, noble et bonne » , fille de Jean, duc de Berry, oncle de Charles VL Nesson figure à litre de secrétaire parmi les officiers qui reçurent une livrée de drap noir, à l'occasion des obsèques de ce duc, mort en 1416. Marie de Berry procura h Nesson un autre office, que le poète indique sans le désigner, dans ces vers adressés au vaincu d'Azinconrt :
• « An boa dac de Bonrtwn,
Chevalereai, afHn qu'en sa prison.
Là où ne puis autrement lui aider.
Je le peusse ong pea désennuyer. »
Puis il ajoute :
« Dont me detplatst que ne pals déservir L'honneur que (ail m*a la noble princesse, Luy estant pris, madame la docbessc, I)e rooy avoir tenu aon oflicier £a sa bonne comté de Montpensler. »
Après 1416 nous ne trouvons plus aucun fait précis qui se rapporte avec une date certaine à la vie de cet écrivain. Nous savons seulement qu'il continua de rimer en l'honneur de son prince. Dans un autre passage, il fait allusion k des négociations diplomatiques inutilement ten« tées par le duc de Savoie, médiateur entre la cour de France et le duc de Bourgogne :
« Et Jd piéça en furent en Savoye Ambaxadeura pour en suivre la vote... »
Ces négociations paraissent être celles qui eurent lieu en 1424 , entre Cliaries YII et Amédée VIII (1). Le poêle vivait donc encore postérieurement à cette date.
Les poèmes de Nesson sont au nombre de trois; ils ont été désignés sous des dénominations variées et multiples. — Le Lay de guerre nous semblé le plus important des trois, au point de vue politique, moral ou historique. Alain Chartier, poète plus célèbre que Nesson, composa le Lay de paix, afin de tenter un accommodement entre Charies YII et la maison de Bourgogne. Le Lay de guerre est donc, selon toute apparence, une imitation du Lay de paix (2). Pierre de Nesson se contenta de suivre de loin son émule ou modèle.
Le manuscrit français 1727 de hi Bibliothèque impériale de France contient, p. 179 et suivantes, le texte complet du Lay de guerre. Nous y avons puisé les citations qui précèdent. André Duchesne , dans son édition des Œuvres d^Alain Chartier, 1617, in-4*, p. 820-821, avait déjà fait connaître quelques fra^ents de ce poème. Théodore Godefroy reproduisit textuellement ces extraits, à la suite de son Charles VI Imprimé au Louvre en 1653 (in folio, page 750-1). L'abbé Goujet en a également donné des extraits, puisés à la même source. Mais le Lay de guerre, dans son ensemble, est demeuré, je crois, inédit jusqu'à ce jour. — Paraphrases
(i) Voyez dom Plancher, HisUÀre de Bourgogne, U IV, P«gcM.
(S) Ce rapprochement implique une date plus précise pour la composiUon da Lag depaix, Voy. l'article jiiatn Cha&tuii.
779 NESSON -
de Job. Cet écrit porte aassi les titres de Leçons de Jobf et de Vigihs des morts, à sept psaumes et à neuf teçons. Il paratt avoir servi de modèle aux Vtgiles de Charles Vif, doat l'autear est Martial d'Auvergne ( voy, ce nom;. Les Paraphrases de Job sont une e8|)èce de commentaire en vers français, placé au-dessous de chacun des principaux versets latins du livre de Job. Le tout est arrangé en forme d*oftice liturgique. Dans les manuscrits les plus complets , elles se terminent ainsi :
Cy flnrral ma petite ouvre, Qui mon Ignorance denqueuvre, En cesite neutiCMnelOMon; Et tuuii tes lixani je rcqulcr Qu'il leur platic te corriger Leur humble disciple Nesson.
Des quatre manuscrits des Paraphrases, deux sont à Paris et deux à Rome, savoir : i° Bibliothèque de la rue Richelieu, manuscrit français D^ 578, f^ur parchemin, folios 122 à 129. Vm tète une miniature, très précieuse, qui parait attester le temps de Charles VIT, nous montre Job sur son fumior, au milieu d*un parc de basse cour ou clayonnage. Vue belle dame de la ville, dans tous ses atours, et trois citadins qui raccompagnent viennent railler le riche Job, tombé dans l'infortune. 2** Autre texte, manuscrit français (dans la seconde moitié) 1889, sur papier, non pa<iinë. A la bibliothèque vaticane : 3° manuscrit 1683 ; 4** manuscrit 1728 de la reine Christine de Suède. On trouvera des fra^^ments de cette «eiivre dans les Manuscrits français, elc , de M P. Paris, tome V, p. 64, et dans le Romvart de M. Relier, p. 63t. — L'Hommage à Notre-Dame. C'est le plus connu des trois. On le rencontre aussi intitulé Regttesfe, Oraison, Testament^ Supplication de P. de NcSson à Notre-Dame. Manuscrits : Biblioihèque nationale; P ms. français n" 16^2, fol. 326 à 329 ; 2" ms fr. 3,939, fol . 26 v° et s.; 3"* inS. fr. 1889, à la lin. La Croix du Maine, au seizième siècle, possédait un exemplaire du même genre , peut- ^tre Ton des trois qui viennent d'être indiqués.
La premième édition des écrits imprimés de Nesson parait être celle de Robin Foucquet et Jehan Cres, imprimeurs à Brehant-Londéac, en Bretagne, datée du 27 janvier 1484-1485, in-4° de 6 feuillets. Nous mentionnerons ensuite : Oraison de P. de Nesson à la Vierge Marie, à la fin du grand compost ou calendrier des Bergers, édition de Genève, 1497 (t), petit infol. \}ï\e autre édition parut sous le titre de Supplication à Nostre-Dame, faite par Maistre Pierre de Nesson (sans lieu ni daté, petit in-4° gothique, de 6 f . ; deux gravures sur bois ). Enfin, le Testament de M. Piètre de Nesson, avec une courte notice sur Tauteur, se trouve dans le recueil intitulé : La danse aux aveugles et autres
U) Dan* le mannnrrlt françaf» 1899, i côté du tllre de la requét*, uni> main du aeiiléme «lècle a ajouté : « Nnta que cesle nrohon e%t il la (In du kalendhcr des fiergcrt Imprimé l'an mil iiiic itinx e.i xvi. • Goiijel dit qu'elle ■e trouve dans la première édition de ce calendrier. (Gnujci, Bibliothèque /rancoite, t. X, page 417. )
NESTOR 78t
poésies du quinzième siècle , extraites de Ut
bibliothèque des ducs de Bourgogne;
dam, 1749. in- 12, p. t70 et suivantes. A- V.-V.
André DticheMn'», (ouvres d'Alain Cbartter, 1617, ia-4«.
— Godcfruy, Histoire di- Charle$ yt, less. in-ffoL, p. 775.
— Guujet, Bibliothèque française^ etc., nto et aon. sanr^ In 11; t. IX, p. 177 et su)v.; 1. X. p. 417. Monstrrtet, éû. d Areq. t. 111. p. Mi, 899.— Génin, édition de PaH^me, 18&0, Uocumenls iuéttit*. etc., ln-i« ,p. 9. — Adeteot Kellrr, itamvttrt^ Beiirmge sur Kvnde mtUeialtertétMer Dtrktunç aus italiditisc/ten Bibliotheken ; Mauabeta. 1844, in>8«, p. 487, 831 ; et autre* aouroea citées,
NESSON {Jeannette de), poète français de la même famille que le précédent, rivait au quinzième siècle. L'édition in-4* sans lieu ai de la Supplication à Nostre-Dame^ par de Nesson , se termine ainsi :
Et quand non» serons treapassez, Dunnez-nou», Madame Marie, ' La dnuice perpétuelle vie ; Laquelle doint par sa puissance l.a très* hante divine rssence (1) A touH In Nessont et Pfessonnes f
V\me de ces Nesâonnes était poète Pierre de Nesson. Elle ne nous a transmis toutefois qu'une trace bien fugitive de son talent et de sa renommée.
« Et niVsbatiy qne mot ne aon N'as fait dr la belle JeanneUe Nwpre de Pierre ^e. NefttoiL.
Elle vaull qu'en ranc on Ui mette.
Car T\tu n'est dont ne s'entremette.
Et l*app/flle-un l'aultre Mynerve. ■
Ainsi s'exprime l'un des interlocuteurs &a Champion des dames, composition tittérarre accomplie vers 1450, par Martin Franc.
Au seizième siècle, Jean Bouchet lai rend m hommage analogue, dans son Jugement poétie du sexe féminin :
Je u'obliray la subtile fcaunettc FiUe (9) à Ne.<Mon, qui de riiylbme tant Sceutil bien user....
Tels sont les seuls vestiges que nous sions louchant ce personnage. A. V.—Y. Goojet, cité i l'article précédent.
NESTOR, moine russe, né en 1036, mort vers 1114 (3), stimommé le père de lliistoire russe, est le premier annaliste européen qui wH écrit en langue vulgaire. A dix -sept ans il enlia dans le célèbre monastère de Petcberski, à Eitf ; il y reçut le diaconat, et fut diargé, en 10^, de la translation du corps du saint abbé Tbéoilose. On le retrouve à Vlhdimir en 1097, poiiaot des paroles du prince David à l'infortune Vassilfco; puis le Paterik (ou livre contenant les Vies des Pères de son monastère) rapporte, sans prédser Tannée, qu'il « s'endornnt dans le Seigmor après s'être laborieusement occupé de l'histoire
II) Le salut éternel.
(2) Martin Franc, cor.lemporaln de JeanneUe, dK nièce : son t^mnlgn-ige doit être préféré.
(3) Dans sa f «e de Tfteodose, Mestor parle dn ancre ée TtieoctiBie, fait évéquern lin : Il n'est donc paa aortai llll,ciHnme quelques-uns l'ont supposé. M. PtMlareie, é«<que de P.îga, a consacré, dans la Âfme delà ItttêrgtMTt eccleiiustiqùe en Bmsie , un remarquable article aur b date de la mnrt de Nestor, dont nooa adopioos id ta cunclttslon.