‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 98 sur 110 · NET · texte numérisé non relu

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quo Napoléon, qui n*a pu ajouter beaucoup à | Teraina,au nom de la régente Marie-Loiwt. lit

ses Torces, est obligé de résister à celtes de la coalition qui s'étaient considérablement accrues. Dans ce moment, comme tes opérations qu'il méditait près de Dresde allaient exiger une attaque désormais vive et impétueuse, il appela à lui le prince de la Moskowa. « Mais , dit le général Sarrasin, si cette distinction fut flatteuse pour ce maréchal, elle Tut fatale à Parmée de Silésie , qui , privée de son chef, Ait battue. » Le 5 septembre, Ney eut le malheur de perdre la bataille de Dennewitz, où Bemadotte lui enleva dix mille hommes et vingt-cinq pièces de canon. Cet échec fit sur lui une vive impression ; aussi lorsque Napoléon lui témoigna sa mauvaise humeur de cet insuccès , Ney eut beaucoup de peine k se contenir, et reprocha vertement à l'empereur ses nombreux sacrifices d'hommes, son ambition insatiable. Bientôt les succès de Lutzen et de Bautzen furent effacés sans retour dans les plaines de Leipzig, où Ney fut encore blessé : des trahisons sans nombre, des défections imprévues, des fautes irréparables, précipitèrent notre armée dans une défensive malheureuse 'dont les difficultés se multipliaient de jour eu jour. Le sol de la patrie, touché parles troupes de la coalition, devint alors le théâtre de la guerre. Ce n'étaient plus des conquêtes qu'il s'agissait de garder, c'étaient nos villes, nos campagnes , notre patrie qu'il fallait disputer à l'ennemi; c'était l'empire, qu'un million d'hommes venait, pour ainsi dire, saisir corps à corps. Dans cette lutte, le maréchal Ney ne redoubla pas d'intrépidité, car il était toujours intrépide ; mais il déploya une activité incroyable. Sans commandement fixe, bien qu'il eût été nommé (6 janvier 1814) commandant de la première division des voltigeurs de la jeune garde impériale, sans but arrêté, pendant cette fatale campagne où rien n'était prévu, parce qu'il était impossible de rien prévoir, il courait à l'ennemi, s'efforçait de lui faire face partout , remportant presque toujours des avantages dont il regrettait de ne pouvoir tirer parti. A Brienne (29 janvier), à Champ-Aubert et à Montmirail (10 et 11 février), à Vauxchamps (14 février), à Craonne(7 et9mar8), il fut constamment au milieu du feu, animant les soldats, et leur faisant retrouver, malgré leur petit nombre, cette confiance héroïque qui les avait inspirés au jour de. la victoire. A peine avait-il cinquante-trois mille honunes, disséminés sur un grand espace, à opposer à une masse de trois cent mille ennemis rangés de front. Tant d'efibrts devinrent Inutiles, et tandis que Napoléon , après avoir traversé Nogent et Sens, arrive à Fontainebleau, les alliés entrent à Paris (31 mars), et le sénat déclare sa déchéance ( 2 avril ).

Les maréchaux réunis à Fontainebleau avaient arraché à l'empereur une abdication en faveur de son fils. Macdonald, Ney et le duc de Vicence furent chargés de la faire agréer aux sou-

passèrent le 4 avril au quartier généml d'Essosiie, et y virent Marmont, à qui ils dirent l'objet et leur message. Celui-ci comprit qu'il ne poaTat rx>ntlnuer de s'isoler en négociant de son cMé, et apprit aux plénipotentiaires ce qu'il avait eotamé, où il en était, et déclara qu'il ne foait qu'un désonnais avec eux. Ney engagea Marmont à les accompagner à Paris, ce i quoi ii consentit avec empressement. Arrivés à Petit- Bourg dans la soirée, les maréchaux parletoeotèrent, puis se dirigèrent en toute bile vers Faris, où l'empereur Alexandre, qui tenait en ses mains la balance deit destinée de la France, d semblait se plaire k prolonger rincertitDde,e\iga une abdication absoliie, Ney et ses collègoes, de retour à Fontainebleau, signifièrent à Xapoléoo la décision du vainqueur et se retirèrent ,- mais peo d'instants après l'empereur fit appeler le priaoe de la Moskowa. « Ce qui se passa dans cette entrevue, dit M. de Norvins, échappe à Tiorestigation historique. » L'abdication fut signée ie 1 1 avril, et le comte d'Artois faisait le lendeioaiD son entrée à Paris. Comme tous les marécha», le prince de la Moskowa se rallia au gouTe^l^ ment nouveau, et fut nommé membre du ooaseil de la guerre (8 mai ), commandant en chef des cuirassiers, des dragons, des chasseurs et de» cbevau-légers lanciers de France (20 mai), duvaUer de Saint-Louis (1*' juin }, gouverneor de ta 6* division militaire (2 juin) enfin pair de France (4 juin).

Cependant Ney, peu habitué aux loisirs de la paix , ne tarda pas à regretter l'actiTite des camps ; son existeàice à la cour lui devint ioaup* portable ; le faste et la réprésentatioa le iati* guaient. 11 partit pour «a terre de Goudrvt, près CliÂteaudun, où il put se livrer plitf> l'aise à son goût pour la solitude, et à m» dignement pour les usages puérils du grand monde. 11 y reçut, le 6 mars 18lô, l'ordre de se rendre en toute hÀte à Besançon, chef-lieu de la G' ^' vision militaire. Le soir même il partit four Paris, où M. Batardy, son notaire, lui apprit le lendemain le débarquement de Napoléon. Cette nouvelle parut lui causer une vive inquiétude, il se rendit aussit6t chez le maréchal Soolt, alors ministre de la guerre, pour lui demander sesissr tractions; mais celui-ci lui répondit assez brov quement qu'on lui ferait savoir à Besançon la conduite qu'il aurait à tenir. Avant de quitter Paris, le maréchal crut de son devoir de prendre congé du roi. Louis XVIU l'accueillit avec des paroles flatteuses et des témoignages àe eoofiance , et le maréchal » protestant de son dé* vouement à la monarchie, exprima alors 1»dtemcnt l'indignation que lui faisaient éprouref l'attitude et l'entreprise de Bonaparte, qii'> ajouta-t-il, mériterait 9tt'on/e mil à Chareni^» ou qu*on le ramenât dans une cage de ftf- Paroles malheureuses qui devaient loi être n^ prochées, même par ceux qui le condaomèreot

pour ne pas les «voir exécutées. Après cette audience , pendant laquelle H ne boita jtoint la main du roi, comme on a voulu Tinsinuer plus tard, le maréchal quitta le 8 mars Paris tout à Louis XVIil, suivant Texpression de Napoléon, et le 10 il arrivait à Besançon > c^è une dépêche ministérielle lui apprit que le comte d^Ârlois s*étant rendu à Lyon pour y prendre le commandement des troupes , il eût à correspondre avec ce prince et à établir des communications fréquentes entre lui et le maréchal Suchet, qui avait été dirigé sur l'Alsace. La dépèche indiquait en même temps k Ney quels étaient les régiments mis à sa disposition et lui exposait le système adopté pour réMster h Bonaparte sur tous les points où Ton supposait qu'il poiirn^it pénétrer. Le même jour II écrivit à Monsieur une lettre de dévouçment, et le lendemain il manifesta les mêmes sentiments dans une autre lettre, au ministre de la guerre. Après ime courte délibération avec le duc de Maillé, qui était venu lui annoncer les événements de Grenoble, il transporta son quartier général à Lons-Ie-Saulnier^ où il arriva dans la nuit du 11 au 12 mars, qu'il passa tout entière à s'occuper de la concentration de ses forces. Toutes les mesures qu'il prit alors, la harangue qu'il adressa aux troupes, les lettres aux maréchaux ses collègues attestent que le 13 au soir il était encore dans l'intention de soutenir la cause des Bourbons.

A la voix de celui à qui elle devait tant de gloire, la France cependant s'était réveillée; l'armée avait couru avec transport an-devant de son ancien chef; partout les populations élec* trisées se précipitaient à sa rencontre. En vain les maréchaux investis de divi*rs commandements essayèrent-ils, dans ce moment de bouleversement général, de lutter contre le torrent qui entraînait tout sur son passage, contre l'enthonsiasme des soldats, contre leurs sympathies personnelles. De Grenoble jusqu'à Au xerre, où le maréchal, après avoir quitté Lons-le- Saulnieravec son armée dans la nuit du 14 mars, se réunit le 17 à l'empereur, la marche de Napoléon n'avait été qu'un long triomphe. Il était évident que la France, arborant ses couleurs, allait encore une fois avoir sur les bras l'Kurope coalisée : ce n'était pas trop du concours de tous ses enfants pour la défendre. Le bras de Ney ne pouvait lui manquer, et le maréchal mit sa glorieuse épée dans la balance du côté de l'empereur. Sans doute , Il eût pu , luttant avec les instincts nationaux, e«sayer le prestige de son nom populaire sur l'armée et sur le pays pour y organiser la guerre civile, ou, s'isolant dans un calcul timide et égoïste, quitter son commandement militaire et ne rejoindre l'empereur qu'aux Taileries. Suivre Louis XVIII à Gand était encore Due voie qui lui était offerte; mais tous ces parth répugnaient à son patriotisme, à sa franchise, à la vivacité de son caractère : il aima mieux, sans mesurer les chances de succès,

ROUV. BIO€R. GÊNER. — T. UXVII.

embrasser ouvertement la cause de la France et de l'emperear. Plus tard, vaincu avec elle, il est tombé victime de son dévouement au pays, montrant en mourant pour sa patrie le même courage qu'il avait mis à la servir.

Arrivé à Paris, Ney reçut le 23 mars de l'eropereor la mission d'inspecter les troupes sur toute la ligne des frontières depuis Lille jusqu'à Landau. Le 2 juin suivant, il fntnomnAé membre de la nouvelle chambre des pairs qui remplaçait le sénat impérial, et le 15 du même mois commandant en chef du premier et du deuxième corps de l'armée. Les opérations qui précédèrent la bataille de Waterioo ont été l'objet d'une controverse militaire qui a poilé principalement sur les mouvements dirigés par le prince dé la Moskowa. On lui a reproché de n'avoir pas occupé le 15 juin la position des Quatre-Bras, comme il en aurait reçu l'ordre. En présence des documents Inédits publiés en 1840 par le duc d'Ëlchingen, fils du maréchal, il nous parait impossible de faire peser sur Ney la responsabilité de la perte de la bataille de Waterioo. « Dans cette occasion, dit un historien de ceHe sanglante journée, comme dans toutes les autres , on admire son sang-froid, son intrépidité... Son exemple animait les soldats , en faisait des héros.... Sept fois démonté, couvert de contusions et de boue, il combattait encore à la tête des régiments de la garde, lorsque les autres corps, épuisés, détruits, ou manquant de munitions , étaient réduits à l'inaction. » A Waterloo la fortune refnsa tout à son courage, tont jusqu'à cette mort de soldat qui était due a« brave des braves, et qu'il chercha vainement à travers la mitraille.

Le maréchal après la défaîte revint à Paris., et ne craignit pas, avec sa francliise habituelle, de dire à la chambre des pairs : « Il ne nous reste plus, messieurs, qu'à entamer des négociations... il faut rappeler les Bourbons, et moi je vais prendre le chemin des États-Unis. » Cet aveu sincère d'une position désespérée excita les murmures des ministres, qui au sortir de la séance lui adressèrent les plus violents reproches. « Eh ! messieurs, répondit-il, je ne suis pas de ceux qui mettent leur intérêt partout et avant tout. Que gagnerai-je à tout cela? Si Louis XVllI revient, il me fera fusiller; mais j'ai dû parier en faveur de mon pays. » La vérité que Ney venait d'articuler était si triste qu'on le blAma hautement d'avoir osé la prononcer dans ces conjonctures critiques : le parti dépositaire de la puissance et le peuple l'accusèrent d'être un alarmiste , et ces imputations prirent un tel caractère de gravité, que pour se justifier il crut devoir écrire au président du gouvernement provisoire une lettre qui fut répandue à profusion dans la capitale, et insérée dans les journaux du 30 juin 1815. Malgré cea explications , le gouvernement ne lui confia plus aucun , commandement dans l'année qui s'organisait

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autour de Paris. Le 3 jiiUlet la capiUilaUoo fut signée, et malgré Tartide 12 de cet acle, qui le mettait légalement à Tabri de toute poursuite , il con^eutit, sur les instauces de sa famille, à s'éloigner de Paris et à se réfuter en Sui^use. il n'emporta qu'un fort miooe bagage, mais ne voulut point se .séparer du sabre égyptien que le premier consul lui avait donné en juillet 1802. Le marédial arriva à Lyon le 9 juillet, porteur d'un congé illimité et d'une feuille de route que le prince d'Ex'.kuiuhl, ministre de la guerre, lut avait donnée sous le nom de Reiset, major du 3^ régiment de hussards. Il reçut à son passage la visite de M. Teste, commissaire général de police, qui lui apprit que les routes de la Suisse étaient gardées par les Autridiiens, et lui conseilla de suivre une autre direction. Le maréclial se rendit alors aux eaux de Saiut-Albaa , près Roanne, où il demeura jusqu'au 26 juillet. Il ne cesVi pas de correspondre avec la maréchale, qui, aveuglée sans doute par sa tendresse pour lui , l'exhortait à retarder sa sortie de France , à cause de la surveillance qu'elle présumait être active sur les frontières. £lle lui dépêcha un homme de confiance pour lui apprendre la publication de kl terrible ordonnance de pros- «Tiption du 24 juillet, qui le désignait nominativement avec dix-neuf autres généraux comme traître au roi , et le renvoyait devant un conseil de guerre. Le cltAteao de madame de Bessonis , parente de la maréchale, et situé près d'Aurillac, lui fut indiqué comme une retraite sûre. Il s'y rendit,, et y était caché avec soin depuis quelques jours, lorsqu'il commit l'imprudence de laisser son sabre égyptien sur un cana|>é, dans le ^lon du château. La richesse decettearme excita l'attention d'une personne venue en visite , et qui le lendemain» dans une maison d'Aurillac, ne put s'empêcher d'en parier el d'en faire ta description. D'après les détails qu'elle donna, une autre personne assura que ce sabre ne pouvait appartenir qu'à Murât ou à Ney. Ces indices furent rapportés à M. Locard , préfet du Cantal , qui , après quelques informations , envoya quatorze gendarmes pour arrêter le marechul. Quand ils «e présentèrent, Mey était dans l'une des cours du château , et ce fut à lui le premier qu'ils déclarèrent l'objet de leur mission. Arrêté le ô août, il fut conduit à Aurillac, et dix jours après à Paris, où le 19 il fut déposé à la prison de l'Abbaye. A quelques lieues de la capitale, M«« la maréchale était venue à sa rencontre, et en l'apercevant il n'avait pu maîtriser son émotion. On vit alors ses yeux baignés de larmes. » Ne soyez point surpris, dit-il alors à ses gardiens étonnés : je manque de eourage qoakid il s'agit de ma femme et de mes enfants. » Le maréchal fut bientôt après transféré à la Concier^ie, et le 8 novembre s'ouvrit au palais de justice, pour le juger« un conseil de guerre composé du maréchal Jourdan, président, dcft maréchaux Maasena, Mortier, Augereau , des

lieutenants générsax Gazan, Clafiarède et Vîlatte, juges, de Tordoonateur Joinville, eoMmissaire du roi, et du naréchal de carap Givad- 1er, rapporteur. Le maréchal Monoer, nûs m nombre des ju^es, avait doBoé l'exemple de se récuser, et une ordonnaace , ea le déclarant dêcliu de ses dignités, l'avait oondamné à on enprisonnemeot de trois mois. Ney eut le tort de décliner la compétence de ce tribunal militaire, et 8oa défenseur, M' Berryer père, aurait dû sentir qu'en politique un tribunal est toujours assez compétent lorsqu'il ne doit pas être passionné. Le conseil de guerre admit l'exception proposée par le maréchal et tirée de sa qualité de pair de France. Le lendemain^ 12 oavembre, une ordonnance royale déférait è h cour des pairs le jugement du maréeiial Ney, et M. Seguier, chargé de recevoir les dëdaratioBB des témoins et de faire subir de noaveaax interrogatoires au maréehal, déploya dan» ce ministère tant de zèle et d'activité que le 21 da mêate mois fut le jour indiqué pour U première séance. Comme devant le conseil de guerre, le maréchal fut, défendu parM^ Bélryer père et Dupin aloé, assistés de M* Berryer fila. Nous ne raconterons pas toutes les péripétiea de ce raoastrueux procès, qui se termina le 6 déœmbce. Cent vingt-huit voix se prononcèrent poar la mort, dix-sept pour la déportation ; cinq membres ne voulurent pas voter. La cour décida qae l'arrêt serait prononcé luirs la présence de l'accusé. A onze heures et demie dn soir, la séance fut rouverte, et le chancelier Dambray, prèôdent, lut un arrêt qui condanmait le maréchal Ney à la peine de mort et aux frais do procès, et sur le réquisitoire du procoreur général Bdlart, à la dégradation de la Légion d'Honneur.

Cette sentence ne fut point juste , car eUa fut reiâdue en présence et sous la pressk» de l'étranger : « C'est au nom de l'Europe, disait le duc de Richelieu, premier ministre, ca déférant à la chambre des pairs l'accusation da maréchal, c'est au nom de l'Europe que je vias vous conjurer et vous requérir k la fois de juger le maréclial Ney. » CÀe oondamnatioB as fut point légale ; car elle fut prononcée an mépris et en violation de l'article 12 de la conventioa signée le 3 juillet, les armes à la main , aous les murs de Paris. L'un des plénipotentiairea de cette convention, appelé comme témoin et interrogé par le chancelier sur la part qoll avait prise à cette négociation, le général Guîilelninot répondit ences termes : « J'ai étéchai^^é, comme chef de l'état- miyor de l'année, de stipuler l'amnistie en faveur des personnes , quelles qu'eussent été leurs opiaioes, leurs Ibnetiona, leur conduite. Ce point a été accordé sans contestation. J^avais ordre de rompre toute caniéraaoe si l'on m'eût fait éprouver un refaa : l'année était prête à attaqner ; c'est cet article qui bu a fiait déposer les armes. » Enfin, cette condamoa* tioD ne fut pas régolière; car la défooae de l'ac-

cutéoe Alt pas fifara» et sans U défense il n*y a pas de loyal jagemcat Aussi au raoraent où les défeojieurs (breat ioterrompos à la suite d'une résolutioapréiBéditéedaiialacliaint)reda conseil, et où les voix furent recueillies, mais oe furent pas comptées, le maréchal, prémoni contre cette interruption, protesta énerjpqoement contre Vu njquilé d'un tel procédé. «Jusqu'ici, dit-il, ma défense a paru iitire, maintenant on l'entrave. Je remercie mes défenseurs de œ qu'ils ont fait et de ce qu'ils sont prêts à faire encore; mais j'aime nûenx ne pas être défendu du tout que de n'afoir qu'nn simulacre de défense. Eh quoil je sois accusé coptre la foi des traités, al Ton ne veut pas que je les invoquel.... J'en appelle à l'Europe et à la postérité!... »

y. Caucby,9ecrétaire-archivtste de la chambre 4ies pairs, fut chargé de la doulonrense missioQ d'aller lire an maréchal l'arrêt qui le condamnait. Lorsqu'il en vint à l'épumération de ses titres, le goerrier rinterrom.pit : « Dites Midiel Ney, ft'éeria^t-il, et bientôt un pen de ponssière. » Puis, il continua d'en^ndre la suite de cette lecture sans montrer la moindre émotion. Le mn* réchal se jeta tout habillé sur son lit, et dormit avec beanconp de calme jusqu'à cinq heures du matin. A ce moment, sa femme entra, et l'en* trevue fat des plus touchantes. Le maréchal, qui avait conservé une grande fermeté d'Ame, voulut éloigner de sa femme l'idée qu'elle ne le reverrait plus; mais elle ne comprit que trop <]o'elle recevait ses derniers adieux ; ses forces l'abandonnèrent, et elle tomba sans mouvement sur le parquet. Cette scène de donlenr se prolongea jusqu'à l'arrivée de ses quatre enfanta Amenés par madame Gamot, leur tante. Ney les embrassa tous ; mais se défiant sans doute de sa sensibilité, il ordonna à sa famille de se retirer. L'abhé Depierre, curé de Saint-Sulpice, f«t ensuite introduit, et resta enff'rmé près de trois quarts d'heure avec le maréchal, hii promettant, lorsqu'il se retira, de l'assister à ses derniers moments. Il tint parole en effet. A neuf tienret on Tint avertir le maréchal que l'instant fatal était arrivé. Une voiture de place, où montèrent avec lot deux ofHders de gendarmerie et le r4iré de Satnt-Sulpicp, le conduisit par I9 grande av^ nue du Luxembourg sur la place de l'Observatoire, à quelques pas do mur d'un jardin, près la rue d'Knfer. Ce ftit là que, percé de six balles, dont trois l'avaient atteint k la tête» « tomba, comme un traître, dit 7<lapier, celni qui avait gagné cinq cents batailles pour la France el jamais one contre elle ». Son corps, placé sur un brancard, et porté à l'hospice de la> Maternité, fut le lendemain 8 décembre rendu à sa famille» qui le fit inhumer sans appareil an cimetière de l'Est. Kn quittant son malheureux époux, la marédule s'était rendue aux Tuileries pour être introduite auprès dn doc de Duras, Ton des premiers gentilshommes de la chambre de Louis XVlll, afhi d'obtenir une audience du roi. Elle avait attendu

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